SUR MICHEL B AUDI E R
son (ils '. Enfin , la démission de l'Archevêque Warham, qui rendit la chancellerie vacante, fut complètement libre et spontanée, loin d’avoir élé provoquée par les intrigues et les menaces de Wolsey; il est même certain que YVolsey n’accepta les sceaux, en l’année 1515, qu’après une longue résistance 2 .
« Nous ne sommes pas obligés de croire, dit » Lingard, le conte si souvent répété, que Wolsey « dut son élévation à l’adresse avec laquelle il s’in- •> sinua dans la faveur royale, en promettant de se » charger de tout le travail , afin que son maître » eut plus de loisir pour se livrer au plaisir et à la » dissipation. Une multitude de lettres encore » existantes, écrites à Henri ou par Henri, prou- » vent incontestablement que le Roi lui-même « consacrait une grande partie de son temps et de « son attention aux soins du gouvernement 3 . »
Michel Baudier, plus crédule, n’a pas tout à fait écarté ce conte. Voici en effet comment il s’exprime, toujours sur la foi du journal qui lui a été confié : « Le Roy, dit-il, estoit lors jeune et
■ Rvmkr, XIII, 777.
2 Rvmkr, XIII, 530. — Lettres de Thomas Morus ù Erasme (ap. Krasmk , III, 234), et à Warham lui-même (ap. Stapi.KTOV , Vita Mori, 236).
3 Likgard, t. 3. — Rvjibr, XIII, 404. — Fiddks, Coll., p. 15. — Lettres dans la Bibliothèque Colonieune, Cal. B. , I, VIII.
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vigoureux, enclin à la volupté, ce (jue nostrc aumosnier sachant fort bien, il l’entretenoil toujours en cette humeur, luy disant bien souvent que ses affaires n’en demeureroient pas et qu’il prendroit garde que rien ne se passât au préjudice de Sa Majesté : ce qu’il faisoit pour s'insinuer toujours dans le gouvernement. »
Et ailleurs :
« Wolscy n’opinoit jamais dans le conseil que selon l’intention ou le plaisir du Roy, sans considérer. (jue l’office d’un homme de bien , séant dans un conseil d’Estat, est de dire la vérité à son prince, et le vice d’un méchant de plaire à ses désirs et flatter ses passions. »
Et plus loin :
u II rendoit compte au Roy de tout ce qui se faisoit , dont le Roy estoit merveilleusement
« content. «
En résumé, si l’ambition de Wolsey le rendait complice des désordres du Roy et se pliait servilement à ses intentions et à ses caprices, elle n’avait pas confisqué l’autorité royale, puisque le
Roi savait encore vouloir, et se faisait rendre
compte de tout ce qui se passait dans scs Etats.
Voyons maintenant comment l’historien apprécie l’administration de Wolsey. Ici les faits prêtaient moins aux interprétations exagérées qui ont ailleurs séduit sa bonne foi. Malgré son anti-
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