‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques (volume 2)Chapitre 4 sur 334 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

dérobées à la connaissabcé du piiblic) de Pavid Hume et de la coiùtesse de Boufflers et du pre-* mier à la marquise de Barbatitane* Elles jettent un nouveau jour sur la querelle plus fameuse que connue,. entre l'aiiteuf S'Endle etVhistorien. anglais , changent Tétat de la question , et font connaître la vérité ;

^**. Les pièces qui prouvent Tintcrvention clattdestine de d'Alembert , dans cette querelle ;

3". Dés éclaircissements surFimposture deThë*venin , le mariage de Thérèse et les liaisons entre M. de Saint-Germain et Rousseau ;

4". Des détails sur le motif qu'eut Rousseau de revenir à Paris , et sur les lectures de ses Confessions;.

5°. La réclamation de madame d'Epinay, et sa lettre à M. de Sartine, pour faire suspendre cçs lectures. La lettre très-curieuse de cette dame ne fait point partie de ses mémoires , et l'on en devine facilement les raisons j

6°. Les particularités relatives à la mort de Rousseau , et qui vendent probable son suicide ;

7**. Une lettre inédite du célèbre Mirabeau , à la veuve de Jean- Jacques ;

8". Enfin , l'examen dès reproches faits à Rousr seau , termine cette première partie.

INTRODUCTION. xxj

La seconde se compose de la Correspondance : nous donnons l'analyse de nenf cent soixantedeux (i) lettres y et dans l'édition qui , jusqu'à oe jour , en présente le plus grand nombre y on n'en trouve que huit cent douze. Le rétablissement des dates omises , l'indication de plusieui's des correspondants dont les noms n'étaient pas connus ; celle des circonstances auxquelles l'au* teur fait allusion ; une concordance ^ enfin ^ qui donne au possesseur d'une édition des œuvres de Jean-Jacques, un moyen facile et prompt de rétablir Tordre dans cette partie , et de la compléter , tels sont les résultats de notre travail. Coniine nous les faisons voir avec plus de détails^ au commencement de cette partie (2) , nous devons ici nous borner à considérer la Correspondance sous le rapport historique , c'est-à-dire comjcne tellement liée à l'histoire de Rousseau^ qu'elle en est presque inséparable. En effet, elle fait connaître un grand nombre de particularités qu'on chercherait vainement ailleurs.

(i) Quoique la dernière soit précédée du n^ 966, il y en a quatre où le numéro est répété et deux inédites qui , ne m'ayant été envoyée» qu'après l'impression du I*"^ volume, sont à la fin du second , dans les Lettres inédites.

(a) Tome I , p. 3o5.

xxij INTRODUCTION.

Çjest là qu'on peut le prendre sur le fait; qu^on voit les mouvexneuts eleison âme dans les effusions d*un cœur blessé vivement^ mais promp-n têment guéri i effusions qui servent à faire juger celui qui les confie à l'amitié. 11 m'aurait été pé-^ pible , je le répète , de supposer que Rousseau n'était pas l'homme de ses ouvrages ; il me semblait qu'on ne pouvait plus croire à rien ; qu'on Ti'avait plus de base pour asseoir un jugement(i). J'ai voulu vérifier ; je Fai fait. Mais ce ne pouvait être que dans cette multitude de lettres, écrites sans calcul, sans combinaison et dépositaires de ses pensées les plus secrètes, fai vu que , lorsqu'il laisse échapper l'expression d'un trop juste

(i) Nous examinons dans le cours de cette histoire les reproches et les accusations dont Rousseau fut l'objet. Un des moins graves, mais des plus aibsurdes , est de vouloir expliquer toute sa conduite par un fol amour de. célébrité. Nous réfutons par des faits sans répli<][ue cette accusation ( tome I, p. 53 > 54 et 70]. On conçoit qu'un homme porte le délire de la gloire au point de se retirer du monde pour faire parler de lui ^ mais on né conçoit plus qu'il repousse de tout son pouvoir les moyens de savoir au moirik y si l'on parle de lui. Or, on le voit constamment chercher les positions où cette ignorance était un résultat nécessaire. A Motiers , à File de La Motte , à Wootton , à Trie , à Monquin , il ne s^occupe que de botanique , ne lit plus rien qui soit étranger à cette science, et, comme il le dit, se meuble la tête de foin.

