CHAPITRE TROISIÈME
Veuvage—Extase— Vie de solitude—Elle entre chez sa sœur.
Le premier noviciat de notre héroïne touche maintenant à sa fin: après avoir été le modèle des épouses, elle va désormais devenir celui des veuves chrétiennes. Deux ans s'étaient à peine écoulés depuis son mariage que Dieu rompit les liens qui l’enchaînaient au monde, Son mari lui fut enlevé par la mort, lui laissant un jeune enfant de six mois. Douée d’une exquise sensibilité, et attachée à son époux par une union d'autant plus étroite et plus forte qu’elle provenait d’un principe surnaturel, son cœur fut brisé par cette cruelle séparation. Cependant l'épreuve n’était pas encore suffisante, car à cette première croi x vinrent s’ajouter la perte de biens temporels, des procès, et un dénûment presque entier. Mais le courage de la pieuse veuve fut plus grand que ses malheurs. S'élevant audessus des sentiments de Ja nuture, elle essuya ses
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MARIE DE L'INCARNATION ol
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larmes et ne songeu plus qu'à se soumettre aux ordres de la Providence. ‘ Quoique j’aimasse beaucoup votre père, écrivait-elle plus tard à son fils, et que la perte que j’en fis me fût très sensible, toutefois, me voyant libre et dégagée, mon âme se liquéfiait en actions de grâces de ce que je n'avais plus que Dieu à qui mon cœur et mes affections se pussent dilater et se dilataient en effet sans cesse dans ma solitude, où je n'avais qu'à penser intérieurement à lui, et à vous élever pour son saint service. Votre aïeule paternelle, voyant son fils unique mort, eut une si grande crainte que je ne lu quittasse, qu’elle en mourut un mois après; ce que je n’eusse pas fait d'autant que j'étais résolue de lui tenir compagnie, et Ge l’assister autant qu'il eût plu à la divine bonté de me le permettre en vous élevant. Mais elle en ordonna autrement pour mon bien et pour le vôtre, parce que cela m'aurait engagée dans le trafic, et mise en danger, dans la
jeunesse où j'étais, de ne pas suivre la route par
laquelle Notre-Seigneur nous voulait conduire vous et moi.”
Elle n’était en effet alors âgée que de dix-neuf ans. $es dons naturels, sa haute intelligence et surtout lu grande vertu qui éclatait en elle, ne tardèrent pas à la faire rechercher par des partis avantageux, qui lui promettaient une fortune plus considérable que celle dont elle avait joui. D'ailleurs, tous ceux avec qui elle avait eu quelques rapports, pénétrés d'estime pour elle, entreprirent de relever les débris de sa for-
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tune, et de la favoriser de tout leur pouvoir. Il semblait que la prudence la dût porter à ne pas laisser échapper des occasions si favorables que le ciel lui présentait; maïs la pesanteur de son premier joug était encore si présente à sa mémoire, qu’elle avait une extrême aversion pour toutes les propositions qu’on lui faisait. Cet éloignement invincible provenait, cependant, moins des croix qu’elle avait eu à souffrir et qui avaient été pour elle des occasions précieuses de vertu et de mérite, que de l'attrait intérieur qui ravissait son cœur et la pressait de se dégager entièrement du monde pour s'attacher uniquement à Dieu.
Néanmoins, quelque aversion qu’elle eût pour le mariage, elle se trouva un jour si pressée et si accablée de toutes sortes de motifs, fondés principalement sur sa jeunesse, sur l’âge de son fils, encore dans l’enfance, sur l’état précaire de sa fortune et sur la volonté que ses amis avaient de l'aider, qu’elle hésita un instant. Elle se demanda si elle ne devait pas suivre le conseil de tant de personnes désintéressées plutôt que les lumières de son propre esprit. Mais elle revint aussitôt à elle-même; et cette infidélité lui parut si criminelle que, dans une confession générale des péchés de sa vie qu’elle écrivit plus tard, elle met celui-là en tête (si toutefois on peut appeler cela un péché),comme celui dont elle avait le plus de douleur et qu’elle croyait être la cause des peines intérieures que Dieu lui faisait souffrir. Elle savait très bien
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que cette faute était peu considérable en elle-même; mais ce qui la rendait insuppvrtable à un cœur aussi aimant et aussi fidèle que le sien, c'était de l'avoir commise après avoir été comblée de faveurs incomparables.
On jugera de ces grâces de prédilection par la vision qu’elle eut alors, et qu’elle raconte ainsi à son fils.
