‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 15 sur 108 · III. PMTI]^. BI0GRA9HIS. j'jf · texte numérisé non relu

III. PMTI]^. BI0GRA9HIS. j'jf

9 joûrnauic une criiMjae amère d'une des tragédies de » son bienfaiteuf . » On ie fit rougir de sa ccmduite -: on traita dans le morne temps ses. Barmécides avec la même rigueur. Honteux , il avoua son imprudence (mo^ qui ne fut jamais synonyme de celiii d^ingrathude) ; et^ eemine sa réparation pjEirut insuffisante, il fit les Muses rivales dont le succès mérité racheta sa faute.

De ce qu'on fut ingrat une ou deux fois, il ne suit pas qu'on Fait été trois ou quatre ^ et ces faits ne prouvent pas que La Harpe fut Tauleur de la satire contre M. Asselin : mais on doit convenir en même temps qu'ils ne Fen disculpent pas.

Le traitement qu'il éprouva , si jeune encore, dut in«fluer*sur son talent, soit que Fauteur fàt victime de Fin-< justice y soit qu'il eût mérité son sort» Aussi remarque-t« en que , dans plosieur» de ses tragédies, la vengecuice est le mobile que le poète ^m^/e affectionner ; que l'aigreur se montre dans un grand nombre de ses pièces couronnées^ et efue Vhumeur dénigrante lui est nalurelke. Pendant quarante ans il travailla à des journaux littéraires et maltraita tellement les écrivains, que d'Alemi>ert lui appliqua ce vers :

Gîlle a cela de bon, quand il frappe , il iissomme. '

Les excès de la révolution ne devaient pas Irpuver un homme de ce caractère impassible. Aussi le vit-on , en 1792, s'afiubler du bonnet rouget l'ouverture du lycée , et débuter par une ode dîuis laquelle il crie aux armes et termine ainsi Fune des strophes :

Le fer !• . . . il boit la sang : le saog nourrit la rage, Et la rage donne la mort î

Comme cette rage, qu'il prêchait si bien, dévorait tout, il en dévint victime^ et, malgré les articles les plus. fou*

fj'î HIStOIRE DE J.-J. ItôtJ^SEAtT,

gueux y malgré l'engagement qu'il prit de faire connaître les iniquités des ministres et des parti ements , il fut mis en prison. CeSt-là qu'un verset de l'Imitation le cotiyertit.

Ainsi que nous l'avons dit , cette conversion prit la teinte de son caractère. Elle ne lui fit point faire tous les sacrifices qu'elle semblait exiger y puisque, lorsque la liberté lui eut été rendue/ il publia sa. correspondance Uuéraire avec le grand d,uc de Russie , dans laquelle , « il juge, dit son biographe, presque tous les écrivains » avec la dernière rigueur; ses décisions sont dictées » trop souvent par l'amour propre et par des préven- » tions haineuses. Unégoïsme aveugle y perce : iln'ou- » blie aucun des compliments qui lui sont adressés^ et » prononce avec une hauteur dédaigneuse sur le mé- » rite de ses concurrents et celui de ses confrères. » Ces reproches Sont graves quand ils sont mérités par un nou-

veau converti.

Saint-Lambert ayant passé quelque temps ^ la cam^ pagne avec La Harpe , donnait de ce critique une idée juste en disant : « Pendant huit jours de conversation » presque continuelle^ il ne lui est écba{^ ni une er- » reur en matière de goût ^ ni un propos qui annonçât » Iq moindre désir de plaire à personne ».

J'ai fait voir (T. I*', p. 47) ou la mauvaise foi de La Harpe, ou la légèreté avec laquelle il lisait ce qu'il voulait censurer. Ce dernier reproche ne pourrait être admis que dans un critique ordinaire. La Harpe est trop supérieur pour qu'il mérite celui-là. Il reste donc la mauvaise foi , ou , si l'on veut , une passion aveugle. Dans le trait que j'ai cité , La Harpe dénature les expressions de Roussea\^ qu'il ioXl fondre en larmes ^ tandis que Jean- Jacques dit qu'il fut affecté au point d'mi pieu-

, m* PARTIE. BIOGRAPHIE. 1^3

rer. Le critique doQue ensuite à ces larmes ^ une cause différente de celle qui les fit r^andre. Il; y a donc une double infidélité. Elle se retrouve dans 1& tome XY du Cours de littérature^ au chapitre des philosophes du dixhuitième siècle, article Rousseau.. U isole une pensée , la torture de mille manières^ la, commente à safaçoa, et, la séparant de ce qui la précède et la suit, en tire des conclusions opposées à celles auxquelles ces pensées donnaient lieu^ en les laissant à leur place. U ne voit; dans Rousseau que le plus subtil des sophistes , le plus éloquent, des rhét&ups et le plus impudent des -cyniques; il dit. que le ciel a permis que ce funeste nos^ateurful terrihlemenL réfuté par tout le rnal quil afaii. Ainsi, suivant M.. de La Harpe ^ c'est à celui qui a dit que la liberté serait achetée trop cher par la vie d'un seul homme , qu'il faut attribuer tout le sang qu'on a versé.

« L'orgueil, et rorgueil blessé, ^i;pUque les travers et » les paradoxes de Rousseau : l'orgueil , i et l'orgueil '» flatté , explique toute sa vogue et son influence. Ce » prétendu martyr de la vérité ne fut jamais^ aju ^o^à , » qu'an .très-adroit, charlatan.. Il a pour lui les femmes » et les jeunes: gens; et pourquoi ? c'est. qu'il avait l'art » pernicieux de donner à leurs passions favorites le ton »> et l'air des vertus. Quelle jeune personne ne s'est pas » crue une Julie ? quel étourdi , en cherchant à séduire ^> l'innoqence , ne s'est pas cru un Saint-Preux ? »

Je ne sais si (e célèbre critique Clément ( i ), né en 1 748, était de la première jeunesse en i ^85 , lorsqu'il fit im-

(i) JeaQ-Marle-Bernard Clément, né à Dijon en 1748» mort à Paris en 181a. De rivaux , La Harpe et lui devinrent ennemis : en. vniXe ili se réconcilièrent et ft'embrapsèrent publiquement. L« Harpe Avaii loué le go&l aévëre et lef talents de Clément.

