‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 3 sur 108 · III. PARTIE. tlOÙHAPWt · texte numérisé non relu

III. PARTIE. tlOÙHAPWt

«on patrimoine. Il y fit une abondàntè moisflofi ; maiâ^ éptoturant deKeinl>arraspour en classer les nombreuxpro. duits, sentaût par expérience l'insuffisance des systèmes et des méthodes^ croy^t qu'il était possible d'en imaginer qui fussent exempts de défauts, et trouvant que, jusqu'à* lors, on n'avait |iris> pour bftse qu'un nombre insuffisant de caractères, il créa ilkie mélhode fondée sur l'universalité des parties; ce ^i était passer d'un excès à l'autre. H eut ensuite l'idée de faire une nbuvélle nomenclature , adoptant des mots noirVeaux, tnconnus, ne tenant à aucune langue,afin qu'on n'y attachât aucune idée antérieure; enfin , comme s'il n'avait point assez d'obstacles à vaincre, il s'en fit un moins important que les autres , mais qui le devint, parce que Fenvie et la médiocrité pouvaient s'en faire une arme triomphante. C'était une nouvelle ortho- ^jraphe : de manière qu'Adanson mettait à Va bc tous les savants. Linnée dominait alors et rejetait l'étude d^ rapports naturels que voulait propager Adanson. Il faut que le système de cet honi^e de génie soit bien séduisant, puisqu'il a prévalu malgré la critique des Haller , des Buffon, des Adanson, etc. Les familles des plantes de ce dernier tombèrent bientôt dans l'oubli. Loin de se décourager , l'auteur 4ïn fit non-seulement une seconde édition avec des additions nombreuse^, n^ais, irrité par les c^stacles , il conçut le plan d'une encyclopédie complète pour l'histoire naturelle. Il en rassembla les matériaux , persuadé que le gouvetnemeiit favoriserait ce projet gigantesque. Il provoqua l'examen de ce'plan en soumettant à l'Académie le tableau de ses travaux : ils étaient immenses.. Dans les sept ouvrages dont il exposait lestilxes uAseul suffitpcmir dpnuer^ne idée des autres. Son titre est : Ordmunwersel àe4a naUirCy ou Méthode naturelle comprenant iouslçs autres corinus ; leurs qualités matérielles

6 HISTOinE DE j.-J. ftOUSSEJlTJ,

et leurs facukés spirituelles , suivant leur série naturelle , indiqués par r ensemble de leurs rapports ; 27 volÂn-S^. Les cpmmiasairçs nommés trouvèrent son tra?vail prodi-» gieax; comme il n*était pas ëgalemopt avancé dans toutes ses parties^ on ne prit aucune mesure ^^ 09 conserva une haute iiéft des connaissances et lie l'activité du naturaliste^ et l'on s'accoutuma bientôt à te^ regarder eonin^eliVfé à la poutSuite d'un projet chitnérique. Il ne le perdit jamais da vue et continua d'augmenter sea collections* Quand la révo^ lution l'eut privé de ses moyens d'existence, ilne renonça point à ses travaux^malgré ledénuement dans lec^uel elle le réduisit. Il était tel que, lor&qu'onibrma l'Institut, ayant été invité à venir y siéger , il rëpoodit quil ne poui^ait pas sortir de chez lui, 'parce quil na^ait pas de souliers. Le ministre deFIntérieur lui fît obtenir une pension. Il mourut en i8o6. Adanson et Rousseau furent liëi peu** dant quelque temps , mais ils se brouillèrent à l'occasion de Linnëe, pour le système duquel le second avait une véritable passion, tandis que*le premier le rejetait , et ne voulait même pas citer une de ses phrases. Yo^^ Y IntroducUon eu^ Dictionnaire de botanique dt Rousseau.

Aine (Caroline-Susanne d*), seconde femme du baron d'Holbach, et sœur de la première. Elle n*est morte qu'en i8i4> ^pliis de quatre-vingts ans. Gonf. liv. IX.

Alamanni , professeur oratorien^ Il était de la sodété de Jean-Jaçques, à MontmorcQcy, eq 176?.. Conf. liv. XI.

Alary ( Pierre- Joseph), né en 1690, mort en 1770, prieur de Gournay^ur-Marne , et membre de l'académie française. Il n'a laissé aucun ouvrage. Il dut sa fortune et même sa place à l'académie, à la justice du régent ( quoique t:e ne fiit point une justice que d'en faille un académicien )• Accusé d'être dé la coûspirlition de Gella-

Hktfre^ qui voulait se défaire du duc d'Orléans ^ l'abbé Akrj se justifia, et le régent le dédommagea en I« nommant précepteur dô Louis XV • Rousseau le connut en i'}43* Coof* 4? ^i^* ^U.

