‹ Histoire de la vie et de l'administration du cardinal Ximenès annotée et précédée d'une introduction et d'une notice sur Michel Baudier et ses diverses ouvragesChapitre 35 sur 88 · SUR MICHEL B A U I) 1 K R · texte numérisé non relu

SUR MICHEL B A U I) 1 K R

» devoir estouffer , » pour nous , ce gentilhomme du Cardinal, estimé et favorisé de lui, comblé de ses faveurs, et qui parle si mal de son maître, est bien suspect dans sa prétendue sincérité. Nous croirions môme volontiers que ce libelle, dont l’auteur avoue ses fonctions et cache son nom, fut dicté et payé par les ennemis personnels du Cardinal. Si, un siècle après les événements , ce manuscrit était encore regardé comme un document authentique , c’est qu’il avait été longtemps dangereux de le démentir, et qu’ensuite on s’en était peu soucié. Les ministres ont trop d’amis tant que dure leur puissance ; ils en ont trop peu dans la disgrâce et après leur mort '.

Suivons le récit de Michel Baudier, sans lui reprocher trop sévèrement d’avoir été trompé par ce témoignage ou môme d’avoir été trop facile â croire ce qui venait à l’appui de son thème moral , et reconnaissons que ce thème n’était point préconçu et que l’auteur n’y a point volontairement sacrifié les faits authentiques. Obligé de croire ce que l’on croyait alors en Angleterre et jugeant sur les pièces qu’on lui présentait, il a été induit en

1 Les historiens modernes de l’Angleterre ont généralement rendu justice à Wolsey, tout en blâmant son ambition et sa cupidité. Lingard loue 'son habileté dans les affaires d’Ktat, la sagesse de ses réformes dans la justice, dans les finances, dans l'Eglise, la protection éclairée qu’il accorda aux lettres : * Son équité, dit-il, était généralement re- » connue et applaudie. » (Lingaim, t. 3.)

XOTICE

erreur, mais il n'a failli ni à sa conscience ni à l’amour sincère de la vérité.

Dès les premières lignes qui suivent le titre, l’historien range Thomas VVolsey parmi ceux des Grands du monde qui ne doivent leur élévation ni à la vertu ni au mérite : « Les mérites des « éminentes vertus devroient estre les seules voyes

» aux grandes dignités du monde Mais le

* contraire arrive souvent dans la cour des Roy s, « où celluy qui a moins de vertu a plus de for-

» tune Les hommes ambitieux qui ne

» peuvent mériter les charges par leurs bonnes « actions les ravissent par leurs artifices. Tho- « mas VVolsey, Cardinal d’Yorc, principal mi- « nistre d’Estat en Angleterre , suivit cette » voye. »

Michel Baudier, guidé par ces préventions, contre lesquelles d’ailleurs rien ne le mettait en garde , commence par accueillir avec une sorte de satisfaction le témoignage des chroniqueurs qui ont prétendu que VVolsey était le fils d’un boucher du bourg d’Ipswich , et que les frais de son éducation avaient été à la charge de quelques parents généreux. On sait aujourd’hui que son père, dont le testament a été conservé , était un riche bourgeois, propriétaire et tenancier des paroisses de Stoke et d’Ipswich. C’est là du reste une question peu importante ; il nous semble même que

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