‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiques (volume 2)Chapitre 6 sur 334 · I. PJL&TIE · texte numérisé non relu

I. PJL&TIE

M. Gâtier (i ), autre modèle du Vicaire Savoyard; mais il «'y occupe de musique , en reçoit des leçons du professeur des enfants de chœur de la cathédrale, qui s'appelait Le Maître. A^ mois de février (173©) arrive Fenture^ dont Rousseau s'engoua bientôt.

Dans la semaine sainte , M. Le Maître, pour se venger de quelques duretés que lui dit un chanoine , décampe nuitamment d'Annecy, accompagné de Rousseau, d'après Tordre de madame de Warens , qui voulait l'éloigner de Venture. 11 était depuis un an à Annecy.

M. Le Maître, que l'excès du vib avait rendu épileptique,, éprouve à Lyon un violent accès dé cette mala* aie. Saisi d'effroi, Rousseau, le seul ami sur lequel il dut compter, l'abandonne et disparaît (a).

Rousseau, vers la fin de ce livre, fait remarquer qu'il écrit de mémoire; que ce qu'il va raconter dans le livre suivant est entièrement ignoré; que, n'ayant point de matéri£iax, il est difficile que y dans tant d'cUlées et de venues y €ians tant de déplacements successifs, il ne fasse pas quef^ues transpositions de temps ou de lieu; mais qu'il est sûr d'être exact et ûdèle dans le récit des faits.

n revient à Annecy et ne retrouve plus madame de Warens. Il n'a jamais su le secret de ce départ. Ce qu'il a cru entrevoir est que, dans la révolution causée par l'abdication du roi de Sar daigne, elle craignit d'être ou-.* bliée, de perdre sa pension, et voulut, par l'entremise de M, d'Aubonne,.en obtenir une du roi de France.

L'abdication nous donne un moyen d'établir l'ordre chronologique. £lle eut lieu le 'à septembre 1730.

(i) Ahhé Faussigneran y dit Rousseau : c^est-à-dire né dans le Faacigny , petite proyince de Sayoie.

{%) (Test le troisième aTeu pénible. Les termes dans lesquela il les fait, D^attéauent jamais sa faute.

'^ HISTOIRE DE S.-i* ROUSSEAU,

Il faui supposer /que M. Le Maître et Rousseau étaient sortis d'Annecy au mois d'avril précédent, et dans ce cas, ce dernier ne serait pas retourné de suite dans cette ville; ou qu'ils n'en partirent que vers Pâques r'j3i» Alors cV;st moins l'abdication que les efforts faits par Victor-Amédée pour remonter sur le trtee, dont J. J. vent parler/ Ils eurent lieu qudques tnois après l'abdi-* cation. Je pense que c'est l'opiâion qu'il faut adopter. ' ■ Ainsi J«-J» serait parti d'Annecy en avril i^di pour y rentrer presque attôsitÂt. D'où Ton voit que sa di&-huitième année n'était pas encore révolue lorsqu'il revint de Tu¥in. Mais il y a une autre diflSculté : En 174^, ftousseau donna au P* Boudet , chargé de recueillir des renseignements sur M. Bemex, un certificat par lequel il attestait avoir vu, au mois de septembre*! ^29, celui-ci faisant un miracle à Annecy (Voyez l'article Bemex)» Or , d'après son calcul > il aurait passé cette année en- Piémont; il faut donc, de toute nécessité, /rcu/^r le miracle, ou réduire la dut^e de son séjour en Piémont. C'est le parti auquel on doit s'arrêter.

Un mot sur la fontaine de Héron , dont il est ques* tion dans ce livre, n'est peut-être pas inutile.

Cette fontaine, inventée par un mathématicien d'Alexandrie, et perfectionnée par Wietiwcntit, est composée de deux bassins bien fermés, qui communiquent par un iuyau. On remplit de vin le bassin supérieur. En mettant de l'eau^dans l'autre, la pression de l'air fait jaillir le vin en forme de jet, de manière qu'on a l'air de changer l'eau en vin. Cette fontaine perdit Jean-Jacques , et lui fit abandonner une carrière dans laquelle il aurait eu des succès , comme on le verra dans la suite. /

Liv. rV : du moi» de mai i^Si au printemps de i']33, Tl -attend des nouvelles de madame de Warcns à Annecy.

Page 1