GAULE
Nous avons dit plus haut qiir les Celtes et les anciens Gaulois connaissaient le verre, ou du moins les verroteries, que leur apportaient les hardis navigateurs Phéniciens;
Fig. 12. — Pei\e d'un collier trouvé dans une tombe gauloise. (Coll. Moreau. )
mais il parait certain qu"ds en ont ignoré la fabrication jusqu'à l'époque de la domination romaine'. On ne trouve, en effet, aucune verrerie d'usage domestique ou funéraire dans les sépultures antérieures à la conquête, non plus que dans les anciennes stations lacustres de la Savoie ou de la Suisse, si riches cependant en poteries d'un style original et bien caractérisé, et les colliers en pâte colorée que l'on rencontre,
' Pline est très affirmatif à cet égard; suivant lui, la Gaule et l'Espagne auraient appris des Romains l'art de la verrerie, et l'auraient pratiqué absolument de la même façon : Jam vero el per Gallias Hispanios que simili modo arenx lemperanlur. (.X.X.WI, 66.)
ainsi que nous Tavons dit, sous les dolmens et les tumulus de la Gaule et de la Grande-Bretagne, portent tous la marque d'une origine orientale. Il pourrait se faire cependant que plusieurs de ces verroteries fussent de fabrication locale. Nous verrons plus loin, en effet, que les Gaulois ont pratiqué de bonne heure Tart d'émailler les métaux, et la relation qui existe entre la verrerie et l'émaillerie est si étroite, qu'il est permis de penser qu'ils ont été conduits à la découverte de l'émaillerie par la recherche de l'imitation de ces pâtes de verre importées chez eux par les Phéniciens'.
Différente en cela de la céramique, dont les produits portent les marques indiscutables d'une industrie locale, la verrerie gauloise est essentiellement romaine dans ses procédés de fabrication, dans ses formes et dans sa décoration, aussi bien que dans ses marques, ses cachets et ses inscriptions.
Dans toutes les contrées de l'ancien monde ou les Romains se sont établis, on trouve des verres, souvent en nombre considérable"-; il semble que partout, à Toulouse, à Nîmes, à Arles, à Lyon ou à Autun, aussi bien qu'à Boideaux, à Reinics, à Rouen, à Amiens et à Boulogne, il a existé des fabri(pies importantes, et on a rencontré des fours et des débris d'anciennes verreries aux environs de Strasbourg, à Cologne et sur les i)ords du Rhin et de la Moselle, de même que l'on en a trouvé en Angleterre, en Danemark, en Algérie, dans la province de Constantine (autrefois Numidic), et aux environs d'Alger (l'ancienne Mauritanie), partout ciilin où Rome victorieuse étendait sa (Idiniuafion.
' (In il liiiuvù à Arles des rebuts de |i;Ucs vitrifiées dans les(|uelles on vciit ii^ niélaiigi; de plusieurs couleurs, et ces « rebuts, dil M. Quu.uerat (]!evue archcolofjiquc , t. .XXVIIi, ]i. 74), y ont été trouvés en assez grande abondance pour lénioiL'ner ipi'il y eul là une fabriiiue où l'on travaillait le vern' à la t'aeon de Sid'in cl irAli'xamhir. ■■
'' A Saint-Médard-des-1'rcs, dans un seul tombeau on a trouvé plus de cincpumte vases en verre blanc. (Cf. Benjamin Fim.on, VAH de terre chez les Poitevins.)