‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 63 sur 258 · CHAPITRE VIII LE MARTYRE D'AMOUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII LE MARTYRE D'AMOUR

Le feu intérieur qui la consume. — Désirs de voir Dieu face à face. — Ne pouvoir aimer Dieu au gré de ses désirs. — Elle consent à souffrir son martyre jusqu'à la fin du monde, si Dieu peut en être glorifié. — La terre lieu de péché. — Douleurs physiques provoquées par les douleurs de l'âme. — Maladie étrange et mystérieuse. — Jamais assez! — État de charité parfaite, — L'état foncier et permanent.

Fasciculus myrrhæ dilectus meus mithi, Mon Bien-Aimé est pour moi comme un bouquet de myrrhe, (Cant., 1, 12.)

Un grand amour est toujours accompagné ici-bas d'une grande souffrance, et cette souffrance est toujours en proportion parfaite avec lui. Cette loi de l'ordre moral a trouvé son application en la personne de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation. Ses souffrances, tant extérieures qu'intérieures , ont été dans la mesure exacte de son amour pour Dieu. Nous n'exagérons rien en les appelant un martyre, car l'amour divin fait ici-bas des victimes, comme le

fer des plus cruels tyrans. Mais ce sont des victimes heureuses d’être immolées.

Une comparaison que nous avons déjà trouvée plus haut, sous la plume de la généreuse épouse de Jésus- Christ, peut nous donner une idée de l’état de son âme : c’est celle d’une fournaise ardente. Le feu divin la consumait sans cesse. Si parfois elle parvenait à donner comme une sorte d'issue extérieure à ses saintes ardeurs intérieures, le supplice ne tardait pas à recommencer.

Avant la consommation de son alliance avec son divin Époux, elle soupirait dans l'attente de cette bienheureuse union. Après le mariage spirituel, la paix, la jouissance du Bien-Aimé remplissaient, il est vrai, son cœur. Mais, quelles que soient les jouissances mystiques d'une âme élevée au plus haut degré d’oraison, les joies qu’elle peut goûter sur la terre ne sauraient jamais égaler celles du ciel. Aussi le désir de voir Dieu face à face, de le posséder dans le ciel, devint bientôt chez elle tellement vif et profond, que, selon ses propres expressions, elle « mourait de ne pas mourir ». Elle en était « toute consumée », selon ce qu’elle écrivait encore elle-même à son directeur. Ses soupirs, ses plaintes amoureuses au sujet de la prolongation de son exil ici-bas, ne cessaient point. « Que votre amour me consume en un instant, disait-elle à son divin Époux, car je ne puis plus me supporter ici-bas, tant vos beautés ont charmé mon âme. » Et ailleurs : « Ne savez-vous pas qu'être séparé de vous est pour les

les

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