‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 13 sur 108 · III. FAETIE. BIOGRAPBIC* fol · texte numérisé non relu

III. FAETIE. BIOGRAPBIC* fol

GovTON (l'abbë de)^ 1731 , fils du prëcédent, euf «eigne ritalîen à Jean-Jacques et lui donne de sages con« seils. Ç. liv. III.

' Graï'fenried ( mademoiselle de ) ^ i?^!^ jeune et jolie bernoise , compagne de mademoiselle Galley, et que Rousseau connut dans la partie de Toune. G. 1. IV. (q.)

. Graffenhieb, baiUi de Nidau^ 1766. Homme demé-^ rite ^id pense très^bien, et dit tout, haut ce quil pense ; c'est ainsi que Rousseau s'exprimait sur son compte. U adoucit j autant qu'il dépendait de lui , les ordres rigoureux qu'il était chargé d'exécuter contre Jean-Jacques* ( 604) 6!&i 9 122, 23, 24> et QolQ, )

Graffigic I ( Françoise d' Isseml^ourg , éC Apponcourt, épouse de Hugo de) , née en 1694 y morte eni758, était d'une ancienne maison de Lorraine. Son mari, chamT belJan du duc de Lorraine , la rendit malheureuse au point de mettre sa vie en danger , et de la forcer à une séparation juridique. Elle est connue par les Lettres Péruviennes qu'on ne lit plus guère, et par Cénie , qu'on ne joue plus. Elle se réunit aux critiques de Diderot^ et, comme eux, l'accusa d'avoir pillé Goldoni. Pour comble de méchanceté elle répandit le bruit que Jean-Jacques avait rompu avec l'auteur du Père de famille y à ce sujet. C'est à cette occasion que Rousseau parle une fois d'elle» On convient généralement que le chagrin et le dépit abrégèrent les jours de madame de Graffigni^ qui fut trop sensible à la critique. G. liv. IX.

Graffton ( Auffiste-Henri'Fitzrqy , duc de ), né ea ^735, mort en 181 1 , fut en 1765 secrétaire d'État, et premier lord de la trésorerie, l'année suivante. Attaqué par Wilkes et par l'auteur inconnu des célèbres

loa HI8T0IAE DBVJ.-9. IkOVBSZAV ,

lettres de Junius , il se vit obligé de quitter le ministère , dont il devint ensuite un, des plus redoutables adVer* saires ^ en se jetant dans le parti de ToppositioD. Il prit sur la fin de sa carrière un goût très-vif pour des questions de théologie, ce qui fit douter de ses talents comme homme d'État. On prétend même qu'il abjura sa religion pour embrasser celle des unitaires. Dans le temps qu'il était premier lord de la trésorerie, il fit rembourser k Rousseau le montant des droits perçus à la douane ^ur l'entréedeses livreset gravures. (73i.)

Gbindval y l'jStï. Ce n'est pas le célèbre acteur de ce nom y dont parle Rousseau , mais l'actrice qui )oua un rôle d'amoureuse dans Narcisse. C, I. VlII.

GRAHGErBLANCâE (l'abbé de), 1768, de Lyon; nommé dans i^ne lettre comme s'oceupant assez infructueusement do botanique. Il est probable qu'il feignait d'aimer cette science, pour être des herborisations que Rousseiau fil à Lyon avec M. de La Tourette. (824*)

Granvillb^ 17^9 voisin de campagne de Rousseau pendant le séjour de celui-ci à Wootton. Ils se voyaient souvent , s'envoyaient de petits cadeaux et correspondaient^ (689 , 90 , 91 , 92 , gS, et 694 , 745 , 776 , 799.)

Grasset, 1763, libraire de Lausanne indiqué par Rousseau comme pouvant se charger de faire imprimer un ouvrage de Roustan. (372k.)

Grave (l'abbé de), 1761 , chargé par M. de Malesherbes de surveiller l'impression d'Emile. G. 1. XI.

Gr AVALE, 174s, commandeur de Malte, vieux débauché , de la société dont Rousseau |)arle comme ayant influé sur le parti qu'il prit relativement k ses enfants. G. l.VH.

1H. PikltTIE. BI0CRA9RIC. io3

:GRirFiT (Henri) y jësuite , né en i6g8 , mort en 1^7 !• Il écrivit beaiteeop sur 1a théologie et l'histoire. On lui attribua une lettre à M. X^*, sur le livre intitulé Emile ou de l'éducmiofiy 176a. Il parait qu'il eut con- ' naissance àa. manuscrit pendant l'impression de l'on* Vrage, puisqu'il «n citait des fragments. Cette particula* rite fit le tourment^de Rousseau pendant quelques jours. Cl. XL

Grimm {Frédéric Melchi^r) , né à Ratisbomie en 1 7^3, mort à Gotha en 1807. U débuta dans le monde littéraire par une tragédie intitulée Banise, qui fu t huée, seide particularité que Ton connaisse sk|t cette pièce. Le comte de Schomberg ayant envoyé ses enfants à Paris , Grimi^ les accompagna , devint lecteur du duc de Saxe^otha , puis successivement secrétaire du comte die Friesc , <fti maréchal d'Estrées y du duc d'Orléans ^ correspondant de plusieurs souverains d'Allemagne y envoyé du duc de Saxe à la cour de France y enfin minière plénipotentiaire de Catherine II , près des étftts de Basse^xe. Ce fut lorsqu'il n*était que lecteur que Rousseau le connut. Un même go4t pour la musique italienne les lia tous les deux. Jean-Jacques le produisit dans les sociétés où lui -même était reçu , et cessa de voir ceux qui ne voulurent pas recevoir son ami. Grimm reconnut ce service en détachant de liii ses connaissances et ses amis. Si l'on n'en croit pas Rousseau , on ne peut refuser de croire madame d'Epinay , dont les mémoires confirment pleinement le témoignage du premier, tout en voulant l'affaiblir. On y voit clairement que Grimm introduit chez cette dame par Jean-Jacques la prévenait contre celuici, bien avant que ce nouveau-venu eut remplacé M. de Francueil dans les affections de madame d'Epinay.

lo4 BISTOIIUE DE J.-J. ROUSSEAU, '

Grinnn était d'une toilette reeherchée qui prouvait qii^il en avait besoin. Son aventure avec mademoiseUe Fék si plaisamment racontée, par Rousseau, le mii à la mode, ainsi que la douleur qu'il fit^paratire à la mort du comte de Friese , ayant chaque jour devant les yeux un niouchoir qu'il mettait dans sa poche pour en tirer un livre au détour d'une allée. Grimm, bon comédien, vit qu'il fallait l'être pour parvenir aux honneurs , fit son calcul et réussit. Il prit le titre de baron ; ce qui lui attira les plaisanteries les plus piquantes de l'abbé Galiàni. Mais il ne se fâchait qu'avec ceux dont il n'avait Tien à craindre.

Il sera difficile , pour ne pas dire impossible , de désigner avec précision le mérité littéraire de G^rimm et même il offre lin phénomène unique en son espèce. Pendant sa très-longue carrière, il ne se distingua par aucun ouvrage remarquable (i), se reposa les vingt^ dernières années de sa vie, et ce n'est qu'après sa mort que là pui>licatiàii de sa correspo'ndaqce lui fit une réputation et le plaça dans le petit nomibré de critiques éclairés doiâ; les jugements prouvent du goût, du tact et le talent d'observer. Mais comment faire sa part dans cette correspondance quand on sait que Diderot et Aaynal l'ai-^' dèrént, et lui fourâirent beaucoup d'articles {o), et qu'on a lieu de croire que d'autres écrivains moins connus enrichirent son recueil ? U fut d'abord employé par la duchesse de S^xe-Gotha, et bientôt devint le mi-

HiUre de littérature ( c'est ainsi que l'appelle le comte

{i) Le petit Prophète de Boehmischbroda est une brochure furt spirituelle , mais non un ouvrage remarquable. Elle a eu le sert des circonstances auxquelles elle avait rapport, la dispute sur la mu* siqne.

