‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 18 sur 108 · II · texte numérisé non relu

II

point adopter de système, ni appartenir à aucune, école y n'eut d'autre but que l'amour et la recherche de la vérité. C'étaient Turgot, Gondillac , Adam Smith ^ Germain Garnier , aujourd'hui pair de France, Sismonde, Say, etc.

Mercier de la Rivière et l'abbé Beaudeau se détachèrent de l'éeoie de Quesnay pour en établir les principes , et' pour en obtenir les résultats d'une autre manière* C'est le premier qui établit la doctrine absurde du despotisme légal y dans son ouvragesur rordre, essentiel des Sociétés^ dont Xami des hommes fit passer un exemplaire à Rousseau. L'^énergique réfutation qu'il reçut en réponse (774) lui prouva quei'auteur d'Emile repoussait de toutes ses forces une pareille doctrine. Le marquis n'avait pas été f^us heureux pour une de ses productions qu'il avait &it passer à Jean-Jacques, qui lui déclara franchement qu'il ne comprenait rien à son livre (7 71).

Si Ton . suit attentivement la marche du marquis , le chcâx des livres qu'il lui envoie^ en le priant de les lire^ les questions dont il lui propose l'ei^amen , on verra que son intention était de tâcher qu'il s'occupât de la doctrine, de la lui faire adopter, défendre, et de compter soit parmi les disciples, soit à la tête de l'école, le premier et le {^uscélèlnre des publidstes du siècle. Mais il s'adressait mal , et fut obligé de renoncer à son projet. Telles sont les conjectures probables sur le motif de la conduite du marquis de Mirabeau. Nous les soumettons au lecteun ( 728, 757, 762, 764, 766, 7^7, 769, 774, 778, 780, 794, 797,801,812-)

Mirabeau {Honoré-Gabriel Riqueti, comte de\ né en 1749^ mort en 1791 , fils du précédent, dont l'article a une liaison nécessaire avec celui-ci , parce que le marquis eut une influence désastreuse .sur 1^^ destinée du

m* FARTU. BIOGRAPHIE, ^^^

comte. Il faudrait^ si la chose était possible, restituer au père les reproches qu'il méritait »eu) , et qu'on fit à 9011 fik. On a fait sur ce dernier , victime du despotisme paternel , le plus odieux de tous y dès notices biogra* pfaiques pleines d'un» injustice çt d'une partialité dégoûtantes. On est allé jusqu'à dire que, « de ses discours » les plus brillants, aucun neisoutient les regards d'une « logique exacte, et, qu'en mettant les mots à part, » l'homme judicieuE n'y trouve rien de solide à recèeil- » lir (i). » Afin de ravaler son tal<int , on affectait de le mettre au-<lessous de celui de son père; mais, en le faisant , on laissait échapper des aveux qui prouvaient la mauvaise foi. « Les vues de XAmi des hommes, disait^ » on , ne semblent pas toujours exactes, mais dles ^(mx » rachetées par tant de bonnes choses , que la critique a semble mfoirpris à tâche de les dissimuler, ainsi que » les défauts du style (2). » Voilà une critique bien juste que celle qui prend à tâche de dissimuler les défauts ! Les œuvres dii marquis n'ont plus besoin de cette tac^ tique. Justice s'est faite : on ne les lit plus , tandis que le comte conservera toujours sa place parmi les orateurs. La Harpe , que nous avons déjà cité , a jugé le marquis avec impartialité. Gbmme il fait ressortir l'intention qu'il eut en écrivant , et que cette intention peut expliquer la conduite inique du père envers son fils , il est bon de rapporter le jugement du célèbre critique. « Son affection pour le peuple, dit^il, n'est » qu'une aversion jalouse du ministère, et une présotnp- » tueuse ambition d'y parvenir , et sa déclamation

rm—mF^mmrv'^^^

{%) Article Riqueti, dans le Dictionnaire higêoriifue à» Vahhé deFellér, édit. dei8i8.

(a) Id» Article Biqucii , le père.

^44 HISTOIRE DE J.-J« ROXrSSEATT^

» contre la coar , un grand désir de s'en faire remarquer^ » II y parvint y ei fut mis à la Bastille pour son livre de » la Théorie de timpot. C'est le plus grand honneur et » le seul que lui aient valu ses écrits » (i).

