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tence officielle de la Reine qui pouvait nous toucher et nous instruire. Que Marguerite d’Anjou souffre dans son ambition par la perte de sa couronne; que, devenue chef de parti , elle perde des batailles ; que du haut d’un trône elle tombe dans un abîme d’infortunes, ce sont là sans doute de grandes et vives douleurs , mais des douleurs en dehors et au-dessus de nous, et qui semblent n’avoir rien de commun avec les souffrances ordinaires de l’humanité. Mais si la femme apparaît dans la Reine ; si elle est frappée dans ses affections les plus chères; si elle voit son époux emprisonné, insulté, dégradé, assassiné; si elle voit son fils menacé, proscrit, déshérité, égorgé; si elle survit à tout ce quelle a aimé; si elle se survit en quelque sorte à elle-même, ce sont là des douleurs que tout le monde peut sentir et qui font tressaillir toutes les entrailles; c’est l’épouse, c’est la mère que nous voyons; nous souffrons avec elle et ses chagrins appellent nos larmes. Sans doute l’auteur avait lui-même deviné l’importance de cette seconde partie de son tableau; quelques traits délicats, comme le récit de la fuite de Marguerite emportant son fils dans ses bras et triomphant des dangers à force d’amour maternel, font ressortir cette physionomie tout humaine de l’héroïne; l’esquisse en est indiquée et comme préparée dans les dernières lignes ; l’exécution complète n’entrait
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pas dans l’idée première du travail. Il aurait fallu (jue fauteur écrivît la biographie de Marguerite d’Anjou : mais à l’époque où Michel Baudier écrivait on n’attachait pas encore une grande importance à l’élude purement morale des caractères ni à la philosophie des événements. Les mémoires de la vie privée étaient bien rares, et les écrivains devaient se contenter malgré eux de l’histoire politique, trop heureux quand ils pouvaient, au milieu de renseignements imparfaits et confus, trouver et mettre en relief la vérité.
Histoire du Cardinal de IVolsey.
( Manuscrit in-folio de 90 feuilleta )
Au temps de Michel Baudier, 1 histoire d’Angleterre était peu connue en France; des épisodes de cette histoire avaient tout l’attrait de la nouveauté et presque l’intérêt d’une découverte. Outre la vie de Marguerite d’Anjou , Baudier emprunta à l’Angleterre l’histoire de Thomas Wolsey, Cardinal d’York. Il passait à un tableau moins grandiose peut-être , mais l’instruction morale qu’il donnait pour but à ses études n’y devait pas être moins frappante. Un homme du vulgaire élevé à