1^4 HISTOIRE 0£ ).-;r. W>VBS%AV y

primefr ses essais de critique sur la littérature ancienne et moderne (i) y dans lesquels je trfHive ce passage : « Le » célèbre Gëtievois n'était pas seulement Fami, mais V l'amant passionné de la vertu , et sa conduite ne fut » point en coiMradiceion avec ses discours. Ses ouvrages » respirent l'amour du bien, du juste et du beau. C'est » de cet amour pur et enflammé que naissent la force , » la chaleur de son style, et comme son génie était dans 9 son cœur , c'est au eœur de ceux qui le lisent qu'il r> pade et se fait entendre*.. «.. Les lettres de Julie à son i> amant seront à jamais là lecture favorite des âmes » tendres et passionnées qui sont moins sensibles aux 9 aventures romanesques , aiiic intrigues multipliées »^ qu'au tableau des passions les plus' vires du cœur bu* » main et aux images les plus touchantes delà nature. » Ceux qui ne regardent ces lettres que comme uuto- » man en sentent bien peu le mérite. Quelle Ibule' de 9 beautés en tout genre se succèdent rapidement! Qui » peut voir, sans- une émoti<m ravissante, ce mélange de » faiblesse et d'honnêteté des deux amants qui sacrifient » tout à leur amour et leur amour à la vertu ? » Qui? vous allez le voir.' C'est M. de La Harpe qui , bien loin de V émotion ravissante , apostrophe Jean-Jacques et lui dit : « Ton héroïne fait des serments en donnant » un rendez-vous à son amant dans la maison de son » père ! Vil charlatan! ton héros à l'insolence scanda*- » léuséde donner par écrit à une jeune fille qu'il a là» » chôment séduite, la permission de disposer d'elle*^ » même ! etc. » *

Entre deux critiques, très-renommés, on pourra faire un choix, et quel qu'il soit on aura toujours pour soi

(i) Paris , a« to). in-ia, lySSj tome I, p. i et BUiy.

m» PARTIE-. BIOGIUl^HIE. ' fn5

( m4m9 ks jeaiies gens ) le suffrage d'un homme de mé* Kte.

La fiiarpe trouva &ï dépeçant une pensée dé Jean-Jao <piBS, un mensonge^éffrùrUé, une sotdte datif toute lafhrce du terme et un excès de fatuiid. Cela mei^appe]l6 ce ipa'é^ crivait Tamteur d'Emile k propos de» termes injorieuic dans iesquds David HuAe s'exprimait sur sOn comptei « On m'assure , dlsait<l ^ que M. Hume me traite de scé' » lérta et de viie xAmàUle. Si je lams répondre à de » pareils noms , je m'en croirais digne » (t )»

Il serait trop long , je ne dk pas de réfuter les injures > mais de les i^iqpportcr. U ne le serait pas moéna de rele^ V» toutes les inexactitudes de M. de La Hsu^ dans sa critiqifté de Qingaené (3). ËUes sont Dombreusea lorsqu'il est question de la querelle avec Httme : les détails que nous avons dobnés suffisent pout lies relever. J'en citerai une seule. La Harpe repousse avec- colère l'accusation centré d'Alembert, qu'on soupçonnait d'aVoirpns port à la traduction de V exposé de David. Mais qu'aurait^il dit à la lettre «que nous rapportons (p. i5i) d; dans la» qudle l'historien anglais remetcie d'iiembert d'avoir adouci, ^ans la traduction, quelques expressions trop fortes dont il s'était servi ?

. Xie zèle de La Harpe était celui d'un missionnaire intolérant^ haineux, qui dédaigne les moj^isde persua« sien et leur préfère la violence. Un homme de lettres distingué païf ses talents et ses connaissaoces ^ IML Aubert de Vitry m'a conté que , peu de temp^ avant la m<at de

(i) Voy. tomel, p. i54i - * (3) Nomreau supplément au Cours de LifWnature , pubtiè par M» Barbier.

176 HISTOIRE DE ir-t. ROtlSSEAV,

La Harpe , il fut invité par un ami commun à diaer avec ce célèbre critique et quelque» convives d'un mérita recbnnu. On devait, après le repas; aller au spectacle pvL Yon donn^ait un de nos chefs* d'œuvre , et dans lequel (pour qu'il y eàt de l'harmonie) , Tahna devait jouer. La Harpe, à qui Ton faisait tous les honneurs de la réunion^ était écouté comme un oracle» Après quelques réflexions très^ourtes sur la pièce que l'on se faisait un plaisir de Yoir,ilparlade Jean Jacques, et, toutes les fois quVs voulut détourner la conversation , il la ramena tott)ours sur l'auteur d^Émile. Pour avoir la pair et s'etitretenir d'autre chose que d'un fourbe , d'un mt>nstre digne de tous les supplices-, on fît semblaiit- d'être de l'avis du prédicateur. Mais, remarquant le silence de M. Aubert , U l'avait interprété comme il devait l'être; et, s'empa* rant de lui , tout aussitôt après le repas , il le séquestre , le chapitre, le fait renoncer au spectacle, et, pendant deux heures, le tient sur la sellette^ s'exprimànt av^ une action qui ne permettait pas la' moindre réflexion , ( quand la nécessité de reprendre haleine aurait donné le temps d'eii faire une) et qui produisit l'effet que produit toujour» la passion.

Terminons l'article de M. de La Harpe par une réflexion que lui-même fait naître par tout ce qu'il a dit sur Rousseau. D'un c6té, il le présente coijkime fou^ prétiendant trouver des germes de démence dans les premières actions de sa vie. De l'autre , il le traite de charlatan tantôt vil , tantôt adroit , et conséquemment d'homme de mauvaise foi.- La folie et la mauvaise foi s'excluent mutuellement, et je répéterai ce que j'ai dit à ceux qui prétendent que Rousseau se plaignait, et se vantait de sa pauvreté. (T. I*' p. ia5) : il faudrait cependant s'entendre*