‘Après tous les mouvements intérieurs que la bonté
de Dieu m'avait donnés pour m'attirer à la vraie pu-
reté du cœur, en laquelle je ne pouvais entrer de moimême, parce que jusqu'alors je n'avais eu aucun directeur pour me conduire dans la vie spirituelle (la pensée même ne m'en étant pas seulement venue, parce que je ne croyais pas qu'il failût traiter des affaires de son âme avec personne qu'avec Dieu): sa divine Majesté voulut elle-même me faire un coup de grâce, me tirer de mes ignorances et me mettre dans la voie où elle voulait me faire miséricorde. Ce fut la veille de l'Incarnation de Notre-Seigneur de l’année 1620. Un matin que j'allais vaquer à mes affaires, et que je me recommandais instamment à Dieu avec mon aspiration ordinaire: Zn te, Domine, speravi, non confundar in œternum, paroles que j'avais profondément gravées en mon esprit avec une grande certitude de foi qu'il m'assisterait infailliblement ; au moment où je passais le long du chemin du haut fossé de la ville, je fus subitement arrêtée intérieurement et extérieurement. Toutes les pensées de mes affaires me furent Ôtées de la mémoire.
Cela se fit par une subite abstraction d'esprit, et le tout se passa dans l’intérieur, mais d’une vue et expérience si vive et si pénétrante queje ne puis l’exprimer. Âlors les yeux de mon #sprit furent ouverts, et toutes les fautes, péchés et imperfections que j'avais commis depuis que j'étais au monde, me furent représentés ensemble et en détail, avec une distinction et une clarté qui ne peuvent venir que d’une lumière céleste. Au même instant, je me vis plongée dans une mer de sang et mon esprit fut convaincu que ce sang était
celui du Fils de Dieu, de l’effusion duquel j'étais cou-
pable, et qui avait été répandu pour mon salut.
* Si la bonté de Dieu ne m’eût soutenue dans cette rencontre, je crois que je fusse morte de frayeur, tant la vue du péché, tout petit qu’il puisse être, me paraissait horrible et épouvantable. Nulle langue humaine ne le peut exprimer. En effet, voir un Dieu d’une bonté infinie et d’une pureté incompréhensible, offensé par un vermisseau de terre, c’est ce qui surpasse l’horreur même. Je dis plus: un Dieu fait homme mourir pour expier le péché, et répandre son sang précieux pour apaiser son père, et par ce moyen lui réconcilier les pécheurs, il ne se peut dire ce que l’âme conçoit en ce prodige.
‘ En ce moment, mon cœur se sentit ravi en moimême et tout changé en l’amour de celui qui lui avait fait cette insigne miséricorde. J'en ressentis une douleur et un regret de l’avoir offensé,le plus grand qu’on puisse imaginer ; non, il ne se peut imaginer. Ce trait
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de l'amour fut si pénétrant et si inexorable, que pour le satisfaire je me fusse jetée dans les flammes ; et ce qui est le plus incompréhensible, sa rigueur me semblait douce ; ‘1 portait des charmes et des chaînes qui liaient et attachaient l’âme, afin de la conduire où il voulait, et elle, de sa part, s’estimait heureuse de se laisser ainsi captiver. Or, en cet excès, je me voyais toujours plongée dans ce précieux sang, de l’effusion duquel j'étais coupable, et c'était ce qui causait mon extrême douleur. Enfin le même trait d'amour qui avait ravi mon âme, me pressait de me confesser. “Je ne sais combien de temps je demeurai ainsi arrêtée, debout ; je ne me souviens point non plus que j'eusse aucune vue des yeux, ni que je fisse aucune action du corps; mais seulement qu'étant revenue à moi et ne reconnaissant, je vis que j'étais dans le chemin qui traverse du haut fossé à l’église des Feuillants. Je me trouvai vis-à-vis de la petite chapelle de ces révérends pères, qui ne commençoient qu’à s’établir à Tours; et je me sentis heureuse de trouver un remède si proche. J’y entrai et rencontrai un père seul debout au milieu de la chapelle, lequel semblait n’y être que pour m’attendre. Je l’abordai et lui dis, pressée par l'esprit qui me conduisait: Mon père, je voudrais bien me confesser, car j'ai commis tels péchés et telles fautes. Et je commençai de lui dire tous les péchés qui m’avuient été montrés, avec une effusion de larmes qui provenait de la douleur que j'avais dans le cœur. Il survint une dame qui, s’étant mise à genoux
devant le saint Sacrement, put facilement entendre tout ce que je disais, car je parlais assez hant; mais jene me mettais en peine que d’apaiser Celui que j'avais offensé. Après que j’eus tout dit, je m’aperçus que ce bon père avait été extrêmement surpris de la façon dont je m'étais énoncée, qu’il connut bien n’être pas naturelle, mais extraordinaire. Il me dit avec une grande douceur : Allez-vous-en, et demain venez me trouver dans mon confessionnal. Je ne fis pus seulement réflexion qu’il ne me donnait point l’absolution, et je me retirai.
