CHAPITRE PREMIER
Naissance de Ximénès. — Son éducation. — Son voyage et son séjour à Rome. — Son retour en Espagne. — Sa captivité dans la tour d*(Jceda. — Un vieux prêtre, détenu dans la même prison, lui prédit sa grandeur future. — Ximénès, rendu à la liberté, se retire à Signença. — Il prend la robe de saint François et est élu supé-, rieur du monastère de la Salceda. — Devenu confesseur de la Reine Isabelle et Provincial de son ordre , Ximénès est élevé à la dignité d'Archevêque de Tolède.
Les Roys, qui sont les maistres des biens du monde , advantagent les hommes des dons de la fortune. Mais le soleil , qui est le Roy des astres et la première des causes fécondes, les enrichit de ceux de la nature; de sorte que les régions que cet œil du ciel regarde plus favorablement produisent des choses plus excellentes que les autres, et les hommes y naissent douez de plus rares qualitez de nature.
L'Espagne , à plain esclairée des rayons du soleil , a produit de grands hommes. En elle nasquit ' François cardinal Ximénès , de la noble famille des Cisneros * , dont l'origine est aux faux bourgs de Villai-
< En 1437, sous le règne de Jean II.
'^ D'après Gomez , elle était alliée à la plus haute noblesse du pays. On voit encore dans la chapelle de Notre-Dame, aux environs de Léon,' le tombeau de D. Gonzalez de Gisnéros, surnommé le Bon. Ce
zar, diocèse de Tolède. Son père fut Alphonse, lequel faisant dans Torrelagune la recepte des décimes du clergé accordées par le pape au roy d'Espagne, espris de la beauté d'une fille d'honneste famille ' du mesme lieu, l'espousa, et d'elle eust plusieurs enfants, dont Ximénès fut l'aisné. Le baptesme lui donna avec les grâces du ciel , le nom de son père Alphonse , qu'il changea puis après dans le cloistre en celuy de ; François.
Son enfance fut eslevée dans la ville d'Alcala de Henarès, où il apprit les principes de la langue latine et ceux des bonnes mœurs. De là il fut envoyé à Salamanque pour y apprendre les loix qui reiglent les biens des hommes. Il y fit un tel progrez par les advantages de son esprit, qu'en peu de temps il se rendit capable d'en instruire les autres. Sa maison peu accommodée qc luy fournissoit qu'avec peine
tombeau est surmonté d'un ccusson aux armes de la maison de Cisnéros (échiqueté d*or et de gueules) entouré du collier d*un ordre de chevalerie institué pyur Alphonse XI. C'est ^e ce Chevalier, l'un d^s pjus renommés de son tempst, que descendait en ligne directe Alphonse Ximénès de Gisnéros , père du Cardinal.
^ Dona Marioa de la Torre. — Alphonse Ximénès de Cisnéros, après avoir fait sçs études de droit à Salamanque, avait quitté le royaume de Léon pour aller à Torrelaguna remplir une mission relative à la levée des dîmes que les souverains pontifes avaient accordées aux Rois d'Espagne durant la guerre de Grenade ; c'est là qu'il vit , aima et épousa dofia Marina , fille d'un Chevalier de l'ordre de Saint- Jacques , de l'ancienne maison de la Torre , dont Eugène de Rohlès , dans la vie de Ximénès , raconte longuement l'origine romanesque.
(lÙKfksE DE RoBLÈs, Vie de Ximénès, ch. 8.)
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les nécessitez d'un escolier et son père faisoit effort pour sa despence; cela Tobligea de T^n soulager et de vivre de son travail. Il enseignoit dans sa chambre le droict à quelques écoliers qui le défrayoient. Son génie le porta plus haut; il employa rhcmneste gain qu'il avoit faict en chambre à l'estude de la théologie, dont ayant achevé le cours ' y il retourna à sa patrie où son père faisoit au tribunal de la justice du lieu l'office de procureur des parties.
