IV. PARTIE. SES OUVRAGES. 5o
a pas remboarsé plus tôt les deux louis que vous avez .eu la bonté de lui, prêter^ c'est que sa mère qui les a jeçus^ lui avait promis et lui a encore fait écrire qu'elle vous les rendrait. Elle n'en a rien fait, cela n'est pas bétonnant ^ ils sont passés avec le reste. Assurément si xette femme a mangé tout l'argent qu'elle a tiré de sa fille et de moi, depuis vingt ans^ il faut qu'elle ait une 'terrible avaloire. Si vous pouvez, mademoiselle, attendre sans vous gêner, jusqu'à pâques, cet argent vous sera remboursé à Montmorency ; sinon , prenez la peine, quand vous irez à Paris , de passer à l'hôtel de Luxem* bourg, et en montrant cette lettre à M. de La Roche , que d'ailleurs j'aurai soin de prévenir , il vous remettra ces deux louis pour lesquels mademoiselle Le Vasseur vous fait ses tendres remercîments , ainsi que pour toutes les bontés dont vous l'avez honorée.
A l'égard de la dame Maingoty il est très-sur qu'il ne lui est rien dû. J'en ai pour preuves, premièrement la probité de mademoiselle Ze VasseuVy bien incapable assurément de nier une dette; la somme qu'elle de- .mande, qui pasjse ce que j'ai pu acheter de' volaille^ durant tout mon séjour à Montmorency \ mon usage constant de tout payer comptant à mesure que j'achetais; la fait particulier de quatre poulettes qu'acheta mademoiselle Ze VassewTy pour avoir des œufs durant le carême , et qu'elle paya comptant au garçon de ladite
adr«Mée , et qui est devenue supérieure de THôtel-Dieu de Montmorency , sous le nom de s<»ut Marie , depuis Pépoque où cette lettre fut écrite. M. Duflos , neyeu de la sœur Marie , prit]^ en 1788, pour la conservation de cette lettre, des soins qui prouvent le prix qu^il y attachait. Il la fit encadrer entre deux glaces , de manière à pouvoir la lire en entier , et cVst dans cet état qu'elle m'a été confia - par M. 4^ La C
5o6 HISTOIRE DE J.-J. ROUSSE ATT,
Maingoty en présence de la mère i^«fioii j, passé laquelle emplette, il n'est pa« entré une pièce de volaille dans ma maison; en&n, 1'ex.actitude même de la dame Maingot k se faire payer, puisque ma retraite fit trop de brait pour étr« ignorée d'elle , et qu*il n'est pas apparent que, venant tous les mercredis au marché , elle ne se fât pas avisée de venir chez moi demander son dû. Cest pour payer les bagatelles que je pouvais devoir^ que mademoiselle Le Vasseur est restée après moi. Pourquoi ne s'est-elle pas adressée à elle ? Donner à la dame Maingot ce qu'elle demande , serait récompenser la, friponnerie : ce n'est assurément pas mon avis.
Je regrette beaucoup le bon M. Mathas , et je crois qu*il sera regretté dans tout le pays. Il faut espérer que M. Dumoulin le remplacera à tous égards^ et n'héritera pas moins de sa bonté que de son bien. Je éavais que madame de F^erdelin avait fait inoculer ses demoiselles^ mais je suis en peine d'elle-même, n'ayant pas de ses nouvelles depuis long-temps, quoique je lui aie écrit le dernier. Gomme il faut nécessairement affranchir lés lettres, les domestiques ne sont pas toujours exacts làdessus, et il s'en perd beaucoup de cette manière. Si elle vient ce printemps à Soisi , je vous prie de lui parler de moi ; c'est une bonne et aimable dame , dont l'amitié m'était bien chère, et dont je regretterai toute ma vie le voisinage. Je suis très-sensible, mademoiselle, au souvenir de toute votre famille; je vous prie de lui en marquer ma reconnoissance et d'y faire à tout k monde mes salutations y de même qu'à tous les honnêtes gens de Montmorency, qui vous paraîtront avoir conservé quelque amitié pour moi. Mes respects en particulier à M. le curé., si vous en trouvez l'occasion. Recevez ceux de mademoiselle Le Vusseur et les assurances de