(a) Yoyei à l^artide à^Holbach une note qui motÎTe nos doutes.

ni. PARTIE. BIOGRAPHIE. ' Io5

èt^sickénj) de sept autres^ souveraitis , parmi lesquels on comptait trois têtes cottronnëes. C'étaient l'impéra* trice de Rassie, la reine de Suède, le roi de Pologne , le duc de Deux-Ponts , la princesse de Hesse-Darmstadt , le prince George de Hesse, et la princesse de Nassau- Saàrbruck. U leur faisait passer à tous sa correspondance. Naigeon l'accuse d'avoir dénaturé ce que lui remettait Diderot y dans la crainte de déplaire aux sau" veraihs, et pour en obtenir des croix et des dignités. Ce reproche ne prouve que l'humeur de celui qui le fait. Du moment où Grimm était payé pour correspondre avec des princes , il ne pouvait leur adresser des injures ou des leçons.

Pour bien juger de la véracité de Jean-Jacques sur ïe compte de Grimm et s'assurer de la sincérité de son témoignage, on peut consulter les amis du correspondant. J^e citerai entr'autres Galiani , qui traite mal Rousseau,, dont il ne goûtait pas les ouvrages , et qu'il n'a connu du reste que par ses liaisons intimes avec madame d'Epinay, Diderot, d'Holback et Grimm. Le rapprochement à faire entre le langage de Jean-Jacques et celui de Galiani sur Grimm est curieux. Le trait caractéristique que fait ressortir le premier est une fatuité choquante. Elle augmenta quand il devint baron de la création de je ne sais lequel des sept princes avec qui il correspondait (ou peut-être de la sienne). D ne répondait plus à Galiani, qui, dans ses lettres à madame d'Epinay, s'en plaint à sa manière^ c'est-à-dire en se moquant de Grimm. Dans une lettre à celui-ci, datée de 1772, il lui dit; « Le colera morh^s est un effet des souffrances que vous » avez occasionnées à votre bas-ventre par des révé- » rences multipliées et excessives, fléformez- les donc >» et venez à Naples apprendre l'impolitesse. » Il termine

«o6 H15T0I1E DE J.-J. «OVSSClV,

cette lettre pai: ces mots , earUez cela au vrai baron. C'était le baron de Gleichen^ d'une noblesse moins fraîche quec^lede Grimm.Jl faudrait ^disait-il à madame d'Ëpinay^chercher un nom pour dislinguer'Grijiim du yërîtable baron.

Le langage que^ dans sa correspondance^ Grimm.tient sur Rousseau^ varie suivant les époques» THns le mois de septembre 1755) il le met au nombre, des gens illustres , à l'occasion de son portrait au bas duquel Mar* montel avait mis ces deux vers :

A ces traits , par lé zèle et ramilié tracés , Sa^s, arrétéc-^oiis ^ gens du monde, passez.

Grimm prétend qu'il faudrait oter le premier qu'il regarde comme froid et inutile. Il aurait pu y sans inconvénient comme sans injustice, étendre; encore la suppression. Jean-Jacques à cette époque venait de se faire connaître par son premier discours et son Devin du village représenté à TOpéra dans le mois de mars précédent. L'envie n'était qu'éveillée , parce qu'elle ne pré* voyait point encore la supériorité de l'auteur.

La louange se soutient assez jusqu'à la fin de 1757 ', année dans laquelle les deux amis se brouillèrent. Jusque-là, le discours contre les sciences est écrit avec force y ayec Jeu ; il y a dans la préface de Narcisse des pages dignes de Montesquieu : il n'y a que V éloquent et vertueux citcyyende Genès^e qui serait digne d'écrire sur le code de là nature. Le discours sur l'inégalité des conditions offre un style simple et noble à la fois ^ il est plein de lumière^ d'énergie et de chaleur; une éloquence mâle et touchante attire aux écrits de V auteur une grande célébrité f i ).

-(1) Correspond, littér, et philosophùf. , Ur. lyS^, juiHet 1755.

ni. ViRTIE. BIOCaiFBIE. ,tl>^

Mais en 1.758, c'est-ÀMUre quelques mois après la rupture , Rousseau n'est plus qu'un sophiste , dont les orpiments sont spécieux , ei les raisonnements plein d'art et ^'artifice. Cependant on lui reconnaît toujours une éh^ quence , une magie de style , qui font de iui un adversaire trè»redoatable«

' n est bon de rappeler ce que Jean-Jacques a lni'>méme fait observer; c'est-à-dire que toute sa doctrine est renfermée dans ses deuiL premiers discours; que même son Dessin du viiiage est en harmonie avec cette doctrine , enfin que scfs autres ouvrages n'ensont en quelque sorte que le développement. Les sophismes signalés ne le furent qu'à l'occasion d'e la lettre sur les spectacles. La baine rend clairvoyant : la critique de Grimm f^écéda de plusieurs années l'explosion qui se fit contre Rousseau. Ce ne fut qu'au sujet d'Emile qu'elle eut lieu > et la NouveDe Hélbtse où l'on trouve toujours les mêmes principes, avait impunément paru dix-huit mois avant Ik publication de cet ouvrage.

. La célébrité de Jean-Jacques augmentant de jour en jour , les correspondants de Grimm lui demandèrent probablement des détails sur cet homme dont les ouvrages faisaient tant de bi-uit* Voici ce qu'il leur écrivit dans une lettre datée du i5 juin 176a, et le compte qu'il leur rendit de sa liaison avec Jean-Jacques , du caractère, des goÂts et de la vie de cet homme célèbre (i):

« Depuis plus de quatre ans que Jean-Jacques vivait » à Montmorency, il occupait tantôt sa petite maison de » la ville, tantôt un appartement du château. Il avait » quitté (2) tous ses anciens amis, entre lesquels je par-

' I -*i— ^— ■.— »i— *— — .1 ■ I ————— I I I llllll III ■!

' (i) Voy. Correspondance littéraire , T«YI, p. 17a. Jain 176a. (3)' Il ne les ayait pas <ptittés. Q faut liie dans 1m Confessions ,

I08 HISTOIRE DE J.-J. KOVSSZAV,

» tageais son intimité avec le philosophe Diilerot. Il » nous avait remplacés par des gens du premier rang. » Je ne décide pas s'il a perdu ou gagné au change. » Dans la société de ses amis, il trouvait de Tamitié et » de Testime : mais la réputation et, plus encore, la » supériorité de talent quil était obligé de reconnaître » à quelques-uns d'entr'eux (i), pouvaient liii rendre » leur commerce pénible ; au lieu qu'à Montmorency y » sans aucune rivalité^ il jouissait de l'encens de ce qu'il » y a de plus grand et déplus distingué dans le royaume, n Le r61e de la singularité réussit toujours à qui a le » courage et la patience de le jouer. J.-J. Rousseau a » passé sa vie à décrier les grands ; ensuite il a 4it qu'il » n'avait trouvé de l'amitié et des vertus que parmi » eux. Ces deux extrêmes étaient également philoso- » phiques^ en m'amusant de ses préventions, je nie » moquais souvent de lui. Je me plaisais à le combattre » quelquefois avec ses propres. armes (2).

liv. IX j Phifttoire de ces prétendus amis. Quant à Grimm , étranger , secrétaire d'un allemand , il reçut tous ses amis de Rousseau y à qui il n'en laissa aucun.

