A MADAME LA GoMTESSE DE BoUFFLERS* MotUrS j U
. a8 décembre 1763.
« Yotre.lettre y Madame, m'a fait un plaisir d'miiant plus seinibt* qœ je m'y attendak moins. Je craignais , il e»t vrai , d'aroir perdu TOtre amitié^ et, san» avoir à me reprocher cette perte ^ je la mettais au isombre des malliken^ qui m'accablent et que je ne me siiif pas attirés. Je suis charmé pour moi , Madame, et}e sai^bien aiseatissi pour vous qu'il n'en soit rien; il ne tiendra sûrement pas à moi , que je ne me conserve toute ma vie un bien qui m'est si |n:écîeuie. L'intérêt qtie )e vous ai vu prendre k mes disgrâces ne peut pas plus sortir de mon coeur, qae n'^i sortiront les sentiments qu'il avait conçus pour vousmême auparavant.
9 Je me réjouis de n'apprendre votre rougeole et votre mélancolie qu'après votre guérison. Tâdiez d'être aussi bien quitte de l'uue que de l'autre. Eh î comment k mélancolie osait-elle se loger dam une âme si belle , parée d'un habit qui lui va si bien, faite h tant d'égards pour faire adorer la vertu et pour la rendre heureuse par elle ? Ne dussiex-vous jouir que du bien que vous faites, jen'inkftgine pas ce qui devrait manquer à votre bonheur.
» Après vous avoir parié de vous, comment oser parier de moi ? Mou âme surchargée travaille à soutenir ses disgrâces, isans s'en laisser accabler; et depuis l'entrée de l'hiver il ne manque aux maux que mon corps souffire, que k degré nécessaire pour s*en délivrer tout-à-fait. Dans cet état , vous me demandez quels sont mes projets : grâce au ciel je n'en fais plus, Madame .' ce n'est plus la peine d'en faire : c'est une inquiétude dont mes maux m'oot