Ai^niKÀN, secrétaire baîllival d'Yverdun. 1768. Mis en jeu dans la ridicule affaire de Thévenin. ( 834* )

Alembert (Jean Le Rond d') , né le 16 novembre 1717, mort le 29 octobre 1 783 , reçut ses prénoms de l'église sur les marches de laquelle il fut exposé (i). Nous igno* rons k quelle occasion il prit ou reçut le nom de d'Âlembert. Au lieu de renvoyer aui Enfants trouvés, le commissaire de police le plaça chez la femme d'un pauvre vitrier. Peu de jours après sa naissance , *on lui assura 1200 fr. de rente. Ainsi les soins de cette femme ne furent pas gratuits , comme on l'a fait entendre.

D'Alembert était fils de madame de Tencin : on a varié sur le nom du père. Fontenelle et le médecin Astruc ont été désignés tour-à-tour : il paraît certain que ce fut M. Destouches, non l'auteur de ce nom^ mais le commissaire provincial d'artillerie.

D'Alembert est du petit nombre d'hommes qui y en cultivaiit les sciences et les lettres avec succès , ont senti que, pour être lu, il ne fallait pas sacrifier les secondes aux premières. Il eut pour les mathématiques une pré-

(i) Cette ëglise était à Tangle fepteDtrional du grand portail de Noire-Dame , et d'une forme ronde , ce qui hii avait fdii donner le Dom de Saint-Jean-le-Rond. Elle fîit détruite en 1749» pour dégager le monument dont elle empêchait de saisir Tentemble. D'Alembert n'aimait pa» Pépithèts donnée a son patron. Formey ra^onCe ( Sou- Tenirs d'un citoyen, tome II , p. a38 ), qu'éUnt chez M. Maupertuis, d'AIembert 7 reçut la France littéraire, qui Tenait de paraître , et qu'en voyant aprèa son nom , Jemf^ldkmd , il dit avec hftmenv.; Poui^utn- pas U eatré?

8 HISTOIRE DE J.-J. UOVSSBAVf

fërence marquée. Grimm, son ami, a dit (i) de lid i « Quoique M. d'Alembert soit un e:^ceUeQt etjgrit, il .» faut couyenir qu'on ne lui voit pas^ dans les jugemecit» 9 qui sont du ressort du goût et des arts, ee tact qu'on » cherche en vain de remplacer à force de raisonne- » ments et de principes didactiques »•

Il fau^ce tact et ce goût pour apprécier les productions littéraires et particulièrement celles de Rousseau.

Lié d'abord avec Jean -Jacques, qui lui rendit service (2), d'AJiembert en fut bientôt jaloux et devinl son ennemi. Mais sa haine prit la teinte de son caractère timide et circonspect. Il la dissimula dans ses écrits pendant la vie dis Eousseau. Ce fut dans l'éloge de milord Maréchal qu'on en vit des preuves. Nous les rapportons à l'article de George Keith, où elles sont mieux placées. Nous ajoutons seulement ici que M.' du Peyrou, pour justifier son ami et faire voir l'imposture de d'A.lemberty rendit publiques les lettres de milord Maréchal. Il s'exprime ainsi à ce sujet, dans sa lettre du 9 mai 1779 : ft J'ignore si M. d'Alembert a étayé son accusation contre Jean-Jacques, de quelques témoignages plus probants que le sien : ou s'il s'est flatté que sa simple assertion aurait en Europe le même poids qu'elle peut avoir dans quelques cercles de Paris : je sais seulement qu'avant de pa« blier son éloge, il avait dans des conversations de société cherché à accréditer son accusation. contre Rousseau, en s'étayant d'un secrétaire de lord Maréchal. Or ce secrétaire était mort avant son maître ».

Il est bon de savoir que d'Alembert qui avait dit savoir de personne estimables l'accusation calomnieuse

(i) Correspondanoey septembre 1760c

(a) Four obtenir U liberté de FabbéidoreUet. Yoy. Conf. 1 1%.

dont il voulait flëtrir la mémoire de Jean-Jacques , fut sommé de citer ces personnes. U produisit une lettre d'un M. Muzell-Stock^ dont l'académicien ^t même des extraits infidèles. Mais les assertions de cette lettre furent démenties par lés lettres de George Keith ( i). . ly^^embert savait dissimuler sa haine avec les amis de Jean-Jacques et même feindre des sentiments con^ traires. 'Nons en ayons une preuve dins le témoignage d'un homnlie d'honneur, M. de Corancèz/dont la véracité n'a jamais été révoquée en doute : témoignage que nous avons rapporté T. I, p. 265 de cet ouvrage , et duquel il résulte que d'Alembert se reprocha sai:onduite et versa Sftême des lârines en avouant les tracasseries qu*U a^ait suscitées h Rousseau. Gomment croire à la sincérité de ces larmes quand en voit celui qui les répand, outrager Jean-Jacques en pleine académie à l'époque même où il tenait ce langage ? Voici la réponse à cette question.

