‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 57 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII

sance des séraphins et autres esprits célestes, pour exprimer ce qui se passa dans mon âme. Toutes mes facultés étaient comme englouties dans un abime d'amour, à la vue des trésors infinis qu'il m'était donné de posséder, dans la personne adorable du Verbe éternel. Je ne pouvais douter que je ne fusse devenue son épouse, et lui-même mon divin Époux. Je comprenais aussi que toutes ces merveilles étaient en moi l'œuvre du Saint-Esprit, devenu le maître absolu de tout mon être!. »

Le premier effet de cette alliance sublime avec le Verbe incarné fut un changement très sensible dans l’état d'oraison de la nouvelle épouse mystique. Jusque-là, elle avait été comme enivrée d’ardents et de saints désirs, soupirant sans cesse vers la pleine possession du Bien-Aimé de son cœur. Maintenant toutes ces aspirations intérieures ont cessé, pour faire place à une paisible possession du divin Amour. Ce n'est plus entre le Verbe incarné et sa nouvelle épouse qu’un ineffable échange de célestes caresses; ce sont de tels sentiments d'amour, que l’épouse en est accablée, et ne peut en supporter par moment la violence et le poids. « Ils lui font souffrir des morts très douces, » selon ses propres expressions. « Je dirai mieux, dit-elle, ces morts sont la douceur même ?. » Puis elle ajoute : «Je me sentais quelquefois, pendant deux ou trois jours, saisie d’un amour

1 Dom Claude Martin, addition au ch. xx, Ire partie, p. 107 et suiv.

3 Dom Claude Martin, relation, ch. xx1v, p. 111.

ne Re ee een sn near ne ce ES æ

Page 1