‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques (volume 2)Chapitre 10 sur 334 · X. PARTIE, i-jia — 65, S · texte numérisé non relu

X. PARTIE, i-jia — 65, S

vaincre et jusque dans les plus petites difoses . H avait d^kfait^eiques essais à diverses époques de sa vie (i)^ Mais oomise le projet qu'il formait exijgeait , dam soà exécutioii^ un c5oiiiliat continuel qui se renouvelait tous les joui% et à chaque instant par les obstacles , il pretod le parti d'ëvitet ce combat et de fuir ces obstacles. Il se séquestre de la société ; et, pour n'y pas rentrer, il adopte un costume qui n'y est pas admis , ou plutdt qu'on n'y voyait pas.

C'est ainsi que^ depuis ^ s'est conduit Âi^ieri qui, tou* jours vaincu pa% une passion éfmt il rougissait , ne pouvant renoncer à une femme qui n était pas ^gne de lui y se fit couper les cheveu^ pour se créer un invincible ebstacle au désir qu'il iaurait eu de sortir de cbez lui(a)« Il ne pouvait paraître eb public ainsi toùdu , dans une ville oÙL l'on poruit lés cheveux longs à cette époque (3).

Rousseau réforma donc son costume pour ne plu^ paraître da^s lé monde ; il publia hautement ses opi* nîous et prit, dans dèùx ouvrages, imprimés à peu dé distante l'un de l'autre (4) , un ton qui lé mettait dans l'impossibilité de se dédire. C'est ainsi que sa faiblessi^ £t sa force, et que le sentiment de cette faiblesse lui suggéra des mesures promptes et décisives qui rendaient TexéÊUtion de ison projet moins difficile.

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(i) La Tictoire qu'il remporta sur Itti-méme, en n^allant poiôt diez madame de I^irtia^ (liv. VI), en se fléparaut de mademoiaelle Serre (liv. VII ), en difléraat d'ouvrir le paquet q»i contenait la lettre de change dont il avait «i grand befOin ^ etc.

(a) Vie d^Alfieri , t. I , p. 375.

(3) A Turio , c^était en 1775.

(4) La Préface de Narcisse en 17 Sa 9 et le Diicoura sur T/ncTgalité^ en t755.

livre comprend le séjour quq fît Jean- Jacques à THermitage. Ses amis voulurent lui faire passer l'hiver à Paris; et, pour y parvenir, employèrent des moyens qui lui don-, nèrent d'autant plus d'humeur, qu'il lui parut évident que leur motif n'était pas de jouir de sa société , mais de le mettre en contradiction avec lui-même.

Il rend compte de son travail et des ouvrages qu'il compose dans sa retraite. Le plus important de tous ^ Emile, était du nombre. Un autre dont on doit regretter la perte, et sur lequel nous reviendrons , est le Matériau lisme du Sage, Il donne les détails les |||us intéressants sur les changements qui s'opérèrent en lui. « Je ne vis » plus, dit-il, qu'erreur et folie dans la doctrine de nos » sages , qu'oppression et misère dans notre ordre social. » Dans l'illusion de mon sot orgueil , je me crus fait pour » dissiper tpUs ces prestiges. Jusque-là j'avais été bon : » dès*lprs je devins vertueux ou du moins enivré de la » vertu...,. Voilà d'où se répandit dans mes premiers » livres ce fjBu vraiment céleste qui m'échauâait en dep dans, et dont, pendant quarante ans, il ne s'était pas » échappé la moindre étincelle, parce qu'il n'était pas » encore allumé... J'étais vraiment transformé : mes » amis ne me reconnaissaient plus,.. Le mépris que mes » profondes méditations m'avaient inspiré pour les » mœur^, les maximes et les préjugés de mon siècle, 2» vfie rendait insensible dM% railleries de ceux qui les p avaient».

. Jl date le commencement de cet état ^ le plus con-^ traire à son naturel y de l'époque où, quittant Paris , il se retira de cette capitale pour vivre à la campagne. Nous verrons , par la suite, que la retraite produisit d'autres effets , et nous en découvrirons les causes. Quelques dé-* lails les font déjà pressentir dans ce livre } ce sont ceu?^

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