D'Alembert avait 4m.talent dont il faisait usage suivant l'oceasion et les circonstances 5 c'était celui de centrefaire par&itement les manières , les gestes, le ton de voix des personnes qu'il connaissait : il pleurait ou riait à volonté: mais il n'exerçait ce talent qui donne pen de droits à l'estime, que dans quelques sociétés de (dioix, parce qu'il aurait nui à sa réputation. Dans nos idées nous concilions difficilement la réunion de la profondeur et de l'étendue des connaissances d'un savant, aux gri^maces d'un pantin. C'est à ce don des larmes que La

(i) Yoy. Particle Keith, qui est le complAment de celui-ci. De tous les ëcrivaiDs qui parlèrent de cette querelle , Formey est le seul digne de foi > lorsquHl dit ( Souuenin d'un Citoyen , tome II , p. 340 ) : Que dans VEIdge du mikord 3ituréckal , il n*jr a «ui* Jhusseaui x^jciUice, ni^iêHûis^ *

10 UISTOIAIi DE l.-J. IIOVS3E40;

Harpe dut le succès de sa Mélanie. a L'étiquejtte, dit Vau- Tb tejar de savie(i), voulait qWon eût pleuré à ce drame. » D'Alembert ne manquait jamais d'accompagner La » Harpe. 11 prenait un air sérieux et composé qui fixait » d'abord Fattention. Au premier acte , il faisait remar-< » quer les aperçus philosophiques de lioavrage; eosnite^ » profitant àvi talent qu'il avait pour la pantomime,. il » pleurait tou^nrs aux .mêmes endcoits,- ce qui imposait » aux'£emmes la nécessité de s'attendrir ^ et comment » auraient-elles eu les yeux secs, lorsqu'un philosophe » fondait en larmes ? »

C'est ce talent y ou plutôt cette faculté, que regrettait madame du Defiand, lorsque d'A.lembert cessa de venir dans sa société.

Tous ces détails justifient Rousseau d'avoir dit que â'Membert n'aurait fait qur'un arlequin du grand-duc s*il l'avait élevé : mot qui m'a paru dur et même injuste tant que je n'ai pas connu ces particularités ; mais j'avoue que lorsqu'il m'a été démontré que le géomètre possé* dait à.un autre degré l'art de contrefaire les antres, et de se. contrefaire soi-même , j'ai reconnu dans Rousseau sa justesse et son tact.

. Afin de ne rien négliger, de ce qui tend à éclairer les lecteurs sur la véracité de d'Alembert, nous devons leur rappeler la lettre que lui écrivit David Hume pour le remercier de la part qu'il avait prise à la traduction de V Exposé j^r M. Suard : lettre dont nous parlons (T. I, p. i5i). Quand d'Alembèrt se vit accusé d'avoir contribué au persiflage d'Horace Walpole, il adressa une déclaration AUX éditeurs de V Exposé ^succinct ; c'est-à-dire à lui-même^ puisque la lettre de Hume prouve que d'A-

(t) P^ic deXa Harpe , par IML Melf-^aiiio; .#

m. PARTIE. BTOGmiMIIS. II

lembert ëtait au moins éditeur. Dans ctftte dëdaration , le géomètre prétend avoir désapprouve la lettre de WaU pôle parla raison^ qu*il ne faut point se moquer des mal-» heureux y surtout quand ils ne nous ont point fait de mal. i Il la terminé en offrant de prouver, par Icsiémoignaget les plus respectables y qu*il a cherché êouj&urs h obliger Rousseau. Ce n'est probablement pas en coopérant à la traduction de l'ouvrage de David.

* Terminons cet article par un fait peu connu, quoiqu*aneien, mais qui, loin d'être étranger à l'objet que nous nous proposons , contribue à faire connaître d'Alembert et vient k l'appui d'un reproche çpieloi fit Rousseau.