tll. PARAIS. BIOGRAPHIE. Jnn

liAt ANBE {JosephrJérôme le Français de), né çn i n3a u Bourg-en-Bresse, mort en iSo-j : célèbre astronome , qui encouragea les sciences de tous ses effoi^ts , de sa ilourse et des sacrifices- les plus propres à leurs progrès. Jamais un jeune homme ne s'adressait à Lalande sans en ipecevoir des conseils ou des secours. A une époque de douloureuse mémoire , il sauva des prêtres échappés aux massacres, les mit dans les bâtiments de l'Observa toire -et les fit passer pour astronomes. Gomme ils ne voulaient pas qu'il mentit pour leur sauver la vie , il les rassurait en leur disant : a Oui , vous êtes astronomes : » qui mérite mieux ce nom que des gens qui ne vivent » que pour le ciel » ? Pour sentir tout le prix de ce dévouement , de cet acte d'humanité dont la mprt pouvait être là récompense, il faut se rappeler qu'il n'en attendait point dans une autre monde, puisqu'il n'y croyait point,, puisqu'il affichait l'athéisme. Un athée , sauvant des prêtres au risque de sa vie^ est un personnage d'autant plus remarquable qu'il est rare et. peut-être unique. Il rend possible la fiction de Wolmar, dans la' Nouvelle Héloïse. Mais ce héros chimérique était privé d'imagination et de sensibilité , tandis que Lalande avait, à 1^1 haut degré, l'une et l'autre. Il est vrai qu'il leur donn^ souvent une fausse direction. Ses singularités , ses . goàts , son cynisme la rendaient quelquefois fort incommode. Il aimait à faire parler de lui , et de bonne heure -tâcha de s'habituer à la critique et «le peu s'en affecter. Il disait de lui-même qu'il était une toile cirée pour les injures et une éponge pour les louanges. Ce goût pou): les éloges, goût partagé par tant de gens, était plus pardonnable à celui qui les méritai t. sous plusieurs rapports et n'at^ndait , d'après ses opinions^ aucune autre récompense. Du reste, il n'aiïi. la

|a8 histoire D£ J.-J. ROIISSEAV^

mait pas moins à les donner qu'à les recevoir. Il fit ceux de Lavoisier et de Bailiy^ quand les bourreaux deBailly et deLavolûer étaient tout-pmsaants, et quand le sang de ces illustres victimes fumait encore. Son courage ne cédait à aucune considération personnelle. T2À cru qu'il fallait plutôt parler des qualités de Lalande que de ses travaux astronomiques, car la mémoire de ceux-ci sera toujours conservée, tandis que le souvenir de celles-là s'efface: Memoria beneficiorum fragilis. U loua le dictionnaire de musique deRouaseau^ mais dans les articles qu'il prit pour exemple, il fit un choix qui aurait pu être meilleur. Jean-Jacques désigne ce choix dans la lettre inscrite sous len° 8i3.

Laliaud , de Nisme , 1 7612 , fait à Rousseau des avances qui réussissent. LVuteur d'Emile crut qu'il était plein de ses ouvrages et qu'ils avaient tous les deux les mêmes principes. Mais si M. Laliaud eut jamais une bibliothèque , il eat toujours soin de le laisser ignorer à Jean- Jacques. Celui-ci ne fit cette découverte qu'après une correspondance assez active dans laquelle on voit que M. Laliaud cherchait à rendre de petits services à Rousseau. (493, 5 18, 58i, 719, 83*0, 838, 842, 844, 846,848^ 855,857,860,865,870,884,891,911.) ^

La LivB. Nom de famille de M. de Béllegarde, pire de M. d'Épinay et de madame d'Houdetot, dont il est souvent question dans les Confessions ; de M. de Jully de M. de La Briche. Il est probable que si cette famille eût choisi un historien , ce n'aurait point été madame d'Épinay , <pii , dam ses mémoires, ne l'épargne pas. A l'exception de cette dame et de madame d'Hôudetot , Jean-Jacqued en p%rle pto dans ses Confessions ; et dans sa correspondance on ne trouve qu'une lettre adressée

à M. de La Live, poiir le remercier d'un cadeau d« gray ores. C. L.VH, Yïil$ IX> (':ii3.) Y oyee dan^ la notic« historique ëur Emile ^ . la riéfuiatioa d'une calomnie but M. éfi ha {iive^ fik de ms^dame d'Épinay*

Lamare (monsieur et madame de)^ 1762. Lors de la condamnation. d'Emile et de l'auteur^ monsieur et madame de Lamare firent âffrir â Rousseau , par l'intermédiaire de la comtesse de Boufflers, le château de Schleyder. n était situé dans le voisinage de Motiers -Travers. Xean-Jacqùes répondit qu'il ne connaissait pas assez monsieur et madame de Lamare pour savoirs^ il lui cons^enciît de leur avoir cette obiigaiion, (333).

Lambelet, 1768, doyen justicier aux Verrières, qui en cette qualité signe une déclaration, dans l'affaire Thévenin. (85o.)

LAncpEaciia , maître d'école à Bossey , près de Genève* Se. sœur eut sur les goÀts de Rousseau , une influence malheureuse. Voyez Ç* 1« L

Lambert (madame), née Lenieps, 1760, Rousseau la nomme au nombre des connaissances qu'il conservait à Paris, quoiqu'il habitât Montmorency, et qu'il pouvait voir avec agrément quand il le voudrait. G. 1. X.

Lamina (madame d«) , 174^, nommée dans une lettre à madame de Warens comme de quelqu'un dont celle-ci se servait pour Caire passer ses lettres k Rousseau, qui, dans ce temps, était à Venise (a6).

Lamoighok ( le présidfpt de) , 1 ^i'i^ Rousseau 1^ voyait chez naadame Dupio. U n'en parle qu'unf.fois^ C'f^st probablement le père du célèbre Maleshefbes.

q. h VIL

^l8o HISTOIRE DE J.-J. KOVSSEAV ,

> EjANTin de Damerey ffit F€çu à l'aGadëmie de Dijon en i94<^ ^ ëppqac de sa formation. Il ëtait en 1750' an nombre des jiiges du discours de Jean-Jacques Rousseau (v. la notice sur ce, discours). Il est autetu:-d*un Contmentaire sur le Roman de la Rose^àes Eloges de Rar bêlais et de Pouffîer; de discours sur le Luxe , la Tolérance. Hector-Bernard Pouffier, doyen du parlement de Bourgogne, était le fondateur de l'académie de Dijon. Lantin de Damerey mourut en 1756. ( 45. )

La Porte { Joseph de), né à Béfort en Alsace , et mort en 1779* C'est un des écrivains les plus féconds en compilations , éditions , recueils , etc. * .

L'édition des œuvres de Rousseau par ce grand compilateur commença de paraître en 1764 sous )e format in- 12. .Quoiqu'elle porte la rubrique de Neuchâtel, elle fut imprimée à Paris chez Duchesne. Cette entreprise fut cause que Rousseau renonça au projet qu'il avait formé d'une édition générale de ses œuvres. L'abbé de La Porte eut l'attention de lui envoyer*la note des pièces qui devaient entrer dans ce recueil ; attention que n'avaient point eue les précédents éditeurs , même Rey^ qui venait de faire une édition sans l'aveu de Jean- Jacques. (170,392.)