Il passa quelques mois dans la maison y où ne trou* vaut point d'employ digne de sa condition y il obtint congé de son père pour aller à Rome chercher la rencontre de quelque meilleure fortune. Elle lui fut peu favorable en chemin ; des voleurs le despouillèrent et le réduisirent à une extrême nécessité. Ce désastre le fit s'arrester à Aix, en Provence, jusques à ce que passant par là, heureusement pour lui, un jeune homme espagnol qui alloit à Rome, appelé Brunit , et qui avoit esté son condisciple à Salamanque , il en eut du secours. Celuy-là le receut en sa compagnie et luy fournit la déspence jusques à Rome, où estant arrivé, il s'employa à l'exercice d'avocat pour les hommes de sa nation qui plaidoient aux jurisdictions de l'Eglise.
Les nouvelles de la mort de son père le rappelè-
^ Sous le professeur Roa, Tuo des plus fameux docteurs de son temps.
rcnt en Espagne , et son bon naturel Fy porta pour secourir la viduité de sa mère et tendre la main aux besoins des orphelins ses jeunes frères. Mais avant que partir de Rome, il obtint du Pape des bulles qu'on appelle spectatives, pour estre pourveu de la première prébende qui vacqueroit en son pais : celle d'Archiprestre du bourg d'Uceda vacqua; le revenu en estoit médiocre , mais la commodité de l'avoir à la porte de sa maison luy en fit prendre possession.. Les Evesques d'Espagne portent impatiemment l'octroy de telles bulles d'attente qui retranchent de leur pouvoir la collation des bénéfices : Alphonse Carillo, Archevesque de Tolède , conféra la mesme prébende à un sien aumosnier ; Ximénès s'y opposa ; l'Archevesque estimant cette opposition un obstacle audacieux à son authorité , usa de force , et faisant enlever Ximénès dans la tour d'Uceda, l'y détint aux rigueurs d'une estroite prison , où du depuis il fit le lieu de son thrésor quand il fut arrivé à la dignité d' Archevesque de Tolède ; car les grandes âmes font des disgrâces du monde un thrésor de vertu. Ce lieu de misère et le rude traictement qu'on y recevoit affligèrent son esprit : il n'y a rien de plus insupportable à l'homme de lettres que le trouble et l'esclavage ; sa Minerve demande le repos et la liberté. La perte de l'un et de l'autre tiroit des soupirs du cœur de Ximénès et des plaintes de sa bouche , quand un prestre , dcsjà vieux , prisonnier dans la mesme tour
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et compagnon de sa misère, le consola en cette sorte : (c L'homme sage, Ximénès/est libre partout, et la n vertu, qui ne croit point d'autre servitude que celle » du vice, ne perd pas sa liberté dans les fers. Cesr> sez de vous plaindre et commencez à supporter )) patiemment votre sort : la souffrance est la voye n du mérite ; dans la mesme prison ou vous estes , » estoit jadis enfermé Jean Zerezuela, frère de ce » grand Gonestable de Castille, Alvarez de Luna, n mais plus estroitement que vous n'estes, et ses » fers estoient plus pesans que les vostres : du de- » puis il devint Archevesque de Tolède. Des grandes » misères on vient souvent aux grandes prospéritez , )) quand celui qui les souffre par sa patience triom- » phe de sa calamité. Zerezuela, pendant le cours de y* sa félicité , employoit le souvenir de sa prison à la ^ consolation de sa vie. Certes, depuis que j'ay veu )) l'innocence de vostre visage et la majesté de vostre )> front, le cœur m'a prédit que vous aurez une pa- » reille fortune. »
De cette prison il fut traduit à la conciergerie de S. Torquat ' où estoient enfermez les prestres accusez de crimes. Mais son innocence n'y devoit point
< Al. Gohrz, liv. 1. — Eue. Roblks, chap. 11.