En 158*7 Christophe de Savigny, de Rëthcl , imagina de classifîer les productions de l'entendement humain analjsées en quinze grandes planches, fort bien gravées en bois, dont la première est intitulée l'Encyclopédie ou la suite et liaison des arts et des sciences t Paris, chez Gourmonty avec un privilège de l'année i584 } seconde édition en 1619. •

Là seconde classification analytique fut faite au nii^ ' lieu du siècle dernier. Mais d'Alembert, au lieu de citer le bon gentilhomme Réthelois qui en avait conçu Hdée primitive , en fait honneur à Bacon , en ^orte qu'on ne trouve nulle part le moindre éloge de Savigny , inventa teur de la méthode.

Ce fait, bon à rappeler , donne du poids à l'accusation positive de plagiat, intentée par Rousseau contre d'Alembert qui intercale , sans le citer dans son ouvrage sur la musique, les morceaux que Jfean-Jacques lui avait envoyés pdur l'Encyclopédie , et se les attribue. »

n y a beaucoup d'adresse à répéter, cocame on le fait dans le Discours préliminaire de l* Encyclopédie, que c'est au chanceUpr Bacon que l'on doit l'utbre encyclo-'

la HISTOIRE D£ J.-J. ROUSSEAU,

'pédiquç, quand ^ dans celui qu'on y substitue, on se «^proche beaucoup plus de l'arbre encyclopédique de Savigny dont on ne dit mot. ...

. Gonf. liv. VII, X, XI, XII; c'est dans ce dernier que Rousseau l'accuse de s'être approprié ses articles sur la amsique. Cette accusation est renouvelée P' xlialogue de l'écrit intitulé : Rousseau juge de Jean-Jacques ^ et n'»927.

C'est dans la lettre n** 352, à milord Maréchal, qu'il prétend que d^'Alenrioert bc ferait du grand^doc qu'un wleqmn s* ii élevait ce petit garçon, ., '

(71, 166, 167, i83, %é^Sf 68c^ 927.)

Altun A ( Ignacio-Emmanuel de ) , espagnol , et ami de Jean-Jacques , qui fit sa connaissance à Venise , et devait aller vivre avec lui dans une terré située près d'Azcoylia en Biscaye. Altuna mourut jeune , et ce projet resta sans exécution. 1744* Conf., 1. VII (38).

Amelot de Chaillou (M.), i743* — Fut ministre des afifaires étrangères de 1737 à i743- La duchesse de Châteauroux le fit. renvoyer un peu après la mort du card. de Fleury. Conf. , LVII. ( a8, 29 et 3o.)

'Ancelet, 1747 , officier des mousquetaires., Jean- Jacques' lui donne la petite comédie des Prisonniers de guerre. Conf. , 1. VII.

AvDKii , 1765 , ami de milord Maréchal qui l'envoie de Berlin à Jean- Jacques ; il demeurait à Gorgier , près de Neuchâtel (582, 591 ).

Anet ( Claude) , commensal de madame de Warens. Il était herboriste. - *

- Il est question dé Claude Anet dans la Nouvelle Hélo&se , dans fta première partie , lettre 4o et dans la

KII. f A|tTIS« BI06RÀ9RW. il

dernière. V. 1. 1« de cet ouvrage, p. 4 3. Confc , I. IH etV.

Antrekont { le marquis d' ) , 1787 , ambassadeur de Sardaigne en France, en 1733. Gonf. , 1. V (n" la).

AirzoLETTA, nom d'une fille de 12 ans que son indigne mère cherchait à vendre, et que Jean- Jacques et Garrio préservèrent. Gonf. , 1. YII.

Ahoenson (leVoyer d'), 1754, ministre et secrétaire d'état qui avait l'Opéra dans ses attributions. Rousseau' se plaint amèrement de ce ministre , qui ne répondit point k la réclamation qu'il lui avait adressée relativement au Devin du village ^ que l'Opéra jouait non-seulement sans en pajer lé prix à l'auteur , mais encore en lui r^usàBt ses entrées. Gonf. VIII (66).

Argenson ( le Voyer d* ). Il y a eu dans cette famille et dans le même siècle ^ trois ministres d'état , que l'on confond souvent. Il est peut-être utile d'indiquer un moyen de les distinguer entr'eux.

