‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 16 sur 108 · III. PAKTIE» BIOCRAVUtE* . IQ · texte numérisé non relu

III. PAKTIE» BIOCRAVUtE* . IQ

de Lessert que sont adressées les. Lettres élémentaires sur la Botanique*, Elle est ïnire de MM. de Lessert , si COIIÛ11S des pauvres et dont le mérite honore la banque ^t Tadministration. Jean-Jacques eut arec elle une cor* respondànce amicale ^ mais que ses enf^pints n'ont point publiée. (891.)

Le ScriRE (Rohert-Martin) y né à Roiaen eni737 ^ mort en 181 5. Auteur assez fécond de romans médiocres^ dont le moins inconnu est X Aventurier français ^ et dans la plupart desquels M. Le Suîre se donne beaucoup de louanges. • . * .

J'ai reproduit, sous le n''644> Illettré adressée par J.rJ. à M. Le Suire, et qui se trouve dans l'éditiçn de M* Bçlia. Je me suis contenté d'en changer la date qui était évidemment fausse. Le 7 avril 1 767 Rousseau n'était point à Paris ^ mais à Wootton, et dans des circonstances où il \ ne pouvait guère s'occuper de M. Le Suire. Comme il est question datis cette lettre dé prochain voyage d'Âingleterre, je la datai du mois de décembre 1765 y puisque Jean-Jacques , qui était alors à Paris , quitta cette capitale le 3 janvier suivant pour se rendre à Londres. Sur la foi de l'éditeur soigneux de M. Belin, je ne doutai point de l'authenticité de cette lettre. Mais le biographe de Le Suire y le savant Weiss , exprime d^s doutes qui m'ont fait faire des réflexions. Il m'apprend que le.ramancier a mis cette lettre au comn^encement de sqs Aventures d* Eugène sans pair; je vois que Rousseau parle de cet Eugène sans pair dans ladite lettre ; qu'il y loue beaucoup M. Le Sui^^, accoutumé à se louer luim^me : en voilà bien assez pour motiver le doute. Cèpe adant Jean-Jacques appelle Le Suire bon jeune homme, et Le Suire avait quarante ans. Cette objectipu n'en est

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•p^UBCy parce qu'il voulait pen^rétre se rajeuiiir • beaucoup d'auteurs sont^/èmiviefsiir ce p^itf«

Mais ce q«i doit dtan^r le doute en certitude et £aire r^ter celte lettre ^ comme l'a «agement &it M. Petitaiu , ee sont le M jle qui n'est pas cefaii de Rousseau , la durée < de la louange, parce que , lorsqu'il en donnait , elk était indirecte et laconique ^ enfin y la dénomination d'ami ^ doimée à qudqu'un que Jean^Jacques connaissait peu ou qn^il ne connaissait peut-être pas du tout y car il n'en est question que dans cette lettre.

Je pense doiftc qu'elle mit être retrandiéb de la correspondance de Rousseau : j'avoue que )'ai eu tort de l'y conserver , et que ce tort n'est -eiLCUs'able que par l'empressement qae je mets à le réparer.

Letastci (M. de) y i^So. G'estt le nom du vicaire de

Marcoussis ( i) chez qui Je»i-Jacques faisait fréquemment des parties de campanile* U lui adxessa une épître imprimée dans le recueil de ses œuvres. Gonf. liv. YIU.

Le VlssEtJR {Thérèse) , née à Orléans en i7îii, et morte en 1801, le 17 juillet, au Plessis-Bellèville, village situé à neuf lieues de Paris, du côté de Senlis. Elle avait cinquante* sept ans a la mort de Jlousseau.

J*ïii souvent parlé de cette femme méprisable, que M*. d'Eschemy dît avoir vu mendier après avoir mangé le produit de la vente de quelques manuscrits de Jean- Jacques, et qui lui fut remis par MM. de Girardin et du Peyrou. Je 'ne pense -^^s qu'elle ait épousé le palfrenier du premier qui ne voulait que l'argent

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(ij Village sitti^ k six lieuef de Paris , et à une demi-lieue de Mon^Lhéry.

