‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques (volume 2)Chapitre 15 sur 334 · DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE

Du 29 octobre 1765, jusqu'à la fin de juin 1770.

.JL/Aprs le chapitre précédent, nous n'avons fait que cuivre Rousseau pas à pas , rappelant les principales circonstances de son récit, insistant plus particulière- .tnent sur celles qui nous paraissaient propres à le faire connaître, et réparant enfin , soit avec son secours , soit Avec celui de témoins dignes de foi, les omissions qu'il avait faites. Pour continuer ses mémoires et les compléter, nous n'avons plus à notre disposition que sa correspondance, la tradition et les témoignages de ses contemporains* Nous devons ne faire usage de ces se- /çours qu'après les avoir soumis à l'examen le plus sévère et n'avancer qu'avec circonspection.

La division de notre travail était nécessairement sou* mise à celle deRousseau dans ses mémoires qui, formant un tout, devaient être compris dans le même livre. Sans cette considération nous nous serions arrêté à sa sortie de France. A dater de son départ de Montmorency pour fuir le décret lancé contre lui , Jean-Jacques change de positi4Hi^ Jusqu'alors il avait frondé les usages, bravé les ridicules , et, dans le pays où le ridicule est ce qu'on craint le plus , ce n'était pas une médiocre preuve de courage. U n'avait point encore été exposé à des accusations juridiques. Son honneur restait intact. Mais au 9 juin 1362, il est décrété de prise de corps et déclaré coupable. Les tribunaux arment contre lui, et la Justice

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devient rinstrument des passions et de renvie» C'était; un spectacle digne d'intérêt de voir si, [conséquent k ses principes ; il allait profiter des leçons qu'il donna lui* même avec tant d'éloquence et lutter eontre l'adversité, ou se laisser abattre. Il a jusqu'ici répondu à notre attente. Nous l'avons y\\ pendant les trois années qui viennent de s'écouler depuis sa condamnation (i), oublier ses ennemis , l'injustice des hommes , goûter le repos et ne reprendre la plume que deu^ fois seulement (2) f et pour repousser des attaques injurieuses ou défendre les lois de son pays.

Nous allons partager l'espace compris entre sa sortie de Suisse et sa mort en deux parties distinctes, parce qu'il se trouve dans deux positions différentes. La première comprend depuis le 29 octobre 1765 jusqu'à la fin de juin 1770, et la seconde, de cette époque au 4 ^^ juillet 1778. Dans l'une errant ou proscrit , il est forcé quelquefois de changer de nom; dans l'autre, il reprend ce nom célèbre, reparait dans la capitale, et se montre à tous les regards pour pirouver qu'il né se croyait pas coupable , et n'avait rien à craindre. t

Rousseau termine, comme 6n l'a vu^ ses Confessions au 29 octobre 1765 (3). Il avait l'intention de les achever, mais il eut rarement l'esprit assez tranquille pour se livrer à ce travail, étant obligé de copier de la musique

(1) Depuis le 9 juia I762 9 jusqu'au ag octobre 176S1 qu^il partit de la Suisse.

(a) Sa lettre à M, l'archevêque de Paris , et les Lettres écrites de La Montagne,

(3) La date précise de sou départ le trouve dans la Uttre du a& oclobre I765, à M* du Peyrou.

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