(1) Grimm parle de cette supériorité de talent que Jean-Jacquet é(ait obligé de reconnaître ,* comme d'une chose incontestable, comme d'un point convenu. Or, les amis de Jean-Jacques auxquels nous ajoutons les gens de lettres avec qui il pouvait avoir quelque liaison , étaient Diderot , le baron à! Holbach , Grimm , Fran^ cueil, Raynaly Duclost Marmontel, Saint- Lambert, Mably, Uelvétiùs , d'AUmbert , Desmahis ,* quel est celui que nous sommes obligés de reconnaître comme supérieur k Rousseau dans l'un des genres où celui-ci s'est essayé?

(a) Dans les plaintes que Jean-Jacques fait de Grimm , il n'est

pas question de ses plaisanteries, et il n'avait aucune raison de n'en

*point parler. Il donne des détails sur les, airs impertinents du b^ron

allemand} la fausseté de s^ conduite, sa roideur, son mauèg«

1» TJa des grands malheurs de M. Roixsseaa ^ c'est d'être » parvenu à^ l'âge de 4o &Qs sans se. douter de son ta- » lent (i). Le sort l'ayant, je ne sais comment (a), con- » duit à Paris , il s'attacha à M. de Montaigu qui , ayant 9 été nommé à l'ambassade de Venise, l'y mena (3) ]» comme son sëcilétaire. Ces deux hommes n'avaient » aucune- sortie d'analogie pour rester ensemble. Ils se » séps^èrent bientôt. M. Rousseau revint k Paris , in- » digent, inconnu. U ne s'occupait alors que de musique » et de vers. Il publia une nouvelle méthode qu'il avait » * imaginée de noter la musique. Elle ne prit point. Il » faisait d'assez mauvais vers dont plusieurs furent in- V sérés dans le Mercure. Il faisait aussi des comédies » dont la plupart n'ont point vu le' jour. UAnuxat de

hypocrite pour se donner la réputation d'un bomme sensible, eic. Gfimm oibserrait et tofujoars ayec firiiit pour set propres intérêts ; U rend compte de ses réflexions arec telent, ayec^esprit j H analyse bien, quand il met les préventions de coté; mais il n'ayait pas dans Fesprit pette légèreté^ sans laquelle les plaisanteries ne peuvent être ni bonne» ni fréquentes. Grimm était tout d*une pièce , géaé dan» sa longue taille ; il mettait du blanc , du rouge , des odeurs , ses mduTements étaient compassés de peur de déranger Féconomie de •a coiffure. Un bomme de cette sorte pouvait prêter a la plaisanterie , plutôt que de la manier habilement. On va le voir plus bas. (i) On De voit pas que ce soit un malheur. En général , on écrit beaucoup trop tôt. Le genre dans lequel Jean-lacques surpassa tous ses rivaux, exige de la maturité , de Texpérience, de robservation. Emile ne pouvait être Ponvrage d'un jeune homme. '

(2) Nous le savons , ce fut le projet de faire adopter sop nouveau système de musique qui Famena à Paris. U croyait avec ce système faire fortane. ( Voy. le liv. VII des Confessions. )

(3) M. de Montaigu ne le mena pas. Il prit un autre secrétaire > qui n'eut rien de fnieux à faire., qu*à quitter cet inepte ambassadeur. Teân- Jacques paftit seul pour aller le remplacer. U y a de bien plus graves inexaetitude» dans lé récit de Grimm. ^

Itcl HISTOIRE ht J.il. ROVSkEAtty

» lui-même, qu'il a fait jouer et imprimer, prouvée qu'il » n'avait pas la vi^catiou dé Molière. Dans le mixaù y temps il s'occupait d'une machine avdc laquelle il » comptait apprendre à voler. Il s'en tint h. des essais » qui ne réussirent point. Mais il ne fut )tunais û&set tk dësabusë de son projet pour souffrir de san^froid » qu'on le traitât de chimérique (t). Aibtfi ses amis/ » avec de la foi , peuvent s'attendre k le voir quelque t joui* planer danà les airs. . . J^ lui coméillai dans ce » temps-là de se fairie limonadier et dis tenir une bc^u» n tiqué de c^fë sur la place du Palais-Royal. Cette idée' 9 nous amusa beaucoup pendant long-temps. Elle avait 1» l'avantage d*4tre d'une folie gaie (2); mais, comme elle » avait un c6té utile , elle était t)*op sénséê pour être » adoptée par le citoyen de Genève. Il alla faire un » tour dans sa patrie, d'oà il revint assez mécontent au' » bout de six semaines; A. son retoiir il passa deux ou » trois ans dans la société de ses amis: Madame d'Ëpi- » nay ayant dabs la forêt de Montmorency une petite » maison dépendante de sa terre , il la persécuta long- 11 temps (3) pour se la faire prêter, disant qu'il ne lui

» était plus possible de vivre dans cet horrible Paris.

■n^*— il I 11 I I II

(1) C'est la seule trace de ce prétendu projet qui a Ffir d'être imagiDë par Grimm pour ameoer la plaisanterie qui en termine le récit.

(9) On peut juger, par cette plaisanterie et la précédente , d« celles que faisait Grimm | qui parait les trouTer tris-piquantes. Ne dirait-on pas y par ce qui suit , que Jean-Jacques ne s^est jamaia livré qii^à des travaux inutiles , et que ses ouvrages sont frivoles ?

(3) Ce n^est plus une exactitude , c'est un mensonge. Les Mé'* moires de madame d'Epinay , publiés en 1818, et les lettres entre cette dame et Rousseau , qui font partie de ces mémoires, prouvent que Jean-Jvcques yîiC pcrsécuê^ pour accepter cet asile* et qu'en

m* PAAjic BioaAAPHi£. m

1» Yoilàles principales époques de la vie de cet écri* » vain célèbre. Sa vie privée et domestique ne serait » pas moins curieuse; mais elle est écrite dans la mé« » moire de deux ou trois de ses anciens amis , lesquels 9 se sont respectés en ne l'écrivant nulle part ».

Par cette perfide réticence^^ Grimmse donnait un||;rand mérite et montrait sa discrétion. Mais c'était par ces deux amis dont il était ^ que le public connaissait la seule faute grave qu'eàt commise Jean-Jacq«ies avant qu'il eût réfléchi sur ses devoirs. C'était par Grimm et Diderot que l'on savait qu'il avait mis set enfants à l'hospice des Enfants trouvés.

Grimm y comme on voit, couvre charitablement d'un voile transparent les vices de son ancien ami. Plus indiscret qne loi et ayant seul le droit de l'être , Rouneau a écrit cette vie privée et domestique que Grimm avait raison de supposer curieuse ; il a Ini-méyie instruit It publjo desreproches qu'il eut à se faire ; et, ne s'épargnant pas de dures vérités , il eut le droit de dire celles qui étaient nécessaires pour sa défense eXnedà que celles-là.

Les réticences sont un moyen aussi commode que facile pour suppléer à l'absence des ^ts et des preuves* La calomnie emploie habilement ce moyen ^ quand la vérité se refuse à ses efforts, et lorgqu'ayant tout dit, il ne lui reste plus rien à dire. Nous venons de voir que Grimm en fit usage. Il s'en servit plus victorieusement encore en 1 766 ; c'est-à-dire au moment où Rousseau , toujours sous le poids d'un décret de prise de corps , vi-

l'accepUnC, il près crwU des conditions. Or, Grimm était déposi* taire et des mémoires et des lettres. II n'ignorait point ce qui s'était passé. Il a donc laissé dans ces manuscriu des prouves de sa BUJVfmtm foi.

lia HI8T6IXIE DE J.-J. fteOSSEAVy

vait daas le fond d'une province de rAnglctèwe. Meus avons rapporté le passage où se trouve cette réticence remarquable par son adresse, en l'expliquant par des témoignages qui détruisent Taccusation et mettent au grand Jour Fintention. de rauteux. Voy. t. l,p. 6a^t suivantes.

