II
'aUQ histoire DK i.-^. ROTT^EAUy
fi^Lter U 4iH^9^i'i copirè les lettres , oa ne se serait point a^^P9s4. ^ ce prince,
; Quoiqu'il çn soit derintention dePalisfiot, JeanJaoquesi ne pm^yi^t \9l cowattve; il devoLan^A et obtint la grAce de Tauteur ; c'est4-dire qu'il ne fût. pas classé de l'acadëf n^^ de Nancy y et qu^ \^. registres, ne feraient aucune mention df ^e qui s'était passé,
Mais la co^aédie 991 question n'hait point çeUe dea PJ^loso^h^s qiM ne fi^t J9»^e^qu'en 1 7$o« E» i75Sri]i!âitel de vUle. de Nancy dowand^^ ^ PaUssot wo^ comédie pour. 1^ }OHr d^ l*^^aug^r#iQP de U. sutue 4i9 Leuisji^y qu€i Stanislas faisait ériger à ce prinoe* Palis&ot il les Ofiffir T^^u^. % i^xe%\ jouiés devant ;le roi de Pologne- Cesli il roccasiçtf^ d^cettç pi^^? «tnon de l'a^^, que Stanida^ YouUit piwff X^^^t^ ^ V^^ accorda sa grâce k JeaiH lapquc^.
Les comédiens et surtout mademoiselle Clairon, r^fu* sjbrenit ^çs^P^io^p^a^s, co^me copten^at diss peKsonoa-- Ijji^^ : u^is des ordres supériews^tron^l^^ntd^celAft ]:^is4j^noç. Elle fui jx^i/ée en, i^7$o. Qid^^r^^t y eâl- %ji^9n q^trait4«Çp]pnpyç on lo savait bf^uilléj^yeçJeanrJFafQ^M^ Of)i^t:passer lui exen^pJla^r^. 4e'Çf tt<ç. congédie \ çedeinmr. €jfd lia renvoya ea réponda^it qu!U a^^réi^ 4ff.sy ttoir lo^4, et.quo^ ou/fliait qu*if eiyaà ^u, Fhftl^f^Hr d'ékr& V^n^ f^'(<» hpn^f^e rospectalfle indign/metU noirci «t calqn^e dans oç UbeUp* Gpnf. 1» YIU, IX* (fiHy^Q^ ga, 9G.)
Pallu, 174^ ? Lyonnais, qui présente Jean- Jacques à M. !è duc de Richelieu. Gônf. LVÛ.
vint, à, L'âg^ dç. viugt-h,uit ans , s'étahlif: à Paji^if , où ^ paf UR/ç m^t,^u>de toujt'à-fait nouy^l)^.^ i^ parvint k 1%
Wiunp. Ce fut noD-^^olemenl d'eue exact à râouplir 4es euf^gemeats , mai* d'âlif» même au^Mà et de dëpaiief le» prét^ilionfr det ]M>mnie» de lettres^ Exraople qaî uû f»t point, ifiiit^ y vMdgré le» résnhals les plus avâiiia^ genxtpeut celui ^ te donnaii f pai^'en derenanl ricb« > il Q0tt6erYa.l'eetne générale.
Le» rfpp^rtft autre M. Famckoucke et RousseMi c««i« lAeneèirenl par uoe kiltm da premier ata <«eo&d/qdi toHdbt «ellem«Bt. odnD-ci ^^il se serril delà veîe Âcà [eimittax ( paice foe cecto lettre ii^dtait pM signée ) pour £a[Hre «oanaiftife à Fauteur l'impreisiMi qu'elle l«i avait faite (a3È4)> Telle estrorigiae des felaiioas ^ae )êè maljheitrs db Bumssea» et -sa posiiâon lendlreiit rare$i M» Pasckéndie await voida faire une édsiM. gitoéraie ^e: aes CBKvres ,. et sdci» aes yeux ; mai» Jeas'-iacqiiesM^ qui ii'a«beiaftt le rqios <pEie pair le «ilenee y et que se montm iwi^eers seimpaleuY observéteo:!? dei lin»^ lerot qnrce. senû* les viDlen €|ee dé fiûre tme itefuession dese» éesîÊê est FraMoe. l^ rësiriiiet de I» protection que M^ de MBdeshnrbefraTaîfteccoifdéerà l'Emile n'étaci p'as p^ofie k lai inspmr iéht 9écuffitié«fi estâdbenxi^ecttpiTOftiirfaît ftb ft'eséettltery pâme que noiia posaéïkfîniie vue édition îmtm par on koaameiqiiâ àYàit',dttgi»âyb, et aousles- yen de l'auteur. M. Fànckeiiclie eU. mort » Bans , e» 179& Ikétaicjciéjen 3736. il estauftèur depluièsor» Mfoioities sarTfaistoiiie: aatttreMc , ee dfuae .PvâiêGtion» sur Jean^ Jbcqtics^ insérée danS' quekpies éditions et en^téte de la Nma^^eiie Hélohe, S» veorve j née Coures de VUk^ neuves, »piiblië:attéeritintieipiié : «SW/UimeMtj de reconnaissance dtune JÊère-y adte»éà k l'ambre de Rornseou, Cet opuscule; a éiië réimprinié plusieurs foisi (aS^? 44^' > 467 , 5a3-, 594. > ^ '
a6Q HISTOIRE DE J.-j; RO085EAU ,
Paoli ( Pascal ) ^ ne en 1716 , était fik df Hyacinthe Paoli y d'une famille noble de G>rse y et qui fut élu, en 1736 , l'un des principaux majBpîatrats de l'île. Forcé , paur la révolutiim de-son pays , de se réfugier à ^Naples , il enreya de vcette ville , en 1755 , son fils Pascal dans ' la Corse. A peine débarqué , celuî-'ci fut élu commandant on chrf^ avec toute l'autorité d'un roi ^ sans en avoir le titreJ II s'occupa de réformes , de discipline ^ de l'établissement d'juiM université, pour adoucir les mœurs de ses compatriotes, enfin de règlements utiles. Il lutta contre For des Génois , qui -cherchaient à le corrompre. Ce fut lorsqu'il jouissait d'une autorité sans bornes -qu'il écrivit à Rousseau , pour hii demander un |dan de goitverDement : « La belle tâche que Paoli propose ! }> s'écrie Grimm à cette occasion ( i ). Policer un peuple » plein d'esprit , de valeur et d'autres grandes qualités > » tel que les Corses , c'est sans doute tenter la plus » belle entreprise du siicle. ^n peut comptn: dWoir » dans ce projet , tous les vœux de l'Europe favorables , V car il n'y a point d'^homme d'honneur qui ne V inlé- » resseau sort de ces braves geqs ex contre ce détestable » gouvernement des Génois oppresseur. » C^était à des «ouverains du Nord que Grimm tenait ce langage. Rousseau fut sensible , comme il devait l'être , à la déjoarche de Paiôli : ce qui le flattait lie j^us y c'était, de - voir que celui qui jouissait de . l'autorité siqu>émè , sans contrôle , voulait, s'en dépouiller , et demandait , de lui-même , qu'on limitât le pouvoir dont il était revêtu. Voici ce qu'il écrivait à cette occasion au prince de Wirtemberg, le i5 novembre 1764 :.« 11 est vrai que les » Corses iU'ont fait proposer de travailler à leur dresser
(i) Corresp. littéraire. No?» 1764. Tom« VI, I«^ partie, p. 2^
. Itii PARTIS. filO«iRAPHfE. 2^1
9 utt plan de gouvernement. Si ce travail est aanlessus v de mes forces^ il n'est pas aa-dessus de mon zèle. Du » reste , c'est, une entreprise à méditer long-temps y (pii i> demande bien des préliminaires, «t, avant d'y songer^ * » il faut voir d'abord ce que la France veut faire de ces i> pauvres gens. En attendant , je crois que le général » Paoli mérite l'estime et le respect de toute la terre , » puisqu'^ifanl le maître, il n'a pas craint de s'adresser à » quelqu'un qu'il sait bien, la guêtre exceptée^ ne » vouloir laisser personne au-dessus des lois. »
C'est une particularité remarquable , de voir adresser , soit par Grimm , soit par Jean-)lacques , à huit souve* .rains (i), dont trois têtes couronnées, l'éloge d'ime opinion dont le rësnltat était de mettre dea bornes à leur autorité, /
Là France montra bientôt ce qu'elle voulait faire de ces pauvres gens , en envoyant des troupes en Corse. Paoli lutta pendant cinq ans et n'abandonna l'île qu'à la dernière extrémité , le i3 juin 1769 , pour se réfugier en Angleterre. H y est mort le 5 février 1807.
Voyez , dans la IV* partie , la Notice sur les lettres, .écrites a l'occasion; de la demande de Pascal et de 'Buttafaoco« Conf. 1. XiL ( 5 1 1. )
Parent , 1787, marchand drapier k Lyon, qiie Rousseau , pendant son séjour à Montpellier , indique à madame de Warens», comme un négociant dont elle pourrait se servir pour lui faire passer deseflFcts. ( i4« )
Pamsot,. 1740? chirurgien de Lyon , ami de Rousseau, qui , en parlant de lui , dît i le meilleur et le mieux-faisant des hommes. U lui a adressé une épître en vers. Conf.l.VetVL
(i) Voyeiy à Tarticle Grimm., la dési{;natioii de cessouveratnil
!262 BISTOIKE <IDE J.^lv ROVSSlAV,
PATfZMi'( l'abbé ) , 1744 , chancelier du consulat français k Venise , dont Rousseau' se sert pour forcer la république à lever l'embargo qu'elle avait mià sur le vaisseau du capitaine Olivet. Conf. 1. Vil.
Paul, 1765, nommé dans une lettre à duPeyrou, comme ayant fait les offres de service les plus obligeaiites k Rousseau. ( 647. )
Payraupï; , I Tfii , nommé dans une lettre à M* dl« vernoisy qui l'avait chargé de commission pour Rous** seau. (5it2. )
PÉLiGO ( Honoré) y 1745 , marchand français à Gonstantinople , duquel madame de Warens réclame la suc-^ cession d'un de ses pàrenis , mort à Gonstantinople. (34* )
Penneck , 1 766 , pasteur , ami de Georges Keith ^ eut des rapports avec* Jean-'Jacques , pendant le séjour de celui-ci k Londres. ( 680. )
Pépin de Belleisie, 1770^ désigné pour accompagner en Piémont madame la princesse de Garignan. Il fit des offres de service k Rouleau. ( 91^7. )
Prruriav {Jean) y 1754 , né k Genève en 171a > reçu ministre du saint £vangi)e en 1 73d, élu professeur de belles lettres en 1766 , se démit en 1775 , pour se charger des fonctions de pasteur de la cathédrale. H a fait X Eloge historique de Ffrmin Ahmail^ Rousseau fait son éloge dans ses Confessions (LVIII)^ et lui écrit deux lettres qui prouvent l'estime qu'il en faisait. Dans la première, il lui expose les raisons qu'il a de dédier k la république de Genève son Discours sur l'inégalité des Conditions. ( 72 , gi , ) ■
Perrighon, de Lyon, 1740, ami et bienfaiteur de Rousseisiu , qui en fait un magnifique éjoge. G. 1. V, Vîl*
. III. PARTIE. BlOlGRiPlIIE. "aOS
Pea&in, 1740, vicaire de police kChambëry. lean- Jacquesi»! parle dans une lettre à liiadàme Seatgel. (atsi:)
Perrotet , 1 782 , aa)>ergiste de Lausanne, chez qui Rousseau loge. Conf. 1. IV.
Perrovd {Jacob) y 1768, justicier aux Verrière»', dont il est question dans l'affaire Thévenin. (. 834* )
Petit-Pierre ^ 1 762 , ministre dans la principauté de Neuchâtel , que ses confrères persécutèrent ^ parce qu'il ne voulait pas qu'ils fusserU damnés étemellemerU* Conf. 1. XII.
Petit-Pierre , 1 763 , procureur à Neuchâtel , qui éci-lt à Jean - Jaccjues une letti*e aaoiijibë. Rousseau lé devine , lui répond et lui donne une leçon. ( 373. )
Philidor ( André Danican , plus connu sous le iiom de ) , 1742, était Un célèbre» joueur d'éfchfecs j et bon conaposîteur de inusique; Rousseau jodtiit avec lai.
Conf. 1. vn.
PiATi ( le comté } , 1744^ premier gcfntilhomme de l'ambassade du comté de Montai gu , et qui prouva de mauvais traitements de la part de cet ambassadeur. Conf. 1. Vît.
. PïcoN ( le comte ) , gouverneur de la Savoie en 1734» iSa dévotion contrastait avec le cj^nisme du docteur Grossi y ce qui donna lieu à une scène plaisante, décritedatis le cinquième livre des Confessions
PicfBT. ^^millé de GerièVte <j[ùi à ^i^fS&sxM pusifetiii pcfrsOùilages d'un grahd mëtite: Cèut >d\Àï tixtèàk coiiteM^braiiis dé Jean - Jacques étaient : i^ , Jésld - Ldùis Piciët , tié èii 1739 , métnbrè dà conseil des Dèux-Cehb îBn 1770 , coiiàéiller-d'état et Syndic eh ^778., ihdit
a64 HISTOIRE' D£ J.-J. 11017 SSEAtT,
en 1781* Il'0St célèbre {ter ses travaux astronomiqties ; d®>, Gabriel Pictet 9 né en i^io^ brigadier an «evvice du roi de Sardaigne y mori; en 174^. ( 827 , 3^8. , 33» , 340. )
PiLLZU y 1759, bon hêmme , maçon de son métier^ que Jean-Jacques voyait souvent ^à Montmorency. C 1. X.
Pio ( le prince ),, 1 744 > nommé dans une lettre de Jean- Jacques à M. Amelot. Le comte de Moutaigu accusait Rousseau d'avoir voulu vendre ses chiffres à ce prince, qui y connaissant la complète nullité de cet inepte ambassadeur , n aurait pas donné un écu de ses chiffres. ( 3o. )
PissoT , 1750 , libraire de Paris > que Rousseau traite de fripon. Conf. 1. VIIL ( 224.)
Poli GNAC ( madame ) , ^'jSi , persuadée que Jean- Jacques est le héros de la Nouvelle Héloïse y écrit à madame de Yerdelin , pour obtenir la faveur de voir le portrait de Julie. Conf. 1. XL
PoLiGNAG(le vicomte de), 1748, ami de M. de Francueil , et nommé à roccasiou de Grimm. G. 1. IX.
l?oMVADouR {Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de), «fille d'un financier , était mariée à M. d'Ëtioles , quand elle remplaça la duchesse de Châteauroux auprès de- Loùis XY . Elle fut faite en 1 745 marquise de Pompadour, et mourut en 1 764 , à quarante-quatre ans. On a parlé diversement de cette femme ^ on a blâmé le manège qu'elle employa pour devenir maîtresse du Roi , comme si l'on voulait que celle qui $e destine à ce rôle ne fdt pas une coquette! Quand elle n^aurait pas eu le genre de mérite qu'on a droit d'exiger dans la maîtresse d'un prince, elle aucait^ passé ppur l'avoir , grâce à ^ladamç
m. PARTIE. BIOGRirâtt. . i66
duBarry, au-dessous de laquelle il n'e6trpoft6y[>le de mettre personne. Mais madame de Pompadpur n'a pas l^esoin de cet objet de comparaison. Elle avait dans les seDtin^ents toute rëlévation permise. , dans son rôle , à sa position ; eUé tâchait d'occuper son royal amant des affaires d'état j au lieu de le capter en faisant naître en lui des goûts honteux. Mais un roi est un personnage fort difficile à désennuyer y quand , de lui-même y il ne se livre pas au travail. Madame de Pompadouij||p réussit qu'imparfaitement. Les Mémoires dp mademoiselle Duhausset y sa dame de compagnie , publiés par M. Graufurd y font voir combien elle se donnait de tourment y combien elle était malheureuse , accablée de grandeurs et de tout ce que la vanité , l'ambition imaginèrent pour le bonheur.