)I|. PARTIE. BIOCBAJP|ll£. rigg

qu'elle pouvait avoir ou se procurer, au moy<eu du ,nom qu eUe était indigtte de porter. £n- quittant ce nQiUy elle u'avait plua de drçii k la pitié. Sus la fiu de ses jours, elle se grisait* avec de Feau-^le-vie^ et je couiiais quelqu'un qui, dans soa eafthou^iasixie pourj^auteur d'£niile, et dans l'idée .^ue sa veuve devait être un objet de vénération , se rendit , en 1799^ au Plessis*Belleville; il trouva cette femme ivre movte, et revint dégrisé, l'ai vu chez un de mes amis, à l'hotel Bullion , en 1800, une femme âgée qai JeùsaU des ménagips ; elle avait servi Rousseau ^n 1777 , rue Plàtrière : il lui donna une robe que Thérèse ne portait plus , en: lui défendant ^ la mettre lorsqu'elle viendrait le voir. Elle, ne tint compte de la recomjnandation, et paya» cher sa d^obéissance. Des que Thérèse recmmaît sa robe, elle veut Tarracher de fofrce, frappe cette femme et parvient à mettre son vêtement en lambeaux.

Rousseau ne s'est plaint d'elle qu'à elle-même^ et nous en avons une preuve irrécusable daus la lettre insf^te sous le n^ 883 (voy. tom. i, pag. Soi). Mais elle suffit avec la connaissance quVn doit avmr du caractère de Jeàn-^Jacques.

En parlant du mensonge qu'elle fit à madame d'Epinay , qui, voulait les lettres écrites par madame d'Houdetot (G. 1. IX ) , Rousseau dit avec rason : mensonge assurément plein . de fidélité , de gér^éposite, it honnêteté y tandis que la vémXé n*çàt été' quune perfidie. Yjxl effet, si Thérèse eût livré ces lenres, madame d'Houdetot eut été gravement compromise. Si Jean-Jacques n'a pas dit la vérité sur la Le Vasseur, c'est qu'il a cru que ce serait une perfidie, et que le mensonge n'était, dans cette hypothèse, que de la générosité.

^00 HifttOtBE DÉ J.-j; ROUSSEAU,

Nous Mmtnes persuadé que Rousseau' lui dut la plus graiide partie de ses malheurs, toute l'amertume des dernières années de sa vie, son humeur chagrine, ses défiances qu'elle faisait naître et qu'elle alimentait. Nous sommes persuadé qu'elle contribua à sd mort que nous croyons volontaire^ qu'il s'aperçut de l'inclination de Thérèse pour un valet d'écurie; et , qu'enfin , lorsqu'il vit que le seul appui qui lui restât lui manquait , i\ avança ses jours.

Nous n'indiquerons que les principales circonstances de cet ouvrage dans lesquelles il est question d'elle: tome I, pages 157, 169, 28a et suivantes. Jean^Jacques en. parle avec plus ou moins de détails dans les six derniers livres des G>n£essions; ainsi que du père et de la mère de Thérèse-, dans le VIll* et IX*. (883. )

Lhopital (marquis de)^ ambassadeur de France à Naples ^ en 1743 , fait remercier Rousseau pour l'avertissement important que celui-ci lui avait donné. C. 1. VII.

LiNANT (de), 1757, gouverneur du fils de ma^^e d'Épinay, qui s'approprie une hymne de Santeuil. C. iTlX.

LiNNEE {Charles), né en Suède, d'un ministre de la religion , le 94 ni^i 1 707 , mort en ,1778. Peu de grands hommes ont trouvé dans leur eiaifence autant d'obstacles que ce célèbre naturaliste, au dévdoppement de ses facultés. Placé, à quinze ans, chez un cordonnier , par

' son père qui ne voyait dans la psission de son fils pour les plantes, qu'un goût de piaresseux, il'aurait été perdu pour les sciences naturelles, sans un médecin nommé Rothman. Le jugeant digne d'une plus honorable des* tinée, il lui prêta Tournefort, le réconcilia avec son