Grimm est le seul homme contre lequel Jean-Jacques ait conservé des sentiments pénibles. U faisait , entre Diderot et lui, une différence remarquable, a En rom- » pant, dit-il, avec Diderot que je savais moins naéchant • qu'indiscret et faibte, j'ai toujours conservé dans » l'âme de l'attachement pour lui, même de l'estime et » îdu respect pour notre ancierinc amitié que ]e sais avoir y> été long-temps aussi sincère de sa part que dé la V mienne. C'est toute autre chose avecGrimmj homme, n faux par caractère, qui ne m'aima jamais, qui n'est n pas même capable d'aimer, et qui de gaieté de cœur, » sans aucun &ii:jet de plainte et seulement pour^con- » tenter sa noire jalousie , s'est fait sous le masque , xnon » plus cruel calomniateur. Celui-ci n'est plus rien pour. » moi y l'autre sera toujours mon ancien ami » . C. l.^VIII, IX et X. (149. i530 Voy. tome I, p. 53.

GrojemE;^ secrétaire et chambellan de la reine d'Angleterre en 1766.' C'est à lui, ainsi qu'au général Con- Way , que David Hume dit (i) s'être adressé pour obtenir une pension du roi dAngleterre en faveur de Rousseau.

Gros , 1 780 , supérieur du séminaire de Saint-Lazare d'Annecy, dont Rousseau fait un portrait plaisant, et .que madame de Warens prie de donner des leçons ^à

(i) DanA son Exposé sucârtct , etc.

uh VAariz. BiooRiPBu. ii3

Jetto-Jftcqtteft. EUe 6e lahait lacer par le lazariste-^ mais c'était en tout bien tout honneur* C , 1. m.

Grossi J proto-médecin, qui se retira à Ghambérj après la mort de Victor-Amédée y arrivée le 3 1 oct. i ^Sa. Homme riche, avare et dm-^ qui disait qu'il ne prêterait pas dix pilotes à Saint^Pierre quand il lui donnefnàla Trinité pour caution. On se servit de son crédit pour former un établissement utile dans la ville d'Annecy, et qui n'eut pas lieu , à cause de la mort de Claude Anet.C.;LV.

GuERGHi ( Ciàude-Francois'Louis-Regnier, comte de ) , né en 1715, mort ea.i^ù^. Après avoir servi pendant j^ùs de Itrente ans avec une distinction remarquable , il fiit r^mméy en 17^3 /ambassadeur à Londres, y trouva qndqu'un qui rendaijt par ses talents , par sa conduite et apn dévouement^ la France, le rôle du comte de Guerchi inutile. C'était let^evaUer .d'Eon, L'usage alors semblait exiger pour la représentation un ministre d'une haute naisisance, titré, décoré, et un secrétaire d'ambassade chargé du fardeau dès affaires. Le chevalier d'Eon qui trouvait juste de recueillir le fruit de ses travaux et de ses talents , ne devint point subalterne sans murmurer. On avait besoin de hii , soit parce qu'il connaissait le théâtre mobile sur lequel arrivait un ministre novice qui devait mieux savoir se battre que négocier , soijt parce qu'il était dépositaire de secrets importants. Poui; ne pa^ le décourager et pour profiter de son expérience , Louis XV employa un singulier moyen. Ce fut d'entre* leiiir une correspondance secrète avec le chSvalier d'£on çt d'en faire l'espion de son ambassadeur. L'inévitable résultat d'un pareil système devait être o^ la discorde ou l'union aux dépens du monarque qu'on aurait trahi. H. 8

D'Eon avait th)p d'élévaiion. daûs l6» 6entliyi«at« pour abuser de la confiance dtt|nritice ^ et par-la inémë , man» quait de cQtie souçiesse nécessaire pour bien vivre aiKec un ambassadeur; Aus$4 furent-ils toujours en querelle. • C'est à cette occasion qu'il écrivit à Roussçau ^ qui, dans la lettre sous le. n^ 666^ donne tort à M. de Guerchi^ san$ prétendre que le chevalier d'Ëon soit eiempt de r^v proche. M. d'Ivernois pria Rousseau de vpir cet amt^assadeur . au sujet des, affaire^ de Genève^ Rousseau rié-, pondit qu'il ne le connaissait pas , et que d'ailleur» cess ajBfaires se décidaient à Versailles. ( 658. )

GuERiN, libraire^ i^J^o» homme d'ésprît-, lettré, ai* . ilâablley et de la haute volée 'dnns soft "état, U avait une snoisoii de xampa^e à Saitit-^ice', 6ii Rousseau le voyait irouTont. C>^ 1..X, Lots de l'impfêssîon d'Ëibit^^' il devint embarrassé , mystérivuit , ayant l'air de prévoir lé sort du livre et de l'auteur. €• , 1. ^I. .

Gm , libraire j 1 76 1 . Il imprimait Emile. C \ ï. XI. Il rend à Rousseau tous les propos qu'on tenait sur son compte /à' Paris y après sa rupture avec David Hume; et, pour réparer sa faute., fait passer à Jean-Jacques la défense de madame de La Tour Franqueville» ( 4^1 j^

702 et «335. y

GuioïWbb {Joseph dé) , né à Po/ntoîôe , en i ^2 i , W)rt à Paris, eÀ t86ô»Lab6tieux,5avànt et mioÀeste^ oiriéntftIist< cé^dtiu par un j^rand iïoiiaibrie d^oùvragte. Utie éxàcVe bo^ lûènclalture en à été donnée dans là' Biographie ^ni^er^ ie//e par Joutdam qui marchait sur s^s tràùes, et <]fa%ii excès de tratail virent d'enlèvèr aux teiencés et à Tamitié» Rousseau nomme M. d/e Giiign^s ' datis te X" livre ûé ses G6x^i9iônB. ^ .

' '^^Gnrtth&BiL , t«)(5»> màrchtftfâ 'horloger de là CS^ité wtr tùti^ , imptiqaé dans l'affaire Thëyenin. (8So.)

GuiNAND, i776^.baoguiçr établi à Londres, à qu^ du Peyrou devait faire passer des fonds pour Rpusseau^ pepdant le Sj^Jour de <:çlui-ci en Anglçterre, l^a <x)nduite paraissait suspecte à Jean-Jacques* (654, 65.7, 660*)

â^ec lequel ftousfteaa se plaisait ii caviser, pàn3et][a0;(W jtfdiaiel* Ile le begardaît que cotHme un* bon kohtmèi Ieaxi4acqae5 le met en actîen dans la Nourellfe B<« foïse , i'® partie, krttre i3«

.GuYENET, i765nB.eceveur&MQtierâ. Il prit la défense de 'Rousseau danslej tracasseries que faisai^(]à c^lui>c( M. de Montmollin et les autres pasteurs. I^lles sont ra-contées en détail, n* 67.^. C., 1, XIL

GuYENET (niadame) • le cteis que soti nom de fille était Isabelle d'Irernms. R<lil$Maii prenait à cette dame un intérêt particulier, et dont on trouve rexpt'eSftto& >dttié les lettres inscrites sooi leê ti*** 546, S60, S68«.

GtiTOT, 1 764 y npmmé daps une lettre k M> d'Ivernois, comme fabricant ou marchand de bougies- et de.soudits.

