‹ Histoire de la vie et de l'épiscopat de S. Charles BorroméeChapitre 15 sur 50 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Guerre des Turcs et des VéniMens, rr- Prise de Niçpgîe et de Ffliqa^qiiatf* -- Ligue sainte contre les infidèles. — Bataille de Lépante. — Triomphe des armes cfarétiennes.

oujoiirs animé d'uu zèle ardent pour les intérêts ^% l'Eglise dont il était le premier pasteur, le cardinal Bprromée se préparait à entreprendre une visite générale du diopèse de Milan , lorsqu'on apprit en Italie que Sélim II , violant les traités conclus avec les Vénitiens, s'avançait à la tête de nombreuses phalanges, et mepaçait de s'emparer du royaume de Chypre, que Catherine Cornaro avait légué en mourant à la république qui l'avait adoptée solennellement avant qu'elle devînt la femme du dernier roi , Jacques de Lusignarf , A cette nouvelle déplorable, Pie Y se hâta d'envoyer mx Vénitiens les troupes dopt il pouvait disposer et des munitions de toute espèce; mais, copune il n'y avait que de prompts et puissants secours qui pussent arrêter les progrès des barbares, le souverain pontife dépêcha à Madrid en toute diligence un des clercs de sa chambre, Louis de forrès, pour conjurer le roi catholique d'unir ses forces à celles de l'Eglise et de U républiqne de Venise, afin de s'opposer aux progrès des infidèles, et de conserver à la chrétienté le royaume de Chypre menacé p^r le Soudan. Loui^ de Torrès, parti de Rome le 3 avril de l'an 1570, rencontra Philippe II à Cordoue, et lui remit la lettre apostolique suivante :

<c Verrous-nous les maux qui accablent la chrétienté

sans y apporter aucun remède, s'écriait le digne successeur des Urbain et des Grégoire. Héritier de la haine aussi bien que du trône de Soliman son père , Sélim II se prépare à attaquer encore une fois les chrétiens qu'il abhorre. L'empire des Turcs s'est tellement étendu par notre lâcheté que nous ne sommes plus en état de nous opposer à leurs usurpations, à moins que les princes chrétiens se liguent tous ensemble contre l'audacieux ennemi de la croix, et qu'ils n'opposent à ces hordes barbares leurs nombreuses et puissantes armées. Pour nous, que Dieu a placé comme une sentinelle avancée pour veiller à la conservation de son Eglise et des chrétiens qui en sont les enfants, nou§ ne pouvons qu'annoncer aux rois et aux peuples que nous apercevons déjà le glaive des •vi3ngeances de Dieu , et , pour ne nous rendre point coupable du sang qui sera répandu , nous élevons notre voix de toute notre force, afin qu'elle avertisse les chrétiens des malheurs épouvantables dont ils sont menacés.

» Pour connaître ce que nous avons à redouter des infidèles, nous n'avons qu'à nous rappeler leurs actions passées. Ils se sont rendus maîtres en peu de temps de l'Asie, de la Libye et de la Grèce. Depuis ils ont porté la guerre dans la Hongrie ; ils se sont emparés des principales villes de ce royaume , jadis le boulevard de l'Allemagne et de l'Italie, et par ces conquêtes audacieuses ils s,e sont ouveit un passage jusqu'à nous. Leur armée de terre peut pénétrer ici par l'Istrie et par le Frioul ; celle de mer, quittant Velonne, peut débarquer en moins d'une nuit à Brindisi. . . .