Quel effet devaient produire, 8«r le fils, les déclama^ tions du père contre le gouvernement, et son aversion jalouse 7 II avait douze a» lorsque cet and des hommes fut renfermé. Ces déclamations , et ce châtiment que le fils devait nécessairement trouver injuste, quand il ne l'aurait pas été , firent, sans aucun doute, sur ce caractère ardent, des impressions profondes. Elles hâtèrent, dans îin jeune homme , déjà précoce , le développenlait de ses facultés et de ses passions. Rendu à une liberté qu'il aurait été bien fâché de ne pas perdre momentanément , puisque la prison lui donnait de l'éclat, le père devient jaloux du fils, et sollicite bientôt contre lui une lettre de cachet!

Quelle autre influence ne dut pas ayoir la vie privée du marquis, par l'exemple si puissant qu'il donnait à -ses enfants de vices scandaleux (2) , rendant sa femme mal*

(i) Court de Littérature ,. tome XIV j édition in-ia > pag. 328. Philosophie du t8^ siècle.

(a) Uami des hommes plaida contre sa femme , Marie de YassaD. Les débats prouvèrent qu'il était le plus maarais mari , le père de famille le plus dérangé , le fermier le plus ignorant ; qu'il avait des femmes chez lui : on lut à l'audience des lettres dans lesquelles il fiaisait dire au curé du Bignon , de lui préparer une harangue j à celui d'une terre qu'il venait d'acheter, d'annoncer en chaire qu'il fallait remercier Dieu d'avoir donné au pays un homme équitable et d*une race accoutumée â commander aux hommes. C'était bien le cas de répéter qu'il faut remercier Dieu de tout. Dans une lettre il s'exprimait ainsi : c Au fait , une femme est la première servante 9 de son mari. Vous voyez que jje ne mAche pas mes termes, et tout

III* PARTIE. BlOGBAPaiE. ^45

heureuse , et la forçant de se réfugier dans un couvent ! D'après le langage que tient sur Jean-Jacques le comte de Mirabeau, et que j'ai rapporté (tome I^ pag. .3do) , il paraîtrait qu'il l'aurait personnellement connu* Je n'ai pu me procurer de renseignements précis à cet égard. Je penchais à croire que la lettre (n^ 4^0) était adressée à i'ami des hommes , parce que Mirabeau y jpour éviter la xigiieur de cet ami , sortit de bonne heure de France , ^erra dans la Hollande et la Suisse , et se mit d'abord à l'abri de la lettre de cachet obtenue par sou père. Plusieurs^ circonstances indiquées dans cette lettre conviennent à M. de Mirabeau. Rousseau veut le désarmer^ laiTeprésente qu'un père n'est pas Jait pour être inexo' noble : il le conjure de ne pas us^r d'une sévérité qui , mettant sotijils sans ressource et sans asile , n^honore ni le nom qu'il porte y ni le père dont il le tient, ce Votre D fils y lui dit-il , ne demande que sa liberté , et il n'en » .veut user que pour réparer ses- torts, s'il en a. Cette » demande même est un devoir qu'il vous rend : pou- » vez-vous ne pas sentir le vôtre ? Quoique M. de M. n ne soit plus ici , je sais 6ù lui faire passer vos ordres. » Ainsi vous pouvez les lui donner par mon canal. » La lettre initiale est , comme on voit , celle du nom de Mirabeau. Mais c'est le i i septembre 1768 que Jean-Jacques écrivait ainsi , et le comte était alors dans une école tenue par l'abbé Proyard. S'il n'y a point d'erreur dans la date , il ne peut être question du fils de l'ami des

» ce qui tous viendra dans la tête à Fencontre de cela, est pureo ment contraire au droit divin et humain. 9 Tel était l'ami de« hommes. Il mangea le bien de sa femme y lui donna une maladie qu^il avait, persécuta son fils, et donna les preuves delà vanité la plus sotte et la plus ridicule.

q46 BISTOtll£ DE >.-^« RO0SSEAV,

hommes. La liaison de ce demi^ avec Rousseau y qui , croyant son fils imiocent , et cxinaéqnemment le père injuste , ne serait qn'une faible objection , parce que cette liaison ne fat que HM>mentanëe , et que le marquis se présenta d'abord oomme ra^;ent du prince de Gonti* Du reste ^ il ne tarda pas à exprimer le dégoût que lui inspiraient les principes de cet économiste; et, quoiqu'il fiiit en quelque sorte dans sa dépendance, il n'hésite poim à lui dire (n* 77<) 9 qu'ayant voulu Une et comprendra son livre ; ii h* awzit jamais pu en venir à bout.