HaIlea (Albert de), fté à Berne ^ en i^4)8, mort

en 1777. Son pcrfe était diancelier du comte de Badie,

eHa h^piibliquè d^Rèrûe arait plus; d'ime €^ coiifif

à Vette famille îes charge principales de l'État. Par

àtik goût pour \ti séietièe^ et p^r le tk\é avec leqtiel îf

s^y livra, Hiallet devint ^presque miivériél.' 11 était

an^tomiste, botaniste et poète. 11 acquit bientôt' utae'

telle réputation, que les universités se le d&putèrent, et

f l6 BI5T0I&E l>t i*'Jé.%iaJBtlBAMJ p

àue les Rois le comblèrent d'hoimears. Uempesewt François l!' l'ennoblifr; Frédéric lui .proposa de s'éUkr blir à Berlin, en le laissant maître des conditions. Cb qui le flatta le plus ^ ce fut Thommage que lui rendit sa patrie en le faisant membre du coipeil souveraitt, quoiqu^â fût alors loin de Berné. Il y revint, y fut comblé d'honneurs, de distinctions et chargé d'une ach ministration importante dans. ïàqudlé il. 4ie. fit t^ii)0«rs remarlpier p^r sa justice, son amour, de. l'ordri» 0 l'affabilité de ses mamires. Il jsut concilier avec ses de* voirs la culture des sciences qu'il enrichit de plusieurs découvertes. Gomme plusieurs souverains voulaiei^ l'at" tirer dans leurs États et le tentaient par les offres les plus avantageuses, le sénat de Berne rendit une loi par laquelle Hall er était mis en réquiskiàn perpétuelle pour lé service de la république, et créa une charge exprès pour lui avec la clause formelle qu'elle serait supprimée après sa mort. Cet exemple unique en son espèce attacha le célèbre Haller à ^pn pays par le lien le pli^ bc^orable^ L'empereur Joseph II vint le voir et refusa de s'arrêter au château de Fçmey, quoiqu'il passât par le village.

-' La passion de Haller pour l'étude était telle que, s'^ant cassé le bras droit, le chirurgien qui vint pour le panser, le trouva s' exerçant déjà à écrire de la main gauche; Lorsqu'il mourut, il observa ^ dit son savant biographe j (M. Guvier, la marche de sa vie, indiquant, par u^ signe, le moment où son pouls s^an^étar Parmi ses innombrables travaux, nous ne devons parler que de ceux dont la botanique fut l'objet, parce qu'il n'est question que de ceux-là dans la correspondance, de Rousseau. Ne donnant point le titre de celai que lui fit passer du Peyrou , nous ne pouvons q[i:^e

tir. i^ABttiM. Bf96BA»ant. iij

firësumer^ d'aprèsla 3ate de la lettre (juillel t'^69)^ que ce fut V Histoire des Plantes indigènes de VHelsfétie, publiée en 1^68. Jean- Jacques se plaint des nom* breùses fautes typographiques qu'il y trouva, et qui, dïiitsxm livre composë^ de descriptions et de synonymies , ont plits d'importance que dans tout autre. Haller et Linnée s'estimaient sans s'aimer^ le premier rejetait le sys/tèmé du' second, «t même eut la faiblesse de faire écrire^ contre celui-H^/par son.fib, dès pamphlets ii^u-* ri6ttx(88i,8a2)«

Hankey, 1766, banquier de Londres, à qui du Peyrou devait faire passer des fonds pour Kousseau, pendant

le sépur de ce dernier en Angleterre (654)*

Hi:aGO0AT (milord), 1766^ seigneur anglais,. qui, après avoir porté le nom de vicomte de Nùncham, prit celui de comte de Harcourt. Rousseau correspondit avec lui, relativemcpt, à la vente de ses estampes et de ses livres , à laquelle milord se«pséta. Jean4acques le cou*: nut par rintermédiaire de Watelet, ami des deux (7114, 736, 740, 748, 753, 758, 77a, 796 > 943).

* Havrincqurt (M. d'), 1745, ambassadeur en Suède,

à qui M. de Montaigu faisait passer les nouvelles qu'il

en recevait, afin^ sans doute, qu'il ne les. oubliât

pas. G 1. Vn.

Hellot , i74^> memJbre de l'Académie des sciences, et l'un des commissaires nommiés par cette A^oadémie, pour examiner le nouveau système ima^pié par Rous^ seau^ pour noter la mufi|ique. G» 1. VIL

Helvetius ( Claude- Adrien) j né en 1715, mort en 1)7 1 ^ fils et pettt-41s de médecins qui durent une grande paltie de leur fortune à des poudres, à des drogues, s^

ii8 Hinroiais AK j**:!* AovssDAV^

Vipëcactta&W.Glaud^Àdriaildut la sienne à la (avèur de son père, ^preiqier médecin de la reine; Cette pnn« tcMe obtint pour lé fils une charge de (emoier^génépei qui valait cent, mille :ëGus de rente. Helvëtius en -fit un noble usage^ et sedistinguapar sa biienfaisanoeetsa borner B donna trpia* mille francs de pension à Saucin, jst^ lorsque celui-ci «e maria, lé principal de cette rente. B faisait', deux mille fradcs à Marivaux > qui n^en. discutait pas avec moins d'aigreur avec Hek^^iùs. Un jour ils^em-t^ porta plus vivement qu'à l'ordinaire^ quand 41 fat sorti ^ son bienfaiteur se contenta de dire : contmèje lui aurais répondu si je ne lui aidais pas l* obligation d'accepter ma pension ! La soif de la gloire vint gMer le bonheur d'HeK v^tius. Le succès de Vesprà des lois troublait son sommeil. fil voulut élever un monument pareil , se'dëniitde sa chargé, épousa Mlle, de Ligneville remarquable par la haute naissance, les ^âces^ la beauté et' les vertus^ il passa lesdeux tiers derannéeàVoré, terre qu'il possédait dans le Perche, et se UNrra au travail. Il avait deut secrétaires quHl conserva, quoiqu'ils lui fussent 'inutile^ depuis qu'il n*était.plus fermier-général* L'un d'eux, nommé Baudot, était toujours de mauvaise humeur , et lui tenait des propos désobligeants. Il disait à cette occasion : « Je n'ai pa^ tous les torts que me trouve Baudot^ w mais j'en ai quelques-uns ; qui mêles rapellera si je le » renvoie ? •

Le résultat des travaux d*Helvétius fut le fameux livre de VfJsprit qui lui causa bien des désagréments , parce quHl fut obligé de faire une rétractation humiliante dès principes qu'il y professait. H la €t à trois différentes reprises,. .

Rousseau qualifie avec raison la doctrine d'Helvé^u^ ^ de désolante. H résolut de la réfuter, mais, il y renonça

m* 9iiiiTix« BiodRÂpmB* tr^

quaBd îi apprit que le livre de YBsprk éuâx conâamn^^ U 96 contenUiâe tneUre suv rexemplaireqciei'aûtéur lui s^Tait 4oniië,. des notes critiques. C'est cet exemplaire éotit il esc question dans la correspondance entre Jean-J&cques et-Dutens, qui en fît i'acquisitiqa avec labibliotlrïtque de Rooseesu f sous la oEHiâitica:! expresse de ne point camuia'niquer les notes minUscrites. -^Veici eé que rapporte \ cette occasion le J»iograpfaed*HelTétius( i) s « Â la maxime » dont il^a si cmelleinent abusé^ tout devient iégitime et » mên^ÊBÊertueux pour le salut public, Rousseau répond j » le salut public n'est rien , si tous les particuliers ne sont » en sur^é. Qu^nd (oui fut pacifié,. il eut occasion de » s'expliquer sur les sujets traités par Helvétius et il k» » fit sans nommer le livre m l'auteur. Il coisubatiit' ses » subtilités contre le pouvoir de l'organisation ( iVô«- » i^ellelféloisey 5« part. let. ÏII. ) ; et ce fiat à lui qu M 9 adressa (Ëmilé liv. IV ) ce reproche honorable : A< » veuhc en vain t^ éviter : ton géhie dépose contre tics prinr cipes : ton cœur bienfaisant dément ta doctrine , et 9 l* abus même de tes facultés prouve leur esccèllence^ » ^n dépit de^oi* »

Telle est la manière dont Jean- Jacques censurait, quand il se permettait. la critique; ce qui Jui arriva trèsrarement, tl est fâcheux de voir que cette noble générosite ne fut point imitée par celui, qui, plus que tout autre, était en état de la sentir et de rapptrécier ; nous avons vu (T. I, p. 298) qu'Hèlvétîus prit parti pour David Hiime , qui , setil parlait «dans sa querelle. Nous n'attribuons cette faiblesse <5[u'au besoin que croyait avoir

(1) M. Saiat-Surin , article Helvétius , dans la Biographie universelle^ Cette notice , pleine d^i^térét et de détails jcùrieux , est un •ttiod^ en ce genre.

