‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 61 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII

Qu'ajouter à ces paroles ? Comment parler plus longtemps, dans notre pauvre langue humaine, des sublimités et des magnificences de l'alliance divine? La glorieuse épouse de Jésus-Christ elle-même ne trouvait point d'expressions pour traduire ses sentiments et ses pensées. Mais sa seule vue exprimait, mieux que toutes les paroles, les saintes ardeurs de son âme, Plusieurs fois, devant son confesseur, elle se sentait défaillir en parlant de son divin Amour. Elle était obligée de s’asseoir promptement, sous le coup de ses émotions intérieures, de se taire subitement, comme une personne qui suffoque et qui va tomber en pâmoison,

On peut se demander comment le corps pouvait supporter le contre-coup de ces profondes émotions de l’âme, surtout quand on pense à la manière si rude dont il était traité. Accablé sous le poids des travaux extérieurs les plus pénibles, objet du mépris et quelquefois de la sainte colère de l’âme qui voyait en lui moins un compagnon qu'un ennemi, il se soutenait à peine. Le strict nécessaire pour sa subsistance ne lui était accordé qu’à regret, et Dieu sait à quoi se réduisait ce strict nécessaire. Le sommeil surtout était pour l'épouse mystique de Jésus un vrai supplice ; car il suspendait, au moins d’une manière sensible, ses douces et suaves communications avec Dieu. C'est ce qui lui faisait dire souvent: « Hé! mon Bien-Aimé, quand ne dormirai-je plus?» Voici, du reste, comment se passaient ses nuits; c’est ellemême qui nous l’a raconté: « Lorsque j'étais

TP PESTE be D

LA à nor NP nanas

éveillée, dit-elle, couchée sur mon cilice, je chantais à mon divin Époux un cantique qu'il daignait m'inspirer lui-même et qui eût été capable de me fendre le cœur, s’il ne l’eût soutenu. Puis mon corps succombait à la fatigue. J'étais contrainte alors de dire à mon divin Époux : Mon divin Amour, je vous prie de laisser un peu dormir ce misérable corps, afin que, s'étant reposé, il vous serve encore demain tout de nouveau, puisque vous voulez qu’il vive. Alors il sommeillait un peu. Mais, à peine éveillé, mon âme rentrait aussitôt dans les mêmes élans d'amour. Hélas ! mon cher Amour, disais-je, quand ne dormirai-je plus ? Sus, il faut recommencer à châtier ce corps'. » Sortant alors de sa couche, elle se livrait à diverses pratiques de pénitence, comme pour se dédommager du repos qu’elle venait de s’accorder par un si léger sommeil.

C’est ainsi que l'épouse de Jésus-Christ sanctifiait ses nuits, après avoir sanctifié ses journées. Tout dans sa vie était une prière ardente, jusqu'à son sommeil lui-même, durant lequel elle aurait pu dire comme l'Épouse des Cantiques : « Je dors, mais mon ( cœur veille. » aux $

Muis l'épouse n'était point seule à veiller; car ( auprès d'elle le divin Époux, jour et nuit, veillait nous aussi. N'est-ce pas en effet un des plus doux spec- d'escl tacles de cette grande et admirable vie, que l'extrême

1 Dom Claude Martin, relation, ch. xxv, p. 118. 2 Cant., v, 2.

e à » de

que , t de

ss il

âme

our.

dorer Ce vrait ur Se order

tifiait Tout à son dire s mon

* car eillait

spectrême

Page 1