‹ Histoire de la vie et des ouvrages de J.-J. Rousseau, composée de documents authentiquesChapitre 78 sur 108 · A M. Théodore Rousseau. A Motier& ^ le ii sept · texte numérisé non relu

A M. Théodore Rousseau. A Motier& ^ le ii sept

« Quelque plaisir^ mon très-cher cousin, que me fassent vos lettres, il m'est impossible de m'engager à vt>\is répondre exactement, car il rare faudrait plus de vingt-quatre heures dans la journée , pour répondre à toutes les lettres qui me pleuvent , et mon état ne me permet pas d'écrire sans cesse.Ne me reprochez donc pas, je vous prie, que je vous dédaigne , et que je vous refuse des réponses ; ce langage est hors de propos entre des parents qui s'estiment et qui s'aiment , et vous devez bien plutôt me plaindre d'être condamné à passer ma vie entière à faire toute autre chose que ma volonté. J'ai reçu votre première lettre , recommandée à M. le colonel Roguin , et la seconde aurait fait le même tour , par Yverdun , si les commis de la poste n'eussent eux-mêmes rectifié votre adresse. Il faut m'écrire directement k Motiers-

lY. PARTIE. SES OUVRAGES. ^^

Travers ; de cette manière , vos lettres me parviendront aussi sûrement ^ beaucoup plus tôt , et coûteront mjpinS;.

» Je ne suis point étonné qu'on commence à changer de manière de penser , sur mon compte , à Genève ; le travers qu'on y avait pris était trop violent pour pouvoir durer. Il ne faut , pour en revenir , qu'ouvrir les yeux , lire soi-même , et ne pas me juger' sur l'intérêt de certaines gens. Pour moi , j'ai déjà vu changer cinq ou six fois le public à mon égard y mais je suis toujours resté le même , et. le serai , j'espère , jusqu'à la fin de mes j6ur&. De quelque manière que tout ceci se termine^ il me restera toujours un souvenir plein de reconnais* sance de la démarche que vous et mon cousin , votre père y avez faite en cette occasion ; démarche sage , vertueuse , faite irès^à-propos , et qui , quoiqu'en apparence infructueuse ^ ne peut y dans la suite des temps , qu'être honorable à moi et à ma famille : soyez persuadé que je ne l'oublierai jamais.

. » J'ai ici mademoiselle Le Y asseur , à laquelle vous avez la bonté de vous intéresser. £Ue parle souvent de TOUS ^ et de tous les bons traitements qu'elle et moi avons reçus de vos obligeants père et mère, durant mon séjour à Genève. Présentezrleur , je vous prie , mes plus tendres amitiés , et soyez persuadé y mon très - cher cousin y que je vous suis attaché pour la vie.

J.-J. Rousseau. »

Cette lettre ioédite fait voir que la famille de Rousseau ne le laissa point condamner à Génère sans réclamer.

Elle coïncide avec les détails qu'il donne lui-mâme sur Tinter Yention d^ ses parents dans sa condamnation.

494 HISTOIRE 0£ J.-J. KOVSSEAir,

344» ^ MÀDAMï UL GoiiTBssE DE BoiTFrLEiis. Moticrs ,

le 7 octobre 1762.

a réspere, Madame , avoir gardé , sur les obligeantes offres de madame de La M. ( La Mare ) ^ le secret que vous me recommandez dam votre lettre du to septembre. Cependant , comme je n'ai pas an souvenir exact de ce que j'ai pu écrire , je pourrais j avoir manqué par inad^ vertàttce , ayant d'abord cru que ce secret exigé n'était que la délicatesse d'un cœur noble , qui ne veut point publier ses bienfaits. 11 faut de plus vous dire, qu'avant l'arrivée de votre pénultième lettre , j'en avais reçu une de madame la M. de L. (la maréchale de Luxembourg)^ dans laquelle y après m'avoir parlé de vos propositions pour l'Angleterre , elle ajoute que vous m'en avez fait d'autres , qu'elle aimerait bien mieux que j'acceptasse. Or f n'ayant point encore reçu la lettre ou vous me parlez de l'offre de M. le P. de C. ( le J)rince deConti ), pou vai»-je croire autre chose ^ sinon que l'offre de madame de La M. (La Mure) était Connue et approuvée de madame de Luxembourg? J'étais danscette idée, quand je lui répondis. Cependant y je suis persuadé que \e ne lui en parlai point ; mais je ne me souviens pas assez de ma lettre , pour en être sûr.

» Voici la lettre que vous m'ordonnez de vous renvoyer. Milord Maréchal , qui m'honore de ses bontés , pense comme vous sur le voyage d'Angleterre que vous me proposez. Je ne sais même s'il n'a pas aussi écrit à M. Hume sur mon compte. Je me rends donc ; et si ^ après le voyage que vous vous proposez de faire dans cette île , le printemps prochain , vous persistez à croire qu'il me convienne d'y aller ^ j'irai ^ sous vos auspices ,

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