‹ Histoire de la vie et de l'épiscopat de S. Charles BorroméeChapitre 22 sur 50 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Du Trailé contre les danse$ ei les comédies.

Quand on lit attentivement les œuvres du cardinal Borromée , on voit avec quel soin il étudia les mœurs de son siècle. Il ne faut pas se dissimuler que la renaissance qui , du reste , a rendu de si grands services aux lettres , fut un mouvement prononcé vers le sensualisme , et , en quelque sorte , la réhabilitation du naturalisme païen. La renaissance ressuscita le théâtre antique avec toute sa licence de langage et d'images , comme on peut s'en convaincre en parcourant quelques-unes des comédies de Machiavel , où revivent toutes ces fantaisies qui pouvaient amuser l'esprit païen, mais qui n'étaient pas sans danger pour le cœur et l'âme d'un chrétien. La renaissance vint encore rappeler et populariser ces danses profanes dont la Grèce s'était montrée si amoureuse, mais qui, aux yeux d'un moraliste élevé à l'école du Christ, devaient être sévèrement bannies d'une société d'enfants de Dieu régénérés, telle que Charles, dans son zèle évangélique , voulait l'introduire à Milan. Aussi le voyons-nous partout attaquer la danse et le théâtre comme des amusements frivoles et périlleux pour l'âme. Notre dessein est de donner ici les idées principales que le savant casuiste a laissées sur cette grave matière (1 ).

(I) Trait'é contre les dansée et les comédies, traduit du latin,

Page 1