Le premier naquit en. i652, à Venise , ou son père était anxbassadeur. U tat lieutenant de police à Paris, ensuite garde de» sceaux, ministre d'état, et mourut en i7!ii. •

Ses deux enfants furent ministres. Le premier ( Marc Pierre) naquit à Paris en 1697. Il fut lieutenant-général de police, chef du conseil du régent, conseiller d'état en 17^4 , secrétaire d'état pour la guerre , surintendant des postes. Il établit l'École militaire, fut disgracié en 1757, et se retira dans le Poitou, à sa terre des Ormes, où il mourut en 1 764*

Le. second ( René-Louis ) fut ministre des affaires, étrangères et mourut en 1756. Bon politique, dévoué à

f4 HISTOIRE D£,J.-J. R9U6S£AI7y

^on'fBySf ajratit beaucoup d'instruction; il était il'mi caractère timide et réservé } ce qui Tavait fait surnom* mer par les courtisans, d'Argenson la béte. Il est inutile de dire que cc^ surnom ne lui fut donné qu'à sa disgrâce, car, tant qu^ii fut ministre, on lui trouva beaucoup d'esprit.

C'est du second {Moin^Pierre) q^e se plaint Rousseau, qui, dans sa manie des paradoxes ^ roulait qu'un ministre fût juste.

. AnKEirniaES (le marquis d'),. i76i> , de la société <la maréchal de Luxembourg avec lequel il faisait des visites à Rousseau. Depuis cette époque il épousa mademoiselle de Sennectère ^t devint marécbal de France. Çouf. 1. XI.

Arnauld ( l'abbé), 1737. Madame de Warens et Rous-* seau devaient lui remettre un mémoire relativement à ce dernier. On ignore quel était et ce que pouvait M. Arnauld qui est étranger à ceux dont le nom est connu

AuRETERRE ( uoadame ) , 1 7^7 , deuxième fdmgne du maréchal de ce nom. C'est elle qui avertit M. d'Hou» detot de la Ikison de .sa femme avec Sàint-Lambert< Conf. X. *

AuBONNE ( M. <f •), 1734 , parent de madame de Wa» rens , juge que Jean- Jacques était im garçon très-borné. Conf. III et t. I«r de cet ouvrage , p. 32.

AimoNT ( le duc d' ) , 1753. Il fit jouer le Dessin du village sur le théâtre de Fontainebleau , et voulut présenter Jean-Jacques au Roi. Conf.. VIII.

Bagle , 1731 , Genevois , dont Jean^Jacques s'engoua au point d'abandonner, pour le suivre , une famille puis-

tn. PARTIE. BIOGRAPHIE* l5

santé à Turin ^ et l'e^air fondé d'entrer dans lia carrière diplomatique. G>nf. III*

Bagueret, 1736, Genevois, qui avait eu de Temploi en Russie sous Pierre-le-Grand. Homme à projets, qui s'em« para de madame de Warens et lui tira ses écus pièce à pièce. Il apprit les échecs à Jean-Jacques. Conf. V ( 37 ).

Baii«i.£, 1762, nommé par Rousseau comme ami de Duclos. Conf. XI.

BAiiEssERT {Jttcqaes) de Genève ; né en 1716, mort en 1774. MM. Chaussier et A.delon , médecins, lui ont consacré un article dans la Bio graphie unixferselleé Ils représentent ce genevois, comme auteur d*Un ban ous^rage, intitule' : Dissertation sur V éducation physique des enfants y depuis la naissance 'jusqu*h Vâge de puberté, Paris ^ \^^P in-8% couronné par V académie des sciences de Harlem y et dont David ^ médecin a Paris , a donné une seconde édition avec des notes en 1780.

Rousseau dit ( Gonf. liv. XI ) que cet ouvrage est tiré mot à mot du premier volume d'Emile , hors quelques pltàisès dont oh avait erûremélé cet extrait. Il croit même que le prix et l'académie sont des moyens poitr dégtdsér le plagiat aux y eux du public, '

Il est très-probîdile que MM. Chaussier et son confrère ont lu Emile et les Confessions , et surprenant qu'aucun ne se soit aperçu du plagiat , ou n'ait examiné la plainte de Rousseau.

J'ai fait long-temps des recherches pour trouver l'ouvrage de M. Balexsert : elles ont été infructueuses, même Il la Bibliothèque Royale. Il n'est point k celle de l'Ecole de Médecine. On l'a demandé vainement aux deux biographes de ce Genevois. Etofin , M. Beuchot est venu K mon secours, et m'a procuré un exemplaire de cette dis-