'120 Hl«TOni£ DE J.-J* HOtrSSEAV^

"Bielyétinê, des gens de lettres qui prirent fait et came' contré Rousseau; sans savoir ^n quoi ni comment Jean* Jacques était coupable. Voici la manière donl Galianr regrettait Helvétius.

• « S'il était bon à <}uelque chose de pleuirer les morts Ç dit-il^ je viendrais pleurer avec Vous k perte de notre Helvétius* Mais la mort n'est autre chose que le regret des vivants. Si nous ne lé regrettons pas, il n^est pas mort; tout comme si nous ne l'avions jamais ni connu ni aimé y il ne serait pas né. ^

« Le mal de la perte d'Helvétius est le vide qu'H laiasef dans la ligne du bataillon. Serrons donc les lignes , aimons-nous donc davantage, nous qui restons, et rien n'y paraîtra. 1^

C'est du père d'Helvétius qu'il est question dans lé Vni«liv. des Confessions. Dé celui-ci dans laXn« leUn de la montagiïey prcm. partie. ( 169 , 4 ï6, 734. )

HEfltET (le P.) 1737. Jésuite; eonfesseur de Rousseau pendant le séjomt-de celui-ci chez madame de^War^s» Jean-Jacqifes en fait un grand éloge. Çonf. liv. YI et YIL-

Henault {Çharles^Jean-Francois^ né en i685, mort en 1770, président au Parlement de Paris, surintcâidant de la maison de la Reine et ensuite de madame ia Dauphine. On a prétendu qu'il avait, dans . sa longue carrière, été l'un des hommes les plus heureux de son temps*, et qu'il eut beaucoup d'amis et pas un ennemi. Ce qui s'ei^pliquerait par les genres de littérature auxquels il s'estlivré,par la faveur dont il jouissait auprès de la Reine, par une excellente table à laquelle il réunissait ce que Paris offrait de plus spirituel et- de plus aimable, enfin par le calme de ses sens et le sage parti

, . m. VlltTlS. BIOGBAPBIS. lai

•<{a'il prit à cinquante ans de ne plus leur rien aoeorder et de s'abandonner entièreipent à l'étude» Malgré, .tous cçs ayantage» il n'en était pas moins sensible à la jcri* tique. On le voit . par le soin que prit madame du Deffand d'empêcher qu'il ne connût celle qu'on avait jEûte de l'un dé ses ouvrages^ et par l'empressement avec lequel Voltaire cbau^ea ce vers : HénauU, fameux par vos soupes^ en apprenant que le président était piqué de ce que la bonne chère qu'on faisait chez lui paraissait contribuer à sa réputation. Ces deux circonstances motivent ce que dit Rousseau ipi enrôlé parmi les aU" tfiurSy il n était pas exempt de leurs défauts. Quoique le président Hénfiult. ait fait de jolis vers, des tragédiêS| dès comédies, des dissertations , son seul.titre à la gloire littéraire est son ^^/lej^' c^ro/io/bgiiçru^^ qu'on lui con« testa pour l'attribuer à l'abbé Boudot dont il se servait pour ses recherches. J'iguQrç jusqu'à quel point ce reproche est fondé, ce que je sais c'est qu'il existe un manuscrit fait dans les premières années du siècle dernier (je crois que c'est en l'joô), pour l'instrucjtion des fils de France et qui offire beaucoup d'analogie avec. l'ouvrage du président. C'est un infolio magnifiquement relié , enîoHvé de div^s ornements; et les soins qu'on en a pris font croire à la destination qu'on voulait lui donner. Cet ouvrage est divisé en colonnes qui terminent le texte et présentent les personnages contemporains qui méritent d'être remarqués. Je ne l'ai point eu assez de temps à ina disposition pour le confronter à l'ouvrage du pré^ sident.' '

La liaison entre Hénqult et madame du Deffànd est célèbre plus par sa durée que par son iniençité. Elle écrivait à Walpole , le 1 4*décembre 1 768 : , « Vous ave» » dû recevoir le François I]L du président; la préface

1» m'en avait plu: j'ai voultt lire la pièce; le livre m'a » tombé des. maiofi.» v

Voici en quels termes ellf annonçait sa mevt, le ^5 4dëcembré 1770 :.« ïie président moûTUt hier à 8e{it » heures di^^matin. Je l'avais jugé à Tagome dès le mer* » cradi* Il n'avait.ce^jour-Iày il n'a eu depuis ni souffrance^ » ni connai^ance. Jamais fin n'a été plus douce, A s'est n éteint. Madame de Jonsae (scbui* d'jiënault) en apartt 9 d'uQie douleur èstréme. L^ mienne est plus modérée: ^ j'avais tant de preuves de son petl d'âmttié; que jé 1» erois n'avoir perdu qu'une connaissance. Cependant 1» comme cette connaissance était fort ancienne et que » tout le monde nous croyait intimes, je reçois des cotor » ' pliinénts de tonte part. II ne tient qu'à moi de croire » qu'on lÀ'aimeljeàucoup. Mak. j'ai 'renoncé aiix pompes » et anx vanités de ce monde , et yxms avez fait de m'di 1» une prosélyte parfaite, j'ai tout votre scepticisme » sur Pamitié. Jene verrai pendant plusieurs jours que ^ les pei^sonneft qui seraient scandalisées si je né les * voyais pbs .. . . Dans son testament , il ne dit pas un mot f» d'aucun de Ses aiàis#» Ut|è liaison de cette espèce ne devait pas^tresttjistte à ^^^eaucoup d'orageis. C liv. XL

Hervïx {Mctric Lepel Baronne d') , appelée par Rous^ seau, .par Hume^ et par vne^d^me^ de Çouâlers et di| Deffapd , Milatfy JServf^. EUe résida longrtemps à Paris^ et fut très'Iiée avecla duehi^^ff doil^irière d'^-ign^IoQ*. Elle mourut au mpis d'ao^( ï768^ Bllç avai^ été de 1» société de madame Dupin , et c'est dans cette n^aisOA que Jean-Jacque$ fit sa cow£|is$ance. C. L VU;

HiRZEL {Jean Gaspard) y né à Zurich en 17^5, mort Ittbilément en i$o3, d'une attaque d^apopleiLtel Séna^ teur y linédecin y agronome y il ne s*ogcu^ que d^tablish- .

