‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 7 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE

des choses du ciel, et à prodiguer à ses enfants ses saintes et douces caresses,

Tous ces précieux souvenirs s'étaient perpétués de génération en génération dans la famille si chrétienne des Guyard, et notre Mère de l’Incarnation, qui les avait entendus souvent rappeler dans son enfance, les rappelait, à son tour, à son fils, dans une iettre qu’elle lui adressait peu d'années avant sa mort : « Je vous ai autrefois parlé, lui disait-elle, de la dévotion à saint François de Paule : car je crois que vous n’ignorez pas que ce fut notre bisaïeul qui fut envoyé par le roi Louis XI pour le demander au pape et pour l’amener en France. J'en ai bien entendu parler à mon grand-père; et même ma tante, qui est morte lorsque j'avais quinze ans, avait vu sa grand'mère, fille de ce bisaïeul, qui la menait souvent au Plessis pour visiter ce saint homme, qui, par une pieuse affection, faisait le signe de la croix sur le visage de cette petite en la bénissant. C'est ce qui a toujours donné à notre famille une grande dévotion envers ce grand saint, Mon grand-père nous racontait cela fort souvent, afin d'en perpétuer après lui la mémoire et la dévotion, comme il l'avait reçue de son aïeul!. »

On aime à trouver la bénédiction des saints dans les annales d'une famille chrétienne ; c’est souvent d'elle que découlent les grâces éminentes dont quelques-uns de ses membres sont quelquefois plus tard favorisés,

1 Lettres de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation, p. 221.

Du côté maternel, la famille de notre Mère de l'Incarnation, non moins recommandable par ses traditions religieuses, brillait d’un bien plus vif éclat aux yeux du monde. Sa mère, Jeanne Michelet, se rattachait par son origine à l'illustre et opulente famille des Babou de la Bourdaisière!, Originaires du Berry, les Babou de la Bourdaisière occupèrent tour à tour, pendant tout le cours du xvi° siècle, les plus hautes charges du royaume. Les plus connus d’entre eux furent Philibert Babou et son fils aîné, Jean, Secrétaire du roi François I‘ et trésorier de France, Philibert avait épousé la célèbre Marie Gaudin?, Il eut huit enfants de ce mariage, dont deux devinrent successivement évêques d'Angoulême, et le second d’entre eux cardinal et ambassadeur du roi Charles IX auprès du Saint-Siège, Quant à Jean Babou, il se rendit plus illustre encore que son père par les fonctions considérables qu’il exerça sous Henri II, François II et Charles IX. Il mourut en 1569.

. Parmi les femmes de cette illustre famille, il en est une dont l’histoire n’a pas oublié le nom : c’est la fameuse Gabrielle d'Estrées, petite-fille de Jean Babou, si célèbre par ses relations avec Henri IV, Quatre autres portèrent successivement, durant près

1 Dom Claude Martin, qui affirme ce fait, ne nous dit pas comment sa grand'mère maternelle se rattachait à cette famille. Malgré nos recherches, il nous a été impossible de combler cette lacune.

2 C'était la fille d'un maire de Tours renommé pour ses qualités extérieures, et dont le nom est demeuré attaché, dit-on, à un bijou d'une rare valeur qui lui fut offert par le pape Léon X.

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