IV. PARTIE. SES OUVAAGES
Enfin les partis se trouvèrent en présence à FOpéra , le jeudi i*' mars. i'^ 53, à la suite du Jaloux corrigé. Pendant la représentation, deux hommes, dont l'un ét^it partisan de la musique française, et l'autre de la musique italienne, défendaient leurs opinions avec tant de chaleur, que l'attention du public fut troublée. La sentinelle^ s'approcha pour leur faire baisser la voix • mais le luUiste dit au grenadier : Monsieur est donc buf- Jmiiste ? ce qui déconcerta tellement le militaire qu'il retourna tout confus à. son poste (i). Il n'en fallait pas plus pour empêcher le succès de la pièce. Elle réussit cependant, malgré le parti des amateurs de musique française. Il est probable que l'influence de la cour , qui avait applaudi, sur le théâtre de Fontainebleau, cet intermède, se dt sentir à l'Opéra, d'autant plus que les grands seigneurs , étant du parti opposé à la musique italienne , ne pouvaient se démentir et refuser leur suffrage après l'avoir donné précédemment. .
Madame Favart fit, sous le titre dejs Amours de Bastien et.Bastienne, une parodie du Devin du village, qui, malgré la réussite complète qu'elle^obtint, et qu'elle méritait , n'a pu survivre à l'ouvrage parodié.
7°« Pj^gniation y scène lyrique.
On n'a point de date certaine sur le temps où cette scène lyrique fut composée (2).
(1) Anecdotes dramatiques, p. 279. En 1766 , pendant le séjour jàe Jean-Jacques en Aogleteri'e, on joua sur le théâtre de Druiyliane , le Devin , traduit en auglais par M. Burney. Il y eut également deux partis. Celui des Ecossais était contre la pièce , et peQdant les premières représentations U fit le bruil le plus affreux.
(:») On ne peut fixer Tépoque de sa composition. Brioché, ou Porigine des marionnettes , représentée en 1753, est la parodie de
446 UISTOIAE DE J.-J* nOVSSEAUy
On s'était souvent exercé sur ce sujet. C'est le titre du ballet du Triomphe des. arts ^ par La Motte, feprës^té en 1700. Rameau en refit la musique. Cet acte fût joué k repéra le 27 août i'j4B^et en 175 1. Pfgmalion est en. core une comédie en 3 acte» et en prose, de Romagnesi, représentée en 1741*
Le même auteur avait fait jouer , eii 1734, tm ballet pantomime de ce nom*
En 1735^ on donna, le ^ mars, un opéi^a-comiiiie de Panuard. Il avait pour titre : Pygmalion ou la Statue animée. Il fut repris avec succès en 1744*
Enfin , en 1760 , Poinsinet de Slvty donna aux Français Pygmalion , comédie en un acte et en prose.
D'après une lettre de Jean-Jacquès , en date du 17 novembre 1 765 , on voit qu'il voulait donner au directeur du spectacle de Strasbourg son Pygmalion, qu'il réclame de M. du Peyrou à qui il avait, à son départ de la Suisse, laissé, tous ses papiers. Comme cette scène n'avait pas encore été transcrite , il prie son ami d'en faire faire une copie.
Il est donc probable qu'elle a été composée de 1763 au mois de septembre 17O5.
Quoi qu'il en soit, elle fut jouée en 1768, à Lyon , ensuite sur quelques théâtres de société 5 enfin, en 1755, à Paris , avec le plus grand succès. Ce fut Larive qui demanda ' et obtint la permission de jouer cette scène dans laquelle il développa son talent , et qui fit sa réputation.
Dans le compte qu'il en rend , Grimm s'occupe exclusivement du mot que prononce la statue lorsqu'elle
PfgjnaUûn de La Motte , et non (comme Ta cru Tan des édUeurs) de celui de Bonsseau qui est certainement bien postérieur à 1753.