» C'est pourquoi^ mon très-cher fils, vous que Dieu a orné de tant de vertus, qu'il a faitsouverain de tant de royaumes, exhortez, le premier, les princes chrétiens à se liguer contre

l'ennemi commun. Les rois se rendront, j'en ai l'assurance, aux sollicitations de votre majesté, ils suivront votre pieux exemple, nous seconderons vos saintes intentions avec joie

» Songez à la grandeur du péril dont toute la chrétienté est menacée; songez à la conservation de vos propres Etats. Souvenez-vous des promesses que vous avez faites au baptême; songez aux obligations que vous avez à Dieu et à son Eglise; à Dieu, qui vous a créé et racheté par le sang adorable de son Fils unique, qui vous a fait souverain de si puissants royaumes ; à l'Eglise , puisque les rois , d'heureuse mémoire, ancêtres de votre majesté, ont reçu souvent de signalées faveurs du saint-siége apostolique et le nom glorieux de rois catholiques. Cette sainte mère est maintenant plongée dans la tristesse : elle pleure, elle gémit, elle soupire, elle implore votre secours. Si le Fils bien-aimé n'écoute pas les paroles de sa mère, de qui peutelle espérer d'être entendue. Et nous, que Dieu a chargé du gouvernement de son Eglise, quoique nous en soyons très -indigne, nous qui veillons sur le troupeau du Seigneur parmi les ténèbres épaisses des hérésies répandues de tous côtés et au milieu des tempêtes épouvantables que les infidèles ne cessent de susciter à la chrétienté , nous vous avertissons autant par nos larmes que par nos gémissements, que nous entendons déjà les hurlements de ces loups cruels qui s'approchent ; et comme nous sommes résolu de nous exposer à tous les dangers, et de ne reculer devant aucune peine ni travail pour défendi-e le cher troupeau, que Dieu a confié à notre fidélité et à nos soins, de la gueule béante de ces monstres carnassiers, nous prions aussi votre majesté, et nous la conjurons, au nom du Dieu tout-puissant, de faire connaître à toute la terre sa

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piété et soi! zèle poiir la gloire de Jésus-Christ, ce qu'elle fera avec gloire si elle se ligue avec tous les princes chrétiens, et si elle envoie promptement son armée navale en Sicile »

Philippe II ne fit point attendre sa coopération à la sainte ligue. Il ordonna aux vice-rois de Naples et de Sicile de fournir aux Vénitiens les subsistances et les munitions de guerre dont ils pourraient disposer et commanda à Jean- André Doria (1 ) , de conduire incessamment en Sicile quarante galères , afin de grossir l'armée navale qui s'y trouvait déjà réunie. Le roi de France , Chartes IX , dans l'impuissance de prendre pour le moment une part active à cette généreuse coalition, à cause dos embarras que suscitaient déjà les huguenots dans quelques parties de son royaume , se réunit toutefois aux princes coalisés , et manda au pape qu'il comptait être bientôt en état de venir en aide à l'armée chrétienne en envoyant trente vaisseaux et de nombreux combattants.

Mais le péril devenait de jour en jour plus imminent. U était urgent de porter de prompts et énergiques secours aux chrétiens menacés par les infidèles accourus sous l'étendard de leur belliqueux prophète, et le souverain pontife, impatient d'arrêter la marche de^ces barbares, donna l'ordre à Marc-Antoine Colonna , duc de Palliano et connétable de Naples , de réunir ses forces à celles d'André Doria, etdemapcheren toute hâte au secours du royaume de Chypre. Déjà la ville de Nicosie, assiégée par les soldats de Sélim, était à la veille de devenir leur proie. Les généraux de l'armée chrétienne, qui avaient été contraints de perdre un temps précieux à cause des ravages que la peste avait

(1) Neveu d'André Doria , prince de Melphe.

causés parmi leurs soldats, se disposèrent donc à quitter le port de Suda , et s'avancèrent pour secourir cette malheureuse cité. Il était trop tard, et Marc -Antoine Colonna, André Doria et Venieri , général des Vénitiens , purent apercevoir de leurs vaisseaux l'étendard turc flottant sur les murailles détruites de Nicosie. La division s'éleva alors parmi ces trois chefs, et comme une violente tempête survint, André Doria, sous prétexte de veiller à la conservation de l'armée catholique, s'éloigna des Vénitiens, qui, écartés et battus par la mer irritée, ne rejoignirent qu'à Candie les galères d'Espagne. Mais, à peine réunis, André Doria déclara de nouveau que le service du roi catholique l'obligeait à se rendre en Sicile, départ qu'il effectua sur-le-champ, laissant Marc-Antoine Colonna et Venieri, qui se dirigèrent vers Ancône.