Ces deux historiens, après avoir rapporté la prédiction du vieux prêtre, ajoutent que Ximénès lui répliqua : « Mon père, des commen- V céments comme ceux-ci ne me promettent fjuèrcs un avenir aussi I heureux, f
estre détenue plus longtemps que pour Texercice de sa vertu. La comtesse d^ Bondiano, sœur de TArchevesque , obtint sa liberté. Ximénès en alla jouir loing des violences d'un prélat si peu cognoissant en la vertu des hommes ; il quitta le diocèze de Tolède , et se retira en celuy de Siguença , où il print une chapellenie et une médiocre pension en eschange de sa prébende.
L'amour des lettres, qui est une noble affection des belles âmes , le faisoit retirer de la conversation du monde pour vacquer aux livres : il apprini les langues hébraïque et chaldéenne. Sa vie estoit fort retirée et néantmoins sa réputation croissoit, car les rayons de la vertu monstrent de loing celui qui la possède , lors mesme qu'il semble s'estre caché.
Pierre Gonzalès, Cardinal Mendosse, É vesque de Siguença, le nomma son grand vicaire, et le força quasi de prendre cette charge et avec elle le soin de son diocèse. En même temps, Alphonse de Selva Comte de Cifuentes fut en la guerre de Grenade prisonnier des Maures ; pendant sa prison , il nonmia Ximénès, pour la réputation de sa probité et suffisance, administrateur général de tout son domaine.
La fortune commençoit à suivre Ximénès quand il commença à la fuir; les affaires temporelles le lassoient; il chercha en vain un employ plus convenable au repos de son esprit ; il creut que le monde estoit
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une mer où plusieurs font naufrage y mais où tous indifféremment sont agitez de vents et de vagues ; il cherchoit un port qui le mit à Tabry des uns et des autres. Le cloistre lui sembla propre à cela; il s'y alla rendre dans Tordre de Saint-François, à Tolède ' , pour jouir de Dieu et de soy dans l'oraison et dans l'estude. Là y il quitta le noipi d'Alphonse et print celuy de François y et résigna ses bénéfices a Bernardin y le plus jeune de ses frères y afin que la nécessité ne l'obligeast à chercher par de mauvaises voyes l'entretenement de sa vie : car la pauvreté est aux meilleurs esprits un obstacle à la vertu et sou-* vent une mauvaise conseillère.
Ximénès quitta en vain le monde pour le cloistre ; le monde l'alla bientôt chercher dans le cloistre. Ln gravité de ses mœurs , la sainteté de sa vie appelle les plus qualifiez de Tolède à venir à luy prendre des enseignements pour la conduite de leurs âmes dans la voye du ciel ; les dames mesme lui vont demander des conseils pour la dévotion, les unes avec résolution de les pratiquer, les autres pour contenter leur curiosité de voir un homme en estime de saincteté. La foule des personnes qui alloient à luy interrompoit ses religieux exercices , et leur importunité le lassoit à un tel point qu'il quitta Tolède et alla chercher une plus retirée solitude dans un menas-
1 Dans le couvent de Saint-Jean, fondé par Ferdinand et Isabelle. Il fut le premier novice qn'on y reçnt.
Cère appelé Castanet ' , à cause d'un bois de chastagniers au milieu duquel il est situé. A peine il y passa une année qu'on l'en tira pour estre gardien du couvent de la Salceda , où il contint les religieux à l'observance de leur règle , plutost par l'exemple de sa bonne vie que par l'empire de supérieur ^. Mais la fortune de la cour a parmi ses privilèges celuy d'entrer dans le cloistre , et en tirer les hommes qu'elle veut eslever à ses grandeurs. Isabelle, Reyne d'Espagne, l'appela à la cour en mil quatre cens nouante deux, et le fit son confesseur par le conseil du Cardinal Mendosse, Archevesque de Tolède. Dans cette charge éminente , il donna des preuves de sa grande vertu , sinon qu'il se mesloit des affaires d'Estat qui surpassoient et sa charge et son froc. Cela peut-estre donna sujet aux Observantins Conventuels de le tirer de la cour par un employ religieux : ils l'esleurent Provincial pour trois «ans. En cela il tesmoigna véritablement l'indifférence de son esprit pour la cour et l'amour pour sa règle ; il sortit du
' Près de Tolède. Le cardinal Mendoza , qui avait pu apprécier la capacité de Ximénès, s'écria, eu apprenant sa résolution de vivre dans la solitude : t Cet homme n'a point été créé pour vivre caché! Il V faudra l'arracher de sa retraite pour lui donner quelque charge im- » portante, et le public y gagnera. « (Mariana, liv. 6, 7 et 26.)