Je trouve dans V Histoire de France , pendant le dix-huitième siècle (i ), ce passage sur madame de Pompadour et Rousseau : « Elle fit sans succès différentes » tentatives pour apprivoiser Jean- Jacques* Il rejeta ses p bienfaits avec une fierté qui décelait du mépris. Elle » ne vit daqs ses refus qu'une affectation d'originalité. « L'imprudeitt Rousseau l'offensa dans l'Emile^ par un 0 trait cruel sur les maîtresses des princes. Ce ne fut » point elle cependant qui dirigea la persécution qu'at^ » tira sur lui le plus éloquent de ses ouvrages. »
Il est vrai que Rousseau repoussa les avances que lui fit le chcfvalier de Lorenzi , agçnt de madame de Pom-^ padour 'y cependant il avait reçu la gratification qu'elle lui envoya y pour le rôle de Colette^ qu'elle joua sur le
(i) Tome IV, page 44* ^ans tout ce que dit Tauteur sur Jean-* i^acquefl , il supplée par son tact el sod talent à la conuaissance pofUive des faits. Il en croit (comme tout le monde)- qui sont hu%^
a66 lUSTOlHE DÉ J.'J. ROUSSEAU,
théâtre dé BelIeVue. H regardait avec raison ce présent comme litië dette dont elle s'acquittait. C'était le d^ii ifeuiteat; et si l't>n considère le double r61e de l'atti-ic'e^ on conviendra que ce di-oit fut payé mesqaihettient , quoique madame de PompadoUr fût ordinairement trèsgénéreuse. Elle n'envoya que eiiiqiiante louis. Qttant àù trait c fuel / c'étâàt une maxime générale (t), et luiïnéme nous dit qu'il n'en faisait aucune à{)plication. M. dé Il«e$herbe« ti'éb pouvant obtenir la éuppressiota de Tautfeur ,fit cartonner l'exemplaire destiné à madame de Pompadouf. Voy. 1. 1 de cet ouvrage , page 67. Conf. 1. IV, VlIIetXI. (63.)
PoirTAL.( Mllei )^ 1708; nom de la femme de diambre de madame de Verceliin, à qui appartenait le ruban qui fit commettre à Jean «^ Jacques nn vol^ uBmeosodge, une calomnie. Y. T. I^p. 7. C. 1. II.
Votfrvzt^tiz {Benoit dé), 17^8, d'une ancienne famille et descendant de l'un des chefs de la confrérie dés gentilshommes dé la Cuillét ( V. t. I^ p. 5 ), fût curé dé Cotlfi gnon depuis i6g3, jusqu'en ij33 ou'il motir'ut.. Confignon é&t un villagédans l'arrondisscmSit de Genève , situé sur un dôtêau d'où l'oil domine tout le bailliage dé Ternier. Ce fut là qu'en 1728, RoUsàeaU, fuyant les mauvais traitements d'un maître ctuel, démanda l'hospitalité. Le curé la lui donna , voulut le convertir , mais ^ trop voisin de Genève, et craigUânt les réclamatiôtis , il adressa Son jeune hôte à madame dé Warens , au lieu de le renvoyer à. ses parents. Benoit de Pontvetre a fait plusieurs ouvrages peu connus : entr'autree le récit de
(1) La femme d'iin charbofaoiet est pliis digne de res^tect quèU maîtresse d^un roi.
ÏA'com^rsion du ch^alier MinutolL Cotntae ce récit n'ëtait aatre cho^e qu'un libeHe contre les ministres pro-« testants , i'évéque d'Annecy menaça l'auteur de la cen^ SHFe. Pour r^viter, le curé fit im{>rimer son livre à Modène. C'était un zélé missionnaire^ à qui tous les moyens de «onVerâon paraissaient bons. €é 1. It.
PopELiNiERE (la), 174^7 financier -çiiis fastueux que riche ^ dit Marmontel qu'il comblait d'amitié , au point 3e vouloir partager sa fortune avec lui. Mlle Daucourt, que la Popelinière entretenait^ eut l'adresse de s'en faire épouser par le moyen de madame de Tencin. A.u renouvellement du bail des fermes y le cardinal de Fleury mit pour condition au brevet de la Popelinière, qu'il épouserait sa maîtresse. Il ne tarda pas à la renvoyer quand il eut découvert, à n'en pouvoir douter, son intrigue avec le duc de Richelieu. C'est dans l^s mémoires de Marmontel qu'il faut lire ce récit intéressant y ainsi que celui des ridicules du bienfaiteur, dont, par reconnaissance I on transmet tous les détails. C'est le client qu'i} voulait enrichir , qui nous apprend que la nature prescrivait ^ ce bienfaiteur une àhstinence humiliante des plaisirs , et que le malheureux né pouvait se persuader que la cause en fût en lui-même, »
Rousseau, introduit chez M. de la Popelinière , par Gauffecourt, son compatriote et son ami, y fut maltraité par Rameau , et froidement accueilli par la maitresse de la maison^ très-'humble écolière de Rameau. Cl. VU (807).
• PoRTLAWi) (la duchesse de). H y eut, entre cette dame et Jean-Jacques , i;ne correspondance relativ«^à la bota^ nique. M. de Granville, voisin de Rousseau, lui fit faire cette connaissance. Ils s'écrivirent d^ptiis le 3 sep-
368 HISTOIRE DE J.-J. R0VSS1.AV y
tembre 1766, jusqu'au 11 juillet t-j-jô: Il reste seize lettres de Jean-Jacques à madame de Portland. La pre^ mière est habituellement mise dans la correspondance générale, à sa date, tandis que les quinze autres dont réunies aux écrits sur la botanique. Dans la dernière, (11 juillet 177Ç), on voit que madame la duchesse de Portland avait çnvoyé un magnifique cadeau à Jean- Jacques, qui renvoya la caisse sans l'ouvrir pour en reth^r là lettre que lui écrivait madame de Portland : impolitesse que nous n'excuserons pas (7 1 o).
PouRTALES , 1 765 , nommé dans une lettre à du Peyrou , comme quelqu'un à qui l'on pourrait s'adresser pour lui faire passer eh Angleterre , par la Hollande, ses livres et ses estampes (647)»
Prévôt d^Exii+es ( Antoine-François ) , né dans l'Ar-» tois en 1697 , mort a Paris en 1768,^ des suites de la maladresse d'un chirurgien qui> dans une attaque d'apoplexie, lui porta, pour le rappeler à la vîc, un coup mbrtel. Prévdt commença par être jésuite, puis militaire, puis bénédictin; puis il jeta le froc, passa dans la Hollande en i7'î9, et en Angleterre en 1734. H obtint en 1734 de revenir en France, y prit le petit collet et vécut tranquille sous la protection du prince de Gonti , qui lui donna les titres de son aumônier et de son secrétaire. Les nombreux ouvrages de cet auteur sont connus, généralement estimés , et nialgré son étonnante fécondité, il n'en est aucun qui soit médiocre, et qui n'ait plus ou moins de mérite. Rousseau connut à Passy , chez M* Mussard , Tabbé Prévôt. « Homme très-aimable et très- )> simple» dit-il , dont le cœur vivifiait ses écrits dignes » de l'immortalité^ et qui n'avait rien, dans la société , dvi » coloris qu'il donnait à ses ouvrages. » C liv. VIIL
• III. PARTIE. BIOGRAI'llIÊ. idq
Prévost (N. )^ professeur à Genève. Il eut , dans les dernières années de la vie de Rousseau , des rapports avec lui, dont il a rendu compte. En voici un extrait. « Rousseau ne s'occupait presque que de musique et )> de botanique^ La dernière de ces sciences finit par » exclure l'autre. En 1777 , l'été , il sortait souvent » pour herboriser , le matin de neuf à midi , et l'après- » dîner jusqu'à la nuit. Jamais herboriste n'a poussé n plus loin la délicatesse et la propreté dans l'arrange- » ment des plantes sur le papier. Son moussier était » un peut chef-d'œuvre d'élégance.- Il disait de lui que » son esprit se plaisait à l'orjdre , dans les soins même » minutieux ; qu'il aimait à en faire son oécupation » habituelle. C'est par cette raison qii'il soutenait que » nul métier ne convenait mieux que celui de copiste » à ses goûts et à son caractère. U avait cependant » cessé de copier de la musique la dernière année de » sa vie; et déjà^ auparavant , il se livrait peu à ce » travail , ayant remarqué que c'était un prétexte pour » des importuns qui poussaient l'indiscrétion jusqu'à » négliger de retirer leur musique , et qui lui faisaient n ainsi perdre le fruit de ses peines. J'ai entendu dire à » Rousseau qu'en copiant dé la bonne musique il jouis- » sait d'un> concert parfait. ,
» Il estimait et aimait beaucoup Linnaeus, dont ^^^{^ » parole est une pensée , mot que je lui ai souvent » ouï répéter.
» Son goàt pour cG{>ier était tel que je l'ai entendu » «tôurer qu'éunt enDauphiné , il y avait presque tout » copié Mézerai de sa, propre main. Cependant l'activité » de son génie forçait cette espèce d'entrave où il vour » lait l'assujétir , et dans le temps même où il cherchait, 9 à tenir son imagination captive , elle l'entraînait dans.
2'}0 BISTOIftE DE l'-J. R0VS8EAV)'
» des méditations e.t le jetait dans des réreriés dent il » ne sortait que pour répandre sur le papier les senti-^ » ments qui l'agitaient. Je sais qu'il avait brûlé quelques* » uns de ses manuscrits. A son départ de Londres, il fit » un grand feu d'une multitude de notes destinées à une » édition d'Emile* .
i> U ne travaillait jamais mieux qu'en plein air. A » nàesure que ses idées naiftsadeni «6 tourmentaient soii » imagination y il les répandait au hasard, et le premier* » papier qu'il, tcowvait ^oiv sa main en était le déposi* » taire. Alors peut-être échauffé par une méditation » profonde et soutenue, il composait avec facilité : d'or* » dtnaire son trafvail était lent et péni)>)e y 1» correction » longue et labo^use »• M. Prévost donne quelques détails sur le projet qu'avait Roussean d'achever Ermle^ et sur le dénouement par lequel il voulait le tersiiner. Mais ces détails seront, aaieui: placés à la un de la notice sur cet ouvrage.
PaiEîua (madame), 1763, nom deranâe d^ madame^ La Tour de Fvanqueville. Il en est question dteins la lettré
inscrite 80«s le n° 4 1 7 •
Procope-Gouteaux {Michel)^ médecin, né è/ Paris eff i684- 11^ quitta hb soutane pour la robe de docteur « « La » vivacité detaoa esprit et la complaisance de son carac** » tère faisaient oublier qu'il était petit , laid et bossu. ik Rousseau l'sqif^lltt, peik Esope àk^nnefortune- il le connut chez M» Mussavdi, à Pas»y. Son frère tenait unetfé littéraire devant la Comédie Française. Voltadve , Piron , tonales auteurs du id* siècle, et mémexeux qui ârvaiéntr véou dans le siècle de Loui» XIV , &'y i»é unissaient. Jean** Jacques s'y^rendait quelquefois quand il habitait Pàrisv
Le mëdecia Procope Qiourut à C];aiUol e^ 1753; Conf, L VIII.
Prothin {Caries), bailli du comte de Brundeville , et procureur de la prévôté de Sivry-sur-Meuse. Con- ' damné aux galères en 1761 , pour impostures et calomr nies (85a).
PçRi (rfe) , 1 7^2 , «plpnel , voisip de cinapagqe de Jean^ JacqujeSy à Moû^rs-Travers } fait conseiller d'état par frédéri<;. C'est, çl;iez lui qufi Rousseau fit la coans^issance de dn Peyrou , qi^i Revint ensuite le gendre de M. de Puri. Voyez , page 87 du psemier volume , le portrait de ce derAÎeir ^^par M. d'E^cfeerny. ConL liv. XU. (588 ,
Qiri^LA^, libraire, imprime^ en 1743, hi Dissertation sur ia jmisi4jfU6 moderne de Jèan-Jacques ^ à qui , sui-^ vant la coutume , il ne donpe rien dé son manuscrit. Conf. liv. VIL
QuiWA^LT. {Jfefwiç-Francoisé)» Elle débuta sous lej nom de mademoiselle (^nault-Dufre^e. ^ le i4 juii^ 17 16, parle rôle de Phèdre , et joua ensuite les emplois de soubrette , ou bientôt elle surpassa ses rivales. Ci Les charmes de son esprh ^ dit M. le Mazurier son biogçajp^^eiilefir qualités de son couc ^ lai cQnsilièc^nt rcs^prit et l'amiti0 de ses pUts illus^es cont(9iiipQriHiies# EUi? Fs^s^i^bbit chez elle ; sau9 le 00m de la société da Bqutrdur^qr^^ toui cq ifm 1» <5amî et U viBe oiFrai^ot d'ho^apu^ae^ Aimp^bles et« éclairés. Voilée , Qesl^w^là^s ^ J^onud^-Veyljp^ M^rivaiut , le oomte de, Caylus , le mar* qni^^'^i'gen^pn é^ÎQQ^^ cpui^eo^^^t^JtiL les,pjiii& «^sidm d^ ççs $pupecs\Gélèl^i;eâ, 04 l^ plfti àji milieu <^it uae ^écritpi^e, 4oitt^cJb@kq)ie Qowiv^.. se s^rv^it: i •» U^^^-
^i-jl Bt^TOIRE DE J.-J. AOUSSEAIT,
C'est de cette réunion que sortirent les Etrennes dé îà Saint-Jean , et le Recueil de ces messieurs.
Lorsque M. d'Ajgenson fat fait ministre ^ elle se présenta' à son audience pour lui faire son compliment. Le ministre la reçut avec affabilité y la reconduisit et Tem-^ brassa devant tout le monde. Un chevalier de St-Louis , témoin dé cet accueil, et supposant beaucoup de crédit à l'actrice , Taccoste au moment où elle allait sortir de la salle d'audience , et lui demande sa protection. Mademoiselle Quinault se retourne , lui tend les bras , et l'embrasse devant tout le monde , en lui disant : « Mon-^ » sieur , je ne puis mieux faire pour vous que de vous » rendre sur-le-chaiïip ce que le ministre m'a donné. » Elle quitta le théâtre en 174 1. Elle conserva les grâces de soa esprit et sa brillante société. Elle eut y après la mort de mademoiselle Lespinasse et de madame Geof**. frin y d'A.lembert en héritage, Duclos mena Jean- Jacques chez mademoiselle Quinault, en 1753. Madame d'Épinay y allait aussi. Elle rapporte , dans ses Mémoires, des conversations trèsH^uriéuses qui se tenaient chez cette célèbre actrice. Conf. liv. VIII.
QuiNsoNAS , 1765. Nommé dans uue lettre adressée à M. deGaufTecourt. (53tî.) \
Rameau (Jean-'Philippe) ^ né à Dijon en iÔ83, mort en 176^, quelque temps après avoir reçu des lettres de noblesse, et au moment d'être décoré de l'ordre de Saiht- Michel. Célèbre d'abord sur le clavecin , mais cependant toujours vaincu par des artistes plus habiles , et, voulant être le< premier , il y réussit- en s'ouvrant une carrière nouvelle en musique. Ce fut dans cette louable ambition qu'il com.'posA SB. Démonstration du principe de l'harmanie ,'qa'il fit consister . dans la base fondamentale;
HT. PARTIE. BIOGEAPBIE. 2']}
Rousseau se plaint de son obscurité. Ce fut à unereprésentatioii de l'opéra de Jephté qae.se développa, danç Rameau y le talent de la composition. Il a fait la musique d'un grand nombre de pièces.
On lui a reproché d'être jaloux , et de ne point encourager les talents pour éviter toute concurrence.
ir examina le système de Rousseau sur la musique , et. lui fit une objection que Jean-Jacques convient être sans réplique. Ensuite il le traita brutalement chez M* de. la. Pbpelfnière , prétendant que c'était un pillard.
Çonf. liv. V , VU,
Ramsat, 1767. Nommé' dans deux lettres, comme
ayant fait à Jean- Jacques un cadeau 'de portraits , dont
. ir ne voulut pas recevoir le prix. Rousseau pria milord
Harcourt de les Vendre , et d'en faire distribuer l'argent
aux pauvres. (753 , 758.)
Randans (M. le duc de). Ce duc , accompagné de deux carossées d'officiers du régiment du Roi , visite , en 1764, Rousseau , pendant qu'il était à Motiers-Travers. Le régiment du Roi étoit alors en garnison à Gex et àVersoix. Randans est une petite ville d'Auvergne, avec titré de duché. Nous ignorons quelle famille en portait le titre.
