IV. PARTIE, SES OtJVRlGES* /^Jj
suivant les lois ; il indique la marche qu'il fallait suivre s'il eût été coupable; il rappelle d'anciennes procédures en matières semblables et les compare à celle <lbnt il est l'objet. C'est dans celte cinquième lettre qu'il met en jeu Voltaire , en lui faisant conseiller la tolérance aux magistrats de Genève ; et se servant de ses propres armes , l'ironie et le ridicule , avec un succès qui rendit le patriarche furieux. H s'oublia au point de répondre par l'infâme libelle intitulé - Sentiments des citoyens y que Jean- Jacques eut l'injustice d'attribuer à M. Vernes-(i). La troisième lettre est consacrée à la doctrine des miracles que l'auteur attaque avec énergie. L'état de la république , la conduite que doivent tenir les citoyens , les contradictions dans lesquelles on est tombé par l'acte de médiation , le droit de représentation qui ne peut être illusoire, forment la matière des septième et huitième lettres. Enfin , dans la dernière, on examine l'ouvrage * de Tronchin , le but qu'il s*iest proposé , etc.
Ces lettres eurent une grande influence sur la destinée de Jean-Jacques. La vénérable classe des pasteurs sumon^a.' qu'elle ne pouvait plus le regarder comme chrétien : le petit conseil déclara que l'ouvrage n'était même pas digne d'être brûlé par la main du bourreau, et qu'on ne pouvait y répondre sans se déshonorer. Les représentants Tabaudonnèreut, quoique ce ne fut qu'à leurs pressantes^.
(i) Oo dit dans ce libelle que Jean- Jacques déguisé en saltini' banque , portant les marques funestes de ses débauches , traîne de, village en village la malheureuse dwitH fit mourir la mère, ^ Rousseau fit Téimprimer ce libelle en y meltant quelques uotes. A l'accusation que nous venons de rapporter^ il répond en disanjt qu'au, meurireprès , il aimerait mieux avoir fait ce dont on Vaccufic », que- d'ovoiit écrite un pareil libelle.
sollici^tions qu'il avait pris la plume. Il leur avait prêché la modération , on eu voit des preuves nombreuses dans sa correspondance : il leur recommandait de sau-ver aux magistrats des rétractations humiliantes ( i ).
Elles furent condamnées en 1765 par le parlement de Pads , sur le réquisitoire du même avocat du roi qui avait fait condamner V Emile.
Considérées sous le rapport de leur mérite littéraire ^ ces lettres ne pouvaient être appréciées que par un petit nombre de lecteurs , parce qu'il fallait connaître la cons< titution de la république de Genève. L'influence de cet ' ouvrage n'a point encore entièrement cessé j et Ton voit, dit-on, dans la patrie de l'auteur plusieurs familles qui ont hérité des sentiments dont les membres du conseil étaient animés à l'époque où parurent les Lettres écrites de la montagne»
$. II. Littérature variée.
Ce titre embrasse les pièces de théâtre, les poésies et tous les écrits de peu d'étendue , qui , n'ayant aucun rapport avec les autres ouvrages , ne sont point susceptibles
(1) Lettres des i^ janvier 1765, 7 mars 17681 etc. Nous trouvons ÛAtiBY Histoire de France pendant le i8« siècle,^Ar M.deLacretclle, UD témoignage qu'il est bon de rapporter, a La sédition ( tome IV, » p. 147 ) appelait un chef à Genève , et Jean- Jacques était désigné M pour jouer ce rôle. Il se montra , dans cette occasion , vrai phi- V losophe et parfait citoyen. II ne voulut point que son injure per- » sonnelle prolongeât les troubles de sa patrie $ il fit tout pour mo- » dérer tes défenseurs , et refusa de s^approcher d^eux. »
La troisième lettre est , comme nnus ravoua- dit , consacrée à com» battre les miracles. Jean-Jacques 1 dans sa jeunesse , eu ay%i\ attesté un dont il fait le récit. Confeu. liv. III. Le mémoire qu^il signa est daté du 19 avril 174a. Voyez Tarticle Bernex ^ tome I> page io«