Lard ( madame et mademoiselle ). Rousseau donnait des leçons de musique à la fille : la mère en voulait donner d'un autre genre au maître ; ce qui détermina madame de Warens à prendre les devantS4 C. 1. V.

Larnage ( madame ) , 1737. Dame dont l'habitation était au bourg de Saint-Andéal y près du Pont-Saint-Esprit. Il n'y existe plus aujourd'hui jpersonne ^e ce nom. Voyez l'aventure contée à la fin du sixième livre des Confessions.

La Roche, 1761 , valet-de-chambre de la maréchale de Luxembourg ; employé par elle pour retrouver lun des enfans de Rousseau. C. 1. X. Dans ime lettre à M. Laliaud, Jean-Jacques parle de M. de la Roche comme de celui auquel il pouvait s'adresser pour avoir un portrait ressemblant de lui ( 58 1 ).

Lasale(M. de), 1769, fabriquant de Lyon, qui allji voir Jean-Jacques àMonquln en 1 768 et lui offrit une habitation dans le pays de Bombes. Cel,te offre se répandit tellement que David Hume en parle dans une lettre à madame de Boufflers , ayant l'air de croire que Rousseau devait être à Dombes à l'époque où il écrivait cette lettre,

La Selle , 1747 , femme d'un tailleur qui tenait table d'hôte. C'est là que Rousseau vit une société qui influa beaucoup daus l'abandon de ses enfants. C. L VIL

Lastiq ( Bonpart comte de ). On avait envoyé de Blois a la mère de Thérèse une provision de beurre qui , par erreur , fut portée chez la marquise de Menars, et, sur son refus de le recevoir , chez son gendre M. de Lastic. Ce dernier, au lieu de le rendre, fit chasser la réclamante. Ce fut à cette occasion que Jean-Jacques écrivit à M. de Lastic , une lettre dans laquelle il lui donne une leçon et le persifle. Madame d'Epinay Tempêcha d'envoyer cette lettre à son adresse. Dans la suite , en composant la Nouvelle Heloïse , ce fait lui revint à l'idée à propos de Tinjuslice, et il fit une allusion k M. de Lastic, qu'il appela l*homme au beurre ( 74 )•

La Touche (madame de), 1743 , fille de Samuel» Bernard , et sœur de madame Dupin. Elle suivit en Angleterre le duc de Kingston ^ dont elle fut ensuite

fda HISTOIRE Dt J.*J/ R0V8SEAV,

abandonnëe» Elle conserva long-temps sa beauté; retirée dans un petit village , elle y vivait sous un autre nom que le sien. Un jeune voyageur conçut pour elle une violente passion. Il devint pressant. C'était son fils , M. Valet de Yilllcneuve. C. 1. Vil.

La Tour (madame), née Franqueville. Une femme de beaucoup d'esprit; belle, aimable et ricbe, se passionna pour Jean-Jacques, à la lecture de la Nouvelle Héloîse. Désirant de connaître son idole, elle en chercha les moyens long-temps sans pouvoir s'arrêter à aucun, parce qu'elle apprit que Rousseau vivait dans la Solitude, renonçait au monde, et, bien loin de vouloir faire de nouvelles connaissances, se séparait des anciennes ^t se brouillait avec ses prétendus amis. Ellle imagina de prendre le nom de Julie pour lui écrire, de concert avec une amie qui prit celui de Claire.

Cette dame était madame La Tour de Franquei/iUe , sur laquelle on n'a d'autres renseignemens que ceux qu'elle donne elle-même dans sa correspondance. Mariée à un homme qui la rendait malheureuse et qui dissipa une partie de sa fortune, elle fut obligée de s'en séparer pour conserver le reste. Cette séparation eut liett en 1775 , et , cette année, elle reprit son nom de fille (de Franqueville) (i).

La durée du moyen qu'employait madame de Franqueville avec autant de bonheur que d'habileté, ne pouvait être qu'en raison de celle du charme auquel il donnait lieu. Elle le sentit : il fallait entretenir l'illusion, et, pour y parvenir, éviter tout parallèle entre

(ij Son père exigea celte séparation : elle avait vingt- huit ans quand la Nouvelle Héloïse parut.

celte seconde Julie et -l'être idëal et ptrfait créé par Jean^Jacques; cooséquemment demeurer invisible. Rou*» seau 9 qai commençait à cette époque à devenir mtf^ fiant, avait dans son humeur les inégalités qui naissent de la méfiance. U écrivit une lettre qui mit Claire *en fureur et la détermina k ne plus prendre part à ce commerce. Cette Glaire , fdus implacable que celle de la Nomfelle Méloise, adressa à madame La Tour, le i5 janvier , 1762, un billet dans lequel elle s'exprime sur l'idole de son amie , avec une colère 'comique; le voici : «Je ne pais t'ex]^rimer, ni bien cora- » prendre tout ce que m'inspire la lettre de ton ours* » Si îe n'y avais remarqué que du caprice , cela ne me » surprendrait pas : mais je trouve de l'inconséquence ^ .» de la fausseté, de l'impertinence. Je me suis donné ji trois fiers coups de poing sur la poitrine, du commerce » que je me suis avisée do lier entre vous. Socrate dî- » sait qu'il se mirait quand il voulait voir un fou. » Donnons cette recette à notre animal, pour lui épar- 9 gner la peine de quitter son antre, quand il aura » pareille curiosité. Mon mari prétend qu'il faut enter- » rer Jean- Jacques auprès de son chien : je trouve, » moi , qu'il lui fait encore trop d'honneur. » Plus constante dans son attachement, qui devint une véritable passion, madame de Franqueville n'imita point son amie et continua sa correspondance. Rien ne la découragea; ni les reproches, ni le silence. Elle exigeait une exactitude dont Rousseau n'était point capable. C'est en vain qu'il le lui répète en lui parlant de sa santé , de ses inquiétudes , des persécutions dont il était l'objet. Madame de Franqueville ne tenait compte de rien, et voulait toujours une réponse qui, lorsqu'elle arrivait, l'artectait quelquefois par sa sécheresse. Mais elle

l84 HISTOIRE DE J.-/. ROUSSEAU,

aimait mieux des reproches que le sileoce. Sa passion y car c'en était une véritable, ne s'est jamais démentie. Dans la querelle que Jean-Jacques eut avec David Humé, pendant qu'un grand nombre de gens de lettres,, profitant de Talïsence du premier, écrivaient contre lai en faveur du second , madame de Franquevtlle prit la ' plume pour défendre son ami , et mit dans cette défense, une chaleur remarquable. Rousseau fut sensible à ce procédé et reprit une correspondance long-temps interrompue (i).

