‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 89 sur 258 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE

saint sacrifice de la messe, il profitait du moment où l'on ouvrait le guichet de la grille du chœur, pour la communion des religieuses, pour s’y précipiter. Et, comme il ne pouvait point le franchir, il jetait du moins, par cette ouverture, tantôt son manteau, tantôt son chapeau ou un autre objet quelconque. Tout cela allait tomber aux pieds des religieuses, et souvent devant la mère de notre petit orphelin. Quel terrible aiguillon pour son cœur maternel !

Tout ce que le monde put imaginer fut mis en œuvre en ces circonstances pour ébranler sa résolution. Un de ses parents composait de temps en temps des pièces de vers dans lesquelles étaient représentées, sous les couleurs les plus vives, les angoisses d'un fils abandonné par sa mère. L'enfant les apportait au couvent et les remettait à sa mère. Celle-ci les lisait elle-même aux religieuses, qui souvent en étaient émues jusqu'aux larmes.

Cependant, malgré son courage, l'héroïque mère crut un jour qu'elle allait être vaincue dans cette lutte, trop inégale pour son cœur. Depuis longtemps les petits camarades de notre cher orphelin, qui l’aimaient beaucoup, le voyant triste et abattu, s’apitoyaient sur son sort. Un jour ils lui dirent : « Tu es triste, tu n'as point de ceci ou de cela, parce que tu n’as point de mère; mais viens avec nous, nous irons la querir, nous romprons les portes, nous ferons tant de bruit, qu’on sera bien obligé de te la rendre. » Aussitôt dit que fait; tous nos petits assaillants sont armés en un instant, les uns de grosses pierres, les

autres de bâtons, et la petite armée se dirige aussitôt vers le monastère.

Témoins de tout ce mouvement, les gens de la ville se demandèrent d’abord ce que signifiait cette subite et enfantine levée de boucliers; mais quand ils virent le petit orphelin, bien connu de tous, en tête de la petite armée, et la direction qu'elle prenait, ils comprirent bien vite ce dont il s'agissait. Les uns en riaient, mais la plupart prenaient parti pour ces enfants, déclarant qu'ils avaient mille fois raison, que la mère qu'ils allaient ainsi querir n’était qu'une mère cruelle, -1 plutôt ne méritait pas le nom de mère.

Le monastère fut en un instant investi de toutes parts. On n’entendait que cris confus et bruit de coups donnés aux murailles et aux portes. Mais, au milieu de cette confusion, une voix se distinguait par moment des autres. On eût dit le cri plaintif d’une pauvre brebis bélante. Elle disait : « Rendez -moi ma mère ! Rendez-moi ma mère! »

Qui aurait pu résister à de tels accents? La pauvre mère entendait le cri de son innocent agneau, et elle demeurait ferme cependant. Son cœur était brisé, mais sa volonté demeurait inébranlable. Debout, comme Marie au pied de la croix, elle buvait à longs traits, sans faiblir, le calice de toutes les douleurs que le cœur d’une mère puisse éprouver. Mais elle ne doutait pas que cette fois les religieuses, vaincues pour elle et voulant se mettre à l'abri de tout retour de pareils ennuis, ne la priassent de se retirer, pour

all

l'en et « EIL que fut

cou)

parf char enfa aller entr.

eut ] quoi ce c caus

et qi

Page 1