Dans ses lettres k Sophie, Mirabeau exprime sa vénération pour JeanJacques , et, ce qu'il y a de remarquable , c'est que ce qu'il admire plus particulièrement , c'est sa vertu; on a vu (tome I, page 384) le saint res" pect avec lequel il en parle dans la lettre inédite que nous avons rapportée. L'article Voltaire en offîre une nouvdle preuve dapis le parallèle qu« fait le célèbre ora«' teur entre l'auteur de Za'ire et celui d'Emile.

MiRAN {M. de) y i^Ga , neveu de M. Dupin; employé

aux salines de Salins. Conf. liv. XI.

MuuEPoix ( la maréchale duchesse de ) était sœur du P. de Beauvau. ]Q.ousseau la connut d'abord chez madame Dupin , et la vit ensuite beaucoup chez la maréchale de Luxembourg. Elle y était la nuit du 9 juin 1762, lorsqu'on le fit partir pour la Suisse. Elle l'embrassa au moment de la séparation ^ et le proscrit troiwa dans son mouvement et dans son regard quelque chose d'énergique qui le pénétra. 11 fait à ce sujet, sur madame de Mirepoix (dans les Confessions , liv. XI), quelques réflexions auxquelles on pourra comparer le portrait de cette dame par Horace Walpole,

« L'esprit de madame de Mirepoix est excellent dans

nu PikRTIE. BIOGRAPHIE. 247

le genre utile, et le peut être également , quand il lui plaît , dans le genre agréable. Ses manières sont froides , mais fort honnêtes; et elle cache qu'elle est de la maison de Lorraine , mais sans l'oublier jamais elie-mémé. Pèr^sonne en I^ancene connaît mieux le monde ^ et personne n'est mieux arec le Roi. Elle es^ fausse, artificieuse et insinuante au*delà de toute idée, lorsque son intérêt le demande , mais naturellement indolente et timide. Elle n'a jamais eu d'autre passion que celle du jeu , et perd cependant toujours. Elle fait assidûment sa cour , et le seul but qu'elle- a en vue par cette conduite ^ est d'arracher quelqu'argent au Roi , pour payer ses dettes , et pour en contracter de nouvelles. "Eile a affiché la dévo* lion pour se faire nommer dame du palais de la Reine ^ et le lendemain du jour ou elle fut nommée , on l'a vue aller avec madame de Pompadour , dans son carrosse , assise sur le devant. Lors de la tentative de Damiens , madame de Pompadour consulta M. d'Ajrgenson pour savoir si elle devait quitter la cour. Ce ministre y qui ne l'aimait pas, le lui conseilla, madame de Mirepoix lui persuada de rester ; ce qui fît que la maréchale obtint ensuite une partie du crédit de la maîtresse. »

Madame du Deffand disait que tout était lanterne magique pour madame de Mirepoix. « Sa figure (écrivaitelle à Walpole en 1767) suit la marche ordinaire , et elle atteindra 60 ans au mois d'avril prochain; mais son es* prit rétrogade, et aujourd'hui il n'a guère plus de i5 ans. Elle a refroidi tous ses amis , ses connaissances , et elle a, éteint la tendre amitié que j'avais pour elle. Il me reste encore quelque pointe de goût y mais je ne m'y livrerai pas. J'ai trop, ^ mes périls, appris à la connaître; je suis cependant fort bien avec elle, ainsi qu'avec l'autre maréchale ( de Luxembourg ) ; mais , de ces amis-là , je

^iS^ HISTOIRE DE l.-J. ROVS^AV,

disconlme Socrate, mes amis, il ny a point d'amis. Ce mot-là est très-bon quand il est bien placé. »

Madame de Mirepoix fut la première femme de distinction qui pajrut en public , à Versailles y avec madame du Barri. Elle cherchait à faire des recrues pour diminuer sa honte. Son frère, le P. deBeauvau , n'en voulut point être , et tint une conduite opposée à la maréchale (i).