Il parait que les deux correspondants ne se sont vus que trois fois, encore les deux dernières fois madame de- Franque ville fut- elle obligée 4e recourir au moyen qu'on employait pour voir un moment Rousseau ; c'est-à-dire de lui faire copier de la musique.

La passion de madame de Franqueville survécut à Jean- Jacques. A.près sa mort , elle écrivit contré ceux qui attaquaient sa mémoire , et de concert avec M. du Peyrou , justifia complètement Rousseau de l'accusation d'ingratitude de celui-ci envers milord Maréchal , calomnieuseqient intentée par M. d'Alembert.

Quelques éditeurs ont cru devoir attribuer à madame de Franqueville des vers écrits sur un mur dçla ferme de rile-de-St-Pierre; les voici s

nMuit fameux , par Jean-Jacque habité y Tu me rappelles son génie, Sa solitude , sa fierté , Et ses malheurs et sa folie.

Toujours , hélas I persécuté, Ou par lui-même, ou par Tenyie,

(i) Voyez lettre du 7 février 1767.

in. PARTIE. BIOGRAPHIE. l85

Contemplons, au flambeau de la philosophie , Un grand homme et rhumaoitë.

Jamais l'enthousiasme de madame de Franqueville ne s'est refroidi. Elle est morte en i «788, admiratrice de Housseau comme elle l'avait toujours été. Ce fait , bien constant ,> nous paraît une réponse sans réplique à ceux qui prétendraient qu'elle est l'auteur de ces vers , qui ne sont rien moins qu'inspirés par un sentiment de partialité pour l'auteur ^ Emile..

Elle recueillit, après la mort de Rousseau, plusieurs lettres qu'elle avait écrites de son vivant pour le défendre, en ajouta de nouvelles.^ et publia le tout sous le titre de la Vertu vengée par l'Amitié ^ ou Recueil de Lettres sur Jean- Jacques Rousseau par madame Dé^** ^i). Ces lettres sont au nombre de quatorze. La première fut écrite en 1766 , la seconde en 1767 ; toutes deux sont relatives à la querelle entre Hume et Jean-Jacques. Les trois, quatre, cinq et sixième, écrites en 1778 et 1779, réfutent des articles injurieux ( entre autres un de La Harpe) à la mémoi]:e de Rousseau ,.et qu'oii avait insérés dans le Mercure et le Journal de Paris. Dans la sixième, l'auteur réfute les atrocités dont fourmille V exécrable, note de Diderot. Ce sont ses expressions. La septième intitulée : Procès dé V esprit et du cœur de M> d'Alembert, fait voir l'insigne mauvaise foi de cet académicien dans son Eloge de Georges Keith. Les neuf, dix, douze et treizième , sont des répliques aux réponses de d'Alembert ; enfin les onze et quatorzième ont rapport kl' jE'55«/, dont nous avons parlé , de M. de la Borde sur la musique ( V. l'art, la Borde )•

(l) Ce recueil fait partie du XXVIÏI*^ vol. de rédition de Poinçot.

f86 HISTOIAZ DE J.-l. KOVSSEAtr,

Lorsque l'éloge . de milord Maréchal parut , il fît beaucoup de bruit, parce que d'Aiembert, contre l'usage, j mit des anecdotes et une réticence injurieuse contre Rousseau. Madame La Tour écrivît, pour avoir des renseignements précis , à M. du Peyrou , qui lui répondit le 9 mai 1 779 , de Neuchâtel , où il était.

« Je vois que vous êtes indignée comme moi de » l'imputation calomnieuse contre Jean-Jacques , dont » M. d'Aleml)ert a osé profaner l'éloge d'un homme » digne en effet de tous les éloges , mais au-dessus

» de ceux que M. d'Alembert peut lui donner Je

» sais qu'il a cherché à accréditer son accusation en » s'étayant d'un secrétaire de lord Maréchal. Or, ce » secrétaire ne peut être que le sieur Junard , mort » depiiîl quelques années. Sans doute M. d'Alem- » bert ne cite le témoi^age d*un mort contre un » mort qu'appuyé de preuves par écrit ou inconles- » tables. L'honneur lui fait un devoir de les pro- » duire. » '

Du Peyrou avait entie les mains environ soixante-douze lettres toutes originales , écrites de la main de milord Maréchal. Elles prouvaient que le seul chagrin que Jean-Jacques ait causé à Georges Keith , était sa rupture avec Hume, que milord aimait beaucoup.

iD'Alembert, obligé de donner une seule preuve de son accusation contre Rousseau , sommé directement de le faire , mit en jeu un monsieur Musellstock , et s'écrivit , sous ce nom , ou se fit réellement écrire de Berlin , une lettre qu'il ne montra point , mais dont il donna des extraits dans les lettres qu'il ne put se dispenser de publier pour sa défense. Forcé ensuite d'imprimer la lettre en entier , on vit que les extraits n'étaient pas conformes , et que même il avait cité un fragment qui n'était pas

dans la lettre et que conséquemment il avait compôsëe(i). V. 1. 1 , p. ï56. (îi54 , a57 , a58 , a63, i65 , a66 , 268 , 371 , 274, Î180, a8i , 287, 5189, agS, 298, 3oi, 3o2, 3o6, 335, 342, 343, 355, 363, 366, 370, 376, 394, 400,406,417,4*13, 4^7, 438,449,460, 484, 5oi, 5!ii,55a, 57^,608, 646, 65i, 73^, 777, 798, 80a, 86â , 870, 879, 880, 919, 937 , 939, 944. )

La Toub ^ Î753 , habile peintre de portraits. Voici ce qu'en dit un connaisseur, en rendant compte de l'exposition du salon de 1 753* « Nous.varrivons aux portraits » de M. de La Tour : il en a expose dix-huit. Ce grand » artiste a pousse l'art des pastels si loin qu'il ne lui » suffit pas de peindre parfaitement les ressemblances , 9 il sait encore animer ses portraits et leur donner une » vie qu'on n'a jamais connue avant lui. II y a un grand T» nombre de portraits de gens illustres , entr 'autres celui 9 de. M. Duclos, de M. de la Chaussée, de M. l'abbë 9 Noiet , de M. de Sylvestre , premier peintre du roi » de Pologne , de M. le marquis de Voyer , de M. le 9 marquis de Montalembert , de M. de la Condamine , 9 de M. Rousseau , citoyen de Genève , pour qui M. 9 Marmontel a fait des vers (2). Le portrait de M. d'A- 9 lembert est surprenant. M. Marmontel a fait ces vers 9 pour lui :

A ce froDt riant, dirait-on

Que o'esc là Tacite ou Newton (3 ) ?

