IV. PARTIE. SES OUVRAGES
ne fut ohsetvée; Ton prononça sur lé livre sans l'avoir lu , et silr Fauteur sans l'avoir entendu.
On rougit bientôt de cette précipitation , mais sans Tien faire pour en arrêter les effets. Les juges refusèrent à la famille de' Rousseau la cojnmunication de là sentence.
Navré de tant d'injustice , il garde le silence, se con* tentant d'élire au premier syndic, pour abdiquera perpétuité son droit de bourgeoisie et de cité dans Ut république de Genèsfe : démarche qui fut blâmée de ses amis et qu'il motiva dans une lettre confidentielle k M. Chapuis ( i ).
Cette lettre fut colportée, altérée, commentée. On en fît des extraits infidèles : Rousseau se vit obligé d'en envoyer une copie certifiée.
Les citoyens de Genève ayant d'anciens griefs contre le conseil , rédigèrent des représentations dans lesquelles ils firent entrer l'affaire de Rousseau; La réponse du conseil fut modérée, mais négative.
M. Moultou, prévoyant les troublés qui pouvaient battre de ce refus et lès reproches qu'on ferait à Jean- Jacques , son ami , lui conseilla d'écrire à Geticve pour calmer le peuple. Dans sa réponse , datée du 7 juillet 1 763 , Rousseau le remercie ^ déclare renoncer à l'intérêt qu'il peut avoir dans cette affaire en ce qui lui est personne) ; et , de plus , qu'il n'acceptera jamais la restitution de son droit de bourgeoisie, et qu'il ne rentrera jamais dans Genève, Il écrit ensuite des lettres très-pressantes à ses amis, \t ses parens, pour les engager à se retirer, afin de rester entièrement étranger aux événements qui se préparaient. Mais il en était toujours la
(1) Voyez Correspond. fXeiXxe à\x '2^ mai 1763.
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cause involontaire , parce qu'à l'occasion du refus que le conseil avait fait d'accueillir les représentations , ce conseil manifesta sa prétention sur le droit négatif absolu j droit qui menaçait la liberté publique. Ce fut dans ces circonstances que parurent les Lettres écrites de la campagne; « ouvrage, dit Jean-Jacques, écrit en faveur du » conseil avec un art infini y et par lequel le parti re- » présentant, réduit au silence, fut pour undtemps écra- » se. Cette pièce, monument durable des rares talents » de son auteur, était du procureur-général Tronchin ».
On jette les, yeux sur Jean-Jacques pour répondre à ce redoutable adversaire. Il résiste d'abord et se rend J>ientôt, parce qu'il était personnellement attaqué dans les Lettres de la campagne. Son Emile y était déclaré anti-chrétien , son Contrat social destructif de tout gouvernement , enfin , son décret de condamnation avoué et soutenu légal. On le mettait ainsi dans la nécessité de venir se purger (ce qu'il ne pouvait faire sans exciter beaucoup de trouble) ou de répondis : ce qu'il fit par les Lettres écrites de la montagne.
Tel est l'exposé exact des faits qui ont niïs Rousseau ^ans la nécessité de faire cet ouvrage. Pour sentir les défauts de celui de Tronchin, il nesu£Bsait pas de connaître la constitution de. Genève, il faUait encore en .avoir vu le jeu de bien près. D'après cette observation, Jean-Jacques entra , qua^d il était nécessaire , dans de& ' détails sans lesquels il aurait paru obscur.
Les Lettres de la montagne sont au nombre de neuH
Dans la preçdière et la sixième, il examine les deux ouvrages pour lesquels oq l'a condamné. Celle-ci est particulièrement consacrée au Contrat social qu'il analyse, et dont il développe la doctrine. Dans les seconde, quatrième et cinquième, il prouve qu'on ne l'a pas jugé