‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 65 sur 258 · TS RAR · texte numérisé non relu

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La sainte communion lui apportait seule un peu de soulagement. C’étaient alors, dans les délicieux moments de l’action de grâces, de doux et d'ineffables transports entre l’Époux et l’épouse. Les anges seuls qui en étaient les témoins pourraient nous les raconter, Mais ces moments d'ivresse, au contact du Bien-Aimé, étaient non moins rapides que doux. Le martyre ne tardait pas à recommencer aussitôt après la visite de Jésus. Il semblait même augmenter en proportion des faveurs et des lumières que cette âme si fervente avait reçues. Un jour, au sortir d’une oraison où il lui avait été donné de contempler Dieu le Fils dans le sein du Père céleste, qui lui avait paru comme la source d’un fleuve de vie, elle tomba tout à coup dans une défaillance et une langueur extrême, tant son désir de mourir et d’être plongée, elle aussi, dans cet adorable sein fut vif et profond.

Un autre jour, le Fils de Dieu lui fut représenté sous le symbole du Livre de vie, dans lequel le nom de tous les élus est écrit, et il lui fut révélé que le sien s’y trouvait. Mais cette nouvelle assurance de sa prédestination à la gloire, loin de calmer sa sainte impatience, ne fit qu'exciter encore l'ardeur de ses désirs et la douleur de son martyre.

Toutefois, ce qui mettait le comble à ses tourments, c'était de ne pouvoir aimer Dieu comme elle l'eût désiré. L'amour n’est jamais satisfait en cette vie. Plus elle aimait Dieu, et plus elle voulait l’aimer, et plus elle regrettait de ne pouvoir l’aimer davantage. On a vu des saints mourir de cette soif d'amour,

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