SUR MICHEL B A(J DI ER
Mathieu Laensberg. On sait que plus tard les missionnaires catholiques ont dû l'influence et la laveur dont ils ont joui longtemps aux connaissances de quelques-uns d’entre eux en mathématiques et en astronomie, et que plusieurs, devenus membres du tribunal supérieur des mathématiques, furent élevés aux plus hauts grades du mandarinat. Pour bien apprécier l’étendue des connaissances des Chinois en physique au commencement du siècle dernier, on peut consulter la lettre si curieuse où le père Pareil ni n raconte scs conférences avec plusieurs docteurs, et leur stupéfaction en le voyant au moyen du ni Ire glacer de l’eau bouillante au-dessus d’un brasier ardent. Ils connaissaient la poudre à canon avant l’ère chrétienne, soit; mais que penser de l’usage encore subsistant parmi eux en vertu duquel chaque soldat est obligé de préparer lui-mème la poudre dont il doit se servir! Et leur dernière guerre avec les Anglais, au sujet de l’opium, n’a-t-elle pas trahi de la façon la plus humiliante l’infériorité militaire de ce peuple , qui croyait effaroucher les équipages anglais avec des figures hideuses de dragons peintes sur des bannières 1 ?
1 A propos des usages singuliers que Bnudier fuit connaître, et de ce qui concerne en particulier la médecine, nous dirons qu’il ne fait pas mention d’une pratique signalée par d’autres historiens do la Chine, et que l’on pourrait proposer à des nations qui se
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L’ouvrage de Baudier se termine par des remarques sur la religion des Chinois , sur leur penchant à la superstition, sur un grand nombre de pratiques et de croyances ridicules ou barbares. Son exactitude sur tous ces points ne pouvait être bien grande : les détails lui manquaient; et l’on conçoit qu’il lui était assez difficile d’être suffisamment éclairé par le jésuite flamand qui , dans une statue surmontée de trois têtes qu’il a vue a Pékin, n’hésite pas à reconnaître une image de la Sainte Trinité , et soutient gravement que douze statues qu’il avait trouvées dans un temple ne pouvaient être que les portraits des douze apôtres!
Nous arrivons à trois ouvrages de Michel Baudicr, bien supérieurs à ceux que nous venons de faire connaître, et pour leur importance historique et pour le mérite de l’exécution. Nous voulons parler de ses Histoires du cardinal de Ximénès , de l'abbé SiHjer et du cardinal d'Amboise. Ce que nous
disent plus avancées. Les Européens, pleins de confiance dans le savoir et le zélé des disciples d’Hippocrate, toujours si révérés, inul*{ré Molière, ont coutume de payer à leurs médecins les soins et les visites qu’ils reçoivent d’eux lorsqu’ils sont malades. En Chine, on paye à son médecin une redevance pendant tout le temps qu'on jouit d’une bonne sauté. Devient-on malade , aussitôt tout payement est suspendu jusqu’à ce que la santé soit revenue. L’uvaulajje ici u’cst-il pas du côté des Chinois?