L'abbé Galiani é<^ivait, le 7 février 1778 y à madame d'Épinay, qui prenait de l'opium : « Ne vous l'avais-je » pas dit , qu'on vit , qu'on se rétablit, qu'on vieillit avec » de Fopium ? Vous serez une maréchale de Mirepoix ; » vous tremblerez , qu'importe ? Vous jouerez au cava- )> gnole jusqu'à trois heures du matin. N'est-ce pas être » bien heureux ^ et bien employer sa vie ? »

Conf.liv.III,VIIetXL

Mirepoix {le dfuc de) , 1743 , commandait en Provence lorsque Rousseau y qui se rendait à Venise , lui fut adressé. Conf. liv. VII.

MisoPRisT , surnom dont se sert Rousseau deux fois en

parlant de Voltaire. A la seconde il dit : « U me paratt

» que ce mot signifie ennemi de je ne sais quoi , quoique

» je m'en doute et vous aussi. » ( 654, 5^7« )

Modène (le duc de ) , 1 744' ^^ prince était à Venise avec

(i) lie jeudi, 19 octobre 1769» Louis XVsoupa pour la première fois chez madame du Barri. Ce souper fut arrangé par la maréchale de Mirepoix. I) n^y avait de dames qu'elle et mesdames de Flayacourt et de THôpital. lies hommes étaient le prince de Condé, MM. de Richelieu, deLuzace, de Soubise, d'Aiguillon, d'Estissac , de Croissy, de Ghauvelin , de NoaiUes et de Saint-Florentin. Ce noinbre resta quelque temps le même ^ il s'augmenta en-^ suite de MM. de Broglie et de Maillebois.

sa famille. M. deMontaigu qui devait lui donner k diner, voulait exclure.de sa ukle ce jour-là Jean^Jacques, qui lui prouva qu'il n'en avait pas le droit. Le duc n*y vint pas. C. liv. VIL »

MoiRi DE GiNGiN, 1 762 , bailli dTverdun , presse Rousseau de rester dans son gouvernement ^ et le protège contre le sénat de Berne , mais il échoue. C. 1. XIL ( 3i5,

Mollet ( Jean-Louis ) , né à Genève en 1 728 , mort en 1759. Il était homme de lettres , marchand et commis à la chancellerie. ( 248. )

MoNGLARy i']63y nommé dans une lettre à M. Moultou, comme n'entendant point les principes de Rousseau, qui le croyait philosophe et logicien. J'ignore s'il était de la famille de Riper t de Monclar, procureur-général au parlement d'Aîx, auteur du Compte rendu des constitutions des jésuites, ( 4o3. )

MoNiER, l'jSGy peintre d'Avignon, qui envoie à Jean- Jacques trois fois la même pièce de vers, pour en avoir une lettre. Il est probable qu'il ne fut pas enchanté de celle qu'il reçut. ( 11 o. )

MoNPiPEAU ( la marquise de ), connaissance dont se targuait la mère de Thérèse Le Vasseur. C. 1. VII.

Mont AIGU (le comte de), 17 43- Ambassadeur de France auprès de la république de Venise, dont Jean- Jacques a fait connaUre les inepties et les ridicules. Bernardin de St-Pierre a rapporté dans ses ouvrages , des traits d'avarice de cet homme , que Molière aurait fait entrer dans le caractère de son avare (i).

(1) OEuvres complètes; édit. in-So, 1818. TomeXlI, p. 55.

ï5o UT6T0IRE DE J.-J. ROXTBSEAV,

Cet àmbassàdettr voulut partager avec Rousseau les gratifications accordées aux sedëtiiired. Pour l'engager à faire ce sacrifice, M. de Montaigu lui disait : vous n'avez point de dépense à faire , point de maison à soutenir; pour moi, je suis obligé de raccommoder mes. bas. — Et moi aussi, dit Rousseau; mais quand je les racommode, il faut bien que je paye quelqu'un pour faire vos dépêches. « Le caractère de cet ambassadeur, continue » M. de St-Pierre , était bien connu aux affaires étran- » gères. Une personne digne de foi m'a cité plusieurs » traits de son avarice. Trois souliers, disait-il souvent, » équivalent à deux paires , parce qu'il y ena toujours » un pbis tôt usé que l'autre. En coriséquence, il se fai- » sait toujours faire trois souliers à la fois. »

Une des manies les plus singulières de ce ministre, était de renvoyer à chaque cour les nouvelles qu'il en recevait, de manière qu'il était parfaitement inutile; C. 1. VIL ( 27, 28, 29, 3o, 696. )

^ Montant (le frère), 1735. Nommé dans une lettre écrite à madame de Warens. (3.)