«emento utiles^ etfjtt ub dçs. prineipaax fondatenrs de |a société Helvétique, créée«ea 176a. )1 était avide de cooxiaissanceay et chercbait toutes les océatioiis d*en ao i^éf ir^ Ua de ses amis ^ Mi Vœgtteli , le mène ches un fukivateur du canton de ^Zorich , conau dans le pays par le sobriquet de Ki^oif^ oà petit JaciftieSjViaLisâontlp viéritaiblè iiCMDDt était. Jacques Gujer. C^étut un vrai phi- Ipiophtt pratique', s^ocçupant avec diseernefnent de tous lès. travaux de réqonomie rurale et domestique, fians ^'assujétir à -k routine dont tant de cultivateurs sont esclaves. Hirzél observa , dans tous ses détails , la ccïhdmt«4u pa^saos suisse, et vit qu'il serait utile dç rendre fm cosqkte^détaillé de m principes , de ses essais, de ses procédéB, de «es ei^përiencès et de leurs résultau. Le bon Gu^er était incapable de le &ire. Hirzd n'eut qu'à décrii^ ce qu'il. avait sous les yeux. Il intitula son ou* vrage /e «S'ae^^ieir^^^oe , trouvant de l'analogie, quant à la philosopbie, k la paix de l'ame , entre le philosophe dlàthènes et celui de la Suisse. Séduit par le titre di'amt des hammes^^ qu'avait pris le marquis de Mirabeau , il lui dédia cet;«ouVrage. Il en adressa ung»emplair« à Baoryisseau/ dont la. réponse çst inscrite sous le n« Sog.

Hoi^pAcu (Pai4/-JVr*y baron d'), né à Heidelsb^im dans l^Pâlatinat en 1 7^3, mort en i ^Sgi Parfs, où^ ayant été envoyé dans $on enfance , il pi^ssa la plus graiide partie de.sa vie. Marié avec mademoiselle d'Aine, aœur de l'in» taidantde Tours, il la perdit presqu'aussitot et obtint, à prix d'argent, de la oour de Rome, la permission d'é» pousejf; la. sœur de sa £eOMlïe^ qui n'e&l morte qu'yen i8i4f àl^^s^de^çrans. '

. ,tj9 x'olexiu'a vèultt îeuer le baron d'Holba^jb mérite jtè%T^4%9^Sié^ . Il V jl»ait à la^élébrité , nfais seutant qu'elle

'ia4 HlftTOIBE Dri.-J. ROVSSEAVy

ne s'acqaîert pas sans frais ^ quand- on n'est pas tour* mente par le génie qui cr4^ et entraine irrésutibleuiént, il réunit chez lui les trompettes delà renommée; c'està-dire beaucoup de |^ns de lettres. Â. cette époque' les ouvrages philosophiques de Voltaire avaient produit tine partie de leur effet. Il sapait la religion avec l'arme poift* santé du ridicule. Mais au moins il sei^bl^it laisser subsister le théisme. D'Holbach ^ en ^'enrôlant sous Iq$ drapçaux du patriarche de Femey, restait confondu, dans la foule ; il voulait être chef de secte'.* Il le devint ^ se^t athée de profession f prêcha le matérialisme, prétendit qùç Dieu était dé l'invention des prêtres et mit la nature k sa place. Cette doctrine qui n'est dapger^us^ que par la manière dont on la traite , demandait la plume .de Voltaire y sa légèreté, ses plaisanteries , cette ironie fine et piquante à laquelle l'austère raison est quelquefois obligée de céder. D'Holbach ii'avait yas cesarmes à aa disposition. Âu^sila (Aupact dé s^s oiivragès rsont morts, etquelqn'ardént que puisse être ou deveinir le zèle antireligieux, il ne parviendra point .k lesTessosciter. Celui qui fit le plu&de bruit est le iS^stémede'la nature ovides lois du monde pf^sique et morale L'auteus. le fit imprimer sous le nom de Mirabeau , académicien qui avait fini depuis dix am^iées, à 86 ans^ sa tranquille carrière et qui ne s'était fait connaître que par de froide» traductions du Tasse et de l'Arioste. La Harpe dit à cett« Occasion dans son cours de littérature , que , par respect pour une famille qu'il honore, il imitera les philosophe» qui n'ont pas cru devoir rendre aùthentiquement cet infâme Iwre à son eutteur. Moins discret, Grimni le nomma dans sa correspondance, mais dans, les éloge» qu'il donne au baron, il y met un article qui rendrait sa gloire fort douteuse, quand bien même l'ouvrage eÀlr

■ m. PARTIE. BIOGlULFlilCé (qS

niërilè ces éloges. «Il y a , dit-il , dès pages entières , et ». H yen a un grand ncânbre, on l'on reconnaît aisément » la pluni€^ d'un écrivain supérieur; et cela est fort » sim]^^'car ces pages sont de Diderot ». On ne peut plus dès-lors faire avecicertitade la part du baron d'Holbach y et ce douté est justifié par le& fréquentes inégalités qù!bn remarque dass le style de tous ses écrits. En réunissant à sa table 9 pendant quarante ans, tous les dimanches., les auteurs qui avaient quelque réputation , il s'exposait à se voir contester ses ouvrages. On sait déjà' quéNaigeon, fidèle convive, s'absenta plusieurs féis pour aller faire imprimer enHcàlande quelque»-unes des pro^ ducticms de ^n Mécène y et qu'il en faisait les préfaces oii discours préliimiiaires. Dvl reste , ces réflexions n'ont point pour objet de nier le mérite scientifique et lîtté*' ràîre dp. baron ifliolbach. H est constaté par un témoignage digne de foi; celui de Jean-Jacques toujours juste méj&Q avec ceux .qui ne Tétaient pas envers lui. «C'était, » .dit-il, nn fils de parvenu, qui jouissait d'une assez » gradde' fortune dont 41 usait noblement , recevant » dieï' likâ des* gens de lettres, et, par son sas^oir ei » ies connaissances', ieiiantbien sa place au milieu », Seau, »••'.''. * . '

Ces gens de lettres devaient, au moins par reconnais* sàiice, contribuer à la célébrité du baron, en ce qui dépeàdait d^eux', c'est-à-^ré autant que ses ouvrages n'au-ràiîsnt pas démenti leurs louanges. Soit qu'il sentît qu'on pourrait leur attribuer le fruit de ses veilles, soit par goàt et pour appuyer sa doctrine sur les sciences naturelles, il s'occupa de celles qui pouvaient le faire atteindre à ce but, et qui étaient étrangères à la plupart de^es convives; car d'Aiembert ne fut jamais de leur nombre , et Buffbn cessa d'en être de bonne heure. Il éci-ivit donc

126 HISTOIRE DE 1>X« ftOUSSEAV,

sur fa chimie métallurgique <i)vsuriaminêralogpie^ sûr Fart de la yerrem^ celui dés mines, sur l'histoire des couches de la terrie , sur le soufre.^ sur la physique ; sé*^ parant* ces divetis traittfs (la plupart traduite etc^mmeo^ tés ) par VESstoifc Je la superstition , la Contagion sa*' çrëe^ V Imposture sàoâ^doiale y l^J^teàlof/Se partaiivey YJSistowe critique de Jésus^ChHsi, arrivant enfin au Fa-* xneux>^4/^/7ie cfe/^fraa^irnsr dodt nous tdv'bns parlé/ *

La réputation * 4e hienliàiftaiice' • devail* enoéi^d étf e • là résultat de la conduite du hi^tron d'Holbach. Mais il pa> rait qu'elle èè réduisit aui dinars du dîmànehè^ xnâlgré tout ce qu'a pu diric IVai^eoriquI , par le» serîricés partâU Gulièr& qu'il rendit, à Fajnphitrioa'polif'l'iini^ressinndid sesVmvrages V fut probablement rëcoàiperisë de ses peueSi) Cette jt»>njecttire est Af^uyé^ sur 'la fortune du haron qui lie lui perHiettaitt pa» d'être ausisi générouit qli'fiMn Tétii^»^(et>i9turiun passage cucieùx de Crrimis que tioua devons Tapp<irter '(!»). « lieivétiUs^ dit^il, sans rien ref^i » sec à ses plaisirs^ ëômx^t liicaaeottp et odntinndlèitient » et de la jnantèi^ du niondd la pltis simple et la plus i& libérale^ U virait 'beaucoup avbc les gens déièttres et » il fit un sont' à plusieurs d'ecttr'eux, nbnlmémeot k % Marivaux ainsi qu'à Saurin. Il n'y a pas fort l6ng;«^ » temps qu'il fit la réfteiion qv^l aviic tpnserré peu » âejliaisonet d'intimillé avec ses anciens âmisy sans qu'il. )^-y eik desafiaLute. Vous en avez obligé plusieurs, lui » répondit lé bardU d'Holbach y et m<Si je n'ai jamais