. (1) Dans le tome IJ^XYIII*, idition de Poin(Ot , U lettre et les extraita Mmt eo regard f et cette, confrontation (p. 17a) ne laisse aucun doute sur la mauvaise foi de d^Alembert.

(a) Nous les avons rapportés à l'article Grimm,

(5) La réponse éuit facile. Marmontel n'était pas heureux en di^icjnes.

l88 HISTOIRE DE X.-J. ROUSSE ATT y

Diderot plus connaisseur que son ami le baron Grimm s'exprime d'une toute aatre manière sur La Tour, a J'ai » vu peindre La Tour , dit-il , il est tranquille et froid . » il ne se. tourmente point : il ne. souffre point j il ne » hs^lete point ; il ne fait aucune contorsion. 11 ne sourit » point à son travail : il reste froid, et cependant, son j» imagination est chaude. Obtiendrait-on d'une étude ï» opiniâtre et longue le mérite de La Tour ? Ce peintre » n'a jamais rien produit de verve: il a le génie du tech- » nique ; c'est un machiniste merveilleux. Quand je dis » de La Tour , qu'il est machiniste , c'est comme je le » dis de Vaucanson ».

Je trouve dans V Essai sur la peinture du même auteur un article sur le portrait de Rousseau dont Grimm vient de parler. On va voir ce que pensait en i-jSS , Diderot , de son ami. « Un jeune homme fut consulté par sa fa- » mille sur la manière dont il voulait qu'on fît peindre » son père. C'était un ouvrier en fer.. Mettez-lui, dit-il^ » son habit de travail , son bonnet de forge , son tablier ; » surtout n'oubliez pas de lui faire mettre ses lunettes » sur le nez. Ce projet ne fut point suivi : on lui envoya » un beau portrait de son père , en pied j avec une belle » perruque, lin bel habit , de beaux bas, une belle tà- » batière k la main. Le jeune homme qui avait du goût , » dit à sa famille, en la remerciant : vous n'avez rien » fait qui vaille, ni vous, ni le peintre. Je vous avais » demandé mon père de tous les jours, et vous ne m'a- » vez envoyé que mon père des dimanches. C'est par » là même raison que M. de La Tour , si vrai , si su- » blime d'ailleurs n'a fait du portrait de M. Rousseau » qu'une belle chose , au lieu d'un chef-d'œuvre qu'il en » pouvait faire. J'y cherche le censjeur des lettres , \&- )) Caton et le Brutus de notre âge. Je m'attendais à voir

» Epictete en habit néglige y en perruqu^e ëbouriffëe 3» effrayant par. son air sévère les. littérateurs , les grands y et les gens du monde ;. et je n'y vois que l'auteur du pu Dessin du village ^ bien habillé , bien peigné, bien j9 poudré et ridiculement assis sur une chaise, de paille : ». et il faut convenir que. le vers de M. Marmonteldit » très-bîen ce qu'est M. Rousseau (i),.et ce qu'on den vrait trouver et ce qu'on cherche en vain dans le ta- » bleaude M. de La Tour ».

.11 est certain que la. perruque divisée en boucles col-

lées, lisses formait une coiffure tellement étrange, qu'elle Justifierait presque l'opinion bizarre de Galiani. Cet abbé prétendait « qu'il était douteux qu'on put avoir du gé- 9. nie en portant perruque, en frisant ses cheveux , en ik. les enfermant dans une bourse, et il attribuait à cet »^ usage notre infériorité à Tégard des. anciens. ».I1 n'a? vait pas cependant le courage de s'en affîranchir , puisque lui-même portait perruque. Jean-Jacques eut ce courage ety par une suite de l'infirmité à laquelle il était sujet {t) y il adopta le costume qui lui parut le plus commode^

(i) Voici ce vers :

Sages f arréieS'Vous ; gens du monde y passes .

C« fragmçat.'de Diderot -fait naître, de» réflexions de plus d'un genre. Comment en cherchant le Caton et le Brutus de notre dge, pouvait>iI s^attendre à voir Epictète en perruque ébouriffée? Comment peindre Epictète en perruque , f{we\({v^ ébouriffée qu'on la fasse ? £t quel rapport ce philosophe phrygien a-t-il , ainsi coiffé , arec £rutU8 et Caton ? Uoe autre remarque est relative au censeur des lettres. Il me semble que si , comme on l'a prétendu , Diderot avait, en I749> ^o°°^ 1^ conseil à Jean-Xacques de prendre la négative dans la question proposée par FAcadémie de Dijon , il eût douté- en- 1 753 ^ de la vocation de son ami ( comme il le fit plus tard) , et n'eût pas cherché gravement le. censeur des lettres, (a) Quoi qu'on en ait dit, c'est à caisse de sa rétention d'urine,

190 HISTOIB£ DK JW. ROUSâEAUy

et je auis év^pné que La Tour, .qui a, plusieurs fois, fait sou portrait^ n'ait point remplace la perruque à boudins par le turban , et l'habit français par le cafetan. Rousseau parut ainsi pendant plusieurs années , dans son séjour en Suisse, à Strasbourg , et les quinze derniers jours du mois de décembre 1765, qu'il passa dan^ la capitale: l'affluence des badauds le força de faire le sacrifice d'un costume qu'il trouvai t commode.

Ce fut pendant que Jean* Jacques était à Motiers-»Tra-* vers, que La Tour lui offrit de faire encore son portrait. Rousseau avait donné le premier aumarédial deLuxem^ bourg, cher lequel il occupait une place digne de la fnain dont il était sorti ^ il en destinait vaxe plus humble au second. Il ne me quittera point ^ écrivait-il au peintre en acceptant son offre ^ Usera sous mes yeux , chagus Jour de ma vie, et pàrlera^suns cesse à mon cœur: il j-apellera toujours notre amitié» (495«) G. L X.