Raynal {GuiUaume-Thomas) , né en 171a , mort en f 7969 est célèbre par son Histoire philosophique du com-: q^erçe des Deux Indes. On a prétendu qu'au lieu de fondre et de s'approprier les mémoires qu'il s'était procurés pour ce travail immense y il les avai^ presque textuellement insérés dans son ouvrage. Les grandes inégalités de style donnent quelquç poids à cette opinion. La Harpe regarde Raynal comme un des auteurs de la révolution , et l'abbé parut le croire , d'après la rétractation qu'il fit sur la fin II. 18
174 HlftlrOIRE D£ 3.-J. aOVSSJSjkVy
de sa carrière. Obligé de sortir de France , Bayxud pasM successivement en Angleterre et. en Prusse. Il fut à Lotidres l'objet d'une distinction flatteuse. Il assistait aux débats du Parlement. L'orateur de la chambre des communes ayant appris . qu'il était dans la galerie, fit suspendre la discussion jusqu'à ce qu'il fût placé convenablement*
Dans une lettre que le roi de Prusse écrivait , en 1782 , k d'Alembert, il parlait en ces termes de Raynal : « J'ai vu » l'abbé Raynal . A. la manière dont il m'a parlé de la puisai) sance j des ressources et des richesses de tous les peuples ^ du globe, j'ai cru m'entretenir avec la Providence* Je » me suis bien gardé de révoquer en doute l'exactitude » du moindre de ses calculs. J'ai compris qu'il n'enten- » drait pas raillerie , même sar un écu* »
Le plus singulier jugement qu'on ait porté sur V Histoire philosophique , est celui de l'abbé Galiani ; et l'opi*nion qu'il exprime à l'occasion de ce livre fameux , est - trop remarquable pour n'être pas rapportée. « C'est , dit-il y le livre d'un homme de bien : mais ce n'est pas mon livre. En politique , je n'admets que le machiavélisme pur , sans mélange y cru , vert , dans toute sa force , dans toute son âpreté. Raynal s'étonne que nous fassions la traite des nègres en Afrique , et pourquoi ne s'étonnet*il pas qu'on fasse la traite des mulets de la Guyenne en Espagne ? T a-t4l rien de si hoirible que de châtrer les taureaux , de couper la queue aux chevaux , etc. ? Il nous reproche d'être les brigands des Indes; mais Scipion put bien l'être des côtes de Barbarie, et César des Gaules. Il dit que cela tournera mal : mais tout le bien tourne en mal. Le veau de Pcmtoise se tourne en ordures y ^TLca mangez donc pas j la danse en lassitude , ne dansez donc pas 'y l'amour en -peines ,* n'aimez donc pas. Ainsi ,
yi. PJ^ATIX. BIOGRAPHIE. ^']5
mon avis est qa'on achète des nègres tant qa'on-âoiis en vendra ; de continuer nos ravages aux Indes tant que cela, nous réussira , sauf à nous retirer quand nous serons battus. Il n'y a pas de commerce lucratif au monde ; dëtrompez-vous* Le seul bon est de troquer des coups de b&ton qu'on donne, contre des roupies qu'on reçoit : c'est le commerce du plus fort. Voilà mon livre* Bon soir. »
On a Suivi l'abbé Galiani , et fùn a continué tant ^ue cela a réussi. •
Rousseau loue le dévouement de Raynal envers ses amis^ et il en donné une preuve dans la constance avec laquelle il soigna Grimm , pendant la maladie de ce der<nier ; maladie qui n'était qu'une mystification.
Conf; liv. Viri. (44 , 65.)
Reaumitr {René-Antoine Ferchaulty sieur de), né à la Rochelle,. en i683, mort en 1767 des suites d'une chute : célèbre par ses écrits^ ses connaissances et ses découvertes dans la physique et dans l'histoire naturelle, a C'était > un ^observateur infatigable , dont tout arrêtait l'atten- 1» tion , tout excitait l'activité, tout appliquafit l'in- » telligence. t»
Ce fut lui qui rendit à Rousseau le service de faire examiner , par l'académie des sciences , son système en musique.
M. de Réaumur fit l'opération de Ja cataracte , en i ^4^^ sur un aveugle-né. Mais il ne voulut point que l'appareil filiirlevé devant des spectateurs, soit qu'il doutât du succès , soit qu'il craignît leur influence sur le malade. Diderot sollicita vainement une exception en sa faveur. Piqué 'du refus qu'il éprouva, il ne roùblia point datfs sa lettre Jijur les aveugles, et parl£|^ très*irrévérencieuse^
276 HISTOIRE DE J.-ï. ROUSSEAU,
méat du célèbre académicien..... a II n'a voulu, dit-il, )» laisser tomber le voile que devant quelq[ues yeux sans Y conséquence. Si vous êtes curieuse de savoir poui*quoi w cet babile homme fait si secrètement de» expériences » qui ne peuvent ' avoir un trop grand' nombre de » témoins éclairés, je vous répondrai que les observa- » tions d'un homme ausèt célèbre ont moins besoin de y spectateurs , quand elles se fbnt , que d'auditeurs , » quand elles sont faites. »
Ignorant le motif de M. de Réaumur^ je ne sais si le reproche sanglant était mérité ; riiais ce qui ne Tétait pas, ce fut le châtiment qu'il valut à Diderot, qu'on mit au donjon de Y incennes. Gonf. 1. YII.
Bebel ( François Féri) , chevalier de l'ordre de Saint* Michel , sur-intendant* de la musique du Roi , administrateur général de Facàdémieroyale de musique, après en avoir été long-temps directeur , a donn'é , conjointement avec Francœùr, un grand nombre d'opéra. Ils étaient inséparables : on les appelait les petits violons , parce que , étant très^jeunes , ils allaient ensemble j^uer de cet instrument. Rebel mourut eh 1775. Rousseau se plaint de la manière dont il dirigea l'exécution des Muses plantes. C(mL\. y lleiy m.
Regnault ( m. ), chargé d'oflFrir a Jean -Jacques une somme d'argent , de la part d'un inconnu , il en éprouve un refus motivé dans la lettre inscrite sous le n** 427.
Reguillat, 1764 y libraire de Lyon. Il voulut Siassocier à des négociants de Neuchâtel , pour l'entreprise d'une édition générale des oeuvres de Jean-Js^cques ; 9iais cette entreprise n'eut pas lieu. Conf. 1. XII.
Renou. Nom que prit Jean «Jacques en arrivant à
iTl. PARTIE. BIOGRAPHIE. 2*] y
Trie , le 20 juin 1 767. Voy. Jacques , Dudding , Vaussore. Il porta le nom de Renou depuis le mois de ^in 1767 , jusqu'en 1770. ( 770 , 771. )
Reventlow, 1762, gouverneur du prince de. Danemarck y qui , par l'intermédiaire de M, Moultbu , prie Rousseau de faire des vers pour le jeune prince. La réponse de Rousseau est inscrite sous le n° agg.
Rey {MaroMichel), 1754, libraire d'Amsterdam, avec lequel Jean* Jacques eut long-temps dès rapports; D le capta d'abord en lui envoyant le contrat 'd'une rente viagère de 3oo fr. pour Thérèse Le Vasseùr. Mais ayant fait une édition des œuvres de Jean-Jacques sans le prévenir et en y insérant des lettres que l'auteur ne voulait pas publier, Rousseau s'en plaignit amèrement;à M. M6ul« touy le 28. mars. 1770 : « Je trouve dans cette édition^ » avec autant d'indignation que de surprise, trois ou 9 quatre lettres de M . le conlte de Tressan, au sujet d'une » tracasserie de Palissot. Je n'ai jamais communiqué » ces. lettres qu'au seul. Vemes. D'où Rey les tient^il?» Ils ne se brouillèrent cependai^t pas, mai^ les rapports cessèrent ou devinrent très-rares. G. 1. VIII, X, XI. (7o5, 910.)
Reydelèt, curé de Seyssel et chanoine de Saint-Pierre d'Annecy, chez lequel M. Le Maître, accompagné de Jean-Jacques, va loger dans sa fuite d'Annecy. C. 1. III.
Richard, 1761 , signataire de l'acte de condamnation deThévenin. (85a.)
Richelieu {Louis- François^ Armand de Vigneràd du Plessis)yjxé en 1696, mort en 1788, maréchal de France, acquit de la célébrité dans le^ camps par ses talents militaires, à la cour par ses intrigues, et dans le monde par
278 ■ HISTOIRE DE J.-J. ROVSSEaV,
ses bonnes fortunes. Il fat mis trois fois à la Basdlle, et marié trois fois et sous trois règnes. Rousseau lui lut présenté à Lyon en i^^tyCt, reçut ensuite de lui k Parn quelques marques d'intérêt qui n'eurent aucun résultat.
ci.vn.
' RiCHEiKoim, ( le duc de) , 1 766 , nommé dam une lettre inscrite sou^ le n^ 698^
' RoBEQUE (princesse de) (i), fille du maréchal de Luxembourg et de mademoiselle Colbert de Seignelay , mourut en 1760*, ayant environ 36 ans. PalîssDt lui ayant dédié ses petites lettres sur de grands philosophes , Di* derot, qui était Tun de ces grands philosophes, dit des dioses piquantes contre la princesse de Robeque dans sa préface du Fils naturel. Palissot, pour venger sa protectrice, fit la comédie des Philosophes contre Diderot; et, pour venger celui-ci , l'abbé Morellet publia la J^î* sion de Charles PaUssot, pour laquelle il fut mis à la Bastille, à cause d'un passage contre la princesse de Robeque qui, alors ^ était dangereusement malade. Elle mourut peu de temps après.
« Dans cette F'ision^ Palissot, que l'abbé fait parler, entend une voix qui lui prédit le succès de sa pièce et lui montre les moyens à prendre pour l'obtenir. « Et l'on » verra, dit cette voix, une grande dame bien malade » (madame de 11...) désirer pour toute consolation avant » de mourir , d^assister à ta première représentation et » dire : c'est maintenant, seigneur y que vous laisserez
(i) C'est & tort que, dans les éditions de Rousseau « Ton écrit Ro^ huck. Robeque est un bourg de TArtois qui, en i53o, fut érigé en principauté, en faveur d^nne branche de la maison de Montmorency.
» ' tdler votre seryjBuUe en paix. Et cette grande dame fera • dans son testament un legs pieux pour acheter cent^ » billets de pait^irre à chaque représenVition de ta co- Tt médie ; et ils seront distribués , pour la plus grande » gloire de Dieu, et pour la tienne, à des gens qui s'en- » gageront à applaudir ».
La circonstance , c'est-à-dir^ le danger dans lequel était madame deRobeque, donnait à la plaisanterie quel-» que chose d'odieun, parce qu'elle était fondée sur ce danger»
' Il est douteux qu'elle la connut, et Rousseau dit qu'elle fut étrangère à la détention de l'abbé Morellet; et que c^niMeurs , quand elle n'aurait pas été malade , elle éktii fuàUrellètàent peu vindicatwe. D'Alembert, qui sa^ Tait que le maréchal de Luxembourg , père de madame deRôbeque*, avait beaucoup d'amitié pour Jean-Jacques^ invita ce dernier à solliciter 4a liberté de l'abbé. Rousèeau avait prévenu cette demande et Morellet ne passa que très-peu de temps à la Bastille. C. 1. X et XL
Robert , 1 767 , nommé dans deux lettres sans aucune circonstance qui le fasse connaître. (787 , 790.)
RoGHf, 1735, maître à danser et joueur de violon, dont Rousseau se sert dans les concerts de madame de Warens. C. l.V.
RocHEMONT (Daniel de) , né à Genève en 1720, pasteur en 1756, mort en 1769. Rousseau voulait lui écrire. (7 1 .)
RocHFORD (le comte de), seigneur anglais que d'indiscrets amis de Rousseau voulaient faire agir à son insu , relativement à la pension du roi d'Angleterre dont il ne Voulait pas. Lord Rochfordfut, en 1767 , ambassadeur en France. (9^5. )
a8o HISTOIAE DE J-'J . AOVME&V ^
RoiCKiirGHAM (le marquis de); preâûer lord ide la trësmrerie en 1767. M. Hume dit dans sôu exposé qoiiou. t'adressa k lui pour la pension de Rbussaau.
RoGViir, famille étab^e à Yverdun, avec laquelle Rousseau fit connaissance en 1760;^ lorsqu^il' se réfugia dans cette ville pour fuir Je décret de prise de corps lancé contre lui. 11 se lia t>lus particulièrepient avec Daniel Roguin y que M. de Bonnefond lui avait fait connaître à Paris en 1 741 /et qii'en 1769 il appelait le doyen de ses amis. Son neveu, lebanneret Roguin , prit parti contre Rousseau et même intrigua pour le faire chasser d'Yverdun et de l'état de Berne.
Daniel avait un neveu capitaine. U en est question dans la Nouvelle Hëloïse , partie P'« , 1. 34- G. 1. YII , XI et XIL (Sa, 314,489.)
RoHAzr ( la princesse- de ) / 174^ > amie' de madame Dupin y chez laquelle Rousseau la voyait. Gonf. 1. VU.
RoLiGHON y ahtonin, 1782 y qui aimait la musique, et qui rendit service à Jean- Jacques , en lui en faisant copier. Conf. 1. IV.
RoMiLLY {Jeàn)j né à Genève en 1714? habile horloger , qui s'établit à Paris. Il perfectionna les montres'; il en o£frit à Louis XV une qui cheminait pendant un an sans être remontée. Auteur des articles relatifs à son art , dans TEncyclopédie. Il était beau-père de M. Gorancèz y qui en parle dans la relation que nous avons rapportée tomeP"*, page 269. ( i65. )
Roque ( le comte de la ), 1728 y neveu de madame de Yercellis. U prit à Jean-Jacques un intérêt que la maladresse de ce dernier rendit sans résultat. G. 1. II.
Rosières ( N. de ), 1768, officier d'artillerie que Rousseau connut k Bourgoin, et qui voulut bien servir
în; piATXx. Biooiup]|i£. 281
dé témoin dans le serment par kquel Jean ^Jacques s'^engagèadt à reconnaître Thérèse -Le Yasseur pour son épouse. Voy. tome I, page 169. ( 83o , 840.)
Rouelle ( Guillaume -François ) , né en 1703 , près dç Gaèn , mort à Paris en 1770, célèbre chimiste. D'apothicaire dans la capitale , il devint , par le travail et l'étude j démonstrateur en chimie au Jardin des Plantes^, membre de l'académie des sciences et de plusieurs académies étrangères. Rousseau suivit ses cours avec M. Dupin de Francueil , en 1 74^. Gonf. 1. VIL ( 65. )
RouGEMOMT ( M. de ) y 1766 y banquier de Paris , dont il est question dans plusieurs lettres de Hume , et ohea; lequd celui-ci prie madame de Boufflers de prendjre des informations sans en Indiquer l'objet ni le motif. Gomme dans les mêmes lettres il prétend, que Jean-Jacques se faisait plus, pauvre qu'il n'était , fai supposé que le bop David voulait savoir si son ami n'avait pas des fonds placés chez ce banquier. Madame de Boufilers^ qui sentait qu'un homme tel que Rousseau ne se serait jan^aic^jeté dans les bras d'un Hume , s'il eût eu le moyen de conserver son indépeûdance , fit peu d'attention à la commission que lui donnait l'historien , et qui n'eut aucun résultat connue Je suis cependant persuadé qu'il y avait quelque fondement dans l'espèce d'accusation de l'Anglais y et le voici : je trouve dans les lettres , tant de duPeyrou que de Rousseau , l'indication de plusieurs moyens pour, que le premier fit passer de l'argent au second.. Get argent provenait : i°,de la vente de quelques effets et livres de son ami ; ft*", de la générosité de milord Maréchal , qui déposa , dans les mains de du Peyrpu, des fonds pour Jean- Jacques ^ ou plutôt pour sa Thérèse. ( Voyez l'article Georges Keith. )
a82 uiâToii^ Dz j**T. liimsEinr,
Il est probable que M. de Reugemont fut du noiobrà des personnes désignées. Ce sont les conjectures les plu» raisonnables qu'on puisse faire. En les supposant fondées^ elles ne prouvent pas que Jean-Jacques était plus riche qu'il ne le disait. Il l'aurait été s'il avait voulu recevoir ce qu'on voulait lui donner. Mais il poussa la sam^agerie jusqu'au point de rompre les engagements contractés entre duPeyrou et lui.
Dans là lettre inscrite sous le n^ 817 , Rousseau prie M. le maréchal de Luxembourg de faire porter des exemplaires d'Emile chez M. de Rougemont , me ilèau« bourg. Dans celle n^ 3a6 , il parle du même ,' pour un compte avec le maréchal. Dans une autre (û**452)> adressée II milord Maréchal, il est question de M. le conseiller Rougemont , qui demeure près de Motiers- Travers y et dont il' est reparlé dans une autre lettre y no 678.
