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si véhément, qu’il me semblait que mon cœur dût éclater. La douleur que j'en ressentais était si grande, que j'en serais morte, si Dieu n’en eût lui-même tempéré l’ardeur !. » Elle compare elle-même son âme, en ces moments, à une fournaise ardente dont on aurait ouvert le soupirail. Nous verrons plus loin quels accents émus, quels cris d'amour s’échappaient alors de son âme ainsi embrasée.
Mais, ce qui est non moins digne d'admiration, c’est la douce familiarité (s’il nous est permis d’user ici d'une telle expression) qui s'établit, à la suite de l'alliance divine dont nous venons de parler, entre Jésus et sa fidèle servante. C’étaient des privautés spirituelles, de doux et amoureux respirs, d’ineffables échanges de tendresses, merveilles toutes divines que le regard des anges est seul digne de contempler. L’eût-elle voulu, elle n'aurait pu se soustraire aux tendres et divines caresses du divin Époux. Elle éprouvait plusieurs fois, à son approche, comme une sorte d’appréhension, causée par le sentiment du profond respect dû à la Majesté divine; mais le divin amant de son cœur se hâtait de dissiper ses craintes, et semblait solliciter, par des attraits plus vifs encore, un abandon plus complet de sa part. « En ces moments, dit-elle, mon âme tout embrasée d'amour ne pouvait voir en Dieu qu’amour. » — « O mon Dieu, disait-elle intérieurement, c’est vous qui êtes cause de ma grande har-
1 Dom Claude Martin, ch. xxtv, addition.