^ Toujours revêtu d'une haire (chemise de crin), il ne vivait que d'eau et d'herbes cuites. Pierre Martyr (liv. 5, épist. 105) rapporte qu'il le vit entrer à la cour avec un visage , un habit et un air qui témoignaient de l'austérité de sa vie , et que les courtisans le regardaient comme un des anciens pénitents de l'Egypte ou de laThébaide.
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palais royal plus volontiers qu'il n'y estoil entré, et alla faire sa visite par les maisons de Tordre ^
Estant arrivé à Gibraltar, esmeu de zèle et de charité pour le salut des infidelles , il faisoit dessein de passer en Afrique, et là, au péril de sa vie , instruire les Maures à la foy chrétienne ; mais une religieuse de son ordre, qui estoit dans le mesme lieu en estime de saincteté, le dissuada d'y aller, l'asseurant que Dieu luy préparoit un grand employ dans l'Espagne.
Il alloit tousjours à pied et en demandant l'aumosne, mais ses questes lui estoiént peu utiles; il en rapportoit souvent la besace vuide. Aussi, François Ruys, son compagnon, luy disoit à tout coup, le voyant si peu chargé d'aumosnes : Dexe vuestra patemidad de pedir , que sin duda ninguno mm cierto nacio para dar a todos, que para pedir à nadie ^. Et n'eust esté les soins de ce Ruys , plus adroit que luy à l'art de quester, il eust faict plusieurs jeusnes que sa règle ne luy ordonnoit point ; tant les grands esprits sont mal propres à
^ La licence qui régnait dans certaines de ces maisons était révoltante : le sévère provincial , pour rétablir Tordre , eut besoin de toute sa fermeté et de tout le crédit de la Reine. Eugène de Roblès rapporte que ces moines effrontés , ayant été , par ordre de la cour , chassés de Tolède , sortirent de la ville en procession , faisant porter la croix devant eux et chantant le psaume : In exitu Israël de Egypto.
(EuG. DE Roblès, chap. 12.)
^ Mon père, vous ferez bien de cesser de quêter, car, sans aucun doute, vous êtes plutôt né pour donner «\ tout le monde que pour demander h qui que ce soit.
gueuser, car leur naturel sçait mieux donner que demander.
Quelque temps après, la fortune qui en vouloit faire le premier prélat d^Espagne, travailla à fournir à son bon naturel de quoy bien faire aux hommes. Le Cardinal Mendosse , Archeresque de Tolède , avôit deux maladies, l'une incurable et l'autre dangereuse, la vieillesse et la fièvre; elles Tavoient obligé d'aller à Guadalfajare reprendre son air natal. Là , Ferdinand et Isabelle, Rois d'Espagne , le vont visiter. Cet honneur eust sauvé la vie au Cardinal , si la mort redoutoit la présence des Rois qui sont eux-mesmes ses tributaires. Mendosse tiroit à sa fin, sur laquelle il donne à ses maistres ces trois sages conseils ^ : le premier, qu'ils fissent la paix avec le Roy de France, et, quand ils l'auroient faicte, qu'ils la gardassent inviolablement; le second^ qu'ils mariassent l'Infant Jean , désigné successeur de leurs couronnes y avec Jeanne , laquelle , depuis accordée au Roy Alphonse de Portugal, prétendoit au royaume de CastUle; le troisième, qu'ils pourveussent de l'Archevesché de Tolède un homme de médiocre condition, mais de probité et de capacité très-grandes ; que ces qualitez se trouvoient advantageusement en la personne de Ximénès; que les Grands d'Espagne, déjà assez orgueilleux par le tiltre de leur naissance, devenoient insupportablement insolents par celuy des grandes
