‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 39 sur 108 · IV. PAKEHS. SES OUVRAG». Sg'J · texte numérisé non relu

IV. PAKEHS. SES OUVRAG». Sg'J

C'«st im pèlreqoi ékèvè son entâmt. Cet ouvrane eut* présenté l'histoire du père et du fils. Ghmm vcmlait ensuite qu'on fît autabt de tntà^ hisionqûes éPéduonAions par* iicuUères quily a de skuations domestiques^ afin d'approcher davantage de notre situation commune et cis/iie. Ces traités eussent été très*nûmhreux. L'objet de l'auteur et celui de. Rousseau n'ayiàient aucun rapport;. Le premier voulait indiquer comment il fallait élever un m^^strat , un négociant , un adminiâtrateur , un mili- ^ taîrc^ etc. Le second ^ supposant la ruine du commerce , ^le renversement de la magistrature, s'est proposé d'élever un homme peur le mettre en état de se retirer d'affaire dans les plus grandes crises f et , si elles n'avaient pas lieu, de pouvoir exercer des fonctions et- se];nplir dignement le rang qui lui ^tait destiné dans un ordre de choses que les révolutions n^eussent pas troublé.

Il y a une erreur assez répandue , sur* laquelle; il 'est convenable de s'arrêter, un xjox^mgefX. Il y a même une accusation hasardée ^ ai e^le n'est. calomnieuse^ que^bous devons d'autant nxoins .passer sous silence, iqu^ le nom et les. talents de celui qui l'a rendue publique (i) pourraient faire autorité : l'erreur et l'accusation ont une liaison nécessaire 'avec Emile : commençons par Terreur.

On croit communément que J.-J. Rousseau a présidé à plusieurs éducations , tandis qu'il , n'» voulu se charger d'aucune depuis qu'il a réfléchi sur L'importanice et la gravité des fonctions d'instituteur , et sur sa respon^ sabilité. A.vant son entrée dans -la carrière des lettres , qu'il devait illustrer par d'immortels ouvrages, il avait.

(i) Me Couture , plaidoyer pour le général Caniiel , du samedi 19 décembre i8i8.

3g8 BfBTOtlIC DE -$.-!. RoxrèjteAlTy

pendant UH€i année, été chargé de iVducilti^ll d^s en* fanu du grand 'ptét^ de hjon'y M«>Botiiiol de Mably, et dont Tan portait le nom qtte leur oilcle atendn célèbre, Tabbé d^CkmdlUac. AprèàunamtessAÎ, durant lequel U n'épargna aucuH sùin ,- il se d^tnUna à quitter ses disciples, ëien eom^éUneu qu*it ne ptnyiehdraii jamais à les bien élei^er s il croftui as^m^ le uUéHt dé pré* cepteur , il eut le têmp^ de se déàabHser{t), Ils avaient l'un huit ans et Taiitl^ dit; Ainsi il serait inexact de prétendre que ces deux frères forent élevés par Jean- Jacques, qui ne passa qu'une année avec eux. Cest la seule qu'il ait consacrée à l'éducation pratique. On voit dans sa Correspondance qu'il a plus d'une fois refusé des proportions qui lui étaient faites sur cet objet.

On croit encore qu'il a fait l'éducation dTim des enfants de M. deGirardin. Rousseau partit pour Eirmenonville le !20'mai 1778 : il y mourut le 3 juillet Suivant. A6n de ménager son ^é^cessi^e d^icat^sse bt de luî per* suader que ce n'était pas gratuitement qil'il acceptait l'asile qu'on lui ofi^ait, il fut convenu qu'il donnerait Ae% leçons au jeune Girârdin^ Ces leçons* lor^t particulière-^ ment conisacrées à la botanique. Pour les recevoir , l'eni^t âe rendait au pavillon que Jean^Jàcques avait choisi , et qui était séparé du château.

Elles commencèrent le ai mai , finirent le i^' juillet , et là prétendue éducation (q) dura quaranti^urs.

Passons à l'accusation.

(1) Cçnfossions^ liv. YI.