BNTRODUCTION. xxiiî

dépit y elle n'est jamais accompagnée de celle de la baine, et que jamais le fiel ne Tempoisonne.

Il y a y dans la vie de Rousseau , des circons^ tances qu'on ne pouvait extraire de ses lettres sans inconvénient y parce qu'elles perdraient une partie de leur certitude y à moins de citer les lettres inéme dans le récit. J'ai pensé qu'il valait mieux en présenter le résumé dans la princi* pale y en rappelant les autres quî coïncident avec celle-là. Tel est le débat entre M. de MontmoUin et Kousseau. Ten mets la relation à la lettre du lo mars i-jCSCn? 571). C'est en quelque sorte un épisode ; mais il eut de l'influence sur Jean- Jacques y puisqu'il fîit une des causes qui le forcèrent à sortir de la Suisse. Telle est encore la lettre du a3 novembre 1770 (927), dans laquelle il rend compte de l'idée qui fit le tourment des dernières ailnées de sa vie , et des motifs qu'il avait de se croire l'objet d'un complot général. Il fallait discuter ces piotifs dans l'analyse même de la lettrç. Les autres offirent presque toujours quelque particularité relative soit à sa conduite , $oit à ses opinions.

Cette seconde partie est liée aux trois autres ; elle sert de complément à la première et souvent de preuve aux deux dernières.

xxir INTRODUCTION*

Ld troisièihe est oecupéepar lès contemporains de Rousseau y considérés dans leurs rapporU avec lui. L*examen de ces rapports était de la plus haute importance , parce qu'il devait dé-^ truire bu confirmer les reproches faits à Jean- Jacque$. Je rends compte , au commencement de cette partie , de la marche et des moyens que j'ai pris pour arriver au but. On verra , dans les âr* ticles que je désigne, combien de fois la vérité fut outragée sans pudeur ; on conviendra sans pçine, avec un peu de bonne foi , que rien n'égale la lé" gèrétéque nous mettons dans nos jugements, si ce n'est la répugnance que nous éprouvons à prendre la peine de les rectifier. J'ai quelquefois obtenu un résultat auquel je ne m'attendais pa$ ; c'est tantôt de prendre l'accusateur en flagoant délit, et tantôt de le mettre en contradiction avec luimême. En découvrant la calomnie, ea la faisant paraître au grand jour, j'ai toujours été surpris de la trouver assise sur la base la plus fragile , et je n'ai pu m'expliqi^ttr la facilité de sqn règne qu'aux dépens du cceur humain, honteuseméht disposé à la recevoir, à l'écouter, à l'accueillir, et même à la croire avec avidité. '

Cette Biographie est composée de six cent quatre-vingt-rdeux articles , parce que , voulant

IlflRODUCTION.

xxr

qu'elle servît en même temps de table générale pour toutes les personnes dont Jean^Jacques avait parlé; j*ai mis leurç noms en me contentant d'y ajouter l'époque où les relations existèrent , et l'indication de l'ouvrage dans lequel il est question d'elles y quand je n'ai trouvé sur leur compte aucune particularité digne d'intérêt. La quatrième et dernière partie est consacrée à l'histoire des ouvrages de Jean-Jacques. Habent sMia fata libelli. Peu de livres le démontrent àu^ tant que ceux de l'auteur d*£mile : ils eurent sur sa destinée ,' sur la notre ^ sur son siècle , une in« fluence remarquable. U était donc utile de les passer en revue ^ et d'examiner leur origine , les câ*constance& dans lesquelles ils furent publiés ^

l'efièt f ou le résultat qUHls produisirent.