La perte de Nicosie causa la plus vive affliction au souverain pontife. Toutefois, jaloux de sauver les chrétiens de l'oppression de leurs farouches ennemis et confiant dans la protection du Tout-Puissant , Pie V se déclara chef de la ligue sainte, et disposa tout pour réparer avec éclat l'échec funeste que les armes chrétiennes venaient d'éprouver. Convaincu que le succès d'une semblable entreprise dépendait en grande partie de l'expérience et de la valeur du prince qui conduirait au combat les phalanges chrétiennes, il jeta les yeux sur le duc d'Anjou, fils de France, que son zèle pour la foi et la haute réputation d'habileté qu'il avait acquise aux journées de Jamac et de Montcontour semblaient appeler à ce poste éclatant. Mais les troubles qui continuaient d'agiter la France, rendant nécessaire la présence de ce prince, ennemi déclaré des huguenots, dans sa patrie, déterminèrent Sa Sainteté à proposer le commandement général au duc de Savoie , Emmâ-

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nuel-Philibert 5 qui ne crut point devoir déférer à la volonté papale, et s'excusa, offrant toutefois de servir jusqu'à la fin de la guerre en qualité de volontaire. Pie V, qui avait été à même , comme tous les souverains de cette époque, de reconnaître les qualités chevaleresques du duc, se disposait à tenter de triompher de sa résistance, lorsque les Espagnols, sous prétexte que ce prince n'attendait qu'une occasion d'agrandir ses Etats, déjà puissants, par quelque conquête nouvelle, se déclarèrent ouvertement contre lui, et proposèrent au pape de confier cette mission importante à don Juan d'Autriche , fils naturel de l'empereur Charles-Quint. Ce choix ayant obtenu l'assentiment des princes coalisés, don Juan fut proclamé généralissime, en même temps que la lieutenance générale fut conférée à Marc-Antoine Colonna. Aux efforts combinés de l'Eglise, de l'Espagne et de la république de Venise , se réunirent bientôt ceux des rois de France et de Portugal, du duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, de Cosme de Médicis, grandduc de Toscane, du duc d'Urbin, d'Alphonse d'Esté, duc de Ferrare, de Guillaume Gonzague, duc de Mantoue, des républiques de Gênes, de Lucques, eto., etc.

Informé que les nonces apostoliques parcouraient les cours de la chrétienté pour inviter, au nom du souverain pontife, les princes à se liguer contre ses armes menaçantes, Sélim enjoignit à ses lieutenants de s'emparer de la ville de Famagouste.. En vain les Vénitiens firent-ils des prodiges de valeur pour défendre cette cité, leur résistance fut vaine, et les vivres et les munilions de guerre étant venus à manquer aux assiégés, ceux-ci furent contraints d'ouvrir les portes de la place aux infidèles qui commirent les plus lâches et les plus atroces cruautés sur les vieillards, les femmes et les enfants. Les barbares ne

ornèrent point là leur rage sanguinaire; ils descendirent dans les îles de Candie, de Zante, de Cérigo et de Céphalonie; ils emportèrent de vive force la ville de Suppoto, entrèrent dans le golfe Adriatique, et après avoir pillé le bourg de Lessna et brûlé Budoa, ils s'emparèrent de quinze cents chrétiens, qu'ils chargèrent de fers et auxquels ils firent souffrir les tourments les plus inhumains.