l6 HISTOIRE DE l.-l. ROTTSftSATT^

sertation imprin^ëe à Paris , chez Yallat-la-Chapèlle ,«b 1762 y avec une dédicace au docteur Antoine Petit, datée d'octobre f 76!2. L'approbation est du lo août précédent. Ces détails sont nécessaires , parce c^ Emile parut le 3o mai de là même année. Cette coïncidence est en effet singulière, et la plainte de Rousseau la rend encore plus remarquable. Nous avons vérifié l'accusation de plagiat. Elle est fondée quant aux principes ; c'est-^à-dire , que M. Balexsert prescrit médicalement aux mères de nourrir leurs enfants , de les élever à la camp^^e } il proscrit m^ipalcmerU l'usage du maillot, la méthode de bercer, etc. Mais, quant au style, il y a une telle différence que jamais la dissertation n'a pu faire songer à l'Emile, jet si l'auteur de la première avait lu le manuscrit du second et qu'il n'en eût tiré que sa dissertation, il en faudrait conclure qu'avec de puissants moyens il aurait eu de bien faibles résultats.

La question était ainsi posée par l'académie de Harlem : «. Quelle est la meilleure direction à suivre dans l'habil-i » lement , la nourritme et les exercices des. enfants, » depuis le moment où ils naissent, jusqu'à leur ado- » lescence , pour qu'ils vivent long-temps en santé ? » Dans les Annales typographiques, ou Notice du prqjppès des connaissances humaines, pendant l'année 1762^, on rend compte de la dissertation de M. Balexsert. En parlant de l'usage barbare du maillot , on dit que si quel' que chose poussait le détruire , ce serait sans doute les deux ouvrages des deux citoyens de Genèi^e , qui viennent de paraître. On ne désigne qu'indirectement, et de cette manière, V Emile, parce que les états-généxaux de Hojilande venaient de le proscrire;* ils ne pefi mirei^t que celui de M. Formey, qui le mutila pour le

rendre chrétien, C. 1. XL Voyez Notice sur Emile , 4* partie, et Tarticle Formey,

m. PAUTIE. BIOi&RAPHIE* J'J

' BALLiànE DE L AISEMENT ( DcnU), i^CS. -^ Il mourut en i8o4- 11 est auteur de plusieurs opëras comiques. Son meilleur ouvrage est la Théorie de la musique y in-4% i^^^y 2M sujet de laquelle Jean- Jacques lui écrivit la lettre inscrite sous le numéro 54o.

Ballot. i7.45. Intermédiaire entre Voltaire et Rousseau , au sujet des changements qu'il fallait faire à la Princesse de Navarre* (33. )

Barbier de îieuville, i^Sg/de Vitry-le-Français auteur de Cya^arCy tragédie, et de pensées diverses , était employé dans l'administration de l'Opéra. Il déclara k Jean-Jacques au moment ou celui-ci se présentait un jour où Ton donnait le Devin du village , qu'il avait ordre de lui refuser l'entrée ^ avouant qu'un tel procédé était sans exemple. ( 1 79.)

Barbier de Neuville, fils du précédent. Offert par le comte Duprat comme secrétaire à Rousseau y qui le re^^ fusa. (955.)

Bargellon, huissier de la hourse à Montpellier, chez qui logeait Jean- Jacques , en 1737. ( i4« )

BARDoiiAifCHE ( la présidente de ). 1737, Amie de madame de Warens, que Jean-Jacques alla voir à Grenoble. C.V (12).

Barillot. 1737. Genevois , ami de J^an- Jacques. Dans les troubles de Genève , M. Barillot et son fils sortirent de la m*éme maison les armes à la main, étant chacun d'un parti opposé à l'autre. Conf. V. ( i40

B^ARRÉ. Nom de celui dont madame d'Ëpinay se servait quelquefois pour correspondre avdc Rousseau. ( 75. )

Barthélémy ( JeanrJacque5)yné en 1716 , moft en II. %

l8 HISTOI|L£ DE J.-J. EOUSSEAU,

l'jQSf Rousseau lui recOQu^ssait un grand mérite, bien avant qu il eût la célébrité qu'il a depuis acquiie. C. 1* X.

BarthÈs, . 1*765, secrétaire d'ambassade de France à Berne , témoigna beaucoup d'intérêt à Rousâeau, quand

celui-ci fut chassé de nie Saint-Pierre. C. 1. XII.

Bastide ( Jean-François de) né à Marseille le i5 mars 1 7^24 , mort à Milan en 1 798 , faiseur de romans , de journaux, de comédies, de tragédies, de contes, de mémoires, et compilateur infatigable. Il voulait que Rousseau lui donnât tcMis ses ouvrages pour les insérer par portion dans son journal. C. 1. X. ( 206. )

Bazile (madame), 17^9, jeune et jolie marchande

à Turin, dont Jean- Jacques devint amoureux. C: IL

Beaughateau {M.), 1763, 1769, savant horloger de Genève , lié avec Rousseau qui correspondait savec lui. (379, 863.) V. à l'art. Rousseau, le récit de M. Mouchon.