' père, et le mit chez un professeur d'histoire naturelle, qui l'employa comme copiste. Le désir d'acquérir de

ni. BÀ&Tlf^ BIOOftAPHIB« I20{

riôstr&ctiop l'eatraine à rimivBïsUë d'Upiâl; mais il s'y voit bientôt tellemeia dëtitté de. secours^ qu'il est oblige de donner des leçons de latin pour subsister , et j^éduit à raecommoder , pour s'en servir , les yieux «ouliers de eeï camarades ^ parce qu'il ne pouvait en acheter ! Ainsi , l'apprentissage qu'il avait fait, ne lui fut pas inutile. Celsius le tire de cet ëtat de misère et lui donne la nourriture et le logement pour l'aider dans la recherche des plantes. Il le recommande it Rudbeck, professeur de botanique, qu'il fut bientôt en ëtat.de remplacer dans ses cours. Ce fut là que son géiiie prit l'ess(H*. Voyant tous les défauts des më^ thodes en usage, et de la nomenclature des végétaux, il -médita, à viiigt-trois ans, la réforme qu'on liii doit. Des contrariétés qu'il ' éprouva à la fin d'un voyage en Lapom'e , et la jalousie d'un professeur nommé Rosen , ie décourageaient et le plongeaient de nouveau dans la misère, lorsque^ voulant voyager pour s'instruire, il résolut de passer en Hollande, et de se présenter à Boerrhave. Ce médecin aussi généreux quç célèbre, exempt de ces petites passions qui sont l'apanage dé la médiocrité , aidait de sa bourse et de ses conseils tous les îeùnes gens en qui.il remarquait des talents. Il ne tarda pas à découvrir le génie de. Linuée, et le plaça chez George Cliffovd, riche propriétaire, qui pos-. sédait un cabinet d'histoire naturelle, un jardin et une bibliothèque. Linnée passa trois ans chez cet amateur; il y trouva toutes le;s ressources nécessaires pour accroître, ses connaissances et développer ses projets. Plein de reconnaissance pour ce bienfaiteur, il l'a en quelque sorte associé à sa célébrité par plusieurs ouvrages dans lesquels il décrivait lesrîchesse^ de Gliffort.Cefut là qu'il conçut flon Système de la nature , sa bibliothèque et sa philoèo-

1X02 HiaTom?: 0£ j.-j. ROUssEJ.tr ^

phie botanique. iNousae .pouvons méuxe indiquer ses immenses travaux. Nous rappellerons seulement qu'on lui disputa le m^érite deFinvention dans sa m^^ode sexuelle. Le sexe des plantes avait? en effet été découvert avant Linnée, comme, avant Rousseau., Ton avait fait un devoir aux mères de nourrir leurs enfants. Mais l'un et l'autre ont eu le mérite de se faire écouter > obéir, et de produire une révolution. lânnée. s'empara du seXe des plantes et se l'appropria par uHké méthode ingénieuse et séduisante y et par une multitude d'expériences nouvelles. Plus coitimode que les; autres , elle n'exige que ies parties les plus aigréables dans les végétaux , et qii'en général il est plus facile de se procurer^ Mais elle a l'inconvénient de rapprocher l'une de l'autre^ des plantes qui ne présentent aucune analogie dans leur structure y et de mettre à c6té d'un arbre monstrueux , une herbe qu'on foule aux pieds. Les savants seront toujours obligés de la connaître, et les amateurs s'en ccMitenteront.

. Devenu professeur de botanique à Upsal , objet de son ambition, Linnée ne cessa de s'occuper des moyens d'accroître le domaine des sciences , et se servit de ses élèves pour y parvenir. Il leur faisait donner des missions pour ks envoyer dans des pays lointains. L'Amérique, l'Egypte, la Palestine , les Indes, la Chine, le Japon, la mer du Sud , l'Arabie , furent ainsi explorés. D'autres étaient employés sous ses yeux à des recherches dont il leur donnait le plan, et les résultats de ces recherches sont consignés dans six volumes intitulés amœniùUes academwœ, riches en idées neuves, ingénieuses , attachantes ^ en vues élevées, sur les rapports des êtres entr'eux , et sur le rôle qu'ils jouent dans le système général. U fallait, parmi nous. Un biographe digne de Linnée, et si l'on veut apprécier

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