‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 8 sur 258 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE I

d'un siècle, le titre d’abbesses de l'abbaye bénédictine de Beaumont, près de Tours, Ce furent : Anne, huitième enfant de Philibert Babou, ses deux nièces, Anne et Madeleine, et sa petite-nièce du nom encore

d'Anne Babou de la Bourdaisière, qui GMourut en)

GAGAT: , Cette famille s'éteignit vers le milieu du xvir siècle.

Malgré une si haute origine, selon le monde, Jeanne Michelet n’était pas richement dotée des biens de cette terre. C'est pour ce motif, sans doute, qu'elle était mise un peu à l'écart parmi les siens; car dom Claude Martin la compare « à ces petites branches qui, dans les grands arbres de nos forêts, se flétrissent prématurément et disparaissent bientôt peu à peu au-dessous des autres », Mais, si la branche était petite, le fruit qu'elle a porté a été bien précieux, et toute l'illustre lignée des Babou de la Bourdaisière n'en a point assurément donné de pareil.

Dès le lendemain de sa naissance, l'enfant prédestinée qui fut l’heureux fruit de l’union de Florent Guyard et de Jeanne Michelet, fut offerte à Dieu, et reçut le baptême dans l’église de Saint-Saturnin, On lui donna, à cette occasion, le nom de Marie, heureux présage de sa grande dévotion envers la très sainte Vierge, et des faveurs extraordinaires qu'elle a reçues de l’auguste Reine du ciel. Il nous sera doux d'en rapporter plus loin de nombreux et bien touchants exemples.

Dès l’âge de six, ou sept ans, la jeune enfant fut

k 4 48 HISTOIRE DE LA MÈRE MARIE DE L'INCARNATION

‘ favorisée d'une grande grâce qui a été le point de . “C0 | départ de ses ineffables communications avec Dieu, et comme la première aurore de sa sainteté. Écoutons le récit qu'elle nous en a laissé : « Je n'avais que sept ans à peine, lorsqu'une nuit, pendant mon sommeil, il me sembla que j'étais dans la cour d'une (à école champêtre, avec une de mes petites compagnes. 14 Ayant levé les yeux vers le ciel, je le vis ouvert et je vis en même temps Notre-Seigneur, qui semblait

en sortir et venir directement vers moi. Cette adox rable Majesté s'approcha, en effet, et je commençai DA aussitôt à sentir mon cœur tout embrasé de son | amour. Je voulus même étendre les bras pour l'embrasser, mais il me prévint et m'embrassa lui-même

avec un visage d'une douceur et d'un attrait indi-

cible, et, m'ayant baisée tendrement, il me dit :

« Veux-tu être à moi? » Je lui répondis aussitôt :

je « Oui, Seigneur, je le veux. » Et je le vis alors

de! remonter au ciel!. »

Cette première caresse de Jésus laissa dans l’âme

de la jeune enfant une impression qui ne s’est jamais j | effacée. C'est de ce moment qu'a daté son irrésis- l tible attrait pour la vie intérieure. Du reste, « le

‘4 baiser de Dieu, dit saint Bernard, c’est le Saint- | à Esprit, c’est une communication intime et complète 1

! de cet Esprit d'amour. » Il ne faut donc pas nous | (à étonner qu'à partir de cette époque le Saint-Esprit ' fi se soit emparé si fortement et si profondément de h je

1 Dom Claude Martin, Ire partie, ch. 1er,

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