Il II >] *— ii^i^^ I I I i I j n III II m»; itj '^^mitmtmmm^i | ' | lui i «^ i ii»^— — ^*y*^

(i) Il doufia méuij & leanJ494i;^è^ uit maoutorit s^r 1« «iilini«, aaçbant qu'il avait svivi loa cou» de Rouelle avec M. de FiiaocueU* Il chargea Rousseau de faire un'Ccavail sur le manuscrit) circonstance. . qui justifie rembarras qu'on ëprouye à déterminer avec précision^ la patt de Baron <!aUS Itss ouvrais qu'on lui attn])ue.

i[)) O^iMpoudanoe tittértfire^ fauvier 1773; ^. ^

» 'Hfenjiui pour uucun des miens et fe vis ioùfoun et w consUmliietit avec eiix et. depuis vingt dst» Patiallèto » assez singulier «ntre deux' hommes de mérite ^ tous lei M deu^ tichf»^ et qili^ toui deux^ ont'paisé leur vit avec » des geus. de ^ett^es i. Grimm se couteute de cette reiiiAr(|uÔ9 .)pistrce «j^'il ^tait un des atuis ^u barou d'Holbach. Nous imiterons sa discrétion en rappelant seulement ipi'k. l'époque oin Grimm tenait ce langs^e^ Helvétius n'existait plus et ^{tte l'historien n'avait con* séguemnpieat aiucUn ménagement à gardât avec lui.

Jean ^Jacques, fein de désiffr d'être admis dans la société du baron d'Iioibach ^ s'en tenait éloigné, servi y eacela.) par une sorte d'instinct qui ne letrompaitguète» « ILâéy dit'ilydepttis-lcmg^tèmps avecDideirot, il.ialà'avait « recbereiié par son entremise, n«eme avant que mon » nom fàt connu. Une répngAancé naturelle m'emj^êclia » long7tenips de ^répondre ta ses avances. Un jour il me 9 demanda pouiqùot je le. lu jais 9 \è lui réponde :.V59ua » êtes trop ridie. Il s'obstina 3at vainquit càafin* iMon s plus grand malheur fût tov)ours de. ne saveir irésister » aux caresses^ 3û of me tfuis jamais bien itroùVë d'y » avoir cédé 1 »

Xa sociélë du baron ^'augmenta des ami» d^Rousseau^ lels que, Grimm et madame d'Spiaay.f etconuiçie ks indifi'ëiients firent chorus avec ces prétendus amis lorsqu'il» eurent cessé de le paraître, c'est à ceue société qu'il éonma dai^s la suite, Icirsqu'il «n parla ^^ la dénomination àe catterià HoîhachiqUe. Le premier symptôme d'atver-i sion qu'il y remarqua fut à foccasion dii Devin du Vi^ fag». D raconte, dans le huitième livre de ses Confessions, la tactique emplpyée pour lui contester la musique de cette pièce, et poux lui tendre un piège dans lequel iï donua. Laissant ce récit dan» l'ouvrage mé<u.e, voyons

128 HISTOIRE DZ'UiJ* tLOV$9EAV y

la manière dont le baron d'Holbach rapporte le même fait. Ce parallèle pourra servir à vénfier la sinoéritë de JeanJacques. • *

« Rien n'était plus commun que la conversation ordi- » naire de Rousseau (i)^ mais elle deveftait rëellement » sublime ou folle dès qu'ilëtait contrarié. J*ai à ma » reprocher (^twoir muUipUé^es coniranétés pour mut' » tiplier ces moments d'éclat et déverse* J'étais idpl&tre » de la musique italienne : il 'ne l'était pas moins. Son 9 Devin du village ne fut goûté ni prôné par personne » autant que par moi : ipais le génie musical de l'auteur » était sujet aux mêmes disparates que ses autres ta- » lents. On l'accusa de plagiat. Je voulus vérifier. Je ne » tendis pas de pièges , mais je hasardai des éprew^esi »^I1 s'aperçut de mes défiances , et dès ce momient.je » perdis son amitié. Ayant perdu ma première fenune^ » je reçus de lui une lettre si touchante (a) que je crus » son amitié ranimée par mes chagrins. Je l'accueillis , 1^ je le recherchai 9 je. le soignai arec un zèle nouveau » et, pour ainsi, dire y paternel. C'est dans ce moment ir qu'il venait de se vouer tristement à une bien. plate » union (3), on ne peut imaginer un contraste plus affli-r. •■ I ■•■■■ I

* (i) Cet extrait est de Cenilti, qiti airare rapj^rter les propret paroles du baron y qu'il écrlTit immédiatement après un enlretiett éyèc lui. ')

: (a) Dans le VIII'liT. des Confessiom^ Rousseau dit: « Yéenyi^, » à M. d'Holbach à l'occasion de la mort de sa femme: il me répondit » bonoêtement. Cette triste circonstance me fit oublier tous ses » torts. »

(3} Ici, le baron ou n'est pas sincère , ou confond les époques. Ce. n'est que douze ans après que Jean- Jacques épousa Thérèse. Yoj. tome. I, p. 169. Il est possible du reste que, par le mot union ^ H i^entende point parler du mariage. . •

ii gèatit qa6 celui qéTil présentait avec sa Thérèse et son »' génie (i). Biderôt, Grîmm et mbî nons fîmes una n conspiration amicale contre ce bizarre et ridicule as* » semblage. Il fut htessé de notre zè/e^ indigné de notre » d^approi>ation , et, dès ce mometit^il se tourna avec » fureur contre notre philosophie antithér^ienne. Plus » nous ichercfaions à le ramener vei's ses anciens principes B et versses* anciens amis^ plus il s'éloignait des uns et »' des autres. » Ces aveux' précieux sont une preuve de la bitenefoi de Rousseau. Si véritablement ces trois censpirateurs bénévoies 'n'avaient que l'intention de le séparer de Thérèse , pourcpioi tous ces conciliabules entré la mère de celle-ci , Grimm et Diderot? cette correspondance orageuse dans laquelle, en prenant toujours le parti delà vieille Le Yasseur^on persécutait Jean-Jacques pour le forcer à ramener à Paris ces deux femmes et à vivre dvecelles? Quand Rousseau se plaint des manières hautaines du baron et de son aigreur , il n'était pas si loin de la vérité ^ puisque M. d'Holbach dit haïvement qu'il aimait à le contrarier pour exciter sa verve. Il n'était donc pas dans l'erreur quand il parlait des embûches que lui dressait le baron et de ses méfiances, puisque ce dernier convient qu'il a hasardé des épreus^es : les espions ne font d'autre métier que de hasarder des épreus^es,

Ppur voir, jusqu'à quel point en imposait cette coterie holbachique, on peut faire un rapprochement curieux.

(i) Rien n^est plus vrai , mais le but de la conspiration dont on va

pfttler n'était pas. tant d'empécber cette union que de ramener Jean-

Jacqfueià Paris, par le moyen de Thérèse. Yoy. les Confeâsions :

I ce qni le prouve ^e'èsl^ qu'on ne contrariait pas cette uiyon dans la

\ c;qiitafe ; où elle était aussi choquaate qu^à TSeraiitage. .

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