Ainsi je présume qu'il j avait deux individus de ce nom 5 que l'un d'eux pouvait être banquier -à Paris , et permettre à du Peyrou de tirer sur lui des lettres-dechangc , dont Rousseau ne fit point d'usage y puiscfu'on voit , dans sa Correspondance , qu'il renvoie à son ami celles que Celui-ci lui avait fait passer.
Il y a, dans ces détails, des motifs pour fonder le» soupçons d'un ennemi , non pour justifier Hume de les avoir eus, et assez de faits pour les détruire. Voyez l'article Hume.
Rousseau. Nous avions un désir d'autant plus Vif d'avoir des renseignements certains sur la famille de l'auteur d'Emile, que nous savions que des démarches faites précédemment dans cette intention étaient res* tées sans résultat. Plus heureux , grâce à l'obligeance de
M. Mouchon, nous pouyons sttis&ire la cortosîtë. Voici la natke que nous, recevons et que bous transcrivons! littértlement. .
« La femille Rousseau à laquelle on doit^ean-Jacques, est trèfriancienne à Genève. Didier , fils d'Antoine Rousseau^ libraire à Paris, se retira à Genève en iSagCi), vers, le commencement dés guerres de religion : il y exerça la même profession que son père, et fut admis , en i555, à l'honneur de la bourgeoisie. Didier était a;ieul de Jean Rousseau, qui, par une faveur en usage à Genève, fiit exempté de l'impôt des gardes , pour avoir eu, d'un seul mariage, seize enfants (dont six garçons) qui tous vivaient en i554 (î).
» Deux seulement eurent postérité : c'étaient David et Noé, •
» David fut père d'Isaac Rousseau,né en i6Ço, duquel, «n 1712, naquit Jean- Sacques* En lui, faute de renseignements inutilement recherchés, a paru s'éteindre en 177B, à Ermenonville, cette branche de la famille.
» Celle de Noé Rousseau a été plus heureuse : à lui succédèrent Jacques et Jean-François»
Rousseau ( Jacques) y natif de Genève ^cousin de Jean- Jacques , quitta sa patrie en 1 708 , dans le dessein de
(1) Cest l'année où te tint la diète de Spire dans laquelle on fit un décret peu favorable aux luthériens. L'électeur de Brandebourg et plusieurs autres princes protestèrent contre ce décret : démarche qui leur fit donner le nom de prvtestants, et par la suite on le donna à tous les réformés. Il y avait à peine douze ans que la réforniatiop était commencée. /
(a) Rousseau dit au commencement de ses Confessions , que le bien de son aïeul fut partagé entre quinze enfants; ainsi Didier éleva cette nombreuse famille, à Texception d'un seul.
!^4 HISTOIRE. D£ S.-J* RdOySEAV,
voya^et. U s attacha au service de M, Fabre, ambassàf dQur de Louis XIV à la cour dePopse. Son talent^ oommfr bijoutier et horlogèé , hii valut la confiance- de 'divert' souverains qili. se suocëdèrent sur le tr^ne de ^erse* Il se maria: en 17-37 , et mourut à Ispahan en i7S3 , à VÂge de 74 ans. Il eût. dé sa femme, Reine-de VEtoilCy fille d'un négociant lyonnais^, JeaurFrançois dont nous allons parler. .
B.0USSEAU ( Jean-Franc ois ), né à Ispahan le 16 octobre 17387 mort à Aleple 10. mai 1808. )1 commença par exercer, en 1773 , les fonctions d'agent de la compagnie des Indes à Bassora. Il fut nommé consul du roi de France dans cette ville , le 29 octobre 1781. .Retenu prisonnier par les Turcs pendant la guerre d'Egypte, il retourna exercer les fonctions de consul à Bassora, en 1802^. fut* ensuite nommé consul giénéral à Bagdad, le 27 février i8o5 , et paourut comme nous l'avons dit en
Ayant, dans une circonstance critique, sauvé beaucoup de Français, M. de Castries , ministre de la marine^ lui fit donner une gratification de cent mille francs. C'est probablement de ce Rousseau que parle M. de Corancèz dans le récit que nous avons rapporté page j263 du 1**" volume. Mais il paraîtrait que l'accident dont il rend compte , n'empêcha pas le gouvernement de le nommer consul en 1781. Il est vraisemblable qu'il séjourna plusieurs années h Paris , puisque sa femnie y acçoucba.d'un Hls.
Rousseau ( Jean-Bapiiste-Louis ) , fils du précédent , né à Paris le lo décembre 1780. Après avoir rempli plusieurs missions en Perse , il fut nommé consul général à Alep, le 28 octobre 1808, et le 7 septembre 181 4 9
lit. PARTIE. BI06rA1»HIÉ. aSS
côniul général à Bagdad ^ dont il ei^erce à présent les fonctions. U est co^'espondant de Tltisti tat.
» Jéan«-François ^ a«tre fils dé T9oé Roasseau , pendant un séjour de quatre 'mois que son cousin Jean-- Jacques ÎLl à Genève, en 1754, eut l'avantage de le posséder dans une maison qu'il habitait sur les bords du lac^ aujourd'hui maison et fabrique Petit aux EauX'P^ù^ès (i); ! . •
» J^n-François eut d^x fils, Jean et Théodore. » i**. Jean alla s'établir à Londres, où il mourut sans enfants. • Pendant le séjour de' Rousseau , dans l'année 1766^ en Angleterre, il y eut entre ces deux parents des relations passagères, dont il est fait mention dans V exposé de Hume et dans des lettres de Jean-Jacques , datées de Wootton.
» 2". Théodore correspondit davantage avec Jean-
JacqueS) Celui-ci lui écrivit un grand nombre de lettres,
et en particulier une à la mort de son père, en juillet
1763, qui fait partie de la correspondance imprimée
(n** 4i^)« ï^^ plupart de ces lettres ont été perdues ^.[on
/à conservé que les trois que l'on publie aujourd'hui,
H qui paraissent pour la première fois. La communica-
;ion en est due, ainsi que celle de la généalogie, d'après
àquelle est rédigée la présente notice , à M. Jean*-Fran-
^ois Rousseau , seul fils qu'ait laissé Théodore. Ce qui
existe aujourd'hui à Genève de la famille Rousseau ^ se
[■éduit à lui et à un très-jeune fils du nom de Ldnis-
Sdou^rd, unique rejeton dé cette famiUe;».
Rousseau (/iooc), père de Jean -Jacques, citoyen le Genève , horloger, né en 1680 , mort en 1745. Il
(a) La lettre inscrite sous le n° 69, est datée des Eaux-Vivei 1^54 (quoique , par une faute d^impression > il y ait lyôSJ.
!i86 HISTOIRE DE J.-l. AOVSSEÀU,
était fort habile dans sa profession; il fallait m'émè qu'j y fût célèbre, puisqu'il fut appelé à Constaittinopley. e^ devint horloger du séraiL II épousa Suzanne Bernard qu'il aimait et dont il était aimé depuisTenfanoe. Roua** seau faisant assez connaître l'un et l'autre , au commenrcement de ses Confessions, noua n'avons plus qu'à donner sur son père quelques renseignements qu'il n'a point laissés, et que M. Mouchon nous a transmis.
« Rousseau a toujours cherché k honorer la mém<^re de son père, il le pei&t toujoui's comme bon et sensible; il paraît cependant qu'il fut sévère jusqu'à la dureté; La mie Jacqueline (i) rapportait que le petit Jean^ Jacques ayant eu le malheur de dééhirer ce qu'elle appelait plaisamment son atrin {atrium latinitatis, petit livre d'éléments), il fut condamné à être enfermé pen*^ dant plusieurs jours dans un galetas ou il recevait probablement une correction journalière. La bonne Jac* queline fut, peuplant ce temps, son unique consolatrice. Quoiq^e ce châtiment, pour une^étourderie, fèt excessif, Rousseau ne rappelle pas ce fait, quoique certain* Son bon cœur, sa tendresse filiale. ne lui retracent rien •de la grande sévérité de son père; il ne se souvient que de ses bontés. Elles ne se sont guère manifestées dans l'insouciance qu'il montra sur le sort de son fils, du moment où il se retira à Nyon. Pourquoi nulle marque d'intérêt, nulle intervention de sa part, à une auss: petite distance, auprès de ses différents maîtres, et ec particulier,' auprès de ce farouche du Commun , dont Jèan-Jacques essuya tant de mauvais traitements?»
Isaac Rousseau eut, en 1720, une querelle avec uc
(i) Nom que donnait Tean-ïacques à sa nourrice , madame Banet. ( Voyez ce nom.)
m* PARTIE. BIOGRAPHIX. ^g»
capitaine suiâse, au service de France'^ qui l'avait insulté , et qui appartenait à, une famille comidérable de la ville. Il propos vainen^ent à. cet officier de mettre J'ëpëe à la nxain^ Isaâc fut dénoncé par son adversaire , et forcé de s'expatrier. Cette aventure renversa sa petite fortune^ et changea totalement la destination de JeanJacques.
Rousseau {Jean-Jacques) (i).
Nous avons partagé Terreur commune sur l'époque de la naissance de Jean-Jacques; erreur d'autant plus inévitable, qu'il en était la cause. H Croyait être né le 4 juillet 171a , et lui-même le dit dans une lettre à madame de La .Tour Franqueville , datée du 27 janvier 1763. (370.)
Voici l'extrait du registre sur lequel il est inscrit.
« Le 28 juin 1 7 1 2 est né un (ils à Isaac Rousseau et » à Suzanne Bernard ; lequel a été présenté au baptême » par Jean-Jacques Valençon, et baptisé le 4 juillet à » Saint Pierre par spçctable (2) Senebier ».
Il paraît que Rousseau prit le jour de son baptême pour celui de sa naissance.
Il ne vint point au monde dans Ift maison paternelle ^ mais dans un autre quartier et pendant une visite que faisait sa mère, qui fut surprise par les douleurs et mourut dans l'accouchement. Voici les renseignements que nous donite M. Moucbon à ce sujet :
(i) NoiUAVoot dk, fêge 3 d« c« voluine» le motif pour lequel nous ^tipQS oblige de consacrer à Jeaii-Jac(iues un article dans la Biographie de ses contemporains.
(a) Spectable éuit un mot consacré aux ministres du Saint Evan- ^le. Les mots respectable ou vénérable ne rendent pas l'idée qo^on attachait à celui de spectable qui ne s'appliquait qu'à cette èlasse.
UB8 UISTOiaS DE J.*J. ROVSft£AV,
« La désignation de Saint-Pierre pour le temple où » fut baptisé B.ousseau doit faire élever dans Genève one 9 question assez semblable (quoique sous un rapport » moins étendu et sans doute moins sérieux) à celle » pour laquelle il j eut autrefois grande rivalité entre » quelques yilles de la Grèce qui se disputaient le ber- » ceau d'Homère. J.-J. Rousiseau est-il bien né dans la . 9 rue du quartier de Saint-Gervais à laquelle on a donné ' 9 son nom et où se trouve la maison indiquée par une 9 inscription, comme lieu de sa naissance? Où bien est- 9 il né dai^s la paroisse de Saint-Pierre , où il a été bap- » tisé y paroi^e trop distante de l'autre pour croire que » lesparenSy sans cette circonstance, s'en fussent éloi- 9 gnés, contre l'usage , pour aller remplir cette cérémo- » nie ? Cette question paraîtrait décidée par une tradi- 9 tion suivant laquelle la mère de Rousseau , se trou- .» vant dans la Grand' Rue en visite chez madame Ber* 9 nard, sa sœur, y aurait été surprise par les premières 9 douleurs de l'enfantement et y aurait donné le jour à 9 l'enfant qui devait lui coûter la vie , et éprouver ainsi » lui-même le premier malheur de la sienne. Ce fut 9 donc sous de si tristes auspices que Rousseau reçut 9 cette débile existence qui, cependant ^ devait exercer » une «si puissante influence sur son siècle et sur la pos- 9 térité ; ce fut sous le lugubre appareil du c^cu^il de » son intéressante mère que le berceau du petit Jeani> Jacques dut être transporté à Saint-Gervais dans la » maison paternelle. Que ce quartier se console donc.s'il p perd l'avantage dont il s'honorait d'avoir vu naître 9 J.-J. Rousseau, il lui restera toujours celui, non moins • 9 précieux , d'avoir été le séjour de ses premières an* 9 nées et le théâtre des nslïves et riantes scènes de son 9 enfance , qu'il a rappelées et dépeintes ^ avec tant de
m. PIRTIE. BIOGRAPHIE... 289
J^ chairmes , ainsi que celles de Bossey, dans ses Gonfes- » sioiïSft Ce fut encore dans ce quartier de Saint-Gervais, » près de la fontaine de la place, que son père, pénétré » de la plus vive émotion , mit sous ses yeux et impri- 9 ma dans son jeune cœur , le touchant tableau d'une » fête genevoise que ce peintre inimitable du sentiment » a reproduit , dans sa lettre sur les spectacles ; avec » des couleurs si vives et si attendrissantes, que tout bon » Genevois , tout homme sensible ne peut y jeter les j> yeux sans les sentir huïnides des plus douces larmes... 9 Ah! pourquoi' faut-îl qu*il n*y soit pas rentré, qu'il » n'y ait pas trouvé un asile dans cette patrie à laquelle » se rattachaient ses plus intéressants souvenirs et ses » plus douces espérances ; dans cette pattie qu'il chéi> rissait et vantait si fort que, suivant là^:^dile dédi- » cace qu'il lui adressa, il y trouvait tous leii «t^iients » et toutes les conditions du vrai bonheur sôcikl , et l^oC- » frait à toutes les nations pour modèle? Mais écartons D de tristes souvenirs et espérons que , sous les auspices i> d'un gouvernement vraiment libéral, dans là sage ac- » ception de ce mot} d'un gouvernement réparateur » des «torts dermicien, il sera érigé un jour dans Ge- » nève , à la mémoire du plus illustre de ses citoyens , n un monument digne de lui et semblable à celui que » Zurich a élevé à l'un des siens , au Théocrite de l'Hel- 9 vétie , Salomon Gesner. Tel serait un mausolée d'une » architecture simple et sans faste , comme l'était » l'homme dont il recevrait les cendres, si la nation » magnanime qui les possède daignait en faire , au lieu » de sa naissance , là généreuse restitution. »
Voici des stances très-remarquables sur la mort de J.-J. Rousseau : elles furent composées à Genève, en i']')S, par M. Reyhaz, alors ministre du saint Evangile, u. 19
2Qe HISTOIRE DE' S.-J. ROUSSEAU;
et depuis ministre de la république de Grcnève, à Paris, soius le Directoire.
11 n'est pIuB ce puissant génie , A qui la Iftngne des Français Doit sa chaleur, son énergie, La raison^ sa lo arche hardie > Et la liberté , ses succès.
Crrând -en morale » e* poliCtqae, Enchanteur quand il peint l'ain^ur , Orphée et Platon , tour-à-lour , Cest dans son cœur qu'est sa logique j Sa plume est un rayon du jour.
Abhorrant la doctrine impie Que les faux sages, d'aujourd'hui Osent nommer philosophie; Seul entre tous» fort sans appui, Il sapa leur affretti kystéme \ II. ne pensa que par lui-même ,
£t son siècle pensa par lui.
On Ta TU, par son éloquence , • Confondre, aux yeux de l'uni?ert, Des savants la fière ignorance j . .
Faire rougir, l'intolérance , Et montrer aux peuples leurs fers.
Quand il vit> au sein des lumières ,
Les lois complices des forfaits.
Des arts les faveurs meurtrières ,
Tous les maux , fruits de nos progrès ,
Il rendit l'homme à la nature ;
Et, sous son magique pinceau.
L'homme heureux, sans art, sans culture,
I^ous sembla créé de nouveau.
Respire enfin , tendre jeunesse , Et bénis ton libérateur ; C'est dans tes jeux , que la sagesse , Sous lui, va fleurir dans ton coeur;
Plus d'esclavage » plus de larmes.
Sa plume fit tomber les armes Aux tyrans de notre bonheur y L^enfance reprit tous ses charmes , Et Thomme connut sa grandeur.
Aussitôt Tardent fanatisme Aceourat, la crosse à la main , P6ur dénoncer au despotisme Le bienfaiteur du genre hamain ^
Les décrets, Tesil, les outrages, Jusq[ue sur nos ingrats rivages.
Poursuivirent son cœur flétri^ Hélas! il n'eut 0 dans ces orages.
Que sa vertu pour tout abri.
Cest ainsi que , par sou exemple,
Il prouva , conune en ses écrits.
Que, se rendre digne d^un temple^
C'est se dévouer au mépris.