Le 1" août de l'an 1 571 , don Juan d'Autriche arriva à Gênes, d'où il se rendit à Naples, où il fut reçu par le vice-roi, le cardinal Granvelle (1), avec les honneurs dus à sa naissance et au poste éminent auquel il venait d'être élevé. Le cardinal lui présenta les insignes du commandeiflent, et l'étendard que le souverain pontife lui avait destiné, représentant l'image de Notre-Seigneur Jésus- Christ crucifié, entourée des armes de l'Eglise, de Venise, d'Espagne et de celles du prince don Juan lui-même. Peu de jours après, ce dernier quittait Naples pour se rendre à Messine suivi de volontaires illustres , parmi lesquels on distinguait Alexandre Famèse , prince de Parme , le duc d'Urbin, Pompée Colonna et Prosper, son frère, Jean-Paul des Ursins, duc de Bracciano, Horace et Virgile des Ursins de la même famille, Louis de Requesens, grand commandeur de Castille, Vincent Cibo, marquis de Carrare, le comte de Ligni et un grand nombre de gentilshommes, venus de France, d'Espagne, de Portugal et d'Italie, impatients de se ranger sous l'étendard sacré de la croix.

L'arrivée du nonce apostolique (2), qui prédit la victoire au nom du souverain pontife , détermina don Juan à ne point différer plus longtemps le combat, et à aller attaquer les infidèles rassemblés à Lépante.

(4) Archevêque de Malines et de Besançon. (t) Le cardinal Odescalchi.

On publia dans toute Tarmée l'indulgence plénière que Pie V accordait aux nouveaux croisés. On distribua aux chefs et aux soldats des agnus Dei bénits par le saintpère; et il n'y eut pas un seul des assistants qui ne se confessât et communiât à la veille d'une journée où un grand nombre d'entre eux allait peut-être payer de leur vie la défaite des infidèles et le triomphe des armes chrétiennes.

L'armée coalisée était forte de deux cent quinze navires (1). Don Juan l'avait partagée en quatre divisions; André Doria commandait celle de droite avec cinquantequatre vaisseaux. Justiniani Barbarigo, provéditeur général des troupes vénitiennes, commandait celle de gauche, tx)mposée d'un même nombre de navires. Don Juan occupait le centre ayant sous ses ordres soixante-dix galères. « A sa droite était la générale du pape montée par Marc-Antoine Colonna, et soutenue par la capitane de Savoie, commandée par le comte de Lîgni. A sa gauche, la générale des Vénitiens sous les ordres de Sébastien Venieri , général de la république , et la capitane de Gênes montée par le duc de Parme. La générale de Malte, commandée par Pierre Justiniani, la capitanesse du grand commandeur de Castille, et la patrone d'Espagne étaient à portée de la reale pour la soutenir et la défendre. Le reste des navires formait l'arrière-garde , commandée par le marquis de Sainte-Croix (2). »

Jean de Cardonne , qui commandait dix galères siciliennes, fut détaché de l'armée navale pour aller recon-

(!) Pie V en avait fourni douze; le roi d'Espagne quatre-vingt-un; le duc de Savoie deux ; la république de Gônes trois; Malte trois ; les Vénitiens soixante-seize, etc., etc.

(î) J.-B. Feuillet, Vie du bienkeureuœ pape Pie V,

naître Tannée musulmane. Celle-ci, forte de deux cent trente-deux galères, avait quitté Lépante le 6 octobre, et dès le lendemain, à la pointe du jour, elle fut en présence des chrétiens. C'était Hali-Pacha et Portati, que Sélim avait choisis pour commander cette puissante armée.

A un signal parti du vaisseau monté par don Juan d'Autriche, les troupes chrétiennes se préparèrent à attaquer de toutes parts les forces ottomanes qui s'avançaient en bon ordre. Confondues dans un étroit espace, 1^ deux armées semblent bientôt n'en former qu'une seule. Les galères se joignent , le canon gronde, une fumée noirâtre entoure les combattants , l'air s'épaissit, et dans ce mélange confus de ténèbres et de clartés, l'œil n'aperçoit qu'avec peine les cordages rompus, les mâts brisés, les navires en feu et les soldats mourants , se débattant au milieu des flots teints tour à tour du sang des chrétiens et de celui des infidèles. Un combat de géants se passait au centre de ce chaos où don Juan avait atteint le vaisseau amiral commandé par Portati. Enfin, après une heure d'un carnage continuel , le ciel se prononça en faveur des chrétiens, qui s'emparèrent de la plupart des navires turcs, d'une quantité considérable de canons , taillant en pièces tout ce qui s'opposait à leurs coups.

