‹ Histoire de la vie et de l'administration du cardinal Ximenès annotée et précédée d'une introduction et d'une notice sur Michel Baudier et ses diverses ouvragesChapitre 66 sur 88 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

XJmêiics relient prés de lui l'Infant Ferdinand. — Le Doyen de Louvain dispute à Ximénès la Régence du Royaume. — Le Cardinal consent à partager l’autorité avec le Doyen jusqu'à ce que Charles en ordonne autrement. — Nouveaux troubles en Espagne. — Grâce à la fermeté du Cardinal, Charles est proclame Roi du vivant de sa mère. — Des commissaires sont envoyés aux Indes pour protéger les Indiens contre les conquérants espagnols. — Destruction des places fortes de lu Navarre. — Révoltes de Malagu et d’Arévalo.

.Après l’ouverture du testament du Roy qui le dcclaroit Récent d’Espagne , la première action de Ximénès fut de prendre avec soy le Prince Ferdinand qu’il çptint tousjours, luy donnant un train digne de sa naissance, afin d’empcschcr que les Grands d’Espagne ne l’attirassent à leur parti pour l’en faire leur chef 1 , qui se conduiroit pourtant selon le mouvement des membres. Après cela, il lit rendre à la Reyne Germaine les honneurs qui luy estoient dus et mit ordre que sa maison fut entretenue selon sa condition.

1 Ce Prince, qui avait eu connaissance du premier testament de Ferdinand , regardait le changement des dispositions de son aieul comme une injustice; il eu fut contrarie au point de tomber gravement malade. (Gomk/..)

Les traverses qui ont rendu sa conduite plus illustre parurent à ce commencement. Adrian d’Ulrek, Doyen de Louvain, avoit esté envoyé en Espagne par Charles, pendant la maladie de Ferdinand , avec lettres patentes pour gouverner l’Espagne advenant la mort de Ferdinand. Ce prince estant mort, il déclara sa charge, montra ses lettres en plein conseil et voulut prendre la souveraine administration des affaires. Le Cardinal l’en empescha, remonstrant que, par le testament de la Iteyne Isabelle, le Roy Ferdinand estoit Régent du royaume jusques à ce que Charles eust atteint Page de vingt ans; que Ferdinand estant mort avant ce temps-là, il estoit par son testament mis en sa place, et parlant qu’à luy seul appartenoit la régence ; d’advanlage, que par les loix du royaume il estoit deffendu qu’aucun estranger ne gouvernast l’Estat , et qu’Adrian estant Flamand, sa naissance luy donnoit l’exclusion de ce qu’il prélendoit. Ces contentions ne furent point sans leurs soustenans d’une part et d’autre : le Cardinal avoit les bons Espagnols ; Adrian estoit appuyé de tous les grands ambitieux, qui ne demandoienl que le trouble pour en profiter.

Charles, qui estoit en Flandre, devoit vuider le différend ; mais attendant qu’il envoyas! son jugement, le Cardinal et Adrian gouvernèrent et signèrent tous deux les ordonnances et les mandemens. Mais Adrian n’estoit que l’ombre qui sui voit les inoiivemens du

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