‹ Histoire de la vie et des découvertes de Christophe ColombChapitre 6 sur 22 · COMMENT L AMIRAL ALLA DE L ILE ESPAGNOLE A CUBA · texte numérisé non relu

COMMENT L AMIRAL ALLA DE L ILE ESPAGNOLE A CUBA

L'Amiral persistant en son dessein d'une nouvelle expédition, institua pour le gouvernement et l'administration des terres conquises dans l'île Espagnole, une sorte de conseil dont il donna la présidence à Diègue Colon son frère.

Il recommanda de travailler à l'établissement des moulins, encore que les rivières eussent débordé par suite des pluies, qui allaient d'ailleurs contribuer à accroître encore la puissance de production végétale de cette terre. Quelques jours avaient suffi après les pluies pour qu'on acquit des preuves de plus en plus merveilleuses de cette fertilité.

Entre temps, il arrivait tantôt d'un point, tantôt de l'autre quelques-uns des Espagnols qui étaient allés en exploration, et qui tous disaient avoir découvert de nouvelles veines d'or extraordinairement abondantes.

Mais quelque espérance que pussent faire concevoir les richesses de ce pays, l'Amiral partit pour tâcher d'en découvrir d'autres, avec ses trois navires, le jeudi 24 avril. 11 se dirigea d'abord vers Cuba, afin de lever ses doutes sur la question de savoir si cette terre était une île ou continent. Pour s'y rendre il revit plusieurs des points qu'il avait visités à son premier voyage, et comme il passait près des terres du cacique Guacanagari, il apprit que ce prince s'était enfui avec ses sujets,

craignant sans doute qu'on ne vînt lui demander compte de quelques méfaits...

Le mardi 28 avril, l'Amiral toucha au port Saint-Nicolas, d'où il cingla sur Cuba, dont il longea la côte méridionale jusqu'à ce qu'il eût trouvé l'embouchure d'un grand fleuve où il jeta l'ancre. Il fut là visité par beaucoup d'Indiens qui, partageant l'opinion commune de ces peuples que les Espagnols étaient d'origine céleste, venaient en grande foule leur offrir toutes sortes de vivres et d'autres objets, comme à des créatures extraordinaires, sans réclamer rien en échange. L'Amiral ne laissait pas cependant de leur faire maints petits présents, qui leur causaient toujours une grande joie.

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