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sacrifie ses ressentiments à de nouvelles espérances. Mais rhistorien ne voit qu’avec crainte cette réconciliation : «Warwick, dit-il, pour relever » sa misère, s’allia d’une royalle calamité ; mais les « maux joints ensemble s’augmentent plus qu’ils » ne diminuent. »
L’alliance ou plutôt la ligue de Warwick et de Marguerite obtient d’abord quelques succès. Le Comte, rétabli dans Calais, passe en Angleterre, et sans combattre , grâce à l’appui du Marquis de Montaigu et de l’Archevêque d’York, ses frères, force Edouard IV à s’enfuir précipitamment en Hollande. La Reine Elisabeth , réfugiée dans une église, y donne le jour à un fils dont le sort sera aussi triste que celui du Prince de Galles , fils de Marguerite '. Henri VI est tiré de la Tour où il languissait depuis dix ans, et remis sur le trône par celui-là même qui l’en avait renversé. Warwick, le Faiseur de Rois, donne un nouvel exemple de sa force et de son audace.
Marguerite n’assistait pas à ce retour de la fortune; elle ne pouvait que recevoir avec une joie indicible les lettres du Comte, et celles de son mari qui lui portaient ces heureuses nouvelles. Mais déjà
1 Folio 62. — Ce fils d'Kdouard IV , couronné plus fard sous le nom d'Kdouard V, sera mis à inorl avec son frère par son oncle Richard, duc de Glocester. l/historien n’onhlie pas de prédire ce nom cl exemple ries contrastes de la fortune.
XOTICK
s'amoncelaient de nouveaux orages. Le duc de (Carence, qui partageait le triomphe de Warwick, u’avait pas vu sans dépit le mariage du Prince de Galles avec la seconde fille du Comte. Il se repentit bientôt d’avoir servi la restauration de la dynastie de Lancastre et d’avoir de ses mains Fermé le trône à sa famille, à lui-même peut-être. Edouard IV avait prévu les regrets de son frère et les avait lui-même provoqués depuis longtemps par ses agents. Lorsque les secours du Due de Bourgogne l’eurent mis en état d’équiper une flotte et de rentrer en Angleterre, la trahison du duc de Clarence lui était acquise. Accueilli avec empressement par les bourgeois de Londres, qui étaient ses créanciers, et par leurs
femmes, qui aimaient sa galanterie, Edouard se retrouva aussi puissant qu’avant sa fuite, et n’eut besoin que de faire rentrer Henri VI à la Tour de Londres.
Warwick et Marguerite apprennent coup sur coup ces funestes événements et se préparent à tenter un dernier effort. L’un rassemble de nouvelles troupes; l’autre quitte la France pour venir prendre part à la lutte; mais Edouard se hâte de les attaquer séparément et marche contre Warwick pendant que la Reine débarque sur la côte. Le Comte, jaloux du duc de Sommerset qui accompagne la Reine, ne veut pas l’attendre et livre