‹ Histoire de la vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 92 sur 258 · CHAPITRE II LE NOVICIAT (suirTe · texte numérisé non relu

CHAPITRE II LE NOVICIAT (suirTe

Doux repos après le combat. — Avis salutaires sur l'humilité du cœur et de l'esprit. — Suaves entretiens avec son céleste Époux. — Nouvelle manifestation de la très sainte Trinité. — Sa véture. — Présent de Jésus à cette occasion. — Ses transports pendant le chant des Psaumes. — L'enfance spirituelle.

O quam bonus et suavis est, Domine, spiritus tluus!

Seigneur, que votre esprit est bon! qu'il est suave! (Sap., x11, 1.)

Cum simplicibus sermocinalio ejus.

Il aime à converser avec les âmes simples.

(Prov., XXX, 33.)

Pour exprimer l'état intérieur dans lequel son âme se trouva après les grandes luttes extérieures que nous venons de raconter, notre Mère n’a trouvé d'autre comparaison que celle « d'une personne qui sortirait d’un grand combat, et à qui l’on offrirait un lit de fleurs odoriférantes pour se reposer ».

Son âme, dans ce doux repos, subissait les douces impressions de l'esprit du Verbe incarné; ce qui la

disposait, nous dit-elle, « à des choses grandes dont il ne lui découvrait pas encore le secret. » Elle profite de cette circonstance pour faire une observation qui est de la plus haute importance dans la vie mystique, c'est que rien n’est plus nuisible à une âme favorisée des dons de Dieu que l'esprit de curiosité ou le désir immodéré d'approfondir et de connaître. « Je ne veux pas dire, ajoute-t-elle, qu'il ne faut pas étudier les règles qui doivent nous servir à bien vivre et à marcher saintement dans le chemin de la vertu, car les Pères spirituels ont composé des livres pieux destinés à nous donner les instructions qui doivent nous diriger dans cette voie; mais j'entends parler des lumières extraordinaires que Dieu communique à certaines âmes. Ce serait une lourde faute de prétendre les développer à l’aide de notre esprit naturel au delà des limites qui nous sont marquées. L'orgueil de l'esprit est une chose si subtile et si redoutable, qu’il abuse quelquefois la partie supérieure de l'âme, au point de l’entraîner malgré elle et comme à son insu. J'ai longtemps médité autrefois sur ce passage de la sainte Écriture : « Comment « es-tu tombé, Lucifer, toi qui te levais d’une ma- « nière si brillante au matin de tes jours? » Et je me suis convaincue que la cause d'une si grande chute a été le désir immodéré de connaître et l’orgueil de l'esprit. Non, rien n'est plus capable de perdre une âme élevée en contemplation que cet orgueil secret, cette curiosité indiscrète dans les choses saintes et divines qui se dissimule sous les plus spécieux pré-

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