‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 72 sur 106 · LE · texte numérisé non relu

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mystères sacrés soient contre la raison, parce qu’il semble qu’ils ne s'accordent pas avec elle; ce serait un grand sujet de tentation contre la foi. Mais il faut dire qu’ils sont au-dessus de la raison, qui, par sa faiblesse naturelle, ne peut atteindre à la sublimité des choses de Dieu. C’est en cela que consiste l’excellence de notre foi, qu’elle ne contient rien que de grand et qui ne nous passe, Comme au contraire ce serait bien peu de chose, si ce qu’elle nous propose, n'était pas plus grand que nous, ni élevé au-dessus de la portée de notre esprit.

CONTINUATION DU PREMIER ARTICLE, Dieu le Père.

Par le nom de Père, nous ne croyons pas seulement que la première personne de la Trinité est Dieu, nous confessons encore ‘de la façon qu'elle est énoncée, qu’elle est distincte des deux autres.

La personne du Père n’est point engendrée: celle du Fils est engendrée du Père avant tous les siècles: et celle du Saint- Esprit procède de toute éternité du Père et du Fils comme d’un seul principe; ainsi nous confessons trois personnes distinctes ‘ans une seule et simple essence. Le Père est la première personné, parce qu’il est le principe sans principe, c’est-à-dire sans commencement, d’où procèdent les deux autres. Il n’est pas nécessaire de pénétrer nlus avant dans les secrets de ce mys- «ère: Dieu ne nous oblige pas d’en savoir davantage, mais plutôt il le défend quand il dit que “celui qui examine avec trop ‘ de curiosité la grandeur de sa majesté, sera accablé sous le “ poids de sa gloire (Prov. 25. 27.)

La première personne de la Trinité est encore le principe et le père de toutes choses, mais diversement. Dans lui-même il est le Père de son Verbe, qui est son Fils, comme nous verrons au second article de ce symbole. Et hors de lui, ilestle Père de toutes les créatures, comme dit un prophète : “ N’est-il pas seul

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“ le Père de nous tous ? N'est-ce pas lui seul qui nous a créés ‘ (Maluc. 2. 10.) 7?”

I] n’est pourtant, à proprement parler, quele Père des hommes qu’il a créés à son image et ressemblance, au lieu que les autres créatures ne sont que comme des ombres, ou comme des vestiges informes de son être (Gen, 1. 26.)

Dans l’ancien Testament il était le Père des Israélites beaucoup plus parfaitement qu’il ne l'était des infidèles ; parce qu’ils avaient la connaissance de son nom, et qu’ils l’adoraient comme leur Créateur.

Et Dieu de son côté les gouvernait en Père par le soin paternel qu’il prenait de ieur conduite. C’est pourquoi Moïse leur disait : ‘ N'est-ce pas lui qui est votre Père, qui vous a possédés, qui vous ‘ a faits, qui vous a créés (Dent. 32,6.)?” Et ce divin Père leur reprochant leur ingratitude, disait: “Je me retirerai d'eux, et “ je verrai ce qu’ils deviendront: car c'est une génération ingrate “et des enfants infidèles (Dent. 32.20.) Moïse leur reprochait la même chose: ‘“ Vous avez quitté le Dieu qui vous a engen- “ drés (Ibid. 32. 6.).”

Mais dans lu loi de grâce, il est le Père des fidèles d’une manière bien plus noble et plus divine; car outre l’image naturelle de leur Créateur qu'ils portent gravée dans leur âme, comme témoigne le prophète (Psal, 4, 7.): “ La lumière de votre “ visage, Seigneur, est imprimée sur nous comme un cachet sur “ de la cire,” il les adopte pour être les frères de son Fils unique et naturel, afin de les faire ses cohéritiers dans l'héritage de la gloire. C’est ce que dit saint Paul (Rom. S.17.): ‘Si nous “ sommes enfants de Dieu, nous sommes par conséquent ses “ héritiers; héritiers, dis-je, de Dieu, et les cohéritiers de Jésus- ‘“ Christ, qui est le premier né entre plusieurs frères” Et le même dit ailleurs (Hæbr. 2. 11.): ‘Tout i* qu'il est, il n’a ‘ pas honte de nous appeler ses frères.” ‘ Voyez, dit le disciple “ bien-aiiné (IL. Joan. 3. 1.), voyez quelle est la charité du Père “ céleste envers nous, de vouloir que nous soyons appelés les ‘ enfants de Dieu, et que nous le soyons en effet.” Etildit dans son Evangile (Joan. 1.12.): ‘ Il a donné à tous ceux qui l'ont ‘ reçu, le pouvoir d’être les enfants de Dieu” Le Sauveur même, qui est le Fils naturel nous enseignant comme il faut prier, veut

que nous app?lions Dieu notre Père, et il nous défend d'en

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reconnaître un autre que le sien: ‘ Quand vous priez, dit-il, “ dites: Notre Père qui êtes dans les cieux. N’appelez personne “ sur ia terre votre père, car vous n'avez qu'un Père qui est dans le ciel (Matth. 6. 9.—23. 9.) Et ce qui est remarquable, quand il parle de Dieu dans l'Evangile, il l’appelle presqu : toujours son Père ou ie nôtre.

Il y a autant à dire entre cette filiation et celle des anciens Israélites, qu'il y a de différence entre le serviteur et le fils d’un père de famille. C’est ainsi qu’en parle saint Paul (Rom. 8.15.): “ Vous n'avez pas reçu une seconde fois l'esprit de ser- “ vitucde qui est dans l4 crainte : mais vous avez reçu l'esprit ‘ des enfants d'adoption par laquelle nous crions à Dieu: Abu, ‘“ Père.”

Quand nous disons que le Père éternel est notre Père. re n’est pas que le Fils et le Saint-Esprit ne le soient aussi, parre que tout ce que Dieu fait au dehors est commun aux trois personnes. Nous lui attribuons néanmoins plus particulièrement la qualité de Père des Enfants d’adoption, parce qu'il est Père éternellement et par la condition de sa personne, ce qui n8 convient pas au Fils, ni au Saint-Esprit.

Tout-puissant,

Ce Pèrs est tout-puissant, car il dit lui-même (Gen. 17. 1.): ‘“ Je suis le Seigneur tout-puissant.” Quand le patriarche Jacoh envoya ses enfants en Egypte, il leur dit (Gen. 43. 14.): * Allez ‘“ trouver Joseph, et que mon Dieu qui est tout-puissant vous ‘“ le rende favorable.” Et il est écrit dans l’\pocalypse (1. 8.) : ‘ Dieu le Seigneur qui est, qui a été, et qui sera à l'avenir, est “ le tout-puissant.” “Il n’y a point de Dieu, dit Tobie (13. 4), ‘“ qui soit tout-puissant comme le nôtre.” En un mot cette toute-puissance est tellement propre à Dieu, qu'il n'y a point de titre qui lui soit plus souvent donné dans l'Ecriture que celui-là,

Quand nous disons que Dieu est tout-puissant, nous entendons qu'il n’y a rien, et que l'esprit ne se peut rien imaginer que Dieu ne puisse faire ou détruire quand il lui plaît. Et il le peut faire ou détruire avec tant de facilité,que la setile inclinationdesa volonté produit son effet, “T]l a dit (lsal. 148. 5.), Fiat, et

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