La Tour (comtesse de), 1735^ fîUe du marquis d'Àntremont, et sœur des comtes deBelIegarde et delTangis^ contribue à mettre la musique à la mode à Chambéry. C. 1. V.

La TouR*DirpiN*MoNTAirBAN, 17&», gentilhomme du Dauphiné, qui va voir Jean-Jacques à Motiers^Travers. €. 1. XII. Il est question de madame de La Tour Dupin, dans une lettre à M. Dastier qui avait accom-^ pagné le mari dans sa visite ( 556 ).

La Tovrette (N. de) , conseiller en la cour des mon* naies de Lyon , 1 769. Â. diverses époques, et notamment en 1770, au mois de juin, lorsqu'il venait 4e Mon-

< — »»^MM*»— 1— I ■ » ■ I r ■! ■!■ III II I I Il iiiii.

et par l'obligation d^avoir des sondes ^tt'il adopta le costume armé* niîeii. '

m. PARTIE. felOGRAPQlE. 191.

quin k Paris, Rousseau fit des herborisatioûs avec ce magistrat» U lui a écrit sur ta botanique, neuf lettres qui sont séj^arëes de la correspondance et jointes aux autres écrits de Jean-Jacques sur cette science. (8a4};

Lavzun ( Amélie de Bpufflers, duchesse de) , fille unique et seule héritière du duc de Boufflers qai mouriit k Gènes. Elle fut élevée par la maréchale de Luxembourg', mère de ce dernier, chei laquelle elle continua de vivre après son mariage avec M. de Lautun , qui devint duc de Biron , à la mort de son onde le maréchal dece nomi Sa femme, dont ii était séparé depuis long-temps, fit deux voyages en A.ngieieire, sous le nom de duthesse de Biron. Sa destinée la ramena en 1793, eu France, où les bourreaux qui ne respectaient ni la beauté, ni la vertu, la firent périr sur l'écha&Lud.

H. Walpolb a fait l'éloge de son caractère et de son amabilité. Son amie madame du Deffaud, qui n'a jamais fait un éloge sans le détruire par une réticence, s'expri*^ mait ainsi sur elle :

« La petite femme est un petit oiseau, qui n'a encore » appris aucun des airs qu'on lui siffle. Elle fait de » petits sons qui n'aboutissent k rien; mais, comme son » plumage est joli, on l'admire, on la loue sans cesse. » Sa timidité plaît, son petit air effarouché intéresse; » mais moi je n'en augure pas trop bien. »

Le duc de Lauzun , son mari , fils du duc de Gontant , eut le même sort que sa femme , quoiqu'il eût commandé une armée sous les ordres de l'assemblée législative. U avait servi dans les guerres d'Amérique. II paraît qu'il eut une jeunesse très^orageuse , si l'on en croit ce qu'écrivait ^en 1778 madame du Deffand. « J'allais oublier de répondre sur M. de Lautun : je ne sais pas quelle est

IQ2 histoire: D£ ^*-I. piOUj^SEAUy

la manière de se ruiner à t'anglaise ; mais je sais quelle est la. sienne. Il a perdu toute sa fortune» Il est séparé de biens d'avec sa femme, à qui il ne restera pendant quelques années que trois mille cinq cents livrés de rente; Elle en aura quatorze par la suite. Il ne veut pas qu'elle quitte actuellement la maison qu'elle habite. Mais, comme il ne paie pas le loyer ^ et qu^elle court à tous moments le risque de voir ses* meubles saisis, il s^ra forcé de consentir qu'elle aille loger avec sa grand'mère, madame lalnaréckale de Luxembourg, qui ne l'abandonnera pas. Il fan apparemment de nouvelles dettes en Angleterre. Ceux qui lui prêtent sont bien dupes y car il ne sera jamais , je crois , en état de s'acquitter. » ' Ma4ame duDeffand omet les détails propres a pallier le dérangement du duc de Lauzun : c'est-à-dire une générosité sans borne. Neus devons ajouter qu'il se distingua dans la guerre d'Amérique , et qu'il défendit' son pays, attaqué en 1792. On l'en récompensa par l'échafaud. 11 y fut traîné le 3i décembre 1798, à l'époque ou la Révolution dévorait , comme Saturne, ses propres enfants. Il était né en 1747* H avait été marié très-jeune, et contre son gré, quelque parfaite que fût Amélie de Boufflers.

Telle fut la triste destinée de cette Amélie qui avait, dit Jean-Jacques, une figure, une douceur, une timidité de vierge. Rien de plus aimable et de plus intéressant que sa figure , rien de plus tendre et de plus chaste que les sentiments qu*elle inspirait. Cet éloge , et la rigueur de son sort, nous ont déterminé^fixer une seconde fois l'attention du lecteur sur Amélie de Boufflers , dont nous n'avions fait que prononcer le nom à l'article qui la concerne. £lie fut heureuse sous ce nom, et paya bien cher un mariage de convenance, G. 1. X. /

Laittrec (le comte de); colonel du régiment d'Or-' léans; plénipotentiaire à Genève; enfin ^ maréchal de France. C'est lui qUi pacifia ^ le 8 mai 1738, les différents qui existaient entre les magistrats et les citoyens de Genève. Il agissait de concert avec les députés dé Zurich et de Berne. Voy. tom. I, pag. 22. G. 1. V. (16).

Lazerme , 1737 , de Montpellier. Indiqué par Rousseau, à madame de Warens^ pour. recevoir les lettres qu'elle lui écrivait. (la.)

Le Beuf de Valdahon, 1762; client que recommande Jean- Jacques au célèbre Loiseau deMaulëon, et qu'il lui présente comme opprimé. M. de Yaljdahon passait pour . avoir séduit la fille du président de Monnier, dont la femme fut enlevée par Mirabeau (559).

Le Bloicd, 1743, consul de France à Venise, et chargé des affaires de l'ambassade lors de la retraite de M. de Froulai , dont la tête se dérangea. Il rend service à Rousseau. G. 1. VII. Celui-ci , loj:sque M. le Blond vint s'établir à la Briche, lui fit plusieurs visites sanât le trouvCT. L. X.

liE Comte, 1767, voiturier, dont les rapports sur la santé de Jean-Jacques inquiétèrent du Peyrou (74 1)»

Le Cureu, 1789, ami de madame de Warens, nominé dans une lettre de Rousseau , comme quelqu'un qui lui pouvait être utile pour son instruction (17).