Une défaite si prompte et si éclatante jeta l'effroi et la consternation parmi le petit nombre des musulmans qui échappèrent au fer des chrétiens. Portati et ses principaux Ueutenants, Assa, fils de Barberousse, Méhémet-bey, gouverneur de Métélin, Jafer-aga, roi de Tripoli , périrent en s'efforçant de résister à l'impétuosité des vainqueurs. Le nombre des prisonniers s'éleva au delà de six mille. On prit cent quatre-vingtrdix navires , trois cent soixante-

douze pièœs de canons. Quatre-vingt-quinze galères furent brûlées et coulées à fond. Mais ce qui rendit à jamais glorieuse cette mémorable victoire , ce fut la liberté qu'elle apporta aux quinze mille infortunés prisonniers des infidèles.

De son côté l'armée chrétienne ne perdit que quati^ galères et huit mille combattants. Toutefois parmi les volontaires accourus sous la bannière sainte , on déplora la perte d'Horace et de Virgile des Ursins , d'Horace Garaffa et de Bernard de Cardenas, dont les corps mutilés furent retrouvés parmi les morts. Le poëte Cervantes fut dangereusement blessé. Barbarigo , autant regretté à lui seul , disent les témoignages contemporains, que les huit mille autres ensemble, reçut un coup de flèche dans l'œil, et mourut entre les bras de ceux qui voulaient lui arracher le trait de la blessure. Il eut cependant la force de demander des nouvelles du corps d'armée éloigné du sien , et, apprenant la déroute des infidèles, de faire signe qu'il mourait content.

« Ce fut à la fin d'octobre seulement que parvint au Vatican l'écho des foudres de Lépante. Pie V, se prosternant aussitôt, s'écria , dans le langage de l'Ecriture : « Dieu a regardé la prière des humbles , et n'a point méprisé leur demande. Que ces choses soient écrites pour la postérité future, et le peuple qui naîtra bénira le Seigneur. » Ensuite il fit éveiller tous les habitants du palais, afin que leur adoration se confondît dans la sienne. Le lendemain , dès l'aurore , le peuple romain fut convoqué au cantique du triomphe. Le TeDeum retentit dans les quatre basiliques, dans toutes les paroisses et dans tons les cloîtres. Le son des cloches, l'harmonie des hymnes sacrées, furent les pre-

mières acclamations de la capitale catholique ; le parfum de l'encens son premier tribut d'amour (1). » L'allégresse |K)pulaire se manifesta également sur les places publiques, où on se pressait les mains , où on s'embrassait sans se connaître, où le même cri sortait. de toutes les bouches : Victoire ! victoire ! et où la même émotion rayonnait sur tous les visages triomphants.

La nouvelle du succès des armes chrétiennes qui parvint à Milan en même temps qu'à Rome confirma la croyance où l'on était déjà dans cette ville de la défaite des infidèles , prédite par Pie V, le jour même où don Juan d'Autriche avait vaincu l'armée de Sëlim à Lépante.

A Milan, comme dans la capitale du monde chrétien, la joie fut universelle. Aux jeûnes, aux exercices de pénitence, aux processions publiques, ordonnés parle cardinalarchevêque, succédèrent les chants d'allégresse et les hymnes d'actions de grâce des Milanais. La population entière accourut dans les temples saints, remerciant le Tout-Puisrsant d'avoir préservé la chrétienté de la fureur des barbares , et appelant la miséricorde divine sur les vaillants soldats qui avaient péri si héroïquement en combattant sous l'étendard glorieux de la croix.

(4) Le vicomte de Falloux, Histoire de Pie V, Pape,

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