MoNTMOLLiN , 1 762 , ministre du culte protestant à Motiers-Travers. Il eut d'abord avec Rousseau des rapports bienveillants , l'admit non-seulement à sa communion, mais il prétait sa voiture à Thérèse, et la faisait conduire à l'église catholique. Cette conduite ne se soutint pas, et* M. de MontmoUin devint, k l'occasion des Lettres de la montagne ^ un des ennemis les plus acharnés de Rousseau , contre lequel il souleva la populace. Nous en rendons coi;npte dans la correspondance .à la lettré adressée à ce pasteur, et inscrite sous le n» 571.

Jean-Jacques donne à du Peyrou, le 8 août 176$, le

récit très-circonstancië de ses relations avec Montmollin. (607 0 (336, 357, 390, 524, 57 lO C. 1. XII.

MoifTMOKSNCY (la duchesse de), 1760 , belle-fille de la maréchale de Luxembourg , cbez qui Rousseau laroyait souvent. Confi 1. X. (2^3. )

MoNTPEROUx (M. de), résident de France à Genève, en 1764-B-ousseau lui envoie un ouvrage , sans en donner lé titre. Mais il désigne sufiSsamment les lettres écrites de la montagne. ( 5 1 9. )

M.otixnr>{Sauveur'François)y célèbre chirurgien , né à Paris en 1697, mort en i773.'L'amour de son art le fit passer en À^ngleterre pour se perfectionner dans plusieurs opérations qui demandaient de l'adresse et de l'habileté y particulièrement dans celle de la taille , qui devait ses progrès au fameut jCheselden , dont Morand suivit la pratique. A son retour il (ut premier chirurgien de la Charité y chirurgien-major des gardes françaises etdirec* leur de sa compagnie. En l'ji'i, on le nomma membre de Tacadémie des sciences, ensuite de celle de Londres. En 1751 , il reçut le cordon de saint-Michel. Il a écrit, sur la pratique de son art, des ouvrages estimés. Dans un discours qu'il fit imprimer en 1743 , il prouve qu'il était nécessaire qu'un chirurgien fût lettré ; il donna des soins à Rousseau sans le soulager. Gonf. 1. YIII.

. MoRANDi , 1 744 f marchand de Venise , qui prête à Rousseau de l'argent, que Garrio se charge de rembourser. Gonf. liv. VIL

MpRELLRT (l'abbé), de l'académie française , né en 1727 , mort en 1820 ; doyen de l'académie et des hommes de lettres. Ce vieillard s'est fait remarquei: dans la révolution par son courage. Il défendit avec

•iSî HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU,

éloquence la cause des émigrés, et lutta coûtreTadrersité» dont il triompha par le travail à une époque de la vie où le repos est toujours, nécessaire et quelquefois tocé.

Il avait débuté dans le m9nde littéraire parla traduction des délits et des peines de Beccaria ( dont Grimm fait dans sa correspondance une critique sanglante ) , et pris rang parmi les économistes de l'école de Gournay • Galiani , de son côté , le plaisante à ce sujet dans ses lettres à madame d'Epinay. Cependant il était lié avec ces deux critiques.