‘ Le lendemain, de grand matin, je me rendis à son confessionnal, où lui ayant répété ce que je lui avais dit la veille, il me donna l’absolution.
‘“ Comme Dieu, par un effet particulier de sa providence, m'avait donné ce bon père pour confesseur, je n'en pris point d'autre pendant tout le temps qu'il demeura à Tours. Il se nommait Dom François de Saint-Bernard. Je ne lui dis pas néanmoins ce qui m'était arrivé, nice qui occupait mon esprit, mais seulement mes péchés, croyant toujours qu’il ne fallait parler à un confesseur que de ses péchés. Plus d'un an entier, je me comportai de la sorte. Mais ayant entendu dire à une bonne fille qu'il ne fallait point faire de pénitences sans la permission de son confesseur, cela m'ouvrit les yeux. Je lui demandai alors d'en faire quelques-unes, et il me permit de porter ia ceinture de crin et de prendre lu discipline. Il régla ensuite l’ordre que je devais tenir pour la confession
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et la communion. Il me permit de m’en approcher les fêtes, les dimanches et les jeudis, pour cettte première année. Je m'en retournai à mon logis changée en ure autre créature, tellement que je ne me reconnaissais plus moi-même. Je voyais à découvert mon ignorance, qui m'avait fait croire que j'étais bien parfaite, que mes actions étaient fort innocentes, et que j'étais bien auprès de Dieu ; maïs après que Notre-Seigneur m'eut ouvert les yeux, je me voyais telle que j'étais, et je confussais que mes justices n'étaient qu'iniquités.”
La servante de Dieu a toujours regardé cette extase comme l’une des grâces les plus signaltes qu'elle ait jamais reçues du ciel ; et c’est aussi de ce jour que date ce qu’elle appelle sa conversion. De cet instant, elle prit l’irrévocable résolution de ne plus donner une seule pensée au monde, ni à ses soins, ni à ses espérances ; mais de se plonger toutentière en Dieu, et de ue plus vivre que de son amour.
Le lieu où elle fut si miraculeusement arrêtée, était un chemin qui passait sur le haut fossé de l’ancienne ville; mais, par une seconde merveille, elle se trouva, lorsqu'elle revint à elle-même, dans une autre rue qui conduisait à l’église des Feuillants. Dieu permit ce miracle pour la mettre sur la voie où il lui avait préparé la consommation de la grâce qu’elle venait de recevoir. ‘J'ai vu, raconte son fils, l’endroit où cette
merveille arriva; mais comme les lieux ont changé
depuis par suite des édifices qui y ont été bâtis, Dieu a permis, pour une mémoire illustre et perpttuelle
d’une chose si remarquable, qu'il y aitaujourd'huien cet endroit une très belle fontaine, qui sert d’ornement au jardin du palais épiscopal.”
Cette divine opération de la grâce fut si vive que, pendant plus d’une année, l'impression du sang de Notre-Seigneur demeura continuellement attachée à son esprit. Elle était en même temps inondée d’une lumière surnaturelle qui lui faisait découvrir en elle les moindres imperfections, et soupirer après une retraite plus profonde encore que celle où elle vivait: Après avoir congédié ses domestiques, elle se retira dans la maïson de son père, où elle prit une chambre à l’étage supérieur, afin de jouir d’une solitude complète. Cet appartement s’ouvrait sur une petite galerie où elle seule avait entrée, et à l'extrémité de laquelle elle éleva un oratoire. Prosternée devant cet autel recueilli, elle passait de longues heures en prière, élevant son cœur en présence de Dieu comme un holocauste d’agréable odeur. ‘J'étais, dit-elle, comme la tourterelle retirée dans son nid, et j’expérimentais l'effet de cette parole: Je la conduirai dans la solitude, et je lui parlerai au cœur.”
Elle versait alors des larmes abondantes au souvenir du temps où elle croyait n'avoir pas vécu dans une union aussi intime avec Dieu qu’elle y avait été sollicitée intérieurement dès son enfance. A ces prières et à ces larmes, elle joignait les pénitences et les austérités du corps les plus rigoureuses; car outre le cilice et la discipline, elle employa d’autres instruments de
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macération plus rudes encore. Ce fut alors qu’elle abandonna entièrement l’usage du linge ordinaire pour ne se servir que de serge. Dans les intervalles de ses oraisons, elle s’occupait à des ouvrages de broderie qu’elle exécutait avec une admirable perfection. Elle avait choisi ce genre d’occupation préférablement à tout autre, parce qu’elle pouvait s’y livrer sans sortir de sa solitude, et sans détacher son Ame et sa pensée de Dieu.
