‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 74 sur 108 · A MADAME LA GoMTESSE IHE BoUFFLERS. YverduTl · texte numérisé non relu

A MADAME LA GoMTESSE IHE BoUFFLERS. YverduTl

^juillet 17CÎI.

« Touché de l'intërét que vous prenez k mon sort , je voulais vous écrire , «Madame , et )e le voudrais plus que jamais; mais ma situation^ toujours empirée, me laisse à peine un moment k dérober aux soins les plus indispensables. Peut^tre dans, deux jours seraî-je forcé de partir d'ici y et tandis que j'y reste , \e vous réponds qu'on ne m'y laisse pas sans occupation. U faut attendre que je puisse respira , pour vou4 rendre compte de moi. Mademoiselle Le Yasseur m'avait déjk parlé de vos bontés pour elle , et de celles de M. le .prince de G>nti. J'emporte en mon cœur tous les sentiments qu'elles m'ont inspirés : puissent des joUrs moins orageux m'en laisser jouir plus k.mon aise !

» Yons m'étonnez , Madame, en me reprochant mon indignation contre le parlement de Paris. Je le regarde comme une troupe d'étourdis qui , dans leurs jeux , font , sans le savoir / beaucoup de mal aux hommes ; maïs cela n'empêche pas qu'en ne l'accusant, envers moi , que d'iniquité, je ne me sois servi' du mot le plus doux qu'il était possible. Puisque vous avez lu .le livre , vous savez bien , Madame , que le réquisitoire de l'avocat-général n'est qu'un tissu de calomnies qui ne pourraient sauver que par leur bêtise , le châtiment du k' l'auteur, quand il ne serait qu'un particulier. Que doit-ce être d'un homme qui ose employer le sacré caractère de la magistrature k faire le métier qu'il devr^tit punir ?

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