‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 35 sur 108 · IV. PARTIE. SES OUVRAGES* 38l · texte numérisé non relu

IV. PARTIE. SES OUVRAGES* 38l

remplir tous, et d'appliquer les règles aUx faits avant de savoir qu'il existât des règles y de manière qu'elles n'étaient plus à ses yeux que la conséquence de faits et comme déduites de la natute des choses. Ce gouverneur ne donnait pas de préceptes; il les faisait trouver*

Les critiques ^ Emile ^ n'entrant point dans le sens de l'auteur dont ils lisaient l'ouvrage, substituaient leurs idées aux siennes , et s'écriaient : Mais à m^i servent la force et l'expérience d*Émile pour cet élevé qui doit avoir bientôt un brevet de colonel, pour !û6| autre à qui la toge et le mortier sont destinés, pour ce troisième qui voit dàBs l'horizon la crosse et la mitre pour ce jeune prince qui n'attend que l'âge de commander aux hommes?..*. A quoi? mais, à soutenir les fatigues de la guerre et l'activité des camps ^ à ne jamais prononcer un jugement saiis avoir approfondi la cause et reconnu le droit; à mettre toujours entre sa morale et ses actions le rapport qu'y placent l'honneur et la probité; à ne pas traiter les hommes comme de vils esclaves, à s'en faire aimer, à les rendre heureux; enfin, si , comme il est arrivé , toutes ces espérances sont déçues, s'il faut renoncer aux promesses de la fortune, à savoir s'en passer, '

On sait bien que manier l'équerre et le rabot n'était pas, pour commander un régiment ou juger un procès, une chose plus nécessaire il y a trente ans , qu'elle ne le s^ait aujourd'hui pour être missionnaire ou jésuite , ambassadeur ou préfet. Aussi Jean-Jacques ne voulait pas plus faire de son élève un colonel qu'un capucin. Son intention était de lui donner en lui-même une ressource contre l'adversité. De cruels événements n'ont que trop prouvé combien cette prévoyance était fondée; et ce n'est pas sans intérêt qu'on a vu, dans notre toi^rmente

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révolutionnaire, Aes h(^vaiùes combles jusqu'alors des £siveur0 de la fortune, des princes m^mè, lutter avec avantage comre un «ort i^igoureul, et tirer <feus:'-mé mes des riBMoaroes svir lesquelles ik «'avaient jamais compté ■( I ).

(i) he% prioces sont toujours assez evt évidence sans qu^il 8oi( be* soin de les désigner. Celui dont il est question vécut^ dit-on , «n enseignant ce qu*il avait appris dans tout autre but que de le mon- Crer à <l*a«tres. Beaucoup dfexemples ont démontré la sagesse du 3^eeple de Jvaa-ïacques. £t l'on « vu des geM élavés fkM fopuleiK», oials qui aTAÎevt eu le boob^r d^appr«o4re s tourner par désoeu^ement , ie faire avec succès par besoin , et s'i^plaudir de savoir manier dextrementle ciseau* Ceux-là supportaient avec phi- Ic^opbie le pénible joug de la nécessité, oubliant naissance, rang et fortune. Mais c'était le plus petit nombre. Les autres avaient une mémoire dont la Edélilé faisait leur fupplioe. 14 n^est peut-être pas tnittiU pdur ceux qui aiment à ùâie dea observMioiis anr Je cœur bumain , tle leur rappeler un ÏTSt^t^^ii^pae dTocQi^p^r un uiomenf leur attention.

Beiiucoup d'émigrés Italiens et Français étaient réfugiés à Hambourgf où Ton ne vit que de travail, et pour faire sa fortune, ou l'accrohrc quand elle est faite. Ceux qui possédaient quelque talent utile en firent usage et restèt^nt. Les autwt se virent tcistemenl obligés d'aller plus loin. M. le baron ** ne sayait <pip «ofingfr ,tiuit hien que mal deux k troia capt mille jivr«s de rieute. Sans ressources , toutes ses économies épuisées , n'ayant jamais servi^ trop âgé pour rapprendre , trop fier pour recevoir, des secours , trop ignorant ( non par sa faute , mais par l'éducation qu'il avait reçue ") pour en tirer quelque fruit , quel parti .prendra-t-il ? H se mtlé fanle-wialade tmigeamt qnPon Papp«He par «ou'titre ea lui deman dant desiMÎnB. iQn*nd on ne loi liifalc jiaa iW. UhafOnt il ne bougeait .fMa plua qn-im terme. il# noblease n'est pa^ l'id<4e d^s .^aqibourgeois , qui en .font trè^-peu de cas lorsqu'elle n'est point accompagnée de la fortune. Ce leur fut un spectacle aussi nouveau pour eux que singulier et bizarre, deroir un homme se soumettre à une pareille condition et oPobéir qU'cn voulant conserver Yéù*

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