I.E.MAil.LERIE AH XV[ SIECLE
Clijipi'lli'. au imis(''e du LiUivrc (D. 282). re[)n's('nt;uit la Cnicifi.ildi! , [lar [^roiiard Liinosin. doiuic un cxciuplr bien curieux: de ("emploi siinultaiié de ces deux procédés; dans cette iilaque. (|ui contient un grand nombre de personnages dont les tètes sont exécutées d'une façou assez large par le [)rocédé du modelé transparent, on voit sur le secoml plan, près de la croix, trois cavaliers dont les ligures sont peintes comme de véritables miniatures; ce sont là évidemment trois portraits.
Après avoir ainsi cherché à expliipier les dillérents procédés employés par les artistes limonsins dans rexécution de leurs émaux, il nous reste à étudier la manière de chacuu d'eux, ou tlu moins des principaux d'entre enx, en prenant surtout comme types celles de leurs o'uvres qui font partie de la collection du nnisée du Louvre, la plus liche et la plus complète en ce genre, ou cpii appartiemn'ut au musée de Cluny. Nous sui\rons la division par familles, adoptée par M. Darcel dans son excellente Notice des émaux du Louvre. Si on peut reprocher à cette classification de ne pas respecter rigonrensement l'ordre chronologiqne, elle a au moins pour résultat de faciliter singulièrement l'étude de rémaillerie au xvi^ siècle.
LES PÉNlCAULi
Après Léonard ou Xarilon Pénicaud et Jean lei' Pénicaud, dont nous avons parlé plus haut, nmis trouvons, ainsi que nous l'avons dit, Jean II Pénicaud. qui. suivant quelques auteurs, était le fils.de Léonard, ou, suivant d'autres, de Jean Ie'\ Selon toute probabilité, il serait mort en 1588 dans un âge assez avancé, après avoir partagé, en 1571, avec son confière Léonard Liinosin les honneurs du consulat.
472 L'EMAII.LERIE
Le style et la facture des émaux sur lesquels on a trouvé son nom en toutes lettres : Iohannes Penicaudi Ivnior, 1539, et surtout une suite de quatre émaux représentant les Quatre Vertus, dont deux sont signées Ia. Penicayd Iunior et les deux autres P. /., ont permis de restituer à cet artiste les émaux marqués du monogramme /. P. et de rattacher à son atelier ceux qui sont signés K.I., IKP ou K.I.P.', marques «^ue l'on rencontre sur des pièces fort belles , et souvent même d'un dessin supérieur à celui du maître.
Le Louvre possède seulement cinq émaux de Jean II Pénicaud ou de son atelier. L"un d'eux marqué P.I. et représentant le portrait du pape Clément VII (fig.99), est curieux, surtout en ce ({u'il montre un des premiers essais de la coloration des émaux en grisaille au moyen de glaçures polychromes; la tète, peinte d'abord en gris, puis redessinée sur un fond d'émail bleu-noir transparent, a été recouverte, H l'exception de la barbe et des cheveux , (|ui sont rehaussés de blanc, d'une glaçure générale de bistre rose transparent trop foncé; sur Forfroi de la chape, bordé de chaque côté par un rang de perles interrompu par des pierres fines, sont représentées en camaïeu d'or - trois scènes de la légende de Saint-Pierre. On sent encore dans cet intéressant portrait, qui serait absolument remarquable sans la coloration bizarre de la tète, l'intluence <le Nardon Pénicaud, bien que les procédés d'exécution ne soient plus les mêmes.
Les autres émaux du Louvre attribués à Jean II sont des grisailles d'um' facture soignée et d'un modelé très doux.
' Pour ceUo doniirrc iniin]iie, il ne pinil v avuir aucun ilouU-, l'nn ili'^ oniaux ainsi signés portant au rever.s le poinyon ilo rôniciuiil.
' Les éniailleurs de Liniogps ont employé trop raremiut <•<■ Munic de décoration en camaïeu d'or sur fond noir ou brun, dont iiueiques-uns ont su tirer rependant un excellent parti; il existe au Louvre (D. -201) un médaillon circulaire représentant Jehan Fouquet, pcinire du roi Louis XI, qui rsl une des œuvres les plus remarquables de ce genre.