1 Zl'Iit.4, Annales d' Aragon , t. 5, cbap. 4.
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dignitez. Le Roy et la Reyne mesprisèrent le premier conseil, dont la chrestienté souffrit de notables pertes, disent mesmes les historiens espagnols ; ils écoutèrent volontiers le troisième mais Ximénès Payant sceu ; leur remonstra que la dignité d'Archevesque de To* lède estant la première de l'Estat , tant pour le spiri> tuel que pour le temporel, et celuy qui en estoit revestu parlant le premier après le Roy dans le conseil royal, ils la dévoient donner aux plus illustres et plus anciens gentilshommes du royaume.
Le Cardinal Mendosse quitta son Archevesché et la vie Tannée mil quatre cens nouante cinq. Ferdinand vouloit revestir de ce grand bénéfice don Alphonse , son fils naturel, Archevesque de Sarragosse'; mais la Reyne Isabelle , qui avoit droict de nommer à cet Archevesché comme Reyne de Castille, préféra la vertu de Ximénès à la naissance de don Alphonse et aux prières du Roy son mary; l'année après, ils le nommèrent à cette grande prélature qui n'a pas moins de revenu que de dignité : elle rapporte deux cens mille ducats de rente annuelle '. Ximénès l'ac-
^ D'un autre côté, les vœux de la noblesse portaient à rarchevêché de Tolède D. Diego Hurtado , archevêque de Séville.
^ La Reine ayant fait asseoir Ximénès près d'elle, lui présenta, au moment où il y pensait le moins, la bulle du Pape qui le nommait archevêque de Tolède. • Mon père , lui dit-elle , voyez ce que mande « Sa Sainteté, i Après avoir lu Fadresse ainsi conçue ; A notre vénérable frère François Ximénès de Cisnéros, archevêque de Tolède, Ximénès n'eut rien de plus pressé que de rendre le pli à la Reine en
cepta , y estant forcé {>ar un exprès commandemeni du pape ; car ayant été nommé , il avoit quitté la cour pour n'eslre point fait Archevesque , et s'en estoit fuy à pied dans un couvent de son ordre ^ esloigné de Madrid} mais estant revenu par obeyssance, il déclara à Ferdinand et à Isabelle qu'il ne consentiroit jamais qu'il y eust un seul maravédis de pension sur ce riche bénéfice , estimant que cela nuiroit à la dignité et à la liberté du premier et principal pasteur d'Espagne *.
lui disant : « Madame , ces lettres ne me sont point adressées. * Et aussitôt, se levant brusquement, il prit la fuite, tandis que la Reine brisait Fenveloppe en lui criant : c Mon père, vous me permettrez > bien de voir ce que le Pape vous écrit. «
(Alv. Goiisz, liv. 1«^ — EuG. RoBLÂs, chap. 13.)
^ Le couvent de TEspérance.
' n fut sacré à Taraçone , dans un couvent de son ordre , en présence du Roi et de la Reine, le 11 octobre 1495. La cérémonie étant achevée , il alla les saluer et leur baisa les mains en leur disant : c Je viens baiser les mains de Vos Majestés, non pas parce qu'elles « m'ont élevé au premier siège de Féglise d'Espagne; mais parce « que j'espère qu'elles m'aideront à soutenir le fardeau dont elles » ont chargé mes épaules, i Le Roi et la Reine à leur tour lui baisèrent les mains et reçurent sa bénédiction.