‹ Histoire de la vie et de l'administration du cardinal Ximenès annotée et précédée d'une introduction et d'une notice sur Michel Baudier et ses diverses ouvragesChapitre 44 sur 88 · X0T1CE · texte numérisé non relu

X0T1CE

Histoire de la Cour de Perse.

(Manuscrit in-folio de 132 feuillet*. )

Le dernier manuscrit de Michel Baudier dont nous ayons à parler ne paraît pas être de la môme date que les précédents. Il appartient plutôt aux études que l’auteur avait faites sur les sociétés orientales, et à l'ensemble de ses travaux sur l’histoire des Turcs, sur la religion de Mahomet, sur le sérail du Grand Seigneur et sur la cour du Roi de la Chine. L’auteur y traite de l’histoire de la Perse dans les temps anciens depuis Cyrus, et dans les temps modernes depuis rétablissement de la domination musulmane. En voici le titre :

Histoire gènérallc de la Cour des aticiens et modernes Roy s de Perse :

Où dans les curiosités d’un ample suject les Princes souverains trouvent des solides maximes de bien régner, les courtisans des saines instructions pour bien servir leur Prince, et tous les hommes des enseignements de bien vivre;

Ensemble un abrcjjc de l’histoire du Royaume de Perse, depuis Cyrus jusques en l’année inséré aux deux livres de ce volume ;

Par le sieur Michel Baudier *.

Nous ne savons pas si Michel Baudier regardait

1 Si l’auteur ne joint pas ici à son nom les titres officiels dont il était revêtu, cela indique peut-être qu’il ne les avait pas encore obtenus, et qu’il n’était qu’un savant modeste et dévoué ù l’étude lorsqu’il écrivit ce livre. Cela même nous autorise encore à ne point attribuer cet ouvrage ù la dernière partie de sa vie.

S l 1 U MICHEL B A l' DI ER.

son livre comme achevé dans l’état où il est encore »

aujourd’hui. Evidemment le manuscrit n’a pas été recopié, et nous le possédons tel qu’il sortit de la main de l’auteur; des ratures assez fréquentes, des abréviations, des notes ajoutées après coup, une rédaction un peu confuse, des citations restées en dehors du texte ne permettent pas de doute à cet égard.

Cependant celte Histoire des Perses n’est pas seulement une ébauche. Les vingt-cinq chapitres concernant la Perse ancienne et les vingt autres qui traitent de la Perse moderne forment un tableau complet. On peut dire que l’auteur y a mis tout ce qu’on savait avant lui et tout ce qu’on avait appris de son temps sur ce vaste sujet. Aucun de ses ouvrages ne prouve une science plus profonde de l’antiquité et une érudition plus curieuse du monde contemporain. S’il restait quelque chose à y faire, ce n’était que dans les détails de forme et d’exécution.

Le premier livre comprend quatre-vingt-cinq feuillets et une page; c’est la partie la plus longue, parce que c’est aussi celle qui offrait à l’historien le plus de ressources. La fondation, les accroissements et la décadence du premier Empire des Perses font le sujet de l’essai historique qui précède le tableau de la cour persane. Le palais des souverains de cet empire, les cérémonies do leur

NOTICE

sacre, les litres pompeux de leur vanité, l’adoration qu’ils exigeaient de leurs sujets, l’étiquette de leur table, leurs mœurs privées, l’éducation de leurs enfants, les institutions politiques, administratives, militaires, judiciaires et religieuses de leur royaume, l’état de leurs olïicicrs, les privilèges de la noblesse qui les entourait, la magnificence des grandes familles de leur suite, la somptuosité de leurs ambassades au dehors, la haute fortune de leurs favoris, enfin la pompe de leurs funérailles, c’était là une ample matière à la curiosité du savant cl aux observations morales du philosophe. Nulle part il ne pouvait trouver plus à dire sur la vanité des choses de ce monde , sur les vices des cours, sur les passions des Grands, sur les inconstances de la fortune, sur la fragilité des empires. S’il ne pouvait étudier par lui-même ce royaume d’autrefois dont les ruines n’étaient pas encore retrouvées, il avait à sa disposition la littérature antique, où tant d’auteurs avaient consacré à la monarchie persane des livres entiers ou au moins quelques pages; et il semble que rien de ce qui avait été dit ou écrit sur ce sujet n’a échappé à ses investigations patientes. On est effrayé du nombre d’auteurs cités par lui, auteurs grecs et latins de tous les genres, de toutes les époques, chroniqueurs, biographes, historiens, moralistes, philosophes, poêles, orateurs, géographes, voya-

Page 1