‹ Histoire de la vie et de l'administration du cardinal Ximenès annotée et précédée d'une introduction et d'une notice sur Michel Baudier et ses diverses ouvragesChapitre 32 sur 88 · SUR MICHEL RAIDI K R · texte numérisé non relu

SUR MICHEL RAIDI K R

a disoit alors aux princesses de son siècle que la » fortune faict gloire de s’attaquer aux couronnes, « et que les grandeurs du monde ne mettent pera sonne à l’abri de ses foudres. Son tombeau qui a garde ses cendres à l’esglise de Sainct-Maurice a d’Angers et cette histoire qui la faict revivre a avec ses désastres , le disent à celles du nostre , a afin qu’elles y trouvent ou de la consolation ou « du divertissement qui les instruise. »

Tel est l’enseignement et pour ainsi dire la moralité de cette histoire. Le cadre, tel que Michel liaudier l’avait choisi , ne voulant tracer que le tableau des calamités de Marguerite d’Anjou , est bien rempli , et l’effet en est dramatique et saisissant. Le grand rôle de Marguerite d’Anjou dans cette longue période de l’histoire d’Angleterre, les personnages qui l’entourent , les événements solennels auxquels elle prend part , le théâtre où sa fortune est exposée à tant d’orages et de bouleversements , sa fermeté et sa constance dans l’adversité, rien de tout cela n’a échappé au pinceau de l’historien et tout a été rendu en traits expressifs, énergiques , émouvants. Faut-il ajouter aux citations que nous avons données cette peinture éloquente des atrocités de la guerre civile? « L’An- « gleterre perdoit plus d’hommes que toutes les « guerres des estrangers n’avoient faict auparavant a dans leurs plus sanglantes fureurs Certes ,

NOTICE

« au lieu de roses rouges et blanches que les deux » maisons prindrent pour devises, elles dévoient

» porter des poignards et des espées Ces roses

« durent la plus grande partie d’un siècle, vivent » de la vie des hommes , vivent plus qu’eux parce » qu’elles sont arrouséesde leur sang. « « — Les « fureurs des guerres civiles avoient porté l’An- » gleterre sur le bord de sa ruine , et avoient faict » de ce beau royaume le pourtraict hideux d’une » lamentable calamité. La campagne estoit déserte « de laboureurs, les terres en friche, les villes dé- » solées et la plupart des habitants égorgés , les » temples profanés et les saincts vases pillés par » les mains sacrilèges du soldat, et généralement « tout estoit plein de meurtre, de sang et d’hor- « reur. L’Angleterre n’estoit plus elle-mesme, mais » un hideux cadavre de cette belle partie de l’Eu- » rope, sur qui les Anglois, ses propres enfants , » avoient par un exsécrable parricide exercé leur « manie et leur rage. »

Nous ne devons pas craindre cependant d’avouer que nous regrettons quelque chose dans le livre de Michel Baudier. Dans celte histoire de Marguerite d’Anjou, l’auteur ne nous a guère montré que la Reine d’Angleterre et en quelque sorte le personnage politique; nous aurions voulu qu’il nous lit connaître plus intimement Marguerite elle-même, car ce n’était pas seulement l’exis-

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