Bea*ijmont {Christophe de)^ archevêque de Paris, né en 1703, mort en 1781 , célèbre par la fermeté de son caractère et sa grande charité. Il fut exilé trois fois. Frédéric disait à cette occasion , Que ne vient-il- dans mes états^ je ferais la moitié du cbemin. On a blâmé la conduite qu'il tint à la mort du prince de Gonti (voy. ce mot), et ron exigeait qu'il entrât chez son altesse , qu'il y passât le temps nécessaire pour faire accroire au peuple rassemblé, que son altesse avait reçu , ce qu'en eflfet elle refusa (les sacrements). En se conduisant ainsi, le prélat ejltfait un mensonge bien combiné et qui demandait plus de suite et de calcul que les mensonges ordinaires , eitcusés souvent par l'irréflexion. La faute de M. de Beaumont est de ne s'être pas assuré d'avance de l'accueil qui lui serait fait , et dans Je doute , de n'avoir pas gardé rincognito» Il en

, UI. I^ARtlE. BIOGRAPHIE* ig

avait connais une antre par son mandement contre Emile, p^arce qu'en pTOflcrirant cet ouvrage ^ il contribuait à le faire connaître. La même proscription a été répétée de nos joui s ^ mais sans lé même inconvénient^ parce que l'ouvrage était connu : c'est le nouveau mandement qui ne l'a pas été. Rousseau fut afifecté de celui de M. de Beaumont, parce qu'il avait une profonde estime pour cet archevêque. Il y répondit cependant par une lettre qui est un véritable chef-d'œuvre de polémique. Voyez-en la notice, IV* partie^ Conf.l. XII.

Beaurieu ( Gaspard Guillard de) y né en i^-a^ y mort à l'hôpital de la Charité en i^qS. Des manières originales et un extérieur singulier lui donnèrent quelque réputation. M. Panckoucke le recommanda à B.ousseau qu'il consulta sur Y Elève de la nature, production de Beaurieu. Rousseau le juge dans sa réponse inscrite sous* le n^ 4^7*

Beauteville (le chevalier du Buisson de) y 1761 , 65, d'une ancienne famille du Rouergue , ambassadeur de France à Soleure , témoigna de l'intérêt à Jean- Jacques qui l'avait côtfnu chez M. le marquis de Luxemîbourg , et -qui lui écrivit pour lui recommander M. dlvernois* Conf. l.XH(659).

Becket et Dehonst ( 1766 ) , libraires à Londres ^ a qui Jean-Jacques s'adressa pendant son séjour en A.ngleterre, et qui songèrent plus à leurs intérêts qu'aux siens. ( 654 , 673 , 71 3. )

Bellegarde ( le comte de ) ,fils du marquis d'Antrenmnt^ i')'^']» H aimait la musique, était passionné pour celle de Rameau. Gonf. V.

De Biz^LOT ( Pierre-Laurent BuireUe de) y né ï^ Saint- Flour. en Auvergne en 1 737 , mourut en 1 7 75. Le <;hoix

qu*il fit de sujets nationaux pour mettre sur la scène française plaisait à Jean-Jacques (901, 907 ).

Belosels&i (le prince), ^11^7 prince polonais, i^ë à PétersboHrg en 1757, mort en 1809, fut envoyé par Catherine II à Turin , comme ambassadeur , et rappelé patJe comte Pai^in qui y ne s'occupant que d'affaires, lui trouvait , dit-on , trop d'esprit. Ce prince s'exerça dans notre langue sur la musique, et fît des poésies françaises, que Mormon tel publia en 1789* IL écrivit de Genève à Rousseau,, qui lui répondit une lettre plus sincère que polie , que nous réimprimons et qui est inscrite sous le

Berard , 1 745 , chanteur , qui joua un rôle* dans les 'Muses galantes y opéra représenté chez M. de Bonneval , intendant des Menus. Conf. , 1. VII.

Bergson , 1766, moine qui avait tenu sur Jean- Jacques des propos que celui-ci méprisa (657 ).

Bernard, citoyen de Genève, oncle de Jean-Jacques* Il servit sous le prince Eugène , et se distingua à la bataille de Belgrade. Il avait fait un projet de fortifigation pour Genève que^ean-Jacques eut l'indiscrétion de commua niquer. Conf., 1. V (6).