Le plus important de tous, celui qui nous rendit les mères que lia nature nous avait données ; qui nous fit jouir de la liberté dès le berceau; qui nous apprit, en grandissant, à faire usage de toutes nos facultés, à braver les caprices de la fortune, à devenir homme, l'Emile enfin qui remua le nionde social (i), méritait une attention

. » m '•> n ■ ■ I " w— ^Ptiw^— — — »<>.w»^— »^— iww

(i) Le Pape, le Clergé, la Sorbonoe, le Parlement, Genève, Berne , La Haye pour le condamner ; lea hommes éclairés pour y

xxvj INTRODUCTION-

particulière. Nous n'avons rien néglige de ce (Jui pouvait contribuer à faire connaître le sort de ce bel ouvrage.

Après avoir classé ses écrits d'après, un ordre méthodique y que nous motivons, nous les présentons dans un tableau chronologique , au moyen duquel on peut suivre les progrès de l'auteur. Ce tableau est suivi d'une courte notice sur les ouvrages que Jean -Jacques avait projetas. Enfin, cette dernière partie est terminée par les Lettres inédites que nous n'avons pu insérer daps la Correspondance j parce qu'elles n'étaient pas toutes en notre possession lorsqu'on l'imprimait. Plusieurs ont un haut degré d'intérêt : celles-là sont adressées à madame de Montaigu , à madame de Boufflers , à mademoiselle Duchesne , à M. Coin-» det , à M. Théodore Rousseau , à M. Mouchon. Le frère de ce dernier a bien voulu non-seulement coUàtionner plusieurs de ces lettres sur les originaux (i), mais ajouter à celles dont il est possesseur , les détails lés plu^ propres à exciter comme à satisfaire la curiosité. Nous les trans^

applaudir , les mères et les jeunes geos pour en suivre les deux préceptes fondamentaux.

(i) Ce. sont celles à MM. Coindet ^ Mouchon et Rousseau.

INTRODUCTION. ixvij

mettons fidèlement (i). Nous indiquons les personnes de qui nous tenons ces letti'es lorsqu'elles nous lont permis , dans la note dont chaque lettre est suivie : cette obligation nous était prescrite et par la reconnaiss.ance et par le désir dé ne laisser aucun doute sur l'authenticité des lettres qui paraissent pour la première fois.

Tel est le compte exact du travail que nous mettons sous les yeux du lecteur ; nous citons

soigneusement les savants auxquels nous avons eu

recours, en rapportant les éclaircissements qu'ils nous ont donnés -, ce sont , comme on s'en doute bien^ les Barbier, les Bciuchot, les Dulaure, les Villenave, les Weiss, etc. Nous remplissons le même devoir envers ceux dont nous avons consulte les ouvrages : cidlfue suum. Le seul mérite auquel on puisse prétendre , en écrivant l'histoire de celui qui prit pour devise djB se consacrer à la vérité^ c'est d'avoir le désir de la trouver et lé courage de la dire. S'il ne fallait, pour se concilier l'estime du lecteur, qu'ajouter à ce courage, de la bonne foi , du soin et de l'exactitude dans les recherches , je ne serais pas sans l'espoir d'y parvenir.

(i) Voyez, dans les lettres inédites, celle du a4 octobre 176a.

xxviij INTRODUCTION.

Mon travail achevé y j^hésitais sur le titre précis qu'il fallait lui donner ; M. Walckenaer, que je n'ai point l'avantage de connaître^ m'a tiré d'etn«> barras, sans le savoir, par son excellente Histoire de la Vie et des Ombrages de Jean de La FonUtine* Je lui ai dérobé son titre. En m'avouant, avec une franchise qui ne me coûte nullement , coupable de ce larcin y j'aurais voulu pouvoir en faire un autre \ mais il n'a pas dépendu de moi.

y. D. Mussct-Fathat.

DE

Page 1