Ayant , dans un pamphlet contre Palissot , parlé trèsiinprudemmeiit de la princesse de Robeque , fille du maréclial de Luxembourg , il fut mis à la Bastille en 1760. D'A.lembert qui savait Rousseau lié avec le maréchal, lui. écrivit pour obtenir la liberté de l'abbé. Rousseau réussit , et Morellet sortit après une détention de très-peu de durée. Ils n'eurent plus de; rapports icnsemble. G. 1. X. (209. )

MoRLAjîE, 1761 , valet de chambre, chirurgie^ du maréchal de Luxembourg, à l'ignorance duquel Rousseau paraît attribuer indirectement la mort du maréchal. Cl. XL

MoucnoN (iV.), ministre du Saint-Evangile à Genève, était ami de, Jean-Jacques. Pendant le séjour de celui-ci à Motiers-Travers , il alla le voir, dans le mois d'octobre 1762, accompagné de MM* Roustan et Beaucliàteau. Ils passèrent plusieurs jours avecRousseau. M. Mouchon donna des détails intéressants de ce pèlerinage dans une lettre qu'il écrivit à sa femme, et qui nous a été communiquée par M. MoudxQn, frère def l'ami de Jean- Jacques. ' Comme «tous ces détails concernent celui-ci , nous les rapporterons à l'article qui lui est réservé dans

m. PARTIE. BIOGRAPHIE. 253

tçtte biographie, pour recevoir les renseignements qu'on a bien voulu ni>u$ adresser de Genève , ainsi que nous en avons prévenu le lecteur (p. 3 de ce vol.). ' M. Mouchon fut envoyé à Bade pour exercer les foni:-* lions de son ministère. Elles lui laissèrent le temps de se livrer à d'autres travaux, et, pendant son pastprat, il fit pour le libraire Panckoucke , la table analytique et raisonnée de l'encyclopédie et de ses -suppléments: travail immense et qu'il acheva cependant en cinq années. On a. de plus, de ce pasteur, deux volumes de discours religieux où la morale est animée par une sensibilité profonde et les charmes dii style.

- MouLTou, 1754» Genevois dont Rousseau parle avec attendrissement dans plusieurs endroits de ses Confessions, et qu'il regardait comme son ami; Il désirait qu'il fût son exécuteur testamentaire relativement à ses manuscrits. Ce souhait fut en partie rempli : à la mort de. Jesm-Jâcques M. Moultou se concerta avec du Peyrou et M. de Girardin, qui fit un voyage à Neuchâtel pour cet objet. La liaison de Jean-Jacques et de Moultou n'éprouva que rarement des nuages, et ces nuages furent passagers. Une longue série de lettres atteste la solidité de l'estime et de l'attachement qu'ils avaient l'un pour l'autre. (176, 198, 225,240,242, 248, 272, 275,283, 290, 299, 3o4, 3 14, 3 16, 320, 32*2, 323, 327, 33o, 33 1, 338, 345, 353, 354, 356, 364, 372, 374, 377, 386, 391, 396, 398, 4o3, 407, 8, 16, 97, 53o, 54è, 557, 569, 610, 810, 843, 847, 853, 858, 861, 868, 885, 894, 898, 910,

MuRALT {Beast'Louis de) , né à Berne , mort en 1 750. Il avait publié en 1 726 un Recueil de lettres sur les Français et sur les Anglais. Jean-Jacques parle souvent dans

254 HISTOIftB De J*-l« B0T7SSEAU,

la Nouvelle Héloïse de ce recueil.qui eut/ dans letemps, beaucoup dé succès , et que d'autres écrits sar le même sujet ont fait oublier.

MussARD (François) y né à Genève en 1693, mort à Passy vers 1753. C'est chez lui que Rousseau fit le Devin du village. Il donne dans le VHP liv. des Confessions des détails intéressants sur cet amateur de coquilles. Tronchin lui écrivit , sur la tumeur singulière qu'il avait dans l'estomac et dont parle Jean-Jacques , une lettre qucGrimm rapporte dans sa correspondance (août 1 785) ; Tronciiin lui dit pour remède qu'il Jaut oser ne. rien faire,

MussARD, 17^9, Genevois, peintre en miniature, surnommé Tord-Gueule, va voir Jean*- Jacques k Turin, chez le comte de Gouvon , et lui mène Bâcle qui tourne la tête de Rousseau , et lui fait abandonner la carrière diplomatique. C. 1. III.