Elle passa une année entière dans cette séparation complète du monde, n'étant encore âgée que de vingt ans. Son fils, qui avait à peine douze mois, était resté entre les mains d’une nourrice, laquelle en prit soin jusqu’à ce qu’il eût atteint l’âge de deux ans. Sa mère le fit venir alors auprès d'elle, pour lui inculquer les premières leçons de vertu.
Quoique la charité l’obligeât à sortir de sa retraite après ia première année, elle continua cependant, pendant quatre ans, de s’y retirer tous les soirs, et même pendant le jour, dès que ses occupations lui en laissaient le loisir. La vie angélique qu’elle menait fit une telle impression sur son fils, quoiqu'il sortît à peine du berceau lorsqu'elle le reprit sous ses soins, que pen-
dant toute sa vie il ne se rappelait jamais ce souvenir sans tomber dans le ravissement. Seul témoin de cette vie céleste, il se sentait entouré à son insu d'une atmosphère tout imprégnée des rayons de la vertu; et la majesté de Dieu lui devenait en quelque sorte visible, en présence de la gravité, de la modestie et du
recueillement de sa inère, et des soupirs enflammés que lui arrachait sans cesse l’amour divin.
Toutefois, cette vie d'oraison ne lui faisait pas oublier les œuvres de charité et d'humilité. Privée, par la perte de sa fortune, du bonheur de faire d’abondantes aumônes, sa charité ingénieuse lui suggéra d’autres ressources : elle allait à la recherche des pauvres et des infirmes affligés de plaies et d’ulcères, ct leur assignait des heures fixes dans la journée pour venir chez elle, afin de leur distribuer des remèdes et des soins. Elle les introduisait alors dans une chambre, où pour faire honneur à Jésus-Christ dans ses membres, elle les faisait asseoir dans un fauteuil ; et se mettant à genoux devant eux, elle lavait et nettoyait leurs plaies, y appliquait des remèdes et des pansements. En accomplissant ces actes de charité, elle se plaisait à approcher son visage aussi près que possible des ulcères des malades, afin d’en ressentir toute l'infection.
Après une année de cette vie de solitude et de charité, elle en sortit à la sollicitation d’une de ses sœurs,
qui, chargée de famille et connaissant ses talents et son habileté pour les affaires, la pressa vivement de venir lui aider à partager son fardeau. Elle y consentit à la condition qu’elle resterait libre de se livrer à ses exercices de piété. Dieu lui manifesta qu’il agréait son sacrifice en lui accordant un surcroît d’onction et de ferveur dans l’oraison. L’/#{troduction à la vie dévot de saint François de Sales lui étant tombée entre les mains, elle y puisa de grands éclaircissements sur la
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vie intérieure, et surtout sur le vœu de chasteté que le Seigneur lui inspirait de faire depuis longtemps. Elle communiqua son dessein à son confesseur, qui, après trois mois d'épreuves, lui permit de faire ce vœu perpétuel. Elle 8e revêtit en même temps d’un habit de pénitence, comme signe de l'éternel adieu qu’elleavait fait au monde. Elle mit ainsi fin aux sollicitations dont elle était sans cesse obsédée de la part de ses parents et de ses amis, qui voulaient la faire engager de nouveau dans les liens du mariage. Ces propositions, appuyées sur sa jeunesse, sur le dénûment et l'abandon où elle se trouverait après la mort de son père, sur l'obligation que Dieu et la nature lui imposaient de songer à l'avenir de son fils, furent pendant quelque temps si pressantes, qu’elle en fut ébranlée et qu’elle hésita un moment; mais à peine eut-elle fait réflexion aux faveurs signalées dont Dieu l’avait comblée pour l’attirer entièrement à lui, qu’elle en demeura toute confuse et qu’elle considéra toujours cette faute comme unedes plus grandes infidélités de sa vie. Ce fut pour fermer toute issue à ces propositions qu’elle se lia à Dieu par le vœu perpétuel de chasteté à vingt et un ans. Jusqu'alors elle avait eu pour directeur spirituel le R.P. Dom François de Saint-Bernard ; mais celui-ci ayant été appelé ailleurs, la confia à son départ au R.P. Dom Raymond de Saint-Bernard, qui venait lui succéder dans la charge de supérieur des Feuillants. C'était un homme très habile à conduire les âmes. I! l’interrogea à fond sur l'état de la sienne, et régla ensuite chacune de ses actions.