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Après la mort du père de la Nouvelle- France (1635), son successeur, M. de Montmagny, continua l’œuvre si heureusement commencée. Caractère aussi distingué par sa piété que par son courage, sa prudence et son dévouement, il consacra sa persévérante énergie à cimenter les principes de religion et d'honneur déjà implantés au cœur du peuple. Son premier acte en mettant pied à terre à Québec fut le présage de son heureuse administration, aussi bien que l'éloge de sa foi. Une croix avait été érigée sur le chemin qui conduisait du port au sommet de la montagne. ! Le nouveau gouverneur s’agenouilla pieusement avec toute sa suite au pied du rustique monument, et fit une courte prière, afin d’invoquer la protection du ciel sur lui-même et sur le pays dont la destinée lui était confiée.
1. D’après un aneien plan de Québec, conservé à la bibliothèque du Parlement, cette croix s'élevait sur le sommet de l’angle que forme le cap, vis-à-vis l’escalier de la Basse-Ville, à droite de la rue, lorsqu'on monte la côte de la Montagne.
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Les chroniques du temps se réjouissent de l’heureuse influence qu’'exerça son bienfaisant génie.
‘‘ Je puis dire avec vérité, écrivait le P. Le Jeune en 1637, que le sol de la Nouvelle-France est arrosé de tant de bénédictions célestes, que les âmes nourries à la vertu y trouvent leur vrai élément, et partant s’y portent mieux qu'ailleurs. … Nos églises sont trop petites ; c’est une consolation bien sensible de les voir ordinairement remplies, usque ud cornu altaris..….. Les prières se font à genoux et publiquement, nonseulement au fort. mais aussi chez les familles éparses çà et 1à...... La vertu par la grâce de Notre-Seigneur, marche ici la tête levée ; elle est dans l'honneur et dans la gloire, le crime dans l’obscurité et la confusion. Je le dis avec joie et bénédiction de Dieu, ceux que sa bonté nous a donnés pour commander, et ceux encore qui s’établissent en ces contrées, goûtent, chérissent et veulent suivre les maximes les plus sincères du
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vrai christianisme. C’est l’industrie, la prudence et la sagesse de monsieur le Chevalier de Montmagny, notre gouverneur, qui fait cette espèce de miracle. Il est le premier dans les actions de piété, et par ce moyen les rend honorables.
Cet homme, aimé de Dieu et des hommes, marchant dans les voies de Dieu, y attire après soi les autres. ”
Telle était la société au milieu de laquelle les Ursulines venaient apporter l’arome de leurs vertus et de leur dévouement.
Leur premier soin fut de s'appliquer à l'étude des langues sauvages. Ce fut le P. Paul Le Jeune, leur directeur spirituel, qui fut chargé de les initier aux principes de ces langues barbares. Elles s’y appliquèrent avec une telle ardeur qu’en moins de deux mois elles étaient déjà en état d'enseigner la doctrine chrétienne aux enfants des bois. La Mère de l’'Incarnation écrivait toute joyeuse de ce succès inespéré : ‘“ Je n’eusse jamais osé avoir seulement la