‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 29 sur 108 · IV. PAKTIE. SES OXJVRAisES · texte numérisé non relu

IV. PAKTIE. SES OXJVRAisES

« Le discours couronné par racadémie de Dijon (i) » écrit avec une force et avec un feu qu'on ti'avait pas » encore vus dans un disccrtirs académique, fit une espèce » de révolution à Paris , et commença la réputation de » M. Rousseau, dont les talents étaient jusqu'alors peu

» connus Il est fâcheux que cet écrivain éloquent et

» outré n'ait point trouvé un adversaire digne de lui : sa » Réponse au roi Stanislas , et celle a M, Bordes, con- » tiennent des choses admirables , et même sublimes ^ » et la dernière est, à mon avis , égale et même supé- » rieure à son discours même. »

Plus sévère envers lui-même que ne l'étaient ses critiques, Jean-Jacques a prétendu que ce discours manquaU d'ordre et de logique , et qu'il était tout au plus médiocre. C'est en comparant cet ouvrage au Discours sur VinégalUé d^s conditions , à YÉntile , qu'il porta ce jugement rigoureux.

De tous les écrits de Rousseau , ce discours est celui qui eut le plus d'influence sur sa destinée. On Tattaqua de tous les côtés : il demeura maître du champ de bataillé; mais la querelle, après avoir duré deux ans resta cependant indécise, parce que tous ceux qui s'en mêlèrent éï&ieai juges et parties. Dans la préface de Narcisse Rousseau fait un résumé de son opinion , sur les sciences et les arts. Cette préface et le discours ont ensemble une liaison nécessaire.

Cet écrit étant le début de Jean-Jacques , on nous pardonnera de donner quelques détails sur le jugement de l'Académie. Quatorze mémoires furent envoyés à cette société. Le Septième portait pour épigraphe : decipimur

(0 Correspond AitUr, , lom. I, p. laa, annëe 1754.

specie recti. Le prix lui fut adjugé : Touverture du balletin cachélë fit connaître Jean-Jacqués.

Le mémoire, n^ i«, obtint Ife l^ aeoesfiit ; il avait pour épigraphe: jrostquam docti prodierunt^ boni desunt. Le billet cacheté portait M. de Chasselas deTroyes. Mais on a su depuis , que Grosley en était l'auteur.

Le mémoire , no 4 , ayant pour épigraphe : cor prudens possidebit scientiam , eut le second accessit. L'auteur était M. l'abbé Talbert, de BesançQp.

Dans les archives de l'académie de Dijon on conserve un acte passé par-devant Perret et Régnant , notaires k Paris , le a8 juillet 1750. C'est une procuration du sieur Jean-Jacques Rousseau , citoyen de la ville et république de Genève y demeurant à Paris , rue de Grenelle^ paroisse Saint- Eustache ^ qui constitue pour son procureur M. Jacques-Antoine Tardy , écuyer , demeurant à Dijon, à l'effet de retirer et recevoir en son nom le prix * qu'il avait remporté. D'après les registres de l'académie, ce prix avait été adjugé le 9 juillet 1760 k la séance où étaient présents , MM. ^/«e, président, DaHay, Genreau, Lantin , directeurs; Derepas y Léautéy Idebaut, Raudot, Foumier, Geloî, Fromageau, Guyot^ Perret y Chaussier, Melot ^ Maret , Barberet et de Frasans ,

assoeiés.

Ce discours causa beaucoup de désagréments à la compagnie qui l'avait couronné. Il fut réfuté ef critiqué par MM. Gautier ^ Bordes, Le Roi y Boudet^ de Bonneval, Form&y, le P. Menou , le roi Stanislas et Lecat, Ce derniçr ayant pris le titre d* académicien de Dijon y gui aidait refusé son suffrage , l'académie fit imprimer un désaveu. Mais plus tard elle se désavoua elle-même, et ce n'est pas sans surprise qu'on lit dans son histoire , en lête du !«>• volume de ses mémoires, ce passage : « La

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