L'EM.MLLKRIE AU W'IP ET AU XVIIP SIÈCLE
entre autres celui de la belle comtesse d'Olonne, d'après Mignard, « enfermé dans une guirlande ovale de fleurs en relief peintes en émail par Gilles Lesgarf/, qui, dans ce genre, a surpassé tous ceux qui se sont mêlés d'y travailler, » dit Mariette, à qui ce portrait appartenait-; celui de J.-B. Colbert, vêtu de noir, avec collerette do dentelle'et collier de Tordre du Saint-Espril ; celui du duc do Bourgogne % etc.
Dos nombreux enfants do Petitot, un seul, Jean Petitot, né en iG53, parait avoir été peintre en émail; il fut élève do son père, et prit si bien sa manière, qu'il est difficile, à première vue, de distinguer les o'uvros du fils de celles du père, et réciproquement : il dut commencer à peindre de très bonne heure, puisque en lOCO, à peine âgé de seize ans, il signait un portrait de femme, assez médiocre du reste, peint sur émail, qui a passé en vente publique il y a une vingtaine d'années ^ En 1G83, il épousa sa cousine Madeleine Bordier, dont il fit un portrait qui figurait à l'exposition de 18G5, et (jui i)ûrte l'inscription suivante : Petitot a fait ce portrait à Paris en janvier 1000, qui est sa femme; cet émail appartenait à lord Gremorne, qui avait envoyé à la mémo exposition un cadre contenant les portraits des deux Petitot; le père, un beau vieillard à Tair sérieux et doux et à la chevelure de neige, a été peint par probablement par son fils, qui s'est représenté lui-même sur l'autre émail, ainsi que le prouve la mention : Peti-
' Gilles Lesgaré, orlëvre et émailleur, né à Laiigres; on a de lui un Livre des ouvrages d'orfèvrerie, par Gilles Lesgaré, orfèvre du rot], publié en 1663; il quitta la France lors de la révocation de Tédit de Nantes.
- Après la mort de Mariette, en 1774, il fut acheté par sir Horace Walpole: il appartient aujourd'hui à M. S. R. Holford.
3 A la vente Hamilton, en 1882, ce beau portrait a été vendu 630 guinées ( 17,042 fr. 50).
' Cf. Gazelle des bcaux-arla. t. XXII, p. 262.
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tôt, fait par luy-mesme, d'âge de tretite-trois ans, iG8'), gravée sur le cadre. Comme son père, Jean Petitot passa une partie de sa vie en Angleterre; mais il est probable (|iril revint à Paris pour se marier, et qu'il liabitait avec son père avant que celui-ci retournât en Suisse, puisque nous trouvons l'adresse suivante dans le Livre commode d'Abraham du Pradel : « Pour la mignature en émail, messieurs Petitot, rue de l'Université; Perrault, rue du Chantre; Le Brun, rue Neuve-des-Petits-Champs. » On sait qu'il retourna à Londres en 1G9G, mais on ignore la date de sa mort.
Des deux émailleurs cités avec lui par Abraham du Pradel, l'un, Perrault', a peint des portraits dans le genre de Petitot ; quant à l'autre , ce devait être Madeleine Le Brun, qui vivait à cette époque, et dont on connaît des portraits signés : Madeleine Le Brun pinxit.
Petitot eut plusieurs élèves, parmi lesquels Louis de Chatillon, né à Sainte-Menehould en 1639. Envoyé de bonne heure à Paris pour y apprendre le métier d'orfèvre chez un ami de Petitot, Pezey, qui peignait également sur émail , il quitta l'orfèvrerie pour se consacrer exclusivement à la peinture et à la gravure des plantes, où il réussit assez I)Our être nommé bientôt dessinateur et graveur de l'Académie des sciences, et ol)t('nir. eu 1(>S!I, un logement aux galeries du Louvre. C'est suitoul à dater de ce moment qu'il se mit à peindre sur émail; il exécuta surtout des portraits de Louis XIV. destinés, comme ceux que faisait Petitot avant lui, à être m(int('s dans de splendides boites à
' NtviiiKTTE dit de lui à propos de la peinluiT sur ('mail : « Il osl rare de trouver des personnes qui réussissent dans cet art, puisque le nombre de ceux qui ont paru depuis la mort de Pelitot se réduit à deu.\; l'un, M. Perrault, qui vient de mourir, auroit poussé réinail i-ncore plus loin qu'il ne l'a fait, vu son application et le soin (pi'il luciinit de pirparcr lii\ -Mu'nie ses émaux. »