Napaillac (madame de), 1760, dame à qui Rousseau remit les lettres qui lui furent écrites à l'occasion de la Nouvelle Héloise. « Si l'on connaissait ce recueil , ditnl , » on y verrait des choses bien singulières et une oppo- » sition de jugements qui montre ce que c''est que » d'avoir affaire au public». C. 1. XL

Nanette, 1747- C'était la Thérèse de Diderot. Le portrait qu'en fait Rousseau n'est rien moins que flatteur. Il paraît que ces niesaieurs pouvaient faire un meilleur choix* C. 1. y II, X.

Nangis (le comte de), fils du marquis d'Â.ntremont, 1 736. Il met à l'épreuve la science musicale de Rousseau dont il doutait. C. 1. Y. .

Neavlmc {Jean) y 1760, libraire d'Amsterdam avec

m. PAATIH. BIQGRAPHIS. ^55

lequel Rousseau fit connaissance pendant son séjour à Montmorency. Dans rédition qu'il fit d'Emile, il pria l'auteur de faire des changements dans la profession de foi du t^icaire Savoy ard* Jean*Jacques n'y voulut point consentir. G. 1. X. (3o3.)

Needham {Jean»7YirberviUe)y né à Londres suivant les ^s , en Irlande suivant les autres , mort en 1781^ à Bruxelles , où il était recteur de l'académie. Lors de la publication des Lettres de la montagne ^ il était à Genève avec un neveu de l'archevêque de Narbonne. Ces lettres fabaient beaucoup de bruit à cause de la doctrine sur les miracles. M. Needham prit part à la querelle et défendit les miracles , ce qui le fit bafouer par Voltaire qui se moquait en même temps de l'auteur des lettres attaquées par Needl^am. Ce dernier avait fait des observations microscopiques avec Bufifon.

Newnham (lord)^ 17669 seigneur anglais dont il est question dans une lettre de Jean-Jacques à madame de Boufflers. (672.)

NiDAu( le bailli de). C'est M. de Graffenried. Voyez ce nom.

NoiRET (iV.), 1736 ^ gentilhomme savoyard, propriétaire de la maison située dans le village des Gharmettes, que loua madame de Warens. C. 1. VL

NoNAWT, 1747? commandeur de Malte, chevalier de toutes les filles de V Opéra ^ grand conteur d'anecdotes , était de la société dont les maximes eurent tant d'influence sur Rousseau. C. 1. VII, .

NuwcHAM (lord vicomte de), 1766, depuis comte de Harcourt» Voy. ce nom. (7a4')

Offmeville (M. d'), né vers 1736, a, été écuyer

256 HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAV,

porte-manteau de Monsieur, frère du Roi. Par une lettre du i5 septembre 1761, il provoqua Rousseau* sur cette ' question , s* il y a une morale démontrée, ou s'il n'y en a point. Jean- Jacques lui répondit le 4 octobre suivant. (255.)

Olivet, ^744? capitaine de Marseille sur le vaisseau duquel les Vénitiens mirent un embargo. Jean-Jacques , par sa fermeté et sa présence d'esprit , les force de lever cet embargo et' de rendre leur proie, C. 1. VII.

, Orloff (le comte), 1767, seigneur russe qui offrit une retraite, dans une de ses terres, à Rousseau. Celui-ci s'excusa sur son âge, ses infirmités et Téloignement où la terre du comte devait être du soleil. (743.)

Palais ( l'abbé ) , 1 735 , jeune organiste, bon musicien , qui arrive à Chambéry, fait connaissance avec Jean- Jacques , et favorise la passion de celui-ci pour la musique. C. 1. V.

Palissot {Charles)^ né en 1730. Il fit, à l'âge de dixneuf ans, la tragédie de Zarès , représentée en 1751 : mais comi&e elle n'eut point de succès , il fit des comédies et traduisit sur le théâtre des auteurs vivants. Jean- Jacques raconte, à la fin du VHP liv. des Confessions et dans le X® ce qui se passa relativement à cet auteur qui l'avait mis en scène. On voit dans son récit et dans sa correspondance qui en démontre l'exactitude , le rôle que joue M. de Tressan. Voici ce qu* dit Palissot sur la pièce et les suites qu'elle eut. « Parmi ceux qui profanaient le nom de philosophe , j'avais de violents ennemis , et mon intention était à la fois d'humilier leur orgueil et de faire connaître tout le danger de leurs principes. Diderot était celui que j'avais principalement en vue. Rousseau de Genève , qn'on

Page 1