(2) Celui qui est chargé de Péducation d*ua enfant ne doit pas le perdre de vue: il préside aux leçons qu^il ne donne pas ^ les dirige, et ceux qui donnent ces leçons peuvent être et sont 8ouvei|t étrangevs à son éducation.

nr. VÂBTIE. SIS OVYtLkGESé BgQ

On a dit dam une audience célèbre et nowibreuse que le jeune Ita Idve drÉpmay avait v^mlu, à l'â^ede quinze ans ^ «mpoisanner son père ; l'on a présenté ce crime odieux comme le fruit de réducalion qu'il avait reçue d'uo philosophe I laissé entendre que ce philoso^e était J.-J. Rousseau y et conclu que le parriftide était le ré«> Sttltat de ses principea.

Nous n'avons jamais cru que la personne qui est l'ob^ )et d'une pareille accusation l'ait méritée.

Quant awL rapports entre Jéau*Jacques et le ftls de madame d'Ëpinay ^ les voici. ; elle lui donna pour pré^ cepteur.M. l'abbé de Idnant, qui fut entièrement char* gé de son éducation y tantôt dans la maison paternelle^ tantôt au collège de Lisieus , où le maître et l'^lèrve habitèrent, le premier pour veiUer sur le second , et celui-ci pour participer aux avaqiuges de l'éducation publique.

Dans le même temps Jean Jacques vivait solitaire, à ^'ftermitage. U assista seulement unejois k un exercice où l'o^ exangiinait le jeune d'Epinay^ et critiqua la manière dont ses succès furent récon^pensés par le père y qui lui donna un habit brodé.

Jean-Jacques resta di>nc totalement étranger à Tédution de ce jeune homme. A.insi , l'assertion contraire est ^/iu/^^.D'ailleurs j il est souvei:ainement injuste de rendre tout iustitullrur; responsable de la conduite que tient son élève dans le monde ; de supposer qu'il se conduit conformément aux principes qu'il a reçus dans son enfance ) ou que, s'il commet une mauvaise action^ c'est par'Suite de ces principes. Ceux des philosophes ne menaient point au parricide : JeanJacques n'était point de leur école : ils l'avaient banni de leur rang. 4insi 9 ^put est jiasardé ^ irréfléchi dans cette assertion de l'avocat ; déplacé dans

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•un plaidoyer relatif à une conspiration, et nous aimons à croire que le fait principal est, de toute, fausseté (i).

Passons aux reproches directs/qu'on suppose fondes, parce qu'on les appuie sur des résultats qui n'ont point répondu aux tentatives faites ^ d'après les conseils de l'auteur & Emile.

Un. des grands reproches qu'on ait; faits à Fauteur ai Emile y est d'avoir un système d'éducation inexécutable , et , on l'a jugé tel , parce qu'en le suivant on avait échoué. On a même prétendu qu'il en était, convenu luimême en répondant à M. Angar, qui lui disait avoir élevé son fils comme Emile (3) : Tant pis , monsieur, pour vous et pour votre fils , tant pis, £n supposant l'anecdote certaine ^ en omvenant du mauvais succès de ceux qui ont essayé^ il reste à faire des observations, sur rintentipn de Rousseau, dans, son Emile ; il est nécessaire de bien connaître cette intention afin de- n'exiger que -ce

(i) Voyez sur cette étrange accusation les journaux desao et 3i décembre 1B18, particulièrement celui du Commerce. Elle est exprimée de manière à ce que tout le monde devait la connaître, et comme un fait dont il n'est plus permis de douter. Quelques recherches que nous ayons faites, nous n'avons rien découvert qui pût la motiver.

' P.. S, Nous avons appris depuis, que M. d'Épinay; fils de celui dont. la mémoire était outragée, avait obtenu une rétractation de M® Couture, qui reconnaît son accusation comme tffinuée de fondement, ajoutant qu'il Pavait trouvée dans V Accusateur public ds BicherSérisi : mais que, comme la famille n'avait jamais réclamé» il se croyait excusable de l'avoir adoptéje de confiance. Dans sa lettre du 10 février 1819, M. deLaLive d'Épina expose que sa famille a^fait ignoté complètement un mensonge aussi grossier ^ que son père n'avait jamais reçu les soins de Rousseau ,* gu'il fut éleyé ~par M. de Linant. V,\e Journal de Paris du 10 février 181Q.

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