Ah! quand lé sage instruit la terre,
Les préjugés lui font la guerre ^
On redoute, on fuit son flambeau.
N'est-il plus ? vaine récompense !
Le regret succède à l'offense ,
Et Ton pleure sur son- tombeau. ^
Pleures donc sur ses tristes restes , Talens, Tertos j prenez le deuil $ Mais TOUS, respectez son cercueil.
Beaux arts ^ sur ses cendres modestes Craignez d'étaler votre orgueil.
Ou si notre siècle, peut-être, Ne sait pas encCM* t'boaorer.
Avec tes écrits, 6 mon maitrel Seul ,. j 'irai m'instruire et pleurer.
J'invoquerai , pour t'admirer , Une postérité plus sage Qui, par un immortel hommage, Soit digne de te célébrer.
2Q'l HISTOIRE DE J.-J* ROUSSEAIT:;
On trouvera, à la suite de la lettre du a4 octobre 1 762 (Voy. lettres inédites^ IV* part.), des détails pileins d'intërét sur Rousseau. Nous avions le projet de les insérer ici, mais ils sont mieux placés après la lettre en question , dont ils paraissent inséparables.
Rousseau ( madame), nourrice de d'Aiembert , qui logeait chez elle deux jansénistes que Jean-Jacques appelle les enfants de Melchisedech.
RoussELOT, 1744» cuisinier de l'ambassade française à Venise , qui cause à Rousseau , dans le moHient de sa plus grande détresse , une perte de deux cents Crânes. C. ,1.VIL
RousTAN { Jacques- Antoine) ^ né à Genève en 1734. Régent de quatrième en 1761 , puis pasteur. Critique Rousseau dans un ouvrage intitulé : Offrandes aux autels et à la patrie , in-8° ; et ensuite la profession de foi du Vicaire savoyard. ( i35, 164,2^5, 242, 275, 711.)
Rosier ( Tabbé ) , prieur de Nanteuil , né à Lyon en 1734, tué par une bombe, le 29 septembre 1793,' pendant' le^iège de Lyon. Il fît et rassembla beaucoup de mémoires et d'observations sur l'agriculture. 11 était des herborisations que Jean Jacques fit à Lyon avec M. de la Tourette. Rousseau en fait l'éloge dans la lettre inscrite sous le n*^ 824. V. les lettres sur la botanique à M. de la Tourette.
RuLHiEREs {Claude-Caroman àe)yné en 1.735, dans le village de B6n4y , près Paris, était fils d'un inspecteur de la gendarmerie. Il servit pendant dix ans dans les gendarmes de la garde • il fut aide de camp du maréchal de Richelieu pendant deux ans. Il accompagna en 1760, en qualité de secrétaire de l'ambassade, M. de
Breteuil qui venait d'être nommé ambassadeur en Russie. Il y fut témoin de la révolution qui précipita Pierre III du trône de Riissip pour y placer son épouse , la célèbre Catherine IL
A son retour la comtesse d'Egmont, fille du maréchal ' de /?K?fee/rei/ , l'engagea à écrire le récit des événements : de là ses anecdotes sur la rësfohàion de Russie 'en 17612.
Monsieur le nomma secaétaire de ses commandements et lui fit obtenir la' permission de puiser dans les dépots des affaires étrangères tous les matériaux nécessaires pour l'histoire de l'anarchie de Pologne.
A son retour de Russie il quitta la carrière militaire , le 9 juin L765. En 1 776 il fit, de son propre mouvement, un voyage en Pologne pour y chercher des renseignements certains , ayant le projet d'écrire son histoire de t anarchie de Pologne : chef-d'œuvre qu'on regrette et qu'on s'étonne de ne pas voir fini, puisque Rulhières y travailla pendant vingt-deux ans. En 1 787 il remplaça l'abbé de Boismont à l'Académie française , quoiqu'il n'eut encore publié que ses Epîtres sur les disputes. Il était chargé de faire la liste des gens de lettres que 'M. de Breteuil invitait une fois par semaine à dîner. Il possédait une très-jolie maison de campagne qu'il avait fait bâtir sur la Seine , au-dessus de Saint-Denis. M. de Breteuil lui avait accordé la survivance du gouverne^ ment de la Samaritaine ^ qui valait 5 à 6000 fr. de rente. C'était un plaisant gouvernement que celui-là.
En 1 819 on a fait une belle édition de ses œuvres. M. Auguis en est l'éditeur.
Nous avons rapporté , pages 189 et 2i3 du premier volume , d'après Dusaulx , les ri^ports qu'eut Rulhièrrs^ avec Jean-Jacques , dont il voulait faire un personnage^
294 HISTOIRE DE J.-J. ttOUSSEAU,
de comédie, le Méfiant (i). Son but en venant visiter Rousseau était d'en entretenir le soir les cercles dan'g lesquels il brillait. Mais k Paris il fallait alors changer souvent de conversation, et la ressource qu'ofifrait Fauteur d'£niile à Rulhières devait s'ëpuiset promptcment. Aussi cette liaison eut peu de durée. Il inspira cependant assez de confiance à son Méfiant pour en obtenir le manuscrit des Confessions que le prince royal de Suède voulait lire. Ainsi Rulhièresi/aisait doublement sa cour aux dépens de Rousseau qui fournissait à tout. Rulhières mourut d'ua squire^ le 3o janvier 1791.
Sabattier (N. ), ^7^4'? nojnmé dan* une lettre à M. Deieyre , sans aucune particularité. ( 470. )
Sabran (M. et Madame), couple d'intrigants avec lequel Rousseau se rend d'Annecy à Turin en 1728. Grâces k leurs soins , il arrive dans cette ville , sans habits ^ sans argent et sans linge. C. 1. II.
SAmr-BouRGEOis (M. ) , 1 765 , personnage qui adresse k Jeau-Jacques une lettre remplie de leçons y et reçoit une réponse pleine d'ironies piquantes ( 543 )•
Saint-BrïsSon. Voyez Seguier.
Saint-Cyr (M. de), 1744? Français qui était k Venise en même temps que Rousseau et dans l'intimité de ce dernier. C. 1. VIL
Saint-Florentin (le comte de), 1759, ministre successeur de M. d'Argenson , de qui Rousseau réclame inutilement justice. C. J. X ( 179).
Saint-Germain (Anglancier de), ancien militaire retiré dans . le Dauphiné , avec lequel Jean-Jacques eut
(i) Voyez page 33g, ilu tome V^^ ce que dit Bernardin de Saint- Pierre et de la pièce et de Tauteur.
ni. PARTIE. BIOGRAPHIE. ^9^
des relations dont nous ayons rendu coiâpte, 1. 1, p. i-jo
Saiwt-Lambebt ( JV. ) , né aNancy le 1 6 décembre 1716, ^lort le 9 février i8o3. Il voulut mettre en Jeu Fautorité contre Clément , auteur d'une critique de son poème des Saisons. On trouva que ce moyen n'était ni d'un homme supérieur , ni d'un philosophe. Cependant le poète irascible surprit la religion d'un homme puissant , qui rougit bientôt de sa faiblesse , et fit révoquer la lettre de cachet qu^il avait obtenue à la sollicitation de Saint- Lambert.
Il termina sa carrière poétique par un ouvrage en prose , intitulé : Le Catéchisme universel ^ ou les Prinr cipes des Mœurs chez toutes les Nations. « Son début , » dit Palissot , est une analyse de l'homme qui ne pré- » sente guère que des idées communes 5 mais., grâces à » J.^. Rousseau , dont M. de Saint-Lambert , sans le » citer jamais , et même en le traitant très-darement , a » emprunté ce qu'on y trouve de mieux, l'analyse de » la femme est beaucoup plus piquante... On est étonné , yt de son acharnement contre Jean-Jacques , qui lui a » constamment témoigné de l'amitié , et qui en parlo^ » avec éloge jusque dans ses Confessions* Non-seule- » ment il lui fait , sans le citer , de fréquents larcins , » mais il lui attribue des opinions qu'il n'a jamais eues. » Il finit même , dans un chapitre sur l'ingratitude y » pfir faire de lui , sous le nom de Çleon , le portrait » lé plus odieux. » En supposant <jue l'application <jue fait Palissot soit fondée , plusieurs circonstances peuvent expliquer la conduite de Saint-Lambert } mais aucune ne l'excuse.
2g6 HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU,
I o. Sa haine contre Jean-Jacques aurait eu pour cause première la jalousie. Saint-Lambert était extrêmement jaloux de madame d'Houdetot : lorsque, en 1798 , cette dernière célébra avec son mari la cinquantième année de. leur mariage , M. de Saint-Lambert eut une humeur remarquable et remarquée par tous les convives. Or , la mariée avait soixante-dix ans , le mari quatre-vingt» et V amant jaloujû quatre-vingt-quatre. A cette même époque , madame d'Houdetot avait chez elle mademoiselle B..t.., (depuis madame Ch ) L'amitié que la première témoignait à la seconde , les soins qu elle lui donnait , ses attentions , étaient autant de coups de poignard pour Saint-Lambert. S'il était encore si jaloux ^ quatre-vingt-quatre ans , qu'avait-il dû être quarante ans auparavant , et dans le temps de la passion de J. - J. Rousseau pour madame d'Houdetot ? quel effet durent produire sur lui ces paroles , adressées à Rousseau : Jarjfiais homme naima comme vous y mon cœur ne saur$iit aimçr deux fois , et SairU-Lambert nous écoute,
2<>« La seconde cause de cette haine aurait été le peu
de rapport entre le caractère de Jean-Jacques et celui de
Saint-Lambert , leurs opinions , et la supériorité du
f>remier sur le second. L'un fuyait le monde , dont il
* ' . n'avait aucun usage } l'autre en avait beaucoup et s'y
plaisait (i).
Les principes développés dans le Cathéckisme unL s^ersel sont que les vices et les vertus n& doivent passer
(1) Je doute delà jastessederapplicalion faite parPalissot. Saint- Lambert n^a jamais rieo écrit coDlre Jean-Jacques y et il gardait toujours le silence lorsqu^on parlait de lui. Il a pu U piller j c^esl w^ |iQinmage au talent , une preuve d^esti^iç.
que pour des affaires de convention , et que ces convèiitions et notre intérêt personnel forment notre conscience. Certes il y a loin de ces principes à ceux dé l'auteui: S!Emile.
Saint-Lambert fit toujours sa cour aux grands , à ceux qui avaient du pouvoir , même en littérature ; et l'espèce de culte qu'il rendit à Voltaire , à cjui , sans hésiter , il sacrifia Gorneille et Racine ( i ) , en est une preuve. Pour plaire à Voltaire , il fallait se bien garder de faire ca's de Rousseau j et quand y à cette époque y on était homme de lettres , il fallait choisir entre les deux.
Saint-Lambert est un des athées les plus déterminés du dix-huitième siècle ; circonstance qui achève de prouver qu'il n'y avait aucune conformité entre ces deux écrivains , dont l'un vivra plus que l'autre dans la mémoire des hommes.
. Voici dans quels termes madame du Deffand'et son ami Horace Walpole parlent de Saint-Lambert :
« Je ne vous enverrai point Saint-Lambert ( lettre du i!2 ma^s 1769 ). Rien , selon mon goût , n'est plus fatstidieux , excepté huit vers que voici ( 3io , t. I ) :
Malheur à qui les Dieux accordent de longs jours! Consumé de douleurs vers la fin de leurs cours , Il voit dans le tombeau ses amis disparaître Et les êtres qu'il aime arrachés à son être. Il Tott autour de lui tout périr, tout changer: A la race nouvelle il se croit étranger. . Et quand là ses regards la lumière est ravie. Il n^a plus, en mourant , à perdre que la vie.
» Rien n'est si beau , à mon avis , que cette peinture
(1) Par ce vers, uainqueur des deux riyaux qui régnent sur la
ticènç.
de la vieillesse ( i ). J'aurais voulu que les expressions du quatrième vers eussent été plus simples ^ mais, le mot être est du style à la mode. Ce Saint^Lambert est un esprit froid , fade et faux : il croit regorger d'idées , et c'est la stérilité méme^ et, sans les roseaux, les ruis^ seaux , les ormeaux et leurs rameaux , il aurait bien peu de choses à dire. »
Walpole , dans sa réponse à madame du Dcffand , çst beaucoup plus rigomeux , et traite bien plus mal les Saisons : « A.h ! dit-il , que vous en parler avec justesse ! le plat ouvrage ! point de suite , point d'imagination ^ une philosophÎQ froide et déplacée 2 un berger et une bergère qui reviennent k tous moments ^ des apostrophes sans cosse^ tantôt au bon Dieu, tantôt kBacchus ; les mœurs et les usages d'aucun pays ; en un mot , c'est l'Arcadie encyclopédique. On voit deS pasteurs , le dictionnaire à la main , qui cherchent l'article tonnerre , pour entendre ce qu'ils disent eux-mêmes d'une j;empête. Vous avez trouvé huit vers à votre usage , en voici un qui m'a frappé , moi :
Fatigué de sentir , il parait insensible.
» Quant aux Contes Orientaux qui suivent les Saisons, ce sont.des épigrammes en brodequins. Je persiste à dire que le mauvais goût qui précède le bon goût est préférable à celui qui lui succède. » Madame du Deffand , dans sa réplique, dit à Walpole que son analyse a
(i) Madame du Deffand en parlait par expérience. Madame d'Houdetot prenait mieux son parti et subissait de bonne grâce le joug de la nécessité. Sa manière d'envisager la vieillesse et celle de Saint- Lambert , dans l'intimité duquel elle vécut pendant un demi-siècle , forment un contraste singulier. Voyez rarticlç H^udetotf où ce» ver» sont rapportés.
âëbrouillë tout ce qu'elle pensait des Saisons. « C'est un froid ouvrage , dit-elle , et l'auteur un plus froid personnage. Les Beauvau se sont faits ses Mécènes : ah ! qu'il y a de gens de village et de trompettes de bois ! Peut-être y a - t - il encore quelques gens d'esprit , mais pour des gens de goût , de bobs juges ^ il n'y eii a point. » . * i
Jean-Jacques estimait Saint -Lambert-, s'en croyait estimé , et tint toujours sur lui un langage «honorable pour tous les deux. Conf. 1. IX , X. ( 148 , i5î2. )
Saint-Laurent ( Victor-Amédée Chappelle , comte de), né à Bourg-Saint-Maurice en Savoie, fut intendant, puis contrôleur- général des finances de la cour dé Turin. Il loua à madame de Warens une maison qii'il possédait à Chambéry. Conf. 1. V.
Sainte-Marie (BoNNOT de), 1740, nom de l'un des deux enfants de M. de Mably, grand-prévôt de Lyon, qui confia leur éducation à Jean-Jacques y il avait de 8 à 9 ans et son frère Condillac était plus jeune encore. Rousseau ne passa qu'une année avec eux. On n'a jamais entendu parler de l'un ni de l'autre. Conf. 1. VI.
Saint-Martin, 1761 /attaché au service de la maréchale de Luxembourg , qu'il vola, (^56.)
Saint-Non (l'abbé de) est recommandé par Jean- Jacques à M. Vernes. ( 194, 748» )
Saint-Pierre ( CharUs-Irénée Castel de ), né en 1 658, mort en 1743» Rousseau le conniit en 1742 chez madame Dupin , dont l'abbé de St-Pierre était V enfant gâté. Mais il eut plus de rapports avec. son neveu, le comte de St-Pierre, qui le chargea de revoir les manuscrits deson oncle, pour en tirer parti. Jean- Jacques rend compte de ce projet dans le IX** 1. des Confessions.
3oO HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU,
Saint-Pierre ( Jacques -• Herin- Bernardin de )j né en ï 737, mort en 181 4 > d'im père qui croyait descendre d'Ëustache de Saint -Pierre , maire de Calais , célèbre par son dévouement. Jje souvenir d'une pareille illustration ne se transmet guère dans les familles sans être accompagné des nobles sentiments qui en furent la cause ou le mobile , ni sans l'idée que les mêmes devoirs sont imposés.
Bernardin de Saint-Pierre a laissé des preuves incontestables de son estime , de son respect , de son admiration même pour Jean-Jacques. Nous en avons rapporté une partie ( 1. 1 , p. 2!ii et suivantes ) , celle qui se trouve dans les œuvres posthumes de cet aimable écrivain , comme moins connue que les autres. Il vécut pendant plusieurs années dans l'intimité de l'auteur d'Emile. Il l'étudiait , et , le trouvant toujours simple , toujours vrai y il finit par s'attacher à lui. Il n'avait aucun intérêt à louer Rousseau par ces détails que l'imagination la plus adulatrice ne saurait inventer. Doué lui-même de grands talents , il sut apprécier ceux de JeaurJacques , et , le plaçant à côté de Fénélon , parce qu'il aima les hommes «omme Fénélon les avait aimés, il les confondît tous les deux dans un monument commun , pour lequel il fit cette inscription :
A la gloire durable et pure De ceux dont le génie éclaira lea «rertuft», Combattit à la fois Terreur et les abus. Et tenta d^amener le siècle à la nature; Aux Jean-Jacques Rousseaux , aux François Fénélons,
J'ai dédié ce monument d^argile,
Que j'ai consacré par leurs noms •
Plus augustes que ceux de César etd^Acbille.
Ils ne sont point fameux par nos malheurs^
Us n'ont point , pauvres laboureurs , Ravi vos bœufs , ni vos javelles; Bergères y vos amants^ nourrissons ^ vos mamelles; Rois , les états où vous régnez^ Mais vous les comblerez de gloire.
Si vous donnez à leur mémoire Les pleurs (jùUls voua ont épargnés.
La nature des sentiments de Saint-Pîeire pour Rousseau n'est donc pas plus équivoque que l'expression. Il aviait en lui-même assez de mérite pour n'être point jaloux de celui des autres , et pour qu'on n'immolât point sur sa tombe les hommes de génie qui honorèrent leur siècle. Ce n'est donc pas sans nue juste surprise qu'on voit l'auteur de Y Essai sur la Vie et tes Ouvrages de Bernardin de SairU-Pierre , louer , aux dépens de Buffon et de Jean - Jacques , Saint - Pierre , qui , sans doute y aurait repoussé , avec une douloureuse indignation , un tel encens. C'est aux Cuvier , aux Lacépède , qu'il appartient de défendre Buffon (i) , et quant à Rousseau , nous laissons ce soin à Saint - Pierre luimême.
(i) Voyez l'article Buffon , dans cette Biographie. Rapportons aeulement un court passage de cet Essai, m Buffon , dit Fauteur , n explique Vunivers d'après les lois de sa physique , et les lois de t la providence lui restent inconnues. Son style plein de pompe et » d'barmonie , manque de nuances , de sensibilité et de douceur , n tandis que celui de Bernardin de Saint-Pierre , simple comme la » nature , semble destiné à ia peindre dans sa grâce et dans sa subli- 21 mité ! Toute la force de fauteur des études vient de conviction j c'est » parcç qu^il y a un Dieu qu^il est. Cloquent ». U n'y a pas beaucoup d'adresse à parler de la physique de Buffon , parce qu'on ifait songer à celle de Saint-Pierre. Ses systèmes et son expérience contre le mtouvement de la terre , pour expliqua les marées , le flux et reflux sont -connus etjugefs, bes erreurs de Buffon étaient celle#du génie.
30'^ UISTOIRS D£ J.-J. HOUSSRAU,
« Jean-Jacques ^ dit l'auteur de VsJSssai (i)ycxnt en » Dieu., sans y mettre sa confiance^ il aima la vertu » sans y croire, et la vérité en prêtant sa voix au
» mensonge Saint-Pierre admirait Téclat et la force
» entraînante de ses écrits , mais il condamnait ses » paradoxes , et l'on peut dij:« qu'il ne cessa de les D combattre.
» Quant II la raison , k la vérité, à la sagesse^ j'en » vois bien les noms dans les éérits de Rousseau , mais
» J'en cherche en vain les effets Il méprise les hom-
» mes , que Saint-Pierre veut éclairer. Ce qu'il soutient » le mieux , c'est Terreur j ce qu'il redoute le plus , » c'est la vérité. La résistance blesse son orgueil ; il ne » sait rien apprendre d'elle. ïl faut que son adversaire » tombe à ses pieds , qu'il reste muet d'admiration ^ ou » qu'il meure de honte.
» Jean-Jacques , dit Bernardin de Saint-Pierre , s'est i> décidé en faveur de la religion chrétienne à cause de » la sublimité de sa morale et du caractère divin qu'il » entrevoit dans son auteur. Il parle de la Providence » avec enthousiasme , avec amour (2).
Il a deriné la nature : c^eH-à-4ire qu'il prétendii que des espèce» quUl indiqaait avaient dû eûslei*^ autrement qu'il y aurait iaterfuptioD dans la dialoe des êtres. Ces espèces se sont retrouvées depuis. Encore uoe fois c'est à ses successeurs, à ses hériùers> à ses rivaux à parler de lui. Quoique ya n'aie nonmé quie Jean^Jacqne» et Bnffon comme iminolés à Saint* Pierre, je dois dire <|u'Aristota , Fline et Sénèque sont au nombre des victimes. C'est une^véritable kécatombe. Voyez l'Essai , t. I , <^s œuvres de Saini-Piearre , P.-19S et suivantes.
(1) Pages 199 et suivantes»
(a] A l'exception de cette première phrase , qu'on retrouvera à Farticle Yfltaire, dans le parallèle de celte* homme célèbre et de
« Le plaisir disparaissait pour fti dès qa'il était en ») opposition avec quelque vertu. Son âme élevée à la » vertu , et frappée par l'adversité , devint supérieure » k la fortune. On l'a taxé d'wgueil ^ mais ce sont les » orgueilleux qui taxent d*orgueil. L'orgueilleux est V celui ^ui cherche à subjuguer ^ et Rousseau ^ solitaire , » sans ambition et sans fortune , ne voulut que vivre
» libre Il était fier , niais il l'était paiement avec
» tous les hommes , n'y trouvant de différence que la » verttt.>. Il fuyait bien sincèrement la vanité ; il rap- » portait sa réputation , non à sa personne , mais à » quelques vérités naturelles répandues dans ses écrits.
V II m'est arrivé plus d'une fois de combattre quel- » ques-ûnes de ses opinions. Loin de le trouver mau- » vais^ il convenait avec plaisir de son erreur , dès que » )e la lui faisais connaître.
» Partout on le voit oublier ses propres maux , » pour ne s'occuper que de ceux du genre humain. » Partout il est le défenseur de ses. droits et l'avocat » des malheureux.
» Il n'y avait pas d'homme plus conséquent avec ses » principes; mais souvent un homme passe pour in- 9> Constant par la raison que tout change autour de lui ^ sr et qu'il ne change pas lui-même. ».
Il est rare de voir si peu d'accord entre un historien et le personnage dont il écrit la vie. Les démentis donnés par Bernardin de Saint-Pierre à son biographe , ne sont cottàas du public que parce que ce derôier les a fait imprimer. Les avait-il lus ? les a-t-il oubliés ?
Rousseau par Saint-Pierre , toutes les autres sont de l'extrait rapl^orté , 1. 1 , p. aîG et suiv. de cet ouvrage.
3o4 BISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU ^
Saint-Priest (M^de), 1770, nommé sans aacune particularité dans la lettre inscrite sous le n^* 910.
Saint-Rieux (le comte de)^ 1782, de la connaissance de madame de Warens; nommé seulen^ent dans une lettre (7)..
Saladin (madame)) 1764* ^ est question ^^ dans le XIP liv. des Confessions ) de madame Saladin. J'ignore si c'est la femme de Jean-Louis Saladin , né à Genève eb 1701 , qui détermina^ en 1787 ,1e cardinal de Fleur y à offrir la médiation de la France, de concert avec les cantons de Zurich et de Berne, pour terminer les divisions de Genève, dont Rousseau parle, souvent dans sa correspondance. Il mourut en 1784* Madame Saladin est celle à qui l'abbé de Mably avait adressé la lettre qui fait le sujet de celle inscrite sous le n» 548. -
S ALLIER {Claude) y prStre, garde de la bibliothèque du Roi, membre de l'Académie française et de celle des Inscriptions , né en 1687, mort en 1761. Rousseau le connut chez madame Dupin. G. 1. YII.
Salomon, médecin à Chambéry, 1786, grand cartésien, très-instruit, dont Rousseau faisait beaucoup de cas, et qui ne fut pas inutile k son instruction. C. 1. YI.
Sandoz (1762 , 65). Il est question , soit dans les Confessions , soit dans la Correspondance , de deux personnes de ce nom. La première est l'hôte de Brot, qui s'adresse à Jean-Jacques , pour obtenir une faveur du roi de Prusse, par4'intermédiaire demilord Maréchal, et qui l'obtient. C. l.TXII.
La seconde est madame la générale Sandoz , qui était de Hollande^ et à qui Jean-Jacques écrit une lettre (n° 565). Elle est nommée dans une autre lettre avec des expressions d'intérêt (677 ).
Sartine ( Antoine- Raimond-Jean-Gualbert- Gabriel de), fut lieutenant de police, depuis le 22 novembre i nSg jusqu'au mois de mai 1774. Il se distingua dans Texer-: cice de ses fonctions par sa vigilance et sa fermeté. Il empêcha Jean-Jacques, à la sollicitation de madame d'Epinay, de lire ses Confessions, tom. I, pag. 209. (297,783,942, 948,)
Saurin {Joseph), né en lôSg, mort en 1737. Rousseau en parle une fois et paraît ne pas douter de se» torts envers Jean-Baptiste Rousseau. C. 1. VIII.
Saurin {Bernard- Joseph), fils du précédent, mort à Paris, en 1781, auteur àe Spartacus , Barnevelt , etc. Rousseau le connut chez madame de Créquy. C. 1. VIII.
Sauttern, 1763. Nom qu'avait pris un strasbourgeois nommé Sauttersheim, et dont Jean-Jacques s'engoua. Ç. 1. XII (465, 473). Il donne quelques détails sur cet aventurier dans une lettre ( 5oo ).
Saxe-Gotha, 1749, prince allemand, dont il est question dans les Confessions, 1. VIII, XII.
Sgheyb, secrétaire des états de la Basse-Autriche, 1756, demande à Rousseau des louanges pour ses souverains et reçoit une réponse très-remarquable , inscrite sous le n<> 107.
Sgrlieben, 1 765 , visite Rousseau de la part du prince de Wirtemberg (558).
ScHOMBERG (le comle de), 1750, parent du comte de Frièse, amène Grimm en France. C. 1. VIII. **
ScHULTHEss, 1764, musicieu nommé dans la lettre n°443.
ScoTTi ( marquis) , 1743 , frère du favori de la reine d'Espagne, dçvient Tennemi de- Rousseau, parce que
3o6 HISTOIRE DE S.'f^ MttSètÀV ^
ceh£»-ei ûe r^t pas l'^xetfipter de player un àtéit qu'il devwi. &LV1I. (3150
S£gvt (Joseph) y né eu i6Sg^, mon éû i^i, donnu pfiT quelque^ sfirxttons, des discôufs , et pat^ sa beRe ëditrou dtf porète Kcrttsàeavt ^ vôjrail , en 174$, Jean- Jacques f qui en parle àu commencement du huitième livre des CTonfessions.
l$£Gûi£ft ( Jéàfi'f*rançôù) y ne ^ Nemours au commencement du dernier siècle ^ connu par deux ouvrages sur la botanique , était , en 1 769 , 6n côtrespondancé avec Jean-Jacquet , à qui il envoyâiit des plantes (86g).
Seôuier (dé Sditii'Srisson) y l'jôa, oflScier autégiment du Xii^^u^hi, qui , voyant la préférence que sa mère doânâh à son frèife aîné , voulut quittefr le service ei la BAftisoâf paMfnellè poiiir ée faire menai^siér. Kousseau :racc>nte dans les C]onfes9k)fis commet il parvint à le faire renoncer à ce projet, et l'on voit dana sa cortesfonàxûte deux lettres très - remarquables à ce sujets G. L XII. (478,54îi.)
Sellon C^*) 7 résident de Genève à Paris, en 175g, dont se servit Rousseau pour faire remettre à M. de Saint-Florentin un mémoire relatif au Dessin du village, C. 1.x. (179.)
. SENEBiER^iV.), ministre du Saint-Évangile , et biUiothécaire de la république de Genève^ Quoique compatriote et contemporain de Rousseau , M. Senebier^ dans son ftistoire littéraire de Genève (tome IIl y page ^Sa) , dit qu'il n'eut jamais de relation avec lui ; et nous aurions pu l'omettre dan^ cette biographie * maid , comme il a /2i^^ l'auteur d'Emile, et^ dans son jugement, Commis beatucôinp d'erreurs , il importé de les signaler. Il annonce l'éspôir de mécontenter également et le» partisans et les
UI« FAUTIC. BI0GRAPR1X. S^n
âétracteiivs. de Hoiis9âa«« Cet espmi est une ptétention ^ et je ne doute piK qu^elte A'aét influé sur son jugement; £a f 800 , fallaî roir M. Senelner en me rendant ^n Italie. Je f\i»éioaaé àe son laMigffge si»? l'aivtettr d'tmile , et du ton qu^il fvit pour me dirr que les Fnmçais aimaient beaucoup fias Reusaeamque les Géne^^ois^ Il y avait dans ce ton quelque chose d'aigre^ du persiflage , je ne sais quoi d'un bonnne piqué , et qui me fit d*»utant plus d'impression, que M* Scncbier arait, ou du moins me parut avoir , car je ne Fai vu que deux foi& , beaucoup de douceur et d'aménité dan& les^ manières.
Dans la positioft où se trouvait M. Senebier , par sa procession y c'est-â-dire comme ministre ; il a peut-être tenu lé langage dont tes convenances lui faisaient un devoir. Peut-être, enccyre , y a-t-il eu , pendant les troubles de Genève, des circonstances qui eurent sur son esprit une influence occulte et sans cesse agissante. Je Fignore ; jie le suppose , et je fais toutes les concessions que prescrivent ces considérations pcrissantes. J'accorde encore , et c'est beaucoup , que M. Senebier eut asses de forte ée tète et de capacité pour avoir le droit de dire que le Contrat s^ocial était une absurdité de plus ( 1 ). C'est tme affaire de goût, et les ouvtages de ce juge sévère expliquent suffisamment sa pensée, et motivent sa rigoureuse sentence. Mais ]e ne puis étendre mes concessions aux erreurs de fait, et M. Senebier en commet un grand nombre; et , tout en annonçant qu'il ne veut qi/éfre vrai ^ il offense souvent la vérité.
I •. H parle du libelle de Rousseau contre David Hume, et l'on a vu ( p. 148 et suivantes de cette histoire) que Jean-Jacques nepublia pas un mot dans cette querelle; Ce
(0 Histoire littéraire de Genève, tome III , p. 96a.
ao.
3o6 HISTOIAE DE J.-J. ROUSSEAV ,
fut David qui fit imprimer la lettre que lui-même avait provoquée y et que M. Senebier traite de libelle.^
a°. Il appelle Finsolente lettre de Walpole , sous le pom de Frédéric , une lettre ingénieuse ; ce qui prouverait la tolérance de M. Senebier , si ce jugement singulier n'entraînait pas la condamnation de la partie plaignante.
3°. « Rousseau y dit-il , se brouilla avec M. Davenport » qui avait exercé à son égard Thospitalité de la ma- » nière la plus délicate. » Il se brouilla si peu , que , revenu en France , il forma le dessein de retourner chez son ancien hôte qui Vy invitait ; obtint un passeport pour exécuter ce projet ; dont les événements empêchèrent l'exécution. Plusieurs lettres le prouvent , entr'autres celle qui est inscrite dans la deuxième partie de cet ouvrage , sous le n° 855.
M. Senebier , dans sa notice , fait aller Jean-Jacques en Auvergne , et dans d'autres lieux où il n'a jamais mis le pied : circonstances peu importantes , mais dont l'inexactitude doit être remarquée en passant.
Il termine cette notice par un jugement sur la personne et les ouvrages de Rousseau, qui manifesta , ditil , un ojnourpropre excessif , et wie sensibilité extrêmement exaltée. Voilà les deux ressorts , ajoute-t-il , qui Vont toujours fait agir.,. Quant aux productions du célèbre Genevois , son compatriote s'exprime ainsi :. Ses sentiments brillants brûlent toujours. dans ses écrits., et embrasent ceux qui les lisent. Les lecteurs de M. Senebier sont , grâce à ses soins y à Vabri de la brâlure.
Sennegteree (marquis de), 1735, fils de l'ambassadeur de France à Turin , voit Jean-Jacques en passant par Chambéry 5 ils se retrouvent à Paris. C. 1. V.
m. PARTIE, biographie; 3o6
Serre ( mademoiselle) ', j eune persomie de Lyon * dont Bousseau devient amoureux , et qui paraît sensible à ses soins ; mais la raison les force à renoncer l'un à l'autre G.I. IV et VI. (g.)
Servaw (N.), avocat-^général au parlement de Grenoble, connu par son talent, a rendu compte dans ses Réfle:ciohs sur le» Confessions de ses rapporte avec Jean- Jacques. Il eut d'abord un grand désir de le voir et'fut refuse : c'est lui qui nous l'apprend. Rousseau étant venu chercher un asile dans le Dauphiné, il fit alors sa connaissance.
M. Servan fait le procès à ceux qui publient des confessions , des mémoires , des correspondances : il parle en avocat-général. Son opinion peut être soutenue : mais il ne s'agit plus de savoir si l'on aurait mieux fait de brûler les confessions , les rêveries, les lettres, que de les rendre publiques. Elles existent; on ne peut plus les détruire. Contiennent-elles le mensonge ou la vérité? telle est la question.
M. Servan paraît fort mal instruit, quoiqu'il cite toujours quelque personnage^ort estimable qu'il ne nomme point. Son nom serait inutile : les faits parlent : prouvons.
i**. Il fait de Thé venin un homme simple et de bonne ' foi, qui jadis avait réellement prêté neuf francs à.quelqu'un du nom Rousseau. Ce Thévenin était , suivant monsieur l'avocat - général , innocent et timide. Mais comment se fait-il que cet homme timide, innocent, simple et de bonne foi , eût été quelques années auparavant condamné au carcan, à la marque, aux galères comme imposteur et faussaire ? Voilà, il en faut convenir ; une innocente terriblement compromise.
3lO HISTDIEE D£ J.^. ROUSSIIAV9
2*. W^xuc rendre i'ixuiisorétion de Jeafla^Jacqués envers madaiiie de Warens plus •odienee , M. Ser>v:asi nuaoïtre le front des «parents de cette fentmie oourert d^opprotbre. Or, il est bien prouvé que la famille de cette dasuê n'existait plus de son vivant , et l'on voit dans la corrèsp<mda«ce ^cme lettre (n** 34) ^cnite en 1 74SiOonstataiit dea démardies faites k l'appui d'un ménioire , pour obtenir par i'intennédiaiTe de M. de GasteHane , amiiassadeur à Con^antinople , f^ritage d'un parent mort dans cette ville €fi le seul du nom de La Tour de PU. 'Qpanl à M. tiOys de Warenfi^ on n'^n a jamais entendu parler «t il n'y eut jamais d'enfants de ce mariage. Du reste nons exaanneref» le délit à l'article W^irene,
S°. Un anonyme , in'^s^stimable , mais toujours oxuh Tvyme, h-èki à M. 'Servan que la lapidattiende MoticBS- Travers ti'étak qu'une iBiy$tifica«îoo , et ^qne les pierres tronrées dans la chambre étaient plus grosses qoe les carreauspar eu Ton voulait faire croire qu'elles jetaient passées. L'anonyme ne dit rien d» a»s de pierres qui étaient en dehors contre le mur. Le^^idLtelain fut éveillé au milieu de la min y ^nsditë, otËligé de chenâier un asile, on mit des gardes, on dresen des |>r»oès^v<erlaus; (571 % le tout par mysiificatÙMi.
4''* La querelle entre David et Jean- Jacques est toutk-fait dénaturée par M. Serv«an. BiépâAnspour Ib ving-* tième fets que Rousseau ne publia pas une ligne, et renvoyons aux lettres de Iîun»e et de tnadanaïc ide fieufflers^ rapportées dans le premier volume.
$£9£ua (C^/^çj), notaire royal à Boiscommun , admo^ netéen 1761 pour impostures et calomnies. C852.)
SrLmnjETnE {Etienne de), né h, Limoiges en 7709^ mort en 1767. Attaché d'abord au maréchal de Noaiiles,
IH. PAIkTTIg. BIpJ&HiiPflJE. 3ll
U passa bientôt au duc d'Orl^jmi »n qualité de secreV taire des commaQdemeatSy pt pamjat à être dbancelLer de cepriuc0. En i'j$g il ^m j^^idmx huii naeis le /MUf trôle général de3 Fmm^m. Dans sa oo«respondaii\ce Grijnm (févfiec 1767) Je rapréf^nte Gommée' un fripon <^ u^ hypocriip , «jt fipût .par dure ^uc , s*il a été h&nnéte h&nwys , il éfé^it à plmndre, car iljBivak tuirfàux et coupable, k 69n yçnvc» dju Mikûatèfie , JeaniJaecpies eut le tort «de lui éorirc pour Le coanplime^Aer. il s'en ac* çu«e,av«c rais^tn dftus le X"* livce desClonfessions.
Simon ^ i']3o , juge-mage de la province du Genevois, dont Rotisseau fait un portrait si plaisant dans ses Confessions. L'auteur du î}ictionnaire historique de la Savoie y M. Grillet , en consacrant un article dans cet ouyr^geji M^ lS^iaoa^«jomin(Bft>ien£B»iteur.âela ]»ibiiod^ue d'Axme/^j f la cQfiécs portxak. £. L 1¥.
Simon., imprimeur du Parlement, rue de La Harpe, à Y Hercule^ en i j6i; mentionné dans l'arrêt qui condamne Théyenin^ .(852.) D est encore ques^tion d'un imprloieur de ce nom dans ui^ autre lettre : cVst peut-être le même* (94^'}
SouBEYRAN (Pierre) , né à Genève ea. * 7418 , mort en ^775 ; flOBaBfté .d^ns une lettre à Jl.V^ne^. (17.4.)
SouHAiTTY (le père), religieux del'observance, publia jen rê7'7 >un «saa^ jiptituLé Niouveeuix éLémefvts du chant. Il j pDOpose une aouveUe-maniièBe d'ë€rireleplaia<iianty «n se ^servant de çhifià'es au dieu deiuates. Amsi ilex>lii(Skrç i «'appelle m^,ii, /?€?', 3, miy^eiç. il exprime les optoves Antérieurs par les mêmes chiffines aivec une vk^ile , 4Bt 'les supérieurs par les mêmes dbiflfces avec ^un point. Il n'y a de rapport entre le système du père Souhaitty
3 12 HISTOIRE 0£ J.-J. ROUSSEAU y
et celui de Rousseau que l'adoption des chiffres ; et ce rapport disparaît par la manière de les employer. L'académie'dés sciences , dans sa dëlibëration du 5 septembre i74^> s'exprime ainsi : « Quoiqu'en généra) la manière » d'écrire la musique en une seule ligne horizontale et » ai^c des chiffres ^ ne soit pas nouvelle, puisque los » anciens l'écrivaient "ainsi , et qu'il y a plus de 65 ans i> qu'on a voulu la renouveler ( le père Souhaitty ), il » faut avouer que le sieur Rousseau a donné à cette mé- » thode une toute autre étendue y et que ce qu'il y ajoute » peut en quelque manière la lui rendre propre.
Nous mettons, à cause de ces circonstances , le père Souhaitty parmi les contemporains de Rousseau, ne pouvant le placer ailleurs.
SouRGEL ( madame de ), 1*74^* Madame de Warens avait emprunté k 'de gros intérêts une somme d'argent pour madame de SourgeL Cette dame Sourgel et son mari portaient d'abord le nom de Thihal , qu'ils changèrent en celui de Sourgel. Madame de Warens, qui ac« cueillait avec facilité tous les aventuriers , fut leur dupe. Lorsqu'elle réclama sa créance, elle reçut une lettre injurieuse, à laquelle Jean-Jacques répond par celle qui est inscrite sous le n'^ 22.
Stanhope ( 1 762) , seigneur anglais nommé dans une lettre, comme ami de milord Maréchal ( 364 )*
Stanislas ( Leczinski)^ né en 1697 , mort en 1766. Roi célèbre par ses infortunes et sa bienfaisance. Il a prouvé à la Lorraine qu'un prince poiivait faire de grandes choses avec de petits moyens. Il eut et perdit deux fois la couronne sans qu'il «y eût de sa faute^ ce qui est rare. Jean-Jacques eut la gloire de voir son prer mier discours critiqué par ce prince. Cl. VIII.
Stanlay ( 1762 ), nommé dans une lettre, comme offrant ses services d'une manière équivoque ( 348 ).
Steiner de Couvet, capitaine nommé dans une lettre à du Peyrou. ( 7 16. )
Storck ( m. ) , 1 969 , accompagne Jean-Jacques dans une herborisation au mont-Pilat. ( 887. )
Straffort, 1766, seigneur anglais^ que Rousseau connut pendant son séjour en Angleterre. ( 668. )
Sturler , 1765 , voisin de milord Maréchal qui s'en sert pour Jean-Jacques , auprès de la république de Berne. Conf. 1. XII.
SuARD {Jean-Baptiste-j^ntoine) , né à Besançon, le i5 Janvier 1784, moi;tle ao juillet 181 7.
<c U remportait toujours le prix des armes par sa » souplesse et la flexibilité de ses mouvements ».
« Il faisait ses bons déjeuners lui-même ^ il était ré- » serve , prudent , impatient dans les petites contrariétés. » Il avait une adresse remarquable pour faire envisager » une question sous toutes ses faces. Quelque caractère » que prît la discussion , jamais il n'élevait la voix au- » dessus du diapason. »
u Le baron d'Holbach le chérissait comme un frère. » Il accompagna trois fois en Angleterre M. Necker,qui » lui fit une pension de 800 f.
» Il en eut sur le journa^ étranger , sur la gazette de » France , sur le journal de Paris.
» Il eut la censure des théâtres ; ce qui lui valait » 2400 f.
» Il fut censeur royal avec traitement.
» Il eut 370Q f. de pension sur les affaires étrangères.
» Il obtint du même ministère une pension de 1200 f.
3l4 H|6T<H]^E 0£ J.-i' ajyossiAVy
» pour sa femixve à qni rom apportait les quiUaBees a » sig[iier cbe^ •elle.
D II fut char^ du xlicxiQuoaire de V^c»d4mfi par 9o- « naparte, qui le fit secrétaire pçrpétnfl porUlP^ le t^aiUi- » ment à douze mille francs. M. Suard ne se souciait » pas de se mêler de politique avec un homme gouverne » par son machiavélisme et son ambition démesurée.
» U allaïau^evant d«$ alliez, >du comte ^4itois et du » Roi y et (Eut fait cordon deSainC-Miebel. »
Ces détails «ont donnés parnai<adam6 Suard ^ dans ses Essais de mémoires sur fif, Suard. Piiris , 1 8^0 , çbes^ Didot.
« Il aurait fendu un cheveu en quatre qu'il n'aurait » pas été content. » Cest M. Oarat, son intime anû , qui nous fait connaître cette intéressante particuJarité dans son ouvrage sur M. .Suard ^ et le dix-huitième siècle (i),
(i) Mémciret historiques sur itt vie de M* Suapd , sur ses 'éerMs H mr Ip nB^ siègàe. c Ce titnt <va otmsc^aido» M* ^n«rd , » ses éc^-its e( }e ;i^é #ièçle ;! Les éciM» -de ftL jSt^ard viv^oi»t-U» » quatre-yiogts ans, comme M. Suard? CVat une guestiop- Ne » dir«iUon pas que M. Suard .est in8éparal>le .du 18® siècle? <}ue , » sans ce M. ^uard, ce 18® siècle serait dans la nuit du tombeau ! » £b v^tt^ , M. -Garât , tous êtes un imprudent ami ! -fautt cenu » pages pour ou sur M. Suard! JBoo lïMeu ,iBait cleitipius.qtt^Âl n^en M ^qvivit j^ndant iites >§ÎKe /lustres jqiiUl.'a «oiviptés^ipfriBi nous, dana V la joie. Paisance, la société <desj^r«id#9 île cvimul des pensions». TeUes sont les relierions que fit nattre Fouvrage de M. Garât et qu^on trouve dans les journaux. On ne saurait nier leur justesse, et Ton s'étonne qu'un ancien homme d'état n*ait pas senti combien le titre de son livre était déplacé. Dans une seconde édition 41 a mis le siècle avant le 'héros : il «uràk -mieuiL fait d^abjréger «ncove le titre de moitié.
Ilf. PARTIE. BIOGRAPHIE. 3l5
Ces jdëtaHfr sont doac de toute certitude ; et ^ m'ea rapporte aux deux èiographes.
En voHà piufi «qu'il n'eu îmA pour expliquer la conduite de M. Suard enwrs BiM&sseaa ; eouduiie d-ont KOK&aTons rendu compte , 1. 1, page a 5a de oet -ouvrage.
SuRBECR ( M. de ), 1732, officier suisse retiré du service, et vivant philosophiquemen| à Bagneux,près Paris, où Jean-Iacques alla le voir à son premier voyage dans la capitale. C. 1. IV.
Tai^mont ( la princesse de ), 1 761 . Elle était polonaise , et Vi6uv« d'uB prince de la «daisou de Bouillon. Rousseau crut qu'eu Usant la iN4>uv«lle Hélo'ise elle avait oublié le bal de VO^état. S'il l'avait conaue comme Walpole , il n'aurait pas été dans cette erreur. Voici ce que raconte Horace Walpole.: « Pour plaire à Marie Leczinska, la » priacesse de Talmont joua la dévote. Son dernier » amant avait été le jeune prétendant dont elle portait » le portrait dans un bracelet, tandis que celui de Jésus- 9 Qirist était dans Tautre. Quelqu'un lui ayant de- » mandé quel rapport il y avait entre ces deux por- 1» traits , la comflesse de Rochefort ( depuis dudbesse de » lïivernms ) répondit : celui qui Tésulte de oe pas^ » sage de l'Évangile : mon rofaume nfiest pas de ce -» mande, X^orsque j'hais à Paris , eu 1 7^5 , elle désira » «ae vaûr ^ à cause de naa lottne à Rousseau ^ous le nom » de Fnédéric. i^ a'aimais pas à me laisser prx>mener » oonuBM nue ptèoe^curieuBe. Mais je me laissai conduire » fiar madame d'A.iguillou 4e qui j'étais fort connu. Nous » ftiDuiràmes la princesse de Talmont dans une vaste » satte échinée 'Seulement par deux bougies. L'obscu- » rite était si grande, que lorsque je m'avançai vers la » princesse qui était assise sur une petite couchette, en-
Il 6 HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU,
» tourëe de saints polonais , j'allai broncher contre le » chien, le chat, un tabouret, un crachoir; et lorst- » qu'enfin je fus parvenu près d'elle , elle ne trouva pas » un mot à me dire. Enfin elle me pria de lui prociïrer » une levrette blanche et une autre noire , pareilles à » celles qu'elle avaut perdues et que je n'avais jamais i> vues. Je promis tout , et pris congé , sans songer à ses » levrettes ni à ma promesse. Trois niois après on m'ap- » porte une mauvaise peinture d'un chien et d'un chat^ » avec un billet de la princesse de Talmont. Elle me y> rappelait ma promesse , et pour ne pas me tromper » sur sa pauvre défunte Diane , elle m'envoyait sohpor- » trait , me priant de le lui renvoyer , parce qu'çDe ne T» voulait pas s'en défaire pour tout au mondé. » C. liv. XI.
Tavei* (M. de ) , le premier amant de madame de^, Warens; celui qui la perdit par sa morale. C. liv. V.
TwssiER, 1757, maître-d'hôtel de madame d'Epinay, révéla le secret de la grossesse de sa maîtresse , secret ignoré du mari. C. 1. IX.
Tencin (le président de), 1737, du parlement de Grenoble. et de la connaissance de madame de Warens, qui lui adresse Rousseau (13).
Tbeil (M. du) , chargé par intérim des affaires étrangères , après la mort de M. Amelot. Quoique Rousseau le désigne pour être celui auquel il adressa ses lettres de Venise , comme il n'écrivit cette partie des Confessions qu'en 1 769 , c'est-à-dire vingt-cinq ans après révènem€nt^ il a probablement confondu , parce que M. du Theil remplaça M. Amelot , peu de temps après son arrivée de Tenise.
l^ous fondons notre opinion sur le témoignage de M* du
Theil fils. Voltaire envoya des extraits de ces lettres à David Hume. Elles coururent et furent imprimées avec le. nom de M. du Theil. Son fils écrivit à J.- J. Rousseau le tO décembre 1766 : ce Si le libelle de M. Hume vous » tombe dans les mains , vous y verrez des lettres écrites » par vous , et conservées , suivant l'auteur , chez les hé- T» ritiers de M. du Theil. Je s)iis son fils •* si jamais le ha- » sard vous eût fait connaître mon existence , vous auriez » pu me croire complice de ces vils écrivains. Je ne puis » supporter cette idée. Je n'avais jamais su que vous eus- » siez écrit à mon père. Si vos lettres ont existé , je ne » puis concevoir comment elles sont devenues publiques. » Si elles eussent été conservées chez moi ^ jamais elles » n'auraient vu le jour sans votre ordre. »
Ainsi , l'héritier chez lequel on prétendait qu'étaient ces lettres , le nie et n'en a aucune connaissance. IVous les trouvons adressées à M. Amelot dans l'édition in-4**.
Du reste , il est assez indifférent qu'elles aient été adressées à M. Amelot ou à M. du Theil. Seulement leur authenticité est difficile à prouver , à cause des falsifications faites pour faire croire que Jean-Jacques était domestique y et non secrétaire de M. de Montaigu. La lettre inédite que nous rapportons ^ et qui est adressée à madame de Montaigu , en date du i3 novembre 1743 , prouve qu'il était à la tête de la maison de l'ambassadeur, et celle-là est authentique (n° 27)» Rousseau dit, dans le XP livre des Gonfesions , que M. de Choiseul fit chercher sa correspondance aux affaires étrangères. On ne trouva rien ije m'en sefuisbien douté , dit -il à cette occasion.
Théodore ( mademoiselle ) , 1 767 , de l'Académie royale de musique. Rousseau fit pour elle des vers qu'on trouve dans le recueil de ses poésies (744)»
3i8 HistoiRË DE :r.-j« Rovâ«BAtr>
THÉtïOTN, 1761, cbamoisfeor , q*i earitâa beaucoup d'itiqtti^tiMic» k Rousseau , par une rëekmaiieo <|ue ce dernier aurait Aà mépriser. Le récit die celte iMrigue ie trouve dao»^ le I" Vol. , pag. 16&, et le* délaife dans les lettres inscrites sous les n* fe&, 39, 3^ i , 33 , 35, 36, 37 et 85o*
Thévenin deTanlay, conseiller honoraire au parlement de Paris, fit condamner aux galères le préce'dent, pour fabrication de faux actes ^83 7 ).
Thiekby, 175a, h^Mle miédecin consulté par Rousseau ; qui le cite comme ui^ aulovité k V»bbé Ràynal. C. 1. Vm (65).
Thieriot, mort en 1773. «H avait été, dit madame » du Deffand, ami, confident, colporteur de Voltaire. » Il était devenu le correspondant du roi de Prusse, qui » lui donnait une médiocre pension pour cet en^ploi. » On fît cette épigramme contre Voltaire :
Mftlj^té kft geoê qui HM déîBêtwk , Je snift satisfait A& raim lot :
Deux ilKutref amis- me restent , Le roi de Prusse et Thiriot. 9
Il me semble qu'elle e&i encore plus contre Frédéric que contre Voltaire. On Irofire, lians la correspondance de ce dernier, des détails curieux sur Thierîot, qui auraient de l'intéFét s'il en méritait. Il en résulterait quM servait deux partis ; c'est lui qui ramena Rousseam diez madame Dttpin. G. 1. VII.
Thun (baron de), 1749? gouverneur du jeune prince héréditaire de Saxe^Goiha. C. 1. VIII.
TiNGRi (le P. de)^ 1760. U visiuit Jean-Jtfcques qui
ÏU. PARTIE. BIOGRAPHIE* g, g
le connut chez noadame lamatéclialede Ltixâmbourg^
TiSSôt (S. À. D.), médecin suisse, né en 1727, mort en 1797. Il est auteur de ptu^r^rs ouvragés utiles. Jeatt*Jacqti*s m parle avec éloge, dan^ utie lettre au prineié èé Wirtémberg (44i ).
ToNïf ÈRE ( le comte de), lieutenant- général des armées du Roi , commandant pour sa majesté en Daupiiiné, a des rapports avec Rousseau, relativement à l'affaire Thévenin (826, îi;, 28, 39, 3 1, 33, 35, 36, 37, 5o et 852).
ToRiGNAN (,marquî& de), 1737, personnage qui contraria beaucoup Jean-Jacques %i madame de Larnage. C. 1. VI.
TowwsEND, 1766, anglais qui , quoique riche, vivait à seize milles de Londres dans la solitude. Enthousiaste de Jean-Jacques, il eut le projet de vivre avec lui. Mais celui-ci ayant exigé que Thérèse Le Vasseur mangeât à table , Tanglais ne poussa pas a ce point l'amour de l'égalité , et le projet n'eut pas lieu»
T^fisSAir ( Loués^Elisabeth àe la Vergue ^ comté de ) fié a& Mat», ea 17^5^ matt ta ij6i*
On peut lire à la fitk du VIII*> L desCoufessions , les rapports qu'il ettt avec Jeati-Jftcqttes^ à Fo€Casi<m de la comédie de Pàlidsicyt. Mais il est curieux ensuite deie voir lié avec té dtmitVy qtii irappone que le comte lui fit des excuses sur ce qtci s'éCaicpâssé. 11 cite des lettres qui leprouveut. Le comté de "f re^sân ^ dans deux lettres imprimées pareillement et adressée» à d'Alembert ^ lui dit tout le eontraire. D'un c6të il tétïUjiigtké un repentir de ce qu'il A lait^ et, de l'autre y tl s'applaudit de l'atoir fait ^ le tout
à la même époque. M. de Tressan jouait un fort triste* râle y et si cette double correspondance eût été publiée de son vivant, elle Taurait rendu un objet de ridicule. Conf. Hv. Vni! ( 88^ 90 , 9^1. )
Treytorens (M. de), 1732, professeur en droit, à. Lausanne , chez lequel Rousseau donne à vingt ans ce concert où Ton aurait voulu se boucher les oreilles. En 1780, il y avait encore , à Lausanne, des personnes de ce nom dont parle Gibbon dans ses mémoires. Conf. 1. IV.
Trianon (M. de ), nommé dans une lettre écrite de Montpellier. (i5. )
Tribu (la), 1727, loueuse de livres à Genève, dont Jean- Jacques , dans sa fureur de lecture , épuise le magasin. Conf. ]. L
Tronchin ( Théodore ) , néàGenève en 1 709, d'une ancienne famille originaire d'Avignon. Elève distingué de Boerhaave , il se fit bientôt une grande réputation. L'énumération de ses titres nous prendrait trop d'espace. Il n'évita pas l'accusation de charlatanisme, malgré son habileté. Voici une anecdote qui le prouve :
a Ses ordonnances étaient toutes savonnées. Comme M il les prodiguait pour toutes sortes d'infirmités, il » passait pour im charlatan. Le comte de Ch'*"^'^ s'étànt » rendu à Genève , exprès pour y consulter ce médecin » renommé , communiqua l'ordonnance qu'il venait de » recevoir, à plusieurs malades , qui, l'ayant confrontée » avec la leur , y trouvèrent toutes du savon , ce qui » fit dire que , si sa blanchisseuse le savait , elle inten- » terait un procès au docteur, m
Ce qui peut excuser Tronchin, c'est son expérience. Il avait remarqué que beaucoup de malades ne croient
m. PARTIE. BIOGRAPHIE. S'il
au âavoir du médecin qu'en raison des remèdes : «'il n'ordonne rien, c'est un ignare à leurs yeux. C'est encore aujourd'hui comme de son temps , et nos plus célèbres médecins sont obligés de prescrire dés tisanes. Tronchin disait à ses amis qu'il fallait oser ne rien faire. Voyez l'article Mussard.
Rousseau se plaint souvent de lui , et en général delà
famille , qu'il accuse 4'avoir voulu tsservir leur patrie»
• Il adressa au docteur sa lettre sur la Providence ^ en date
du i8 août l'jSô , pour la Remettre à Voltaire : lettre qui
réunit l'expression du sentiment à la logique la plus
pressante. Tronchin fit, le, i*' septembre 1756, une
réponse que du Peyrou rapporte , et qui mérite d'être
connue , pour juger Tronchin , Voltaire et Rousseau ( ï ).
V J'ai i^çu , mon respectable ami , vos lettres avec
j> l' empressement qui précède et qui suit tout ce qui
» vient de vous , et avec le plaisir qui accompagne ce
)) qui est bien. Je voudrais pouvoir, vous répondre du
» même effet sur notre ami ; mais que peut<on attendre
» d'un homme qui est presque \oujours en contradiction
'> avec lui-même , et dont le cœur a taujours été la dupe
» de l'esprit ? Son état moral a été , dès sa plus tendre
» enfance , si peu naturel et si altéré , que son être
» actuel fait un tout artificiel qui ne' ressemble à rien.
» De tous les hommes qui co-existent avec lui , celui
» qu'il connaît le moins , c'est lui-même. Cexcès de ses
)» prétentions l'a conduit insensiblement à cet excès
^ d'injustice que les lois ne condamnent pas , mais Yjue
» laMison désapprouve. Il n*a pas enlevé le blé de son
» voisin , mais il a fait d'autres rapines (2) , pour se
(1) Insérëe dans le XXX** Tolume de Fédition de Poinçot; (3)«Tronchia veut probablement parler du tort fait par VoU.àirç II. 21** -
3'2'i HISTOIRE DE J.*J. ROUSSEAU,
)» donner une réputation que l'homme sage méprise. )> Peut-être n'a-t-il pas été assez délicat sur les moyens... » Que résulte-t-il de tout cela ? la crainte de la mort ; » car on tremble, et cela n'empêche pas qu'on ne se plaigne » de la vie , et ^ ne sachant% qui s'en prendre , on se )> plaint de la. Providence , quand on ne devrait être » mécontent que de soi-même. J'espère qu'il lira votre » belle lettre avec attention. Si aHe ne produit aucun D effet y c'est qu'à soixante ans , on ne guérit guères des » maux commencés à dix-huit. On l'a gâté : on en gâtera i> bien d'au tf es. »
Il ne faut pas oublier qu'4 cette époque , et pendant long-temps encore après, Tronchin était très-lié avec Voltaire.
Son cousin , procureur-général à Çenève, est auteur des Lettres de. la Campagne , dont Rousseau fait le plus grand éloge. G>nf. 1. IX , X. ( 1*^5. )
Trublet {Nicotas-Charles-Joseph) , né à Saint-Malo en 1697, m<$rt en 1770 , eut des relations avec Rousseau qui lui trouva Vesçtïlfinet et jésuitique* C. 1. VBL, X;
TuRtiN (comte de) , 1754 , envoie un de ses ouvrages à Rousseau qui ne le gâte point par des éloges. (67.)
TuRRiETTA (le marquis de) , 1747 , Espagnol de la connaissance de Rousseau qui se propose de l'employer pour les intérêts de madame deWarens. (35.)
UsTERi , professeur à Zurich , 1763. Rousseau lui explique le 8* chapitre du dernier livre du Contrat social^ sur lequel ce professeur lui avait demandé des éc]|icissements. (278 , 4* i*)
à lau réputation d^autruî. Du reste, nous ne rapportons cette lettre fi^ué pour faire apprécier la franchise de Trouclûa»
Vaillant, i 76^ , aomwé dans xme lettre à M. Gran. vMe , comme un commissionnaire très-inexaçt. (799.)
Valdahon ( LE Bevf pe ), Quoique noua ayons parlé de M. de Valdahon ( art. Ze Bei^f et Loiseau de Mau. léon ) , nous n'avons fait qu'indiquei'la cause qui mérite un court exposé. Fils d'un mousquetaire, il Venûamma pour mademoiselle de Monnier , qui répondit à son ardeur ; il fut surpris par le père ( qui était président de la chambre des comptes de Dole ) , et surpris pendanjt la nuit. Il se sauve .procès criminel. On met la fille au * couvent. M. de Monnier perd snccessivemenrà Dôle à Besançon , au conseil du Roi. M. de Valdahon offrait toujours sa main ^ le père refusait toujours, voulant Je conduire sur Téchafaud. Après sept ans de persécution la fille, devenue majeure , fait ses soumissions. Refus de les recevoir ; opposition, au mariage ; publications nouvelles de factums et de mémoires, telles sont les réponses d'un père qui ne respirait que là vengeance. Le public fut indigné de cette espèce de rage , et les tribunaux parugèrent les sentiment» du public.
Valentinois ( la comtesse de ) , 1760, de la société du maréchal de Luxembourg, chez qui Rousseau la voyait. Conf. 1. X.
V ALMALETTE (M. de), maître d'hAtel du Roi, et gendre de M. Mussard , 1 745. Conf. 1. VIL
Valori ( le chevalier de) , §747^, ami de madame d'Epinay , dont il contribua à changer le caractère. Il en est beaucoup question dans les Mémoires de cette dame. Conf. 1. VIL
Vanloo ( ipadame ) , 175^ , de la société de M. Mussard. EUe chantait comme un ange. Conf. 1. VIL
Vautr AVERS ( JV. DE ) ^ 1765 , m«ne à Rousseau , dao^
ai.
3îi4 HISTOIRE DE J.-J. ROUSSEAU,^,
le temps qu'il ^tait à l'ile Saint>Pierre y des importuns. (6i5.)
Yenel ( m. ) 9 nommé dans deux lettres à M. Moul-
. tou , comme quelqu'un que Jean-Jacques estime et dont
il voudi'ait être vorsin. Il paraît que ce M. Venel de-
meurait près de Pezenas et du château de Lavagnae
. offert à Rousseau. ( 843 , 853. )
-* Venture- DE -Villeneuve, 1780, musicien. Espèce d'aventurier qui arrive à Annecy, où Rousseau s'engoue de lui, et qu'il revoit ensuite à Paris. Confessions , livre
m, VIII.
VÊPRES {M,) y 1737 , correspondant intermédiaire de madame de Warens et de Rousseau. (14.)
Vercellis ( la comtesse de) , 1728 , piémon taise cbez qui Jean-Jacques est resté trois m(9is. Elle mourut d'un cancer. Il la compare à madame de SéVigné, mais il avait seize ans quand il la connut, et près de soixante lorsqu'il s'en souvint. Conf. liv. II.
Verdelin {la marquise de) , fille du comte d'A.rs , et mariée aux^quinze mille livres de rentes de M. le marquis de J^erdelin, vieux y laid, sourd, duPy borgne et brutal. Elle demeurait à Margency chez M. QuiretdeMargency ^ qui lui avait loué son château , et qui , probablement y fut son amant ensuite : car il est question d'un amant après la mort du marcûiis de Verdelin , que la veiive refusa cependant d'épouser , comme on peut le *voir par la correspondance de Rousseau. Elle n'eut que des filles de son mariage. Elle alla demeurer à Soisy , d'où elle rechercha Jean- Jacques. Il paraît qu'elle lui resta constamment attachée.
Rousseau prétend que les traits malins et les épigramnies partaient chez elle avec simplicité.
îii. Artie. biographie. 3s&5
On croirait , au contrabe , d'après unelelkre de madame du Deffand y que madame de Y erdelin ne s'exprimait que par sentence. £n parlant d'un comte de Paar , <^ demandait ce que c'était que c%%crif (Socrate) qui s'empoisonna en mfipgeant ou buvant des cigales (de la ciguë) , la ^vieille marquise ajoute : Eh 'bien ! j'aime mieux entendre ces cho&es-là que les excellentes maximes de madgme de Yerdelin , les savantes dissertations de madame d'Houdetot, et les remarques fine^de madame de Montigny (belle-fille de M, de Trudaine).
Mais madame du Deffand ne doit jamais être crue que sauf examen , surtout quand elle parle des femmes. Cependant , comme elle inspirait un mélange de crainte et de pitié parce qu'elle était aveugle , spirituelle et méchante , et qu'on la savait instruite , il est possible que la contrainte ou la gène que quelq^ies personnes devaient nécessairement éprouVer devant elle , influât sur leur manière d'être. Il y avait certainement des femmes qu'on ne pouvait juger ni d'après ce qu'qjj^ disait madame du Deifand, ni d'après ce qu'elles disaient en sa présence, m . ,
Le trait que cite Rousseau de Madame de Verdelin ( i ), et qu'il parait prendre pour une mystification, pouvait n*étre qu'une plaisanterie.
Conf. liv. X , XII. (442 , 463, 545, 704.)
Veena {madame la présidente de), i76ft, de Grenoble. Sachant que Jean-Jacques était venu herboriser en Dauphiné , elle lui écrivit pour lui offrir un logement dans son château. Rousseau lui répondit^ Sa lettre
(t) Rousseau parfait de la manière d'armer une frégate sans nuire à sa légèreté. «Oui, dit cette dame / on ne prend de canons que ce » quMl en faut pour se battre. »