LÉGAL (M. de) 9 i74''^9 désigné comme un des grands joueurs d'échecs de ce temps , avec qui Jean-Jacques allait faire sa partie. G. 1. VIL

Le Maître, 1731, parisien, musicien , compositeur, et maître de musique des enfants de chœur de la ca-s II. i3

ig4 nisToiA£ DE j.-jr. Rousseau^

tbédrale d'Annecy; son ivrognerie le rendit ëpileptique. Rousseau l'abandonne dans un de ses accès, et se réproche amèrement cette faute« C. 1. III. Voy. tom. I,

pag- 9-

Lehoine, i']6Sj célèbre sculpteur. Il fut directeur et rèctéur de l'Académie royale de peinture et de sculpture. On lui reprochait de vouloir reculer les limites de la sculpture, et d'usurper sur la peinture. Diderot le critique avec beaucoup de rigueur; Jean-Jacques le nomme dans le XIP liv. des Confessions. M. Laliaud avait; ou feignait d'avoir l'intention de faire fs^ire son buste parce sculpteur. (58 1.)

Leniefs, 1760, Oénevois qui habitait Paris, et que Kousseau voyait. U en parle dans ses Confessions (1. X) comme de quelqu'un qu'il aimait. C'est M. Lenieps qui fut chargé de retirer de chez M. de La Tour) le second portrait que ce peintre avait fait de Rousseau , et de le faire passer à celui-ci. \ C'est le sujet de la lettre inscrite sous le n** 49^* Dans une autre, Jean-Jacques lui donne des détails intéressants sur les démarches faites auprès de lui pour faire une constitution à la Corse. (55 1.)

Lenoir {Jean-Cliarles^Pierre), né en 1732, mort en 1807; il ne fut lieutenant de policé qit'en 1774» C'est donc par erreur qu'on a mis son nom au lieu de celui de M. de Sartine, dans la lettre inscrite sous le.n** 942. En 1772, il était intendant de Limoges. Je n'ai découvert aucune relation entre ce magistrat et Rousseau; celui-ci n'en eut jamais qu'avec M. de Sartine. Voy. ce mot»

, Leop^ (l'abbé de) , 1742. Nom qu'a porté pendant quelque temps le chevalier de* Rohan. U mourut à la

flear de l'âge* U aurâh rwoln aipoir ^ pour sadvëtaixe^ BAas&eaa qui en tait un grandréloge^. C» L ¥IL

Léonard, 41748, ami de madame de Warens, par l'intermédiaire duquel Rousseau correspondait quelque* fois avec elle. ( 39, 62. )

Le Roy [leanyDtmd) , né h. Paris en i^t^S, mort en ido3. AJ^dlitecte qui avait de l'instruction et du taleât* il écrivît sur soo art, et c'est à lui qu'on doit le retour èxi bon goût et l'obligation de prendre les Grecs pour modèle» Membre de l'Académie des inscriptions : il est auteur d'un ouvrage intitulé Ruines des plus heaux' mo^ niemenis de Ui'Grèce^ i vol. in-fol., '7^8 > »77^- ^®st lui qui avertit Rousseau de Ferrenr dans laquelle il érai| fSi croyant qu'il n' j arait pas de théâtre à iSiparte.

Le Sage (George-Louis) , né à Conches , en Bourgogne , en 1676, mort à Genève en 1759^86 consacra à l'éducation et publia plusieurs ouvrages sur cet objet. (69 , /^o3.)

• hESpmABSv. {JuHe'Jeantiè'*Éiétmorv' de) j née à Lyon en 173a, morte k Paris en 1776. Elle était Fenfant naturel de madame d*A.lboD, mais elle fut enregistrée sous le nom d'un bourgeois de Lyon. Elle passait potnr une héroïne en amour , en constance , et sa douleur à la mort du chevalier Mora l'avait rendue célèbre, lorsque, trente* trois ans après sa mort (en 1809)^ on publia deux vo« lûmes de Lettres qui prouvent que le comte de Gmbert avait succédé au chevalier. Cette indiscrète publication a rendu fabuleuse cette douleur historique , ainsi que l'appelle spirituellement le biographe de mademoiselle de Lespînasse , M. de Lap(Kte. La liaison de d'Alembert avec cette femme célèbre est connue : on- sait pareillement qu'après avoir supporté patiemnKnr le joug tyra^-

ICjf6 HISTOIRE t>£ J.-/. ROVSSEAtr^

nique de la marqaise évL t)effand , elle s'en affi^andiit # Cette d^nière somonça la mott de madenioisellede Les^ pinasse y en ces termes , à son ami Walpole : a Made- » moiselle de Lespinasse est inorte cette nuit (22 mai V 1776), à deux heures après minuit : c'aurait été pour » moi, autrefois, un événement ^ aujourd'hui ce n'est rien » du tout... Il y a un nombre considérable d'a£Bigés qui » concourent d'intelligence à mettre le comble^ la celé- » brité de cette défunte. Il ne reste plus rien d'elle ni » des siens dans mon voisinage : je n'entendrai plus par- » 1er d'eux , et bientôt, en effet, on n'en parlera plus. » . Voici ce qu'elle dit à l'occasion du testament : « La » demoiselle Lespinasse a fait un testament olographe » des plus parfaitement ridicules-. Mon neveu a voulu » le voir : il prétend qu'il était en droit de l'exiger. Il » faut bien que cela soit, puisqu'on le lui a montré. Elle }> lui a laissé un perroquet en le qualifiant de son neveu » de Vichy. Elle charge son exécuteur testamentaire , » d'Alembert , du soin de faire vendre tous ses effets... D Elle a signé ledit testament., JuUe-d^ Albon. »

Rousseau, parle, dans le XP livre des Confessions , de la liaison de niademoiselle de Lespinasse avec d'Aiembert , ajoutant , non sans une intention malicieuse , qu'ils vivaient ensemble; s'entend en tout- bien tout honneur, et pela ne peut même s* entendre dutrement. C'est que le géomètre n'avait aucune célébrité dans les- fastes de la galanterie; et jamais , sous ce rapport, on ne parla de lui * qu'en souriant.

Lessert (madame de), 1769. Dame qui prit beau* coup d'intérêt à Rousseau. Pendant qu'il était dans la solitude de Monquin^ elle lui fit passer une bonne épi" ' nette qui lui causa beaucoup de plaisir.' C'est à madanje '

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