‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 54 sur 108 · IV. PAKTIE. SES OVVBAGES · texte numérisé non relu

IV. PAKTIE. SES OVVBAGES

actes. Elle fut compose à Lyon en 1740. Rousseau dit ( G. 1. VII) qu'il la jeta au feu. Ainsi il y en avait une copie, et son intention n'était certainement pas de la publier. Nous en disons autant des fragments d'Iphis.

3**. Les prisonniers de guerre, Comëdie faite à Chambéry en 17 43- Bile n'a été représentée que sur des théâ* très de société.

4^. Les Muses galantes. Ballet commencé en 1743, et acbevé au retour de Venise. Jean^Tacques raconte, dans le VII* livre des Confessions , l'histoire de cet opuscule, et des désagréments qu'il lui causa.

5°. LI Engagement téméraire. Comédie en trois actes -, composée en 1 747, à Chenonceaux , chez madame Dupin. £lle fut jouée à La Chevrette en 1748*

6®. Le Deif in du village, InteTmeâe,

Jean- Jacques donnant beaucoup de d^ails sur cette pastorale (, i ) qu'il fit en six jours a Passy , il ne nous reste à nous occuper que de l'influence que ce petit ouvrage eut sur la destinée de l'auteur, et de l'accusation de plagiat dont il fut l'objet.

Le mérite du Devin du Village est encore apprécié (malgré les progrès de la musique, en France, depuis soixante-neuf ans), puisque l'on continue de le jouer et que le public le voit avec plaisir. A. la première représentation il eut le plus grand succès.

Tout autre que Jean-Jacques eût certainement profité des circonstances et recueilli le fruit de son talent ; ces circonstances étaient on ne peut pas plus favorables. Le Devin plut au Roi , et , ce qui valait mieux encore , à la maîtresse du Roi' ^ conséquemment à toute la cour , comme à ce qui reçoit le ton de la cour. On s'en^

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(i) Voje« Conf. liv. \ m.

44^ HISTOIRE DE l.-J. ROUSSEAU ,

goue de Tauteor } on veut le . yoir , le présenter atr prince : le jour est pris , et l'heure désignée ; il s'esquive et fuit, renonçant à l'honneur qu'on veut lui faire , à la pension qu'on lui veut donner. H fut taxé d'orgueil et traité de. personnage grossier et mal appris. On conçoit l'embarras et la timidité que devait éprouver un hommetransporté tout-à-coup de l'obscurité, devant le souverain de l'Europe que la majesté de ses regards , l'éclat de sa couronne et le faste de sa cour rendaient le pins imposant des rois. Les motifs que Rousseau donne de sa fuite méritent d'être examinés avec impartialité. Du reste s'il eut tort y il ne fit de mal qu'à lui. .

Il retirade ce petit ouvrage plus que de l'Emile, toute proportion gardée (i).

Nous avons examiné, dans le chapitre de ses Contra^ dictions , le reproche qu'on lui fait pour avoir travaillé sur des paroles françaises, après avoir prétendu que notre langue ne se pré tait point à la musique.

Ou lui contesta le Devin du village , Le baron d'Holbach parut douter qu'il en fut l'auteur. Il fallait ^ pour décider la question , l'examen impartial d'un grand compositeur , qui voulût de bonne foi découvrir la vérité. Le célèbre Grétry s'est chargé de ce soin. Laissons-le parler.

a On voulut ( dit-il, Me'moires , t« I, p. ^76) lui contester son Devin du village. S'il eût menti une seule

(i) Il eut 1200 fr. deTOpéra, 2400 fr. du Roi, laoofr. demadape de Pompadour, et i5oo fr. du libraire qui &t imprimer le Dcuin- Ainsi cet intermède lui produisît 53oo fr. , c*e8t«à-dire presqu'autant que rEniile dont il vendit le manuscrit 6000 fr. , et qui lui avait coûté quinze ans de méditations, et trois ans de travail ; tandis que le Devin du viUage fut, quant au plan et à la muitqa«> lait «n six jours et achevé en trois semaines.

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