‹ Histoire de la Vénérable Mère Marie de l'Incarnation [microforme]Chapitre 97 sur 106 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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néralement toutes les créatures, à Lbénir Dieu et à lui rendre des actions de grâces comme à leur souverain et à leur créateur. Voici le commencement de ce cantique, que nous devrions avoir sans cesse dans la bouche : Tous les ouvrages du Seigneur, bénissez le Seigneur; louez-le et exaltez-le dans tous les siècles par-dessus toutes choses.

2. Il faut encore entendre par le royaume de Dieu, la sainte Eglise que Notre-Seigneur compare dans ses paroles à cinq vierges sages et à cinq vierges folles (Matth. 25. 1.); à des poissons de réserve et à des poissons de rebut (Ib. 13. 47.); au frement et à l’ivraie (Ib. 18. 25.). Par les vierges sages, par les poissons de réserve, et par le froment, l’on entend les justes; et par les vierges folles, par les poissons de rebut, et par l’ivraie, l’on entend les pécheurs : parce que dans l'Eglise, les justes et les pécheurs seront mêlés jusqu’à la fin des siècies, que la séparation s’en fera pour l'éternité.

Quand donc nous disons à Dieu: Que votre règne arrive, nous demandons que la sainte Eglise s’étende et s’établisse par tout le monde, et que les païens, les Turcs, les Juifs, les hérétiques et les schismatiques se convertissent à la foi de Jésus- Christ, et obéissent à son vicaire en terre selon la prophétie d’Isaïe qui (60. 3.), parlant à Jésus-Christ, dit ces paroles:

““ Les Gentils marcheront dans votre lumière et les rois dans la ‘ splendeur de votre naissance. Levez les yeux et regardez tout “autour de vous: tous ceux que vous voyez s’assembhleron: et “viendront se donner à vous. Vos enfants viendront de loin, ‘et vos filles s’élèveront à vos côtés.”

3. Mais parce que l'Eglise est composée de pécheurs aussi bien qu ; de justes, et que Dieu ne règne pas parfaitement sur tous à cause que plusieurs sont rebelles à ses volontés, l’on entend encore par le règne de Dieu, le règne de la grâce, par laquelle Dieu se rend le maître des cœurs. Aussi, notre divin Sauveur nous parlant de ce règne spirituel et intérieur, dit (Luc. 17. 21.): ‘ Le royaume de Dieu n’est pas éloigné de vous, ‘“ilest en vous-mênmes.” Ce royaume est en nous, en effet, parce que Jésus-Christ qui en est le roi y réside, et il s’y fait obéir par la grâce qu’il répand dans nos cœurs. Il résidait et il régnait en saint Paul qui disait (Galat, 2. 20.): “ Je vis, ou plu- ‘“ tôt ce n’est pas moi qui vis, mais c’est Jésus-Christ qui viten ‘“ moi.”

Ainai, quand nous demandons à Dieu que son règne arrive, nous lui demandons qu’il règne en nous par la grâce, en sorte qu’il n’y ait rien dans notre âme, dans notre corps, dans nos pensées, dans nos désirs, dans tous nos mouvements, qui ne tende à sa gloire, et qui ne soit parfaitement soumis à ses saintes volontés. C’est la chose la plus précieuse que nous lui saurions deinander, et qu’il nous puisse donner en cette vie. C'est pourquoi notre divin Maitre, voulant nous denner une idée du royaume de la grâce telle que nous la devons avoir, le compare à un trésor et à une pierre précieuse que nous devons acheter, et pour laquelle nous devons vendre tout le reste. “ Le “ royaume des cieux, dit-il (Matth. 13. 44.), est semblable à un “ trésor caché dans un champ, qu'un homme trouve et qu’il ‘“ cache, et dans la joie qu’il en ressent, il va vendre tout ce “ qu’il a et achète le champ. Le royaume du ciel est encore sem- ‘ blable à un marchand qui cherche de belles perles, et qui en ‘ ayant trouvé uns de grand prix, va vendre tout ce qu’il a et “ J'achète. ”” Ces comparaisnns nous apprennent que nous devons faire plus de cas de la grâce par laquelle Dieu règne dans les justes, que de tout ce qui est au monde, et que nous devons plutôt perdre toates choses et la vie même, que de rien faire qui oblige Dieu de nous la retirer. C'était le sentiment que saint Paul conservait dans son cœur et qu’il a laissé par écrit: “ Ce “6 que je considérais, dit-il (Phil. 3. 7.), auparavant comme un “ gainet comme un avantage, m’a paru depuis comme un dé- “ savantage et vomme une perte. Je dis plus : tout me semble “ une perte au prix de cette haute connaissance de Jésus-Christ ‘“ mon Seigneur, pour l’amour duquel je me suis privé de toutes “ choses, et je les regarde comme des ordures, afin de gagner ‘ Jésus-Christ.” Il explique encore ailleurs le sentiment qu’il avait de la grâce et de la charité qui régnait en lui, d’une manière également forte et touchante (Rom. 8, 35.) : ‘ Qui pourra “ nous séparer de l’amour de Jésus-Christ ? Sera-ce l’afiliction, ‘ ou les déplaisirs, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, “ ou les périls, ou le fer ? Je suis sûr que ni la mort, ni la vie, “ ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les cho- ‘ ges présentes, ni celles qui sont à venir, ni tout ce qu’il y a au “ plus haut des cieux, ou au plus profond des enfers, ni toute “ autre créature ne nous pourra jamais séparer de l’amour de

‘“ Dieu qui est en Jésus-Christ Notre-Seigneur. ” Voilà les sentiments que ce saint Apôtre avait dans le cœur, de l'amour et de la grâce par laquelle Dieu régnait en son âme: ce sont aussi ceux que nous devons avoir et que nous devons demander à Dieu lorsque nous lui disons : Que votre règne arrive.

4. Ce règne néanmoins, se peut encore entendre du royaume de la gloire où Dieu règne et régnera éternellement sur les bienheureux, C’est dans ce royaume céleste que Notre-Seigneur appellera ceux qui l’aiment et qui le servent avec fidélité; lorsque, ayant séparé les élus des réprouvés au jugement dernier, il leur dira : “ Venez, les bénis de mon Père, recevezle royaume ‘ qui vous est préparé dès la création du monde (Matth. 25, 34.).” C’est ce royaume, que notre même Sauveur étant en croix, promit au bon larron de lui donner dès le même jour; car ce pécheur converti lui ayant dit (Luc 23. 42.): ‘“ Souvenez- “ vous de moi, Seigneur, quand vous serez dans votre roy- ‘“aume:” Notre-Seigneur lui répondit: “ Vous serez aujourd’hui dans le paradis avec moi.” C'est ce royaume que le Fils de Dieu disait qu’il allait préparer à ses disciples ; voici comment il leur parlait immédiatement avant sa passion (Luc. 22. 28.) : ‘ Vous êtes toujours demeurés fermes avec moi dans mes ‘“ tentations ét dans mes maux ; c’est pourquoi je vous prépare ‘le royaume comme mon Père me l’a préparé; afin que vous ‘ mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous “ soyez ussis sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël, “ Je m’en vais vous préparer le lie 1 (Joan. 14. 2.). ” Enfin, c’est ce royaume où nous devons tous aspirer, et où néanmoins rien de souillé ne pourra jamais avoir entrée (Apoc. 21. 27.)

C'est pourquoi ncus demandons à Dieu que ce règne s’accomplisse en nous, c’est-à-dire qu’il nous donne place dans son paradis, afin qu’il règne sur nous comme il règne sur les anges et sur les saints. Nous devons nous considérer comme des exilés dans un pays étranger, car nous sommes en effet bannis du ciel qui est notre patrie et la maison de notre Père céleste. C’est pourquoi nous lui demandons comme des enfants prodigues, qu’il nous reçoive auprès de lui et qu'il règne éternellenent sur nous.

Mais pour mériter le règne céleste que nous demandons, il faut nécessairement que Dieu règne en nous par la grâce,

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