Bernex ( Michel-Gabriel Rossillon de) y né \ Château- Bleu, près de Genève, en 1757, mort à Annecy en 1734, fut le cent septième évêque de Genève. H avait commencé par être moine de l'ordre de Sain t-À.ugus tin , de la congrégation de Saint-Antoine de Viennois , dont on appelait les membres Antonins ou Antonistes* Après sa mort , les Antonins , ses anciens confrères , voulurent le faire béatifier ^ afin d'illustrer leur ordre. Une conduite pieuse^) des vertus, une vie exemplaire Ae suifi-*

m. PABTIE. BIOGRAPHIE. '21

salent pas toujours* Il fallait des miracles : ils sont à rinscription dans le calendrier , ce qu'étaient dans le temps de nos guerres des actions d'éclat pour arriver au bâton de maréchal. Le feu ayant pris aux corde* liers d'Annecy, le bon évêque, inadame de Warens et Jean-Jacques, âgé de dix-sept ans, se mirent k genoux 5 le premier récite une prière pendant laquelle le vent tourna tout-à-coup , ce qui changea la direction des flammes , et Ton put facilement éteindre l'incendie. Tel est le miracle de M. deBemex.Onnep€îut en l>onne' conscience l'attribuer à madame de Warens ni a Jean* Jacques. En i ^4^ ^^ demanda à celui-ci ^attestation du fait. "Le mémoire qu'il rédigea , convme en ayant été témoin , est dans le recueil de ses œuvres. Freron , ^i ne négligeait rien, déterra ce certificat i^xit en. faire usage lorsque les lettres de la montagne parurent. La doctrine des miracles y est battue en ruine. La rencontre était heureuse , dit Jean-Jacques , et Và-propos Ud partit à lui-même fort plaisant. Ce qui ne Test pas moins, c'est l'erreur de date commise par Jean-Jacques, et que personne n'a remarquée. Dans le certificat ou mémoire qu'il a remis , le ig avril 1742^? au F. Boudet , il atteste qu'au mois de septembre 1 7^9Î^ zAt vu le vent changer par V effet des prières de M, de Bemex\ Or , il est resté à Turin toute Tannée 1729^. Il ne pouvait cons^quemment voir ce qui se passait à 4>nnecy. ( Voyez l'analyse du troisième liv. des. G)nf. , 1. 1 , p.~i o. ) En matière de miracle on doit avoir une rigoureuse précision dans les dates. Beste à savoir encore si le vent n'eut pas changé au même instant quand M. de Bernex ne se serait pas mis en oiraison et s'il n'eût pas été à Annecy. Questicm qui rend le miracle une chose fort naturelle , au lieu d'être , comme il le fallait ,. une dérogation aux

!2i HISTOIRE D£ J.-J. UOUSSiAU,

lois de la nature. La théorie des vents et celle des mi-* racles ont toujours été un «ujet de discussions. Gonf. 1. III. Lettres de la Montagne*

Bebnis ( François-Joachim de Pierre , cardinal de), né en. i7i5, mourut à Rome en 1794* U était , en 174^^ de la société de madame I]l.ipin avec Jean-Jacques.

Conf. , 1. vn.

Berthibr ( le P«) y jésuite, qui travailla avec M. Dopin à la réfutation de Moutesquieu. C'est chez le fer-^ mier-général que Je^a-Jacques le connut : né à Issoudun en 1704, il mourut à Bourges en 1782. Il rédigea le jounnal de Trévoux pendant 19 ans, écrivit contre leâ philosophes , etc. Conf. , L VU.

Bertrand , 1 765, dans sa correspondance, Jean -Jacques parle des soins officieux de Vami Bertrand ^ il est aisé de voir que c'est une ironie , mais on ignore quel est ce Bertrand, et peut*étre est-ce un sobriquet. ( 574» )

BsTHiSY ( Jean- Laurent de) ^ né k Dijon en 1702, professeur de muûque , auteur de tEnlès^ement d'Europe ( nautique et paroles ) r€f>résenté en 1789 , et d'une Eocpositian^kT^ théorie ei de lapraUque de la musique y 1 755 et 1 764* Il critiqua Jean-Jacques*

Betti^a, jolie et aimable fille qui exécuta, à Venise , les symphonies des Muses galantes ^ opéra de Jean-Jacques. 1744. C. 1. VIL

Bezeiîval (^adame de), d'une illustre noblesse polonaise. Elle voulait faire manger Jean-Jacques à l'office. C. 1. VIL Voy. tome P"" de cet ouvrage, p* 49«

BiNis (l'abbé de), 1743, écrivait sous la dictée de M. Follau, secrétaire de M. de Montaigu. Cet abbé n'étant

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