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que j'en ai de douleurs, et combien je mérite d’enfers ! Oui, oui, il est juste, à mon divin Amour ! que vous soyez satisfait.
“ En une autre occasion, étant religieuse, je fis, ainsi quil me paraît, un acte d’hypocrisie : j'eus de faux sentiments d’'humilité, qui me firent aller prierma supérieure de m'humilier ; et je crois qu'elle m’eüt bien mortifiée, de me prendre au mot ; car mon intention, comme je crois, n'était pas pure. J'avais un orgueil secret qui me faisait agir ; c'est pourquoi je mérite toutes sortes d'humiliations. ÆExterminez donc, Justice incréee, exterminez sans pitié le néant et la poussière. Il n’y a point de châtiments qui soient trop doux pour moi.
Une autre fois, sous l'ombre de justice, je donnai un avis à ma supérieure ; et au fond, ce n'était qu’une vertu plàtrée ; et vous avez souffert tout cela, à mon divin Epoux ! il est juste maintenant que vous en preniez vengeance.
Me voilà courbée, châtiez-moi selon les lois que votre amour a établies. Ah ! je vous demande pardon, anéantie sous les pieds des démons.
“ Dans des entretiens que j'eus avec des personnes d'esprit, je me suis laissée aller à des pertes de temps, à des badinages, à des puérilités, eu égard à la œravité, à la sincérité, à la pureté de votre divine conduite sur moi. Je m'’abandonnais à la complaisance de ces entretiens qui m'avaient portée à me trop épancher et à faire part aux sens de ce que j'expérimentais de spirituel dans l’intérieur. Votre esprit censeur me fit voir l'importance de cette faute, sans quoi je serais tombée dans de grands relàchements au regard de cette pureté dégagée que vous voulez de moi. Vous ne me châtiâtes pas pour lors ; il est donc juste que maintenant vous en fassiez justice, et que vous punissiez ma vanité, qui n’a été autre chose qu'un désir secret de ma propre excellence.
Ah ' qu'il est vrai que vous ne voulez
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point qu’on gauchisse dans les voies du pur amour ! Je suis venue souiller votre nouvelle Eglise ; je me suis creusé des citernes pleines de boue, qui m'infectent de telle sorte que leurs exhalaisons sont capables de me perdre. Il semble que vous ayez permis au démon d'émouvoir toutes mes passions tour à tour. D'ailleurs je me sens comme liée et captive ; et personne ne me saurait délivrer que vous. (C’est donc de vous seul que j'attends ce secours ; car mes liens m’empêchent de faire le bien que je veux, et mes passions me veulent faire commettre le mal que je né veux pas, et que je hais ; ô Dieu de miséricorde ! mettez-y la main, sans quoi c'en est fait de moi.
Pardon de toutes mes saillies, de toutes mes imprudences, de tous les sentiments imparfaits, dans lesquels je me suis échappée. Ce qui m’humilie davantage, c'est qu'avec la bassesse de mon cœur, qui me fait estimer digne de tout rebut, lorsqu'on me touche, j'ai le sentiment très vif.
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‘“ Ce sont aussi mes péchés qui sont cause que je porte une charge, qui ne me permet pas de m'employer selon mon désir à l'instruction de nos chers néophytes. Hélas ! mon chaste Epoux !
vous savez l’inclination que vous m'avez donnée pour cela. Ce qui :ne restait de consolation, c'était de leur apprendre à vous connaître et à vous aimer.”
Ainsi s’exhalait en gémissements et en cris d'angoisse cette âme innocente et désolée à la vue des fautes de sa vie ; fragilités si légères qu’à peine peut-on leur donner le nom de péchés. Faut-il s'étonner après cela que Dieu ait honoré de tant de visites une âme toujours si pure et si bien préparée à les recevoir ?
Au milieu de ce bouleversement de toutes ses facultés, la Mère de l’Incarnation remplissait tous les devoirs de sa charge avec une lucidité d'esprit et une liberté d'action qui plongeaient son confesseur dans l’étonnement. Ce fut au plus fort de cette tourmente (1647) qu’elle conclut, avec l’aide du P. Jérôme Lalemant,
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la grande affaire de l’union des deux branches de sa communauté sous une même règle. Son activité ne connaissait point de bornes : on la voyait presque en même temps au milieu des enfants, les nettoyant, les caressant, les instruisant ; parmi les ouvriers, les animant, les éclairant de ses conseils, surveillant tous les travaux du monastère ; dans les offices les plus vils, se faisant la servante des autres ; et avec cela ne manquant à rien des soins plus relevés et plus difficiles de sa charge. Le soir, la dernière au lit, le matin, la première sur pied ; toujours ou en prières ou en actions, elle commandait encore plus par exemples que par paroles. !
Ce fut aussi à cette époque qu'elle commença une longue correspondance avec différentes communautés de France, et avec une foule de personnes pieuses, afin de les engager à soutenir par leurs aumônes l’œuvre des Ursulines